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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


LÉVESQUE Sylvain - Chauveau
Discours sur le budget 2019-2020 - Débat parlementaire - 1823-6

Assemblée
Fascicule n°25, 27 mars 2019, pages 1823-1826

[...]

sera pas inscrit dans le PQI, le processus ne pourra pas être enclenché. On prend encore du retard dans ces réalisations, et c'est vraiment déplorable. Particulièrement entre Le Bic et Trois-Pistoles, il faut pouvoir faire les études nécessaires à la réalisation du projet et répondre aux gens qui ont des questionnements nécessaires par rapport à l'environnement, à la protection des paysages, à l'acceptabilité sociale. Tant que le projet n'est pas au PQI, on ne peut pas répondre à ces gens-là. Et un projet autoroutier qui va être acceptable chez nous, bien, c'est important pour la sécurité des automobilistes, et ça, je ne comprends pas qu'on retarde autant, et surtout après la promesse du premier ministre.

Le gouvernement a également complètement omis le maritime dans son budget. Il y a des sommes pour la forêt, l'agriculture, le numérique, mais rien, rien, rien pour le maritime. Si je donnais quelque chose à l'ancien gouvernement libéral, c'était sa stratégie maritime. Ça a fait beaucoup d'investissements chez nous, dans les universités, un peu partout, puis c'est important. Maintenant, rien, zéro, «niet», pas un mot sur le maritime, pas un mot sur l'économie bleue. L'oubli total. Le document budgétaire ne fait mention de l'économie bleue, du maritime ou des pôles d'innovation nulle part. C'est vraiment décevant.

Quant à la somme consentie sur trois ans pour aider les municipalités à faire face à des événements climatiques extrêmes, comme l'érosion côtière et les inondations, c'est très mince et c'est un enjeu extrêmement important chez nous.

J'ajouterais le manque de places en CPE. C'est criant, mais là on s'acharne à mettre 2 milliards, 1 milliard, 2 milliards dans les maternelles quatre ans pendant qu'on pourrait créer des places en CPE rapidement puis faire en sorte que des jeunes familles viennent s'installer dans nos régions pour compenser des emplois que les aînés ont laissé tomber, c'est souvent ça qui arrive. Mais là on ne répond pas à ça. On s'acharne à nous vouloir des maternelles quatre ans. Dans un village que je connais chez nous, trois jeunes dans le village, ils ont quatre ans. Si la personne décide d'envoyer son enfant à la maternelle quatre, c'est 10, 12, 15 kilomètres d'autobus que le petit bonhomme, la petite bonne femme de quatre ans devra faire pour aller à sa maternelle quatre ans. Il y a quelque chose à quelque part que personne n'a compris.

Je veux également porter la voix de plusieurs étudiants et étudiantes de l'Université du Québec à Rimouski qui sont extrêmement déçus par l'absence des sommes consenties pour la rémunération des stages. Je pense qu'ils auraient aimé avoir une réponse.

En terminant, peut-être un mot sur la solidarité sociale, la lutte à la pauvreté. On aurait aimé plus d'investissement dans le logement social, c'est très clair. C'est le choix du gouvernement de ne pas financer de nouvelles unités de logement social pour la première fois depuis la création du programme AccèsLogis. Ça peut décevoir, honnêtement. Et les grands perdants des plans de lutte à la pauvreté depuis les dernières années, ce sont les personnes seules qui vivent à l'aide sociale. On pourrait pu leur donner plus avec les surplus qu'on avait. Je pense qu'on aurait dû intervenir dans ce sens-là pour les aider. Je donnerais... Par exemple, je dirais, on a travaillé fort pour sortir les pensions alimentaires du calcul de l'aide sociale. Ça, je l'avoue, vous avez fait un grand bout. Mais ça, ce n'est pas total, mais il y a un bout de fait, et je voudrais souligner le député de Drummond d'avoir fait un bon travail là-dessus. Je pense qu'il a été de bonne aide.

Motion formulant un grief

Et, en terminant, parce que ça a l'air qu'il faut que je fasse ça, Mme la Présidente, je présente la motion suivante :

«Que l'Assemblée nationale blâme sévèrement le gouvernement caquiste pour l'absence complète de vision concernant le développement de l'économie bleue et du Québec maritime.»

Merci, Mme la Présidente.

• (17 h 30) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Rimouski. Et je vous indique que votre motion sera adoptée selon sa recevabilité.

Maintenant, je vais céder la parole à M. le député de Chauveau pour son intervention.

M. Sylvain Lévesque

M. Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je suis très fier de pouvoir m'exprimer aujourd'hui, suite au budget qui a été déposé par le ministre des Finances jeudi dernier. Franchement, très fier pour voir ce qui est promis, ce qui est proposé parce que, je vous avoue, Mme la Présidente, avant de me lancer en politique, j'ai hésité. J'ai hésité parce que j'entends le cynisme des citoyens face aux différentes promesses électorales. Et, à preuve, les 15 dernières années nous ont donné beaucoup de promesses brisées, malheureusement. Alors, j'ai eu cette hésitation-là au cas où qu'on serait pareil et qu'on ferait les mêmes choses, on brise des promesses et qu'en bout de ligne on déçoive énormément de gens. Et moi, je suis un homme de parole. Quand je regarde quelqu'un dans les yeux puis que je lui serre la main, c'est clair pour moi qu'il faut remplir ses promesses.

Je peux vous dire que je suis assez fier de ce qui s'est fait. Mais tentons de décortiquer ça un peu ensemble aujourd'hui, les différents objectifs qui ont été déposés, qui ont été proposés par la Coalition avenir Québec pendant cette campagne-là, et y a-t-il un lien entre les promesses, les engagements et ce qui a été livré dans le premier budget. En même temps, il faut le dire, là, on va pouvoir régler et remplir l'ensemble des promesses au cours des quatre prochaines années, là. Tout n'est pas réglé en un an. C'est évident. Mais il y a quand même des intentions importantes dans ce budget-là.

Tout d'abord, sur l'enjeu de remettre de l'argent dans les poches des Québécois, c'est quand même un élément-phare de la Coalition avenir Québec. Les différents députés qui ont siégé dans la 40e législature, dont j'ai eu le privilège de faire partie, autant que de ceux et celles de la 41e législature se sont battus très fort pour ça : redonnons de l'air aux citoyens. Qu'en est-il? Eh bien, on parle de 5,2 milliards de dollars. C'est beaucoup de sous, ça, Mme la Présidente.

On parle évidemment de l'une des mesures, qui est l'uniformisation de la taxe scolaire, qu'on parle de 800 millions jusqu'en 2021. C'est beaucoup d'argent qui va revenir dans les poches des Québécois. Dépendamment des régions administratives que l'on habite, c'est plus ou un peu moins. Mais, dans un comté comme le mien, Mme la Présidente, Chauveau, c'est très important parce qu'il y a beaucoup de propriétaires de maison. Vous devez savoir déjà cette statistique-là : au Québec, c'est 61 % des Québécois qui sont propriétaires de leurs maisons. Dans Chauveau, c'est 79 %. C'est très, très, très élevé. J'ai rencontré tout à l'heure des représentants de l'AMDEQ, là, qui me disaient que, dans la région de la capitale, c'est autour de 63 %. Ma circonscription est un chef de file en tant que propriétaires de maison. Alors, il se trouve que les citoyens de chez nous, là, sont très heureux de cette baisse de taxe scolaire qu'ils vont recevoir dès maintenant, là. Il va y avoir déjà des premières applications. C'est tant mieux.

Il y a également une deuxième mesure, puis ça aussi, ça touche beaucoup ma circonscription, Mme la Présidente, c'est l'abolition graduelle de la taxe famille. On a modulé les tarifs de garderie, des CPE, au cours des dernières années, en fonction des salaires des gens. Bien, évidemment, il y en a qui se sont vus octroyer des montants très, très, très agressifs. Et, au cours des prochaines années, on va redonner de l'argent. Ça peut représenter 1 200 $ en moyenne pour plusieurs familles. Et, dès cette année, là, dès cette année, il y aura 40 000 familles québécoises qui vont redevenir à un tarif normal, là. Tout le monde va payer le même prix, là, 40 000 personnes, là, qui vont perdre cette taxe-là et qui vont revenir à un tarif équivalent du plus bas tarif. Je pense que, pour ces 40 000 familles là, puis ce n'est pas des familles riches pour la plupart, Mme la Présidente, croyez-moi, là, c'est une très bonne nouvelle.

Alors, puisque ma circonscription... Moi, je vous le dis, là, venez faire un petit tour, là, le secteur de Saint-Émile, le nord de la ville de Québec, là, c'est le festival de la poussette, là. Il y a beaucoup, beaucoup de gens qui ont des jeunes familles. C'est clair qu'eux seront très heureux de ça. C'est l'une des plus jeunes au Québec avec une moyenne d'âge de 37 ans. Alors, vous comprenez, Mme la Présidente, qu'ils sont heureux. Alors, moi, là, je n'ai que deux mots sur l'enjeu, l'enjeu de redonner de l'argent dans les poches des Québécois : Promesse tenue.

Deuxième objectif, offrir de meilleurs services en éducation. Bien, une augmentation de 5,1 %, dès cette année, du budget de l'éducation, ce n'est peut-être pas, historiquement, le plus gros montant. C'est dur à dire parce qu'il faudrait remonter probablement il y a 25, 30 ans pour avoir une augmentation aussi importante du budget de l'éducation. Mais c'est certainement un effort majeur. La Coalition avenir Québec et le présent gouvernement avaient dit en campagne : L'éducation sera la priorité des priorités. Alors, 5,1 %, ça répond pas mal à ça aussi, Mme la Présidente. Sur cinq ans, là, on parle de 2,4 milliards supplémentaires.

L'éducation, ce n'est pas seulement les services à l'intérieur, c'est aussi les infrastructures, des infrastructures qui sont désuètes, Mme la Présidente. Je me rappelle, lorsque j'étais chroniqueur à la radio puis à la télévision, on avait longuement débattu de ça, de la vétusté de nos écoles. Combien d'écoles, selon vous, étaient avec une note de D ou E au Québec? Mais j'ai été surpris. 50 % des écoles étaient à ce niveau de détérioration. Il y a eu un laisser-aller au fil des ans sur nos infrastructures. À Montréal, même, on a pu voir que la statistique à la commission scolaire de Montréal, c'était autour de 90 %. Il y a un coup de barre important à donner, c'est clair, et le gouvernement, dans son programme québécois des infrastructures, y mettra 20,3 milliards au cours des 10 prochaines années.

C'est un grand chantier, on doit redonner de belles écoles, mais des écoles aussi adaptées à la population. On va rénover nos écoles, mais on va aussi en construire des nouvelles. Moi, j'ai pris acte, Mme la Présidente, là, du 4 milliards supplémentaire pour des nouvelles écoles. J'ai bien l'intention de convaincre le ministre de l'Éducation d'ajouter une école secondaire dans le nord de la ville de Québec parce que je peux vous dire qu'il y a beaucoup d'enfants. Tout à l'heure, je vous parlais, là, du festival de la poussette, bien, le festival de la poussette, je vous annonce déjà qu'un jour ils vont aller à l'école, ces jeunes-là, puis ils vont avoir besoin de classes supplémentaires. Alors, il y a déjà une école primaire qui s'en vient, à Saint-Émile, on espère qu'il y aura une école secondaire dans le nord pour desservir, peut-être, plusieurs circonscriptions, mais, chose certaine, il y aura une belle opportunité là.

Les maternelles quatre ans. J'entends souvent... j'entendais mon collègue de Rimouski, tout à l'heure, dénoncer les maternelles quatre ans. Je suis un peu surpris de voir la virulence sur ce sujet-là parce que c'est quelque chose qui est fondamentalement bon. Notre objectif est d'aider et d'accompagner davantage les enfants, toujours de façon complémentaire aux services de garde. Alors, le gouvernement qui va ajouter 250 classes à la rentrée scolaire, moi, ça me semble intéressant. C'est complémentaire. Un parent qui veut continuer à utiliser des services de garde va pouvoir le faire, les CPE, des services en milieux familiaux, peu importe, mais il y aura 250 classes de plus. Et il y en aura dans ma circonscription, à l'école du Boisé et à l'école l'Arc-en-ciel, et le bâtiment de l'Aventure également, à Loretteville. Donc, peut-être que certains parents feront ce choix-là. D'ailleurs, le gouvernement libéral avait développé des maternelles quatre ans en milieux défavorisés. Alors, comme dirait ma bonne amie Nicole Madore, si c'est bon pour minou, c'est bon pour pitou. Si on développe ça dans des milieux défavorisés, bien, ça peut être bon dans d'autres endroits également.

Je note également, en éducation, Mme la Présidente, l'opportunité d'avoir une heure de plus à l'école en parascolaire. Mon collègue de Saint-Jérôme, tout à l'heure, le citait avec justesse. Bien, moi, ce que je me souviens de ma jeunesse, de mon enfance, de mon adolescence, c'est justement ça. Oui, certains profs m'ont marqué, mais ce que je me souviens, c'est mes implications parascolaires. Ah! j'étais un petit peu nerd au primaire, je commençais à jouer aux échecs. Plus vieux, j'ai fait du badminton. Ça ne paraît plus aujourd'hui, mais, bon, j'en ai fait. Mais je peux vous assurer, Mme la Présidente, que ces activités-là sont marquées dans ma mémoire. J'étais chanceux, dans mon cas je n'avais pas trop d'aide aux devoirs. Mais plusieurs enfants ont besoin d'un accompagnement de professionnels, et, cette heure à l'école là, je suis certain, et je suis d'accord avec l'intervention du député de Saint-Jérôme tout à l'heure, on sème quelque chose, et ça va favoriser la réussite éducative des enfants du Québec. Bravo! Bravo au premier ministre!

Je suis très touché aussi par la culture. C'est important, la culture. Et on va ajouter deux sorties culturelles obligatoires pour les enfants de préscolaire, primaire et secondaire. Bien, si on veut assurer la pérennité culturelle du Québec, il faut initier nos enfants à notre culture, qui est magnifique, qui est belle. Les gens de théâtre, les gens de la chanson, il y a différents domaines culturels qu'on peut exploiter. Nos musées. À Québec, on est chanceux, on a énormément de beaux musées. Alors, pourquoi ne pas promouvoir nos activités culturelles? C'est une mesure très intéressante. Mais je n'ai que deux mots sur l'éducation, Mme la Présidente : Promesses tenues.

• (17 h 40) •

Parlons maintenant d'offrir de meilleurs services de santé. 5,4 % de plus, Mme la Présidente, c'est beaucoup d'argent. Encore une fois, on parle de 801 millions, dès cette année, qui va s'ajouter au réseau de la santé. Quand j'étais chroniqueur, encore une fois, là, un de mes textes qui a été le plus partagé sur les réseaux sociaux, lorsque j'écrivais au Journal de Québec, c'est un texte que j'avais intitulé Je n'ai pas hâte d'être vieux. À cette époque-là, Mme la Présidente, je faisais certains constats : un bain par semaine; des CHSLD qui enlèvent des petites liqueurs aux gens, à Vanier, parce que ce n'est pas bon pour leur santé; on les laisse pris avec des couches remplies à 70 %; on leur demande de manger un repas pour 2,14 $. C'est comme ça qu'on traitait nos personnes âgées. Bien, j'ai l'impression que le budget qu'on vient d'adopter... qu'on va adopter bientôt, en fait, qu'on débat aujourd'hui, bien, ça risque de changer la donne. J'ai l'impression, Mme la Présidente, que l'investissement majeur que l'on fera pour nos personnes âgées va changer ça.

Vous savez qu'actuellement 18 % des personnes au Québec ont plus de 65 ans. Quand moi, j'aurai 70 ans, là, on sera 25 %. Il est grand temps de s'occuper de façon positive de nos aînés, et c'est pour ça que je suis très heureux et fier lorsque le ministre des Finances et la ministre responsable des Aînés annoncent des investissements majeurs pour le maintien à domicile, pour soutenir les proches aidants et également pour la construction future des maisons des aînés.

Évidemment, ça va se déployer sur de nombreuses années, ça ne se fera pas en quelques semaines, mais c'est quelque chose qui me semble très porteur. On parle de 2,5 millions... milliards, pardonnez-moi, sur cinq ans. C'est de l'argent énorme. Et, Mme la Présidente, je pense que tous les députés de l'Assemblée nationale pourraient partager le constat que je vais vous faire, quand on rencontre des aînés, ce qui est le plus important pour eux souvent, là, ils nous disent : Monsieur, madame, je veux demeurer chez moi le plus longtemps possible. Et c'est justement, je crois, par ces mesures, sur le maintien à domicile notamment, qu'on y arrivera.

Permettez-moi également de vous parler d'un sujet en santé et services sociaux que j'ai grandement à coeur : les organismes communautaires. Moi-même, j'ai oeuvré dans ce secteur d'activité là pendant de nombreuses années. Et on ajoute 30 millions, Mme la Présidente. Moi aussi, un peu comme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré tout à l'heure le mentionnait... ces organismes-là, c'est le coeur de nos circonscriptions. C'est des gens qui offrent des services au quotidien. Puis vous étiez avec moi pour le déjeuner avec le Regroupement de cuisines collectives, et ils ont souligné cet ajout-là de 30 millions de dollars pour le réseau communautaire. Est-ce que c'est assez, Mme la Présidente? Absolument pas. On aura toujours besoin de plus d'argent pour notre milieu communautaire. Il faut trouver des façons de mieux les soutenir, mais, sérieusement, c'est un pas dans la bonne direction. Donc, en matière de santé, Mme la Présidente, j'ai le goût de vous dire deux mots : Promesses tenues.

Le prochain objectif, c'était d'augmenter le potentiel économique du Québec, Mme la Présidente. Or, je n'ai pas une grande expérience économique. J'ai été président du CLD de Québec quelques années, ça m'a permis d'en apprendre un peu. Mais je suis heureux de constater qu'au sein de notre équipe nous avons des gens compétents en matière d'économie : un premier ministre économique, un ministre des Finances économique, un président du Conseil du trésor économique, un ministre du Développement économique et de l'Innovation très économique. En plus, si j'ajoute à ça tous les députés qui ont un profil économique, comme le député de Saint-Jérôme, le député de Richelieu, et j'en passe, eh bien, on a une équipe économique très forte. On a souvent entendu parler du trio économique libéral. Eh bien, nous, c'est un quatuor plus, Mme la Présidente, qui s'occupe d'économie pour notre formation politique.

Je suis fier du 1 milliard d'investissement supplémentaire à Investissement Québec, qui va nous permettre de mieux développer l'économie du Québec et attirer de la richesse, et aussi de la préoccupation du maintien de nos sièges sociaux. Dans les dernières années, on a perdu Alcan, on a perdu RONA, on a perdu St-Hubert, pour ne vous citer que ceux-là, il y en a plus que ça. Évidemment, il ne faut pas tout fermer les frontières. Il faut quand même être balancé. Bon, si on a le droit d'acquérir des sièges sociaux, parfois nos compétiteurs ou... les autres pays ou autres États ont le droit d'acquérir eux aussi. Mais il y a des sièges sociaux stratégiques, et on doit les maintenir, ces sièges sociaux là. Et je salue l'initiative du ministre des Finances, avec les collègues économiques, qui vont s'assurer que ce qu'on a vécu ne se reproduise plus.

Permettez-moi également de souligner une vision à long terme. L'avenir du Québec passe également par nos jeunes, et nos jeunes, c'est la relève entrepreneuriale. Les Québécois, on a été taxés dans le passé d'être peut-être un peu moins entrepreneuriaux que nos voisins. Eh bien, je tends à voir, à comprendre que c'est en voie de changement. Des initiatives comme ce qui se passe en Beauce doivent être développées un peu partout au Québec. Et il y aura de l'argent, Mme la Présidente, pour s'assurer que plus d'entrepreneurs émergent du Québec. Et je tiens à vous dire que, si on veut maintenir nos acquis économiques... nos acquis sociaux, pardonnez-moi, au cours des prochaines années, si on a vraiment le désir de poursuivre nos missions principales du gouvernement, eh bien, il faut s'assurer d'avoir des investissements privés, et ça passe nécessairement par le développement économique.

Alors, Mme la Présidente, sur l'économie, je n'ai que deux mots pour vous : Promesses tenues.

Je veux vous parler maintenant d'environnement, Mme la Présidente. Ah! j'écoute l'opposition déchirer sa chemise à tous les jours sur l'environnement : On n'en fait pas assez, on n'en fait pas assez, c'est terrible, ça va mal ici. Pourtant, quand on se compare, on se console. Le Québec, en matière d'émissions de gaz à effet de serre, est un leader en Amérique du Nord. Ce n'est pas assez, peut-être qu'on peut faire mieux, bien sûr. Est-ce que le gouvernement peut faire davantage? Je pense qu'il le fait, Mme la Présidente. Pourquoi?

Mais, tout d'abord, une promesse qui date de longtemps, qui était à l'intérieur du Projet Saint-Laurent du premier ministre, le livre du premier ministre, la décontamination de terrains un peu partout au Québec, notamment à Montréal, à Québec, dans différentes régions. Décontaminer tes terres, mais je pense que c'est grandement écologique. C'est une action de 320 millions. Ce n'est pas banal, Mme la Présidente. Ce n'est pas banal. Il y a un beau 50 millions, d'ailleurs, que je tiens à saluer, dans notre région, à Québec, qui a été salué également par le maire de Québec, M. Régis Labeaume. Ajoutez à ça 1 milliard additionnel pour les deux prochaines années pour aider les entreprises à faire la transition énergétique et favoriser et accélérer l'électrification des transports.

Mais, Mme la Présidente, sur l'environnement, j'ai plus que deux mots à vous dire : Au-delà des promesses qu'on réalise aujourd'hui, c'est au-delà des promesses que la Coalition avenir Québec avait faites pendant la campagne électorale.

L'objectif qui me tient beaucoup à coeur, Mme la Présidente, c'est les défis de main-d'oeuvre. À titre de porte-parole de la... pas porte-parole, je m'excuse, adjoint parlementaire du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité, je suis très sollicité sur ces enjeux-là. J'ai travaillé pendant plusieurs années au sein des carrefours jeunesse-emploi. J'ai une petite expertise dans ce domaine-là. Et, en campagne électorale, comme vous tous, j'en suis convaincu, chers collègues, vous vous êtes fait parler amplement des enjeux de main-d'oeuvre. Oui, l'immigration était au coeur de ça. Mais on ne réglera pas la pénurie de main-d'oeuvre avec seulement un élément, l'immigration. On doit également s'assurer de maintenir nos personnes âgées ou les travailleurs un peu plus expérimentés sur le marché du travail. On doit favoriser l'intégration également des personnes handicapées, Mme la Présidente.

Alors, je suis très fier du crédit d'impôt pour la prolongation de carrière chez les 60 ans et plus. C'est un des éléments, là, quand on parlait de travail, d'emploi, là, qui m'était le plus demandé : Moi, M. Lévesque, là, j'aurais le goût de continuer à travailler, mais on me coupe ma pension. Quelle est ma motivation à faire des heures de plus? Aucune, ça fait que je vais rester chez nous. Ça fait que je crois que cette proposition-là va ajouter plusieurs personnes sur le marché du travail. Il pourrait y avoir jusqu'à 158 000 personnes qui pourraient en bénéficier. Alors, je dis que ça, c'est avoir de la vision, Mme la Présidente.

Pour l'intégration des immigrants, bien, évidemment on en débat amplement ces temps-ci, mais je tiens à souligner également un 146 millions, à l'intérieur du budget, pour la francisation. Bien, c'est difficile d'intégrer des personnes sur le marché du travail quand elles ne s'expriment pas dans notre langue. Alors, je pense que cet élément-là favorisera le développement économique de notre Québec. Alors, ça, c'est se soucier des vrais problèmes.

Et enfin un 65 millions sur cinq ans pour favoriser l'intégration et le maintien des personnes handicapées. Malheureusement, on le voit souvent, là, c'est difficile pour des personnes handicapées d'accéder au marché du travail. Vous en avez probablement chez vous aussi, des organismes qui aident des personnes handicapées sur des plateaux de travail, et ce qu'on se rend compte, c'est qu'il y a plusieurs personnes qui peuvent contribuer à la hauteur de leurs talents.

Alors, sur l'enjeu de la main-d'oeuvre et les défis de la main-d'oeuvre, Mme la Présidente, je n'ai que deux mots : Promesses tenues.

• (17 h 50) •

Et je vais terminer, comme enjeu, Mme la Présidente, sur ma région, la région de la Capitale-Nationale. Notre formation politique s'est engagée à un gros projet, c'est-à-dire la réalisation à terme, en plusieurs années, d'un troisième lien entre Québec et Lévis, à l'est de la Capitale-Nationale. Ce projet-là, bien, ça commençait à se parler, c'est mon prédécesseur, Gérard Deltell, qui avait lancé ça, puis tout le monde riait de lui à cette époque-là. Ils disaient : Bien, voyons donc! Ça ne se réalisera pas. Les libéraux, voyant que ce projet-là commence à prendre un peu d'ampleur à la radio, se sont engagés à une étude de faisabilité en 2014, à la sauvette, puis, de 2014 à 2018, il ne s'est à peu près rien passé. En 2018, on était encore dans des études à l'est, au centre, à l'ouest. Eh bien, ils nous disaient que c'était impossible d'aller plus vite sur ce projet-là.

Eh bien, Mme la Présidente, dans le PQI, là, je vous annonce que le projet est passé d'«à l'étude» à «en planification» et est adjoint d'un budget de 325 millions de dollars. Je suis très fier de cette annonce-là. Et, pour nos détracteurs de la deuxième opposition, qui disent qu'on n'en a que pour les routes, permettez-moi d'ajouter que notre formation politique s'était engagée à supporter un projet structurant dans la région de la Capitale-Nationale, on s'était engagés à 1,8 milliard. Eh bien, Mme la Présidente, surprise, le montant est là, mot à mot, exactement mot à mot, 1,8 milliard. Alors, ce n'est pas vrai qu'on n'a des yeux que pour les routes, on supporte énormément de projets de transport en commun également, et c'en est la preuve, c'est écrit dans le livre. Donc, si c'est écrit, c'est parce que c'est vrai, un engagement formel.

Alors, Mme la Présidente, en matière de Capitale-Nationale, je n'ai que deux mots pour vous : Promesses tenues.

En conclusion, Mme la Présidente, je suis très, très fier de faire partie de cette équipe, fier d'être aux côtés d'un premier ministre qui... depuis le premier jour de la CAQ que je suis avec lui, là, lors de... l'OSBL, lorsque ce n'était même pas encore un parti politique, tout comme mon collègue de Montmorency. Je suis fier de faire partie d'une équipe qui tient compte des besoins des gens en éducation, en santé, en environnement, en main-d'oeuvre, en Capitale-Nationale, mais aussi, Mme la Présidente, pour la poche des contribuables. On est capables de mâcher de la gomme et marcher en même temps.

Je suis très, très fier de faire partie de cette équipe-là, et, Mme la Présidente, ce budget, pour vous, je n'ai que deux mots à vous dire : C'est un budget de promesses tenues, et ce n'est pas fini. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Chauveau, et maintenant je me tourne vers M. le député de D'Arcy-McGee pour son intervention.

M. David Birnbaum

M. Birnbaum : Merci, Mme la Présidente. Il me semble qu'il ne me reste pas grand temps, que pour quatre ou cinq mots. Quelques promesses tenues à moitié. Depuis 40 ans, jamais un gouvernement du Québec n'avait hérité d'une

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