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42-1 (27 novembre 2018 - )


POLO Saul - Laval-des-Rapides
Électricité - Exportation - Gouvernement - Plan - 122-3 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°4, 30 novembre 2018, pages 122-123

[...]

M. Pascal Bérubé

M. Bérubé : M. le Président, le gouvernement du Canada nous abandonne avec l'ALENA. Il tient un débat d'urgence à la Chambre des communes sur 2 500 emplois perdus dans l'automobile, mais il ne le fait pas au Québec avec Bombardier. Je vais le citer, lui, le premier ministre. Il disait que le gain promis de la souveraineté est celui de faire ses propres choix. C'est encore vrai aujourd'hui.

Est-ce qu'il pense encore que de laisser le Canada prendre les décisions à la place du Québec, c'est une bonne chose pour les intérêts nationaux du Québec?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, les producteurs laitiers, actuellement, ont un système de gestion de l'offre. Actuellement, la production laitière au Canada, il y en a plus de 40 % qui est faite au Québec. Si, demain matin, Québec était souverain, on aurait seulement 23 % ou à peu près de ces quotas. Donc, le pire argument, le pire argument pour la souveraineté, c'est de parler des producteurs laitiers. Je me souviens qu'on faisait attention, quand j'étais avec le chef de l'opposition, pour ne pas parler de lait. Il devrait faire attention pour ne pas parler de lait.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! Question principale, M. le député de Laval-des-Rapides.

Plan du gouvernement pour augmenter les exportations d'électricité

M. Saul Polo

M. Polo : Merci beaucoup, M. le Président. En novembre 2016, le premier ministre disait la chose suivante : «Je présenterai bientôt un plan de match pour qu'Hydro-Québec exporte davantage d'électricité. Il faut voir grand, voir loin. Comme premier ministre, je vais me donner la mission de forger des partenariats[...]. Mon objectif va être de faire exploser les exportations d'électricité[...]. Tout le monde va y gagner. Un gouvernement de la CAQ va donc lancer un grand chantier qui va créer des milliers d'emplois payants. Je parle de lancer une Baie James du XXIe siècle.» Suite à cette déclaration, le premier ministre a aussi affirmé que nous connaîtrions les détails en 2017. Aujourd'hui, M. le Président, nous sommes presque en 2019, et il n'y a toujours pas de plan. Qu'est-ce qu'il attend pour nous le présenter?

Est-ce que le ministre sait lui-même qu'est-ce que son chef a comme plan? Et est-ce que le ministre de l'Énergie aurait la délicatesse et la courtoisie de mettre cartes sur table avec les Québécois et de nous expliquer sa vision? Merci beaucoup, M. le Président.

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, Hydro-Québec prévoit actuellement qu'il y aura des surplus d'électricité pour les 20 prochaines années. La Vérificatrice générale nous a appris que les contrats d'éolien qui ont été signés en Gaspésie ont fait perdre aux Québécois 2,5 milliards. La direction d'Hydro-Québec nous dit : S'il n'y a pas de nouveaux contrats, s'il y a de l'exportation d'électricité, si on signait le dossier du projet Apuiat, ça ferait perdre 1,6 milliard aux Québécois. C'est une honte que le gouvernement libéral ait voulu signer ce contrat.

J'ai rencontré hier soir, avec le ministre, les représentants des communautés innues, puis on leur a expliqué que, pour l'instant, il y a des surplus d'électricité. Donc, simple logique, on n'ira pas forcer Hydro-Québec à acheter plus d'électricité, alors qu'il y a déjà des surplus. On n'ira pas faire payer aux Québécois de la mauvaise gestion puis acheter des votes.

Le Président : Première question complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides. Attention, s'il vous plaît!

M. Saul Polo

M. Polo : M. le Président, ce qui m'inquiète, c'est que le premier ministre a donné une limousine à son ministre, mais il ne lui a pas donné le temps de parole. Ce qui m'inquiète, c'est de voir que le premier ministre promet depuis deux ans une alliance énergétique dont personne au Québec ne connaît les détails. M. le Président, le ministre s'est promené au Massachusetts et en Ontario pour présenter son plan, et aujourd'hui il est grand temps qu'il le présente ici.

Il nous parle d'un deal qui sera gagnant-gagnant, mais qui sortira vraiment gagnant? Avant d'aller se promener hors Québec, est-ce qu'il peut nous expliquer qu'est-ce qu'il entend faire pour le développement de l'électricité au Québec ou va-t-il faire comme son chef en disant : On verra?

Le Président : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

M. Jonatan Julien

M. Julien : Oui, merci, M. le Président. Écoutez, on est allés justement, il y a quelques semaines, deux semaines, le premier ministre et moi, à Boston, et, dans le message de notre gouvernement... Notre message est très clair, il est très simple, même, et, de toute évidence, il est responsable : on veut travailler sur l'exportation des surplus énergétiques.

On le constate, on le voit, quand on se projette dans les 15 et 20 prochaines années, ce surplus existe, il est tangible. Et par la suite on pourra parler de développement à partir du moment où est-ce qu'on aura bénéficié de l'ensemble de nos surplus.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.

M. Saul Polo

M. Polo : M. le Président, les Québécois sont fiers d'être reconnus partout dans le monde comme des bâtisseurs. Les Québécois sont fiers d'avoir l'expertise et ce savoir-faire qui fait l'envie de beaucoup. Par contre, les travailleurs dans ce domaine aujourd'hui sont inquiets quand ils entendent dire le premier ministre qu'il est prêt à fournir des emplois à des travailleurs ontariens sur des chantiers au Québec. C'est encore plus inquiétant quand le directeur général de la FTQ-Construction me dit personnellement qu'il n'y a pas de pénurie de main-d'oeuvre dans son domaine.

Alors, qu'est-ce qu'attend le ministre de l'Énergie pour nous présenter son plan?

Le Président : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

M. Jonatan Julien

M. Julien : M. le Président, notre plan est très clair, puis je le réitère, je le réitère encore une fois, nous allons faire en sorte que les surplus actuellement, les surplus énergétiques du Québec, soient bonifiés pour donner de l'argent au Québec. Actuellement, c'est ce qu'on travaille. Par la suite, on pourra envisager du développement.

Alors, le projet Apuiat, 1,6 milliard, totalement irresponsable en perspective de surplus. Et, à partir du moment où on aura écoulé le surplus, le premier projet énergétique du Québec qui sera réalisé, ce sera le projet Apuiat, puisqu'on doit l'appeler Apuiat, et on en a convenu avec des communautés innues.

Le Président : Question principale, je reconnais le député de Jean-Lesage.

Troisième lien entre Québec et Lévis

M. Sol Zanetti

M. Zanetti : Merci, M. le Président. Alors, M. le Président, j'aimerais d'abord féliciter le ministre des Transports pour sa nomination. Et je vais émettre un souhait, je vais en profiter, et ce sera le souhait qu'il écoute davantage les urbanistes de son ministère que certaines radios privées de Québec dont l'intérêt idéologique pour les projets d'asphalte en général dépasse les limites du bon sens.

Dans son discours d'ouverture, M. le premier ministre nous a servi un bel oxymore politique en affirmant qu'un éventuel troisième lien entre Québec et Lévis serait un projet de développement durable. Selon certains experts toutefois, le troisième lien viendrait annuler complètement les gains en fluidité du transport engendrés par le réseau de tramway structurant.

J'aimerais que le ministre des Transports nous dise quel est l'avantage pour les contribuables de l'ensemble du Québec de dépenser 3,5 milliards pour un projet structurant de transport collectif et, d'un autre côté, plus de 4 milliards pour un troisième lien, deux projets dont les effets vont s'annuler.

• (10 h 40) •

Le Président : M. le ministre des Transports.

M. François Bonnardel

M. Bonnardel : M. le Président, je regarde la composition de cette Chambre, le 1er octobre dernier, je pense qu'on a eu un mandat fort de la population. 70 %, 80 % des gens de Québec et de Lévis sont pour ce troisième lien. Il y a eu de l'improvisation pendant deux ans du côté du Parti libéral, où on a étudié différents corridors, on n'a pas nommé de directeur de projet. J'ai nommé un directeur de projet, Frédéric Pellerin, j'ai mandaté le bureau de projet d'étudier le corridor à l'est.

Maintenant, le député de Jean-Lesage a dit une chose : Ce troisième lien, même s'il se bâtit, peu importe s'il passe seulement du transport en commun, par idéologie et par principe, je n'en veux pas. Il devrait faire une chose : comme le chef du Parti québécois, soyez résigné parce qu'il y en aura un, troisième lien.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.

[...]
 

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