Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Travaux parlementaires > Journal des débats > Index du Journal des débats

Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


POLO Saul - Laval-des-Rapides
Discours sur le budget 2019-2020 - Débat parlementaire - 1886-7

Assemblée
Fascicule n°26, 28 mars 2019, pages 1886-1887

[...]

et nous savons et nous sommes conscients... et nous mettons de l'argent et des recherches au niveau de la modernisation des centres de tri des matières recyclables. Nous allons soutenir le développement d'innovations technologiques et la création de nouveaux débouchés.

Les tables régionales du parti ainsi que notre congrès national auront pour thème l'environnement. Des solutions pour des problèmes auxquels nous faisons face y seront discutées. Votre gouvernement, notre gouvernement, a l'intention de protéger le Québec comme il se doit en mettant en place des mesures innovantes qui font foi de notre ingéniosité en tant que population.

À tous les citoyens du Québec, mais particulièrement à tous les citoyens et citoyennes de Laviolette—Saint-Maurice, je vous ai présenté succinctement une partie du budget 2019‑2020. Je me permets de vous redire que c'est un honneur pour moi de travailler pour vous, et de faire progresser notre belle région, et de la faire progresser maintenant et tout au long des prochaines années.

Merci à vous et merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de Laval-des-Rapides.

M. Saul Polo

M. Polo : Merci beaucoup, M. le Président. Il me fait grand plaisir de prendre la parole en cette fin d'après-midi pour intervenir suite au dépôt du budget de la semaine dernière.

Tout d'abord, j'aimerais commencer par saluer non seulement, là, le dépôt du budget du député de Groulx, mais également mon collègue député de Robert-Baldwin, qui a été reconnu non seulement par le ministre des Finances, mais également le collègue député de Montmorency également, qui nous a bien divertis par son allocution il y a quelques instants. Le député de Robert-Baldwin a agi à titre de ministre des Finances, là, pendant tout près de quatre ans et demi, et on doit en grande partie, là, les marges de manoeuvre utilisées et annoncées, là, par le gouvernement la semaine dernière, on doit en grande partie ces marges de manoeuvre au travail, aux décisions et, bien sûr, à la contribution des Québécois, mais également grâce au travail du député de Robert-Baldwin.

J'aimerais commencer par statuer ou mentionner, M. le Président, que tout n'est pas mauvais dans ce budget. Ce budget n'est pas que des mauvaises... On ne sera pas doctrinaires dans notre prise de position, tout n'est pas mauvais dans ce budget. Au contraire, je tiens à commencer par saluer le réinvestissement important, que ce soit en éducation, que ce soit également en santé. Et, vous savez, notamment en éducation, deux des quatre engagements locaux que j'ai présentés à mes concitoyens de Laval-des-Rapides aux dernières élections étaient en lien avec l'éducation. Donc, je ne peux pas m'opposer à plus d'investissements, plus de financement, plus de soutien pour nos tout-petits, pour nos écoles, pour nos infrastructures, pour nos enseignants également. Et ce budget en fait une priorité, et je le salue.

Parce que, vous savez, un de mes engagements, entre autres pour un secteur défavorisé à Laval qui est comme certaines poches de pauvreté de Laval-des-Rapides et Pont-Viau, le fait d'avoir accès à un centre sportif d'envergure sur les terrains d'une école secondaire comme l'école Mont-de-La Salle, est un projet qui mobilise la population, qui mobilise les différents acteurs socioéconomiques, qui mobilise les jeunes, qui mobilise également les moins jeunes. Et donc, de voir qu'un gouvernement accorde autant d'importance à l'éducation chez nous, je vais m'assurer de faire les suivis nécessaires, mais chez nous, pour nous, c'est important. Donc, je salue ça.

• (17 h 10) •

De voir aussi un projet qui a été mis sur pied par le collège Montmorency, conjointement avec une école primaire de mon comté, qui est l'école Marcel-Vaillancourt, qui s'appelle un projet d'école... l'École des grands, qui vise à aider les jeunes, les plus petits ayant le plus grand nombre de difficultés, que ce soit dans les matières de base, français, mathématiques, sciences, avec l'aide de futurs professionnels de l'éducation qui sont en formation au collège Montmorency, bien, ça, c'est des projets qui sont porteurs pour les gens de Laval-des-Rapides, qui sont porteurs pour l'avenir des gens de Laval-des-Rapides et qui nous permettent de rêver. Donc, de voir un gouvernement qui réinvestit aussi massivement en éducation, je salue.

Ceci dit, on ne peut pas faire notre travail d'opposition et juste lancer des fleurs au gouvernement. J'aimerais ici revenir un peu à la dure réalité de voir que, depuis le 1er octobre, ce gouvernement n'a pas que fait des heureux. Ce gouvernement a promis... ou cette formation politique a promis énormément de choses au cours des dernières années, et aujourd'hui, oui, ils sont en droit de gouverner tel qu'ils ont présenté... tel que la population leur a donné le mandat d'assumer et de former le gouvernement. Mais, ceci dit, la population ne leur a pas donné un chèque en blanc.

Et je dois revenir ici sur l'un des enjeux sur lesquels je suis particulièrement touché en tant que critique sur les enjeux d'énergie et ressources naturelles, qui est le dossier des trop-perçus. J'étais absent, M. le Président, je peux le dire, on ne peut pas mentionner l'absence d'un collègue, mais on peut mentionner notre absence, j'étais absent la semaine dernière. Ceci dit, ce débat a été débattu en long et en large, la semaine dernière, sur la question des trop-perçus, et, je m'imagine, pas seulement par la sortie d'un sondage qui statuait que 92 % des Québécois étaient en faveur ou demandaient de se faire rembourser les trop-perçus.

Je pense qu'on vit tous une réalité quand on retourne dans nos comtés, que ce soit la fin de semaine ou que ce soit dans les semaines en circonscription. On se fait parler, on se fait interpeler. Mais je pense que, comme un grand nombre de mes collègues ici, ils se sont fait interpeler sur, justement, certaines de leurs belles paroles, des paroles annoncées ici, ou débattues, ou présentées ici au cours des deux dernières années, là, à partir du mois d'avril 2017, mais également répétées l'an dernier, tout proche de la période des élections. Et c'est important pour moi de mentionner, de voir de quelle façon ce gouvernement se comporte. Oui, d'un côté, il fait des heureux, livre sur certains de ses engagements. De l'autre côté, on commence à voir justement de quelle façon il recule sur d'autres engagements.

Ce matin, on en a eu un bel exemple. Vous siégez au trône de la présidence, M. le Président, et puis c'est la même formation politique qui avait dit en campagne électorale et même après la campagne électorale : Nous ne toucherons pas au crucifix de l'Assemblée nationale. Et ce matin nous avons eu un exemple de quelle façon cette formation politique, une fois qu'elle arrive au pouvoir, bien là, tout d'un coup, la vérité ou la réalité n'est plus la même, en question.

Mais je reviens au dossier des trop-perçus parce que c'est votre collègue députée de Saint-Hyacinthe qui a lancé cette discussion-là, lancé ce débat-là, interpelé non seulement le gouvernement précédent, mais interpelé aussi la population. C'était un 6 avril 2017, bientôt deux ans. Et ce débat-là a eu lieu à plus de 15 reprises ici, à l'Assemblée nationale. Et ce qui est fâchant pour les Québécois, parce que, quand vous faites la... Quand vous prenez acte non seulement du sondage, mais du nombre de Québécois qui ont signé la pétition de la Fédération canadienne des contribuables, aujourd'hui, ils sont plus nombreux à demander de se faire rembourser les trop-perçus que la pétition d'origine présentée et déposée par la députée de Saint-Hyacinthe.

Ça démontre jusqu'à quel point cette partie de la population a cru aux paroles de votre formation politique. Cette partie de la population s'attendait à voir qu'avec les marges de manoeuvre dégagées, qu'avec les ressources, qu'avec les surplus générés, qu'avec la croissance économique importante de notre province, que, justement, elle allait remplir et elle allait respecter cet engagement-là. Cet engagement, c'était de rembourser 1,5 milliard de dollars auprès des Québécois. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est votre collègue à l'époque.

Et ce qui est encore, je dirais, plus drôle, mais, en réalité, tant mieux, c'est que la vidéo circule encore. Et je m'attendais peut-être qu'elle le retire, mais elle ne l'a pas retiré. Cette vidéo circule encore aujourd'hui, où elle nous interpelait fortement, où, clairement, l'adresse Internet du site en question était identifiée, un site qui, selon moi, aujourd'hui, on peut se questionner... Est-ce que c'était un objectif vraiment d'informer la population ou de faire de la collecte de données, M. le Président? Je pose la question.

Ceci dit, après le 1er octobre, après l'assermentation, après la création du Conseil des ministres, le premier ministre commence à dire : Non, non, non. Il commence à dire aux journalistes : Je sais ce que les Québécois veulent, et ce qu'ils veulent, c'est justement qu'on réinvestisse en éducation, en santé, etc. C'est un peu prétentieux, vous allez me l'accorder, M. le Président, de s'accorder, lui, l'autorité suprême de statuer, de répéter ou de décider qu'est-ce que les Québécois voulaient. Par la suite, il a voulu faire la morale aux journalistes. Il a dit aux journalistes : Bien là, faites votre travail et expliquez correctement à la population qu'est-ce qu'on a dit.

Les Québécois sont... Excusez-moi le terme, les Québécois ne sont pas dupes. Les Québécois ont bien compris c'était quoi, la démarche, c'était quoi, la stratégie. Les Québécois ont cru aux paroles de non seulement la députée de Saint-Hyacinthe, ont cru à la démarche de la Coalition avenir Québec à l'époque et, entre autres, ont voulu justement lancer un message à ma formation politique, ont voulu s'exprimer, et provoquer un changement, et donner la chance à une nouvelle formation politique de former le gouvernement justement en espérant et en souhaitant qu'elle respecte ses engagements, qu'elle respecte sa parole. Et aujourd'hui, aujourd'hui, certains d'entre vous n'osent pas me regarder parce que vous êtes... Ce n'est pas moi qui le dis, c'est vos propres citoyens qui vous le disent en pleine face : Vous n'avez pas respecté cet engagement-là, 1,5 milliard.

Par la suite, arrive le début de cette année. Le premier ministre, il dit : Bien, vous savez quoi, on va... en d'autres mots, on va passer la patate chaude à la Régie de l'énergie. On va demander à la Régie de l'énergie de statuer. Bien, voyons donc! Vous voulez gouverner ou vous ne voulez pas gouverner? Vous voulez assumer vos responsabilités ou vous ne voulez pas assumer vos responsabilités? Vous voulez respecter vos engagements ou pas? Encore une autre réponse improvisée, encore une autre explication alambiquée, encore une stratégie ou, si on peut dire, un slogan mal attaché. Ça n'a pas marché.

La semaine d'après, il nous arrive avec une autre explication, de dire : Bien, vous savez quoi, on va rembourser les trop-perçus, les prochains trop-perçus, mais on va oublier le passé. Bien, les Québécois ne sont pas dupes. Les Québécois n'oublient pas. Les Québécois ont bien compris. Et aujourd'hui ils se rendent compte peu à peu, avec l'exemple de ce matin, ç'en est un autre, exemple de ce matin, peu à peu que c'est un gouvernement qui est en train de reculer. Petit à petit, il est en train de reculer. Vous entendez... Hier, on entendait les camions passer à côté de l'Assemblée nationale, mais moi, j'entends justement le gouvernement peu à peu reculer sur ses propres engagements.

Ceci dit, on me fait signe. Bien, j'ai tendance, des fois, à étirer mon temps de parole, mais on me fait signe à respecter le temps de parole de mes collègues de ma formation politique. M. le Président, aujourd'hui, ce que je voulais essentiellement vous mentionner sur ce budget : oui, je reconnais qu'il y a des gestes qui ont été posés en éducation, en santé, même auprès des aînés. Notre estimée collègue ministre des Aînés, que je respecte beaucoup, avec laquelle, des fois, j'ai des divergences d'opinions... Oui, au niveau des aînés, il y a des gestes qui ont été posés. Ceci dit, par contre, il faut dire que ce n'est pas «tout est parfait», contrairement au député de Bourget, qui a dit : On s'est mis des lunettes roses pour rédiger le budget. Bien, justement, des fois, il rêve un peu trop en couleur et, justement, sur certains enjeux, ils n'ont pas respecté leur propre parole.

Alors, aujourd'hui, M. le Président, moi, je tiens à dire : Nous nous opposons à ce budget malgré les bonnes décisions parce que nous considérons que les marges de manoeuvre auxquelles disposait ce gouvernement pouvaient être mieux utilisées et surtout pouvoir respecter leur propre parole, leur propre engagement auprès de la population. Et je tiens à dénoncer justement ce manque de rigueur de leur part. Merci beaucoup, M. le Président.

• (17 h 20) •

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée d'Argenteuil.

[...]
 

En Complément