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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


PROULX Sébastien - Jean-Talon
Discours sur le budget 2019-2020 - Débat parlementaire - 1926-30

Assemblée
Fascicule n°27, 2 avril 2019, pages 1926-1930

[...]

À titre de députée de Côte-du-Sud, je suis très fière de voir la ville de Montmagny être explicitement nommée dans le budget du gouvernement du Québec. Le budget 2019‑2020 prévoit un investissement de 47,6 millions de dollars sur trois ans pour soutenir un nouveau projet d'expansion du réseau de distribution de gaz naturel entre Saint-Henri-de-Lévis et Montmagny. L'approvisionnement en gaz naturel est une des conditions gagnantes pour le développement économique des régions. Avec cette extension du réseau dans la circonscription, nous favorisons l'implantation, la rétention et la compétitivité des entreprises.

En terminant, je souhaite réitérer à quel point je suis fière de siéger dans un gouvernement à l'écoute des citoyens du Québec et qui a la volonté de mettre en oeuvre ses ambitions. Les Québécois avaient de grandes attentes face à notre gouvernement. Pour la première fois en 40 ans, le paradigme a été changé en ramenant le débat sur les préoccupations des Québécois plutôt sur la question nationale. Nous avons bien l'intention de répondre aux attentes des Québécois tout en assurant la défense de notre identité unique en Amérique du Nord.

M. le Président, durant la dernière campagne électorale, nous avions de l'ambition pour le Québec. Avec ce budget, nous sommes cohérents avec nos engagements. Merci, M. le Président.

• (15 h 40) •

>655 Le Vice-Président (M. Picard) : Merci. Avant de poursuivre, je vous informe que trois débats de fin de séance se tiendront à 18 heures.

Le premier portera sur une question adressée par M. le député de La Pinière à M. le ministre des Transports concernant l'absence de compensation suffisante pour les propriétaires de taxis à la suite du dépôt du projet de loi n° 17.

Le second portera sur une question adressée par Mme la députée de Verdun à Mme la ministre de la Culture et des Communications concernant l'absence de représentations de la ministre auprès du gouvernement fédéral quant au contenu produit par Netflix au Canada.

Enfin, le troisième débat portera sur une question adressée par M. le député de Pontiac à Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux concernant la promesse du gouvernement caquiste de diminuer les tarifs de stationnement des établissements de santé et de services sociaux.

Nous poursuivons avec M. le député de Jean-Talon.

M. Sébastien Proulx

M. Proulx : Merci, M. le Président. Très heureux d'avoir l'occasion de vous retrouver, très heureux d'avoir l'occasion de retrouver les collègues ici aujourd'hui pour prendre quelques instants pour parler du budget du ministre des Finances.

C'est une étape importante, M. le Président, parce que c'est l'occasion que nous avons, les députés, comme on le fait aussi pour le discours d'ouverture, de prendre quelques instants pour parler du budget, mais aussi de parler des préoccupations des gens que nous représentons à l'Assemblée nationale. C'est un contexte qui est particulier. Le ministre des Finances l'a évoqué, plusieurs l'ont dit, nous sommes au début d'un nouveau gouvernement. Nous sommes dans un moment qui leur permettait de faire des choix bien différents. Le contexte, pour l'élaboration et la présentation, M. le Président, du budget était plus ou moins favorable, très favorable même, je dois dire. Et, dans ce contexte-là, il y a, bien entendu, des investissements importants qu'il faut saluer. Mais il y a aussi des questions que nous avons posées, et que nous poserons, et que nous continuerons, M. le Président, de poser ici, à l'Assemblée... et d'écouter et d'amener aussi ici, à l'Assemblée, M. le Président, les préoccupations des gens qui ne se sont pas sentis bien écoutés au fil du temps.

Je voulais commencer, M. le Président, par saluer le ministre des Finances, qui a, dès le début de son intervention, et qui l'a fait à quelques occasions, salué le travail qui a été fait avant lui, qui a souligné le travail qui a été fait pour remettre ces finances publiques en ordre, et ce, pour nous sortir de cet endettement perpétuel que nous avons, cette mauvaise manie que nous avions, comme société, M. le Président, d'emprunter pour payer l'épicerie, de faire, de manière structurelle, ces déficits continuels et répétitifs. Et c'est une des raisons pour lesquelles moi aussi je suis venu en politique, M. le Président, c'est pour s'assurer qu'on puisse dégager des marges de manoeuvre pour qu'on puisse travailler à ce que la prochaine génération puisse voir les choses différemment, mais ait surtout le moyen de ses ambitions.

Je salue également le ministre, qui a pris quelques instants, donc, je l'ai dit, pour saluer notre gouvernement, mais qui a aussi salué le travail du député de Robert-Baldwin, qui, vous le savez, a été reconnu pour le travail qu'il a fait, tous partis confondus, au-delà de la partisanerie, M. le Président. Le député de Robert-Baldwin, vous le savez, a une grande réputation dans l'économie canadienne. C'est quelqu'un qui a fait beaucoup. C'est quelqu'un qui a mis son talent, son leadership, qui a mis également, je dirais, sa compassion, mais qui a mis cette sensibilité qu'il a pour les gens, au fil du temps, pour maintenir des équilibres pas toujours faciles. Faire de la politique, gouverner, M. le Président, c'est faire des choix, et, dans ce contexte, viennent parfois des choix difficiles.

Ça me permet de rappeler, M. le Président, qui est le député de Robert-Baldwin parce que c'est d'abord un des meilleurs, sinon le meilleur économiste au Canada, vous le savez. Et, au-delà de ce qu'il a fait ici en politique, il a fait un travail formidable dans sa vie professionnelle. En 2003, il devient économiste en chef de Valeurs mobilières Banque Laurentienne. Vous le savez, en 2008, c'est l'agence de presse Bloomberg qui le classe au deuxième rang des prévisionnistes les plus justes de l'économie américaine. Il a, au cours de ce mandat où il était ministre des Finances, M. le Président, présenté cinq budgets, dont quatre qui sont équilibrés. C'est du jamais vu au Québec. Voilà de nombreuses, nombreuses, nombreuses années, M. le Président, qu'on n'avait pas vu des budgets consécutifs équilibrés. Il l'a fait et il l'a bien fait. Et je vous rappelle, M. le Président, qu'il y a tout un renversement de situation qui s'est opéré dans ce mandat auquel j'ai participé, dans la mesure où nous étions parfois des derniers de classe, et plusieurs titraient, ici et ailleurs, que nous étions passés de l'arrière à l'avant. Et je réitère encore ce que disait Bloomberg en 2017, que le Québec était maintenant la «fiscal star» du Canada.

Alors, je voulais prendre quelques instants, M. le Président, pour souligner la contribution du collègue député de Robert-Baldwin, lui dire merci au nom de ceux et celles qui ont travaillé avec lui, mais aussi merci au nom de ceux et celles qui suivront, qui se retrouvent aujourd'hui, M. le Président, dans une situation favorable, je dirais, pour faire de la politique, favorable pour faire des choix gouvernementaux, favorable pour déposer des budgets dans les prochaines années, je l'espère.

Maintenant, vous aurez compris, M. le Président, qu'il n'y a pas que les collègues, le collègue ou le gouvernement qui avons fait des efforts au cours de ce mandat précédent. C'est l'ensemble de la population qui y a mis du sien. Ce furent des efforts collectifs. J'ai eu le privilège, M. le Président, d'occuper deux ministères, à la Famille et à l'Éducation, durant ce mandat. J'ai été également ministre régional comme la collègue qui m'a précédé, M. le Président, dans cette intervention, ministre responsable de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, mais également de la Capitale-Nationale. Et je sais, M. le Président, que tous et toutes avons fait un travail, y avons mis du sien, tous et toutes avons contribué à cet effort collectif. Il a fallu faire ces arbitrages, dont j'ai parlé tout à l'heure, qui nous ont amenés à avoir cette marge de manoeuvre que nous avons aujourd'hui.

Maintenant, M. le Président, moi, je l'ai qualifié, cet effort et ce résultat, d'une victoire pour la société québécoise, parce qu'on peut ne pas s'entendre sur tous les choix qui ont été faits. On peut ne pas s'entendre sur les orientations qui étaient les nôtres ou qui sont celles du gouvernement actuel. Une chose est certaine, M. le Président, quand on regarde autour de nous, nous sommes extrêmement bien positionnés pour l'avenir. Et je dirais que nous avons, pour une fois, pour une rare fois, passé de la parole aux actes, en ce sens, M. le Président, qu'on peut dire aujourd'hui que ces générations futures, la prochaine génération... moi, je pense à mes deux enfants de 13 et 11 ans, que je salue, Nicolas et Marie-Rose, qui sont à l'école aujourd'hui et qui pourront, lorsqu'ils seront grands, faire des choix différents. Ils auront la capacité de faire des choix différents. Ils auront la capacité de définir un avenir différent pour la société québécoise et choisiront des priorités qui sont les leurs, mais auront vraisemblablement, M. le Président, la capacité de les financer.

Maintenant, j'ai parlé de ce qu'a apporté ce mandat précédent, M. le Président, j'ai parlé de cette qualité de gentleman qu'est le ministre des Finances comme il l'est dans la vie, de ce que je connais de lui. J'ai parlé de mon collègue de Robert-Baldwin qui a fait un travail formidable et qui est retenu. Je veux parler un peu du budget pour vous faire part de certaines préoccupations que j'ai, et que nous avons, et qui ont été exprimées, M. le Président, et qui le seront dans le temps qui nous est imparti pour le faire.

D'abord, je veux parler un peu de la classe moyenne, M. le Président, parce que moi, j'appartiens... comme d'autres collègues, j'imagine, ici et ailleurs, se retrouvent dans ce milieu autour de nous, où les gens sont dans cette classe moyenne, là, qu'on peut définir de bien des façons, mais que tout le monde entend comme étant ces gens qui ne sont pas ceux et celles qui ont les besoins les plus criants dans la société, mais qui ne sont pas non plus au-dessus de tout et qui, comme certains aiment le dire, ont plus peur de la fin du monde que de la fin du mois.

Ces gens de la classe moyenne, M. le Président, font des choix. Les gens de la classe moyenne ont, oui, la capacité financière de faire des choix, mais, dans certains cas, doivent faire des choix difficiles. Et je pense à moi et ma conjointe qui avons tous les deux un travail très honorable et qui avons la chance de bien gagner notre vie. Bien, on doit faire des choix pour l'éducation de nos enfants, on doit faire des choix pour vivre ici dans la capitale nationale, on doit faire des choix pour en mettre de côté pour l'avenir.

Et cette classe moyenne, M. le Président, n'est pas celle qui bénéficie le plus des avantages et de ce qu'a mis de l'avant le ministre des Finances. Je pense à la taxe scolaire. Oui, c'est vrai, il y a une partie de ça qui s'y retrouve, mais vous aurez compris, M. le Président, que ce n'est pas acquis, là. On n'a pas jusqu'à maintenant l'ensemble de cette réduction, et que cette réforme, mis à part ce 200 millions dont on a parlé pour cette première année, ce n'est pas tout qui s'y retrouve actuellement.

Alors, mis à part ce 200 millions, je ne pense pas qu'on peut dire que la classe moyenne est très avantagée. Je l'ai entendu, certains l'expriment de différentes façons, mais je l'ai entendu et je vais l'entendre encore, je suis convaincu, M. le Président, qu'il y aura des gens qui viendront nous dire encore : Oui, il y en a pour tel type de personne, il y en a pour les mieux nantis. Mais est-ce qu'il y en a suffisamment pour moi qui travaille très fort et qui sont ceux et celles qui paient des impôts et qui en paient beaucoup?

Je veux parler de cette promesse qu'ils avaient d'abolir la contribution additionnelle pour la garde d'enfant. M. le Président, ce n'est pas le choix qu'on a mis de l'avant, alors vous aurez compris que ce n'est pas ce que nous demandions. Mais, clairement, elle sera graduelle. Encore une fois, M. le Président, il y a des gens qui pensaient, il y a des gens qui ont vu, il y a des gens qui ont cru que c'était pour être fait plus rapidement. Et sincèrement, lorsqu'on regarde qui en bénéficie aujourd'hui, de cette réduction, bien, on voit, M. le Président, que c'est d'abord les mieux nantis parmi les gens qui y ont accès.

• (15 h 50) •

Je vais me permettre de parler un peu d'éducation. Je ne le fais pas souvent, M. le Président, pour une raison fort simple. D'abord, nous avons une porte-parole très compétente, efficace sur le sujet. Maintenant, parce que, puisque j'ai occupé cette fonction, je n'avais pas l'intention de passer mon temps à vouloir refaire l'histoire avec le ministre actuel. Mais il sait que j'ai apprécié et que nous avons eu de bons débats ici, dans cette Assemblée, sur l'éducation, tous et toutes. Et lui aussi, je le sais, croit à un système d'éducation qui ira mieux et qui pourra contribuer à l'égalité des chances dans notre société. C'était mon souhait, c'est le sien aussi, également. Maintenant, il va arriver des moments où on ne s'entendra pas sur les moyens.

Je veux parler de la maternelle quatre ans parce que, pour moi, c'est un bel exemple de quelque chose d'important, de quelque chose qu'il faut réfléchir mais peut-être une façon un peu excessive de travailler les choses. Je m'explique, M. le Président.

D'abord, cette promesse très ferme de la Coalition avenir Québec de créer 5 000 classes, de créer toutes ces classes le plus rapidement possible, le premier ministre qui en a fait un engagement, qui a dit qu'il était prêt à quitter son poste pour un engagement comme celui-là, le fait d'ouvrir le plus rapidement possible toutes ces classes et de les construire, alors qu'on sait, M. le Président, qu'au-delà de la volonté de tous les ministres, de tout le gouvernement ensemble, de l'ensemble des fonctionnaires de l'administration québécoise il y a des choses qu'on ne contrôle pas : la disponibilité des locaux, la rareté de la main-d'oeuvre, le nombre d'enfants disponibles, prêts à aller fréquenter ces classes sur le territoire, les délais pour construire, l'obtention des permis dans des villes qui, dans certains cas, M. le Président, c'est Les 12 travaux d'Astérix, dans d'autres, ça va beaucoup plus rapidement. Dans certains cas, on a des enjeux de construction parce qu'on n'a pas la capacité de construire sur le sol. Parfois, il faut obtenir des permis pour aller en hauteur. Il y a toutes sortes de choses, M. le Président, qui font en sorte que c'est difficile.

Et ça va être extrêmement difficile de réaliser cette promesse dans les délais impartis. C'est comme si le gouvernement avait fait le choix de mettre la charrue en avant des boeufs, c'est-à-dire de vouloir à tout prix le réaliser parce que c'est un engagement mais ne pas prendre le temps nécessaire d'assurer le juste équilibre et l'équilibre qu'on doit avoir pour tous ces services à l'enfance, à la petite enfance.

Parce que, je l'ai déjà dit, avant l'école il y a une période, et c'est une période que moi, j'ai qualifiée de préparation à la vie scolaire, qu'on soit à la maison, qu'on soit dans nos services de garde privés, publics, subventionnés ou non, qu'on soit dans une maternelle quatre ans, qu'on soit en attente d'aller à la maternelle cinq ans, peu importe, M. le Président. Si nous avons ce qui est nécessaire pour préparer la vie scolaire, si nous avons accès à l'ensemble des... si on peut répondre à l'ensemble des besoins que nous avons pour se préparer adéquatement, pour atténuer les inégalités entre les jeunes enfants, pour que, lorsqu'ils arriveront à l'école, à l'âge où ils arriveront, il y ait le moins d'inégalités possible, on aura réussi.

Alors, c'est peut-être pour ça, M. le Président, qu'ils ont revu à la baisse, de 5 000 à 3 000, le nombre de classes, parce qu'ils le savent très bien. C'est peut-être pour ça aussi qu'il y a énormément de pression sur les différents milieux scolaires pour qu'à chaque fois qu'un projet avance, évolue, on y ajoute ces classes supplémentaires, même si les besoins ne sont pas démontrés jusqu'à maintenant dans l'ensemble des milieux. Pour avoir parlé à certains gestionnaires du réseau scolaire, il y a des endroits, M. le Président, où on a fait le saut devant ce qu'on nous a demandé de fournir, c'est-à-dire des classes. Mais, dans les faits, les enfants ne sont pas tous au rendez-vous.

Et il y a une question fondamentale, plutôt que de se demander qu'est-ce qui est le mieux entre les maternelles quatre ans puis nos services éducatifs de garde, M. le Président, c'est : Comment est-ce qu'on fait pour concilier les deux? Comment est-ce qu'on fait pour s'assurer que l'équilibre existe? Comment est-ce qu'on fait pour les faire travailler ensemble? Comment est-ce qu'on fait pour s'assurer qu'il y a un continuum entre la naissance et la fin de la vie, où on sera toujours et toujours en apprentissage?

Et ça, pour moi, il y a là une préoccupation de voir comment on va, à court terme, M. le Président, d'abord, apaiser ce débat-là pour que tout le monde y trouve sa place, mais surtout comment on va construire d'une façon, je dirais, raisonnable pour arriver à un objectif d'offrir la maternelle quatre ans à l'ensemble des Québécois mais tout en conservant ce réseau très important que nous avons, tout en conservant cet avantage que nous avons sur d'autres sociétés, M. le Président, où nous faisons de bien et belles choses avec nos enfants en bas âge.

D'ailleurs, je me permets une petite anecdote, M. le Président. Alors que j'étais à l'UNESCO pour représenter le gouvernement en qualité de ministre de l'Éducation, j'ai eu la chance de rencontrer plusieurs pays, avec qui on a parlé de la petite enfance et on a parlé de l'alphabétisation, qui est le sujet qui... un des sujets qui, moi, me préoccupent beaucoup et qui m'intéressent au plus haut point. Et nous avons à chaque fois fait la démonstration que les services que nous avons actuellement sont excellents, voire extraordinaires, pour soutenir des enfants, parce que ça n'existe pas ailleurs.

Reste à trouver des façons de les bonifier et d'offrir un filet supplémentaire, M. le Président, pas de détruire, pas de démolir, pas de vouloir faire différent qu'on faisait avant parce que ce sera un modèle qui appartiendrait à un nouveau gouvernement, non, de faire mieux avec ce que nous avons. Et ça passe, oui, par un développement puis une certaine libéralisation de la maternelle quatre ans. Mais, je tiens et je tenais à le réitérer, M. le Président, l'important, c'est dans l'équilibre, l'équilibre pour que cette période de préparation à la vie scolaire soit bel et bien présente pour tous les enfants du Québec.

Je vais parler quelques instants, M. le Président, d'environnement parce que, pour moi, c'était un éléphant dans la pièce dans la mesure où j'ai entendu les collègues du gouvernement réitérer qu'il y avait des sommes pour l'environnement. Ce que je n'ai pas vu, M. le Président, c'est la posture du gouvernement en matière d'environnement. Ce que je n'ai pas vu et entendu dans le cadre du budget et des débats, M. le Président, c'est cette intention de voir les modèles changer.

Alors, on a à Québec un projet structurant très intéressant. Je vois le président au Conseil du trésor et je sais qu'il, pour l'avoir déjà entendu, tient à un projet comme celui-là, souhaite qu'on puisse le développer. C'est un projet qui va changer la mobilité, M. le Président. Ce n'est pas qu'un projet qui va améliorer la qualité de vie à Québec. C'est un projet qui va changer la façon dont on va se déplacer et qui va changer la mobilité, qui va s'inscrire dans un grand plan de mobilité. Alors, je prends cet exemple-là parce que je le connais. C'est ici. C'est un projet que j'ai porté et auquel je tiens.

Mais, très sincèrement, M. le Président, si on veut que les comportements changent, si on veut obtenir des résultats différents en matière d'environnement, il faut s'attaquer aux choses qui peuvent changer. Et, si on ne change pas les comportements par une posture gouvernementale, si on ne fait pas des gestes de rupture avec des choses qu'on faisait avant, bien, on aura toujours cet étalement urbain, on aura toujours ces émissions de gaz à effet de serre qui seront difficiles à diminuer, on aura toujours une pression sur nos routes et sur les transports. Il faut trouver des façons et se donner des orientations qui changent la posture, M. le Président.

Et je pense que cette nouvelle génération, qui, malheureusement, n'utilise peut-être pas assez cette Assemblée, ne vient pas assez souvent ici nous voir parce peut-être n'ont pas bien vu ou compris... ou peut-être même parce qu'ils ne se sentent pas ici chez eux comme nous, on pense qu'on doit l'être, utilise d'autres moyens pour se faire entendre. Mais cette Assemblée, M. le Président, c'est pour tout le monde. Alors, moi, j'ai une préoccupation, M. le Président, de voir des gens à l'extérieur revendiquer, se faire entendre. Et ça, c'est bien qu'ils le fassent. Mais j'aimerais, M. le Président, qu'on soit cette courroie de transmission pour qu'avec leurs préoccupations et nos actions on arrive à des résultats différents dans l'avenir.

J'avais, quelques minutes avant moi, en intervention, M. le Président, la ministre responsable des Régions. Quelques instants pour parler d'Internet haute vitesse parce que, bien entendu, je l'ai entendu comme tous les collègues, et tous les collègues vont vous parler de l'Internet haute vitesse. Pourquoi? Parce que c'est important. Une région, une ville, M. le Président, qui est à l'extérieur des grands centres et qui n'est pas bien couverte par ces services n'est pas compétitive. Les entreprises ne peuvent développer, comme on le fait ici, à Québec, ou dans d'autres grands centres... On a besoin de cette couverture. On a besoin de cette capacité, dans ces milieux, de créer des zones d'innovation qui peuvent concurrencer partout dans le monde.

Et les collègues nous diront : Vous ne l'avez pas fait. On leur dira : Bien, vous aviez dit que vous le feriez plus rapidement puis vous ne l'avez pas fait assez vite. Chose certaine, M. le Président, c'est qu'il va falloir que ça se fasse. Et moi, je trouve ça long, sept ans. J'aurais préféré que ça se fasse avant. C'est le plan, je pense, du gouvernement. Mais une chose est certaine, M. le Président, ce n'est pas ce qui avait été annoncé et ce n'est pas ce à quoi les gens s'attendaient. Une chose est certaine... je termine sur ce sujet qui était Internet haute vitesse en disant que c'est bien long, tous ces mois et toutes ces semaines, pour ces gens qui sont en région et qui ont besoin de ce service. Alors, souhaitons, M. le Président, souhaitons que, si on travaille ensemble, si le gouvernement y met des efforts supplémentaires, si la capacité financière du gouvernement est au rendez-vous, ce qu'elle est, M. le Président, dans une certaine mesure, qu'on puisse devancer ce branchement de l'ensemble du territoire du Québec. Il faut y aller, en région, pour l'entendre. Il faut y aller, dans ces régions, pour voir ce que ça veut dire, ne pas être branché. Et, là-dessus, M. le Président, je demande au gouvernement d'en faire davantage.

Je reviens quelques instants sur le projet structurant. C'était dans mes notes parce que, qu'est-ce que vous voulez, pour moi, c'est extrêmement important. Le gouvernement a fait le choix, M. le Président, actuellement de devancer le projet du troisième lien. D'ailleurs, je l'ai déjà exprimé, on l'a déjà exprimé : Pas contre le projet du troisième lien, au contraire. Ce que j'ai toujours souhaité, moi, M. le Président, c'est que l'ensemble de ces moyens qu'on met de l'avant, alors au-delà de ce que nous avons ici dans la Capitale-Nationale, tous ces moyens nouveaux qu'on veut mettre de l'avant s'inscrivent dans un plan de mobilité parce que nous sommes, M. le Président, à un moment important de notre histoire à Québec.

• (16 heures) •

Alors, d'autres grandes villes ont déjà fait des erreurs qu'on n'est pas obligés de répéter. Alors, le trafic que nous avons, pour parler en termes clairs, il nous dérange, là, comme concitoyens. Il dérange dans l'économie de Québec. Mais il n'est pas là où il est ailleurs, c'est-à-dire un frein qui menace même tout l'écosystème économique de notre ville. Alors, c'est compliqué actuellement dans certains milieux et à certains matins, je le sais. J'arrive de l'ouest et je m'en viens vers l'est à tous les jours. Mais on est dans un moment, M. le Président, où il ne faut pas attendre. Posons aujourd'hui ces gestes qui font qu'on sera capables d'améliorer la mobilité, bien entendu, dans l'ensemble de la grande région métropolitaine, c'est vrai, mais aussi sur la Rive-Nord, M. le Président. Parce que, là, j'ai une pensée, moi, pour ces gens qui écoutent tout ce discours autour du troisième lien et qui se disent : Bien, moi, je n'irai pas passer par Beauport puis Beaumont pour venir travailler si j'arrive de Cap-Rouge. Dans la vraie vie, M. le Président, il y a des gens qui sont sur la Rive-Nord, et qui vivent ces problématiques, et qui savent très bien que ce n'est pas que par un troisième lien que va se régler la question de la congestion à Québec.

Et, sur la question du transport structurant, je ne comprends pas, M. le Président. Dans le contexte où la négociation semble extrêmement difficile avec le gouvernement fédéral, c'est ce qu'on me dit, alors qu'eux, ils disent que les sommes sont disponibles, dans un contexte, M. le Président, où on n'a pas réussi, du côté du gouvernement, à gagner bien des batailles avec le fédéral jusqu'à maintenant, il faut sécuriser le projet. Il faut que ce projet-là avance, il ne faut pas le retarder. Alors, si les sommes sont disponibles, M. le Président, faisons ce qu'il faut pour que le projet puisse avancer et assurons-nous que, dans nos batailles futures avec le fédéral, on obtienne davantage pour pouvoir financer des grands projets en transport collectif. Mais, dans l'argument du premier ministre, c'est que les autres vont payer pour Québec. M. le Président, plusieurs l'ont dit, en matière de transport collectif, longtemps il n'y en a pas eu pour les autres régions du Québec, longtemps il n'y a eu que des projets à Montréal parce que ce n'était qu'à Montréal qu'on pouvait se qualifier pour ces grands projets. Il y a un projet ici, dans la capitale nationale, qu'il ne faut pas laisser tomber. On serait la seule ville de 500 000 habitants, M. le Président, qui n'est pas dotée d'un système adéquat, et nous sommes la capitale nationale du Québec. Alors, dans ce contexte-là, je pense qu'il faut faire davantage.

Alors, je l'ai dit, M. le Président, puis je n'ai pas l'intention de m'étendre beaucoup plus longtemps, parce que d'autres l'ont fait et vont le faire encore, et je vais laisser la chance à tout le monde de s'exprimer, mais ces marges de manoeuvre que nous avons acquises avec tous ces efforts des Québécois, ils sont à la disponibilité du gouvernement du Québec. Alors, ils ont la capacité de faire des choix, c'est vrai, ils ont la capacité de réaliser des engagements qu'ils ont pris, c'est vrai, mais ils ont surtout la responsabilité, M. le Président, de ne pas les dilapider. Ils ont la responsabilité de faire des choix qui est dans l'intérêt de tous les Québécois, pas seulement de ceux et celles qui ont voté pour leur gouvernement. Et ils ont aussi la responsabilité, M. le Président, de nous assurer que c'est terminé, les déficits, et que cet équilibre, il sera toujours défendu pour l'ensemble de leur mandat et par tous ceux et celles qui viendront, par la suite, gouverner le Québec.

Alors, je termine, M. le Président, en disant que, bien entendu, après discussion avec les collègues, pour l'ensemble des raisons qui ont été invoquées par l'ensemble des gens ici de l'opposition officielle, je voterai contre ce budget. Mais je tenais à prendre quelques instants pour vous souligner certains points qui, pour moi, étaient importants, souligner le travail qui a été fait d'un premier budget par le ministre des Finances, souligner la classe avec laquelle il a souligné le travail du collègue de Robert-Baldwin, et vous dire, M. le Président, que personnellement, je suis très fier d'avoir appartenu à ce groupe qui a brisé ce cycle de l'endettement au Québec et qui, aujourd'hui, permet à ceux et celles qui sont ici de travailler dans des conditions différentes. Voilà, merci.

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Merci. Est-ce que j'ai d'autres intervenants? Mme la députée de Gaspé, allez-y.

Mme Méganne Perry Mélançon

Mme Perry Mélançon : M. le Président, je suis très heureuse d'avoir l'opportunité de m'exprimer aujourd'hui relativement au budget qui a été déposé par le ministre des Finances le 21 mars dernier. Avec un titre d'ouvrage comme Agir selon vos priorités, nous nous serions attendu à retrouver dans ce budget plus de réponses que de questions face à des enjeux qui ont été soulevés à maintes reprises depuis de nombreuses années par la population et par les acteurs du monde municipal, économique et social, la région de la Gaspésie. Il est clair que ce budget n'est pas tout à fait la réponse que la région souhaitait obtenir à la suite des quatre années d'austérité qui ont mis à mal le développement de la Gaspésie. J'aimerais profiter de l'occasion qui m'est offerte pour partager quelques-unes de mes préoccupations face à différentes mesures incluses dans ce budget.

D'abord, les petites municipalités de la Gaspésie et du reste du Québec avaient de grandes attentes face à ce premier budget. Ces dernières font constamment face à de nouveaux défis et voient leurs responsabilités augmenter sans nécessairement que des sommes supplémentaires soient au rendez-vous. Le budget répond en partie à cette préoccupation avec une enveloppe budgétaire de 88 millions de dollars répartis sur cinq ans pour l'ajout d'infrastructures communautaires, culturelles et récréatives. Cependant, à la lecture du budget, on constate rapidement qu'aucune nouvelle somme n'est prévue pour la présente année financière et que, pour l'année 2020‑2021, les municipalités n'auront droit qu'à une enveloppe budgétaire de 5 millions de dollars. D'autre part, M. le Président, il est impossible de savoir pour le moment quelles seront les modalités que devront respecter les municipalités afin de pouvoir bénéficier de cette nouvelle enveloppe. Nous souhaitons fortement que le gouvernement facilite l'accès à la réalisation de projets d'infrastructure en établissant un pourcentage de mises de fonds qui tiendra compte de la capacité financière des petites municipalités et qui reconnaîtra les travaux effectués en régie comme étant des dépenses admissibles.

M. le Président, la route 132 en Gaspésie figure parmi l'une des plus belles routes côtières en Amérique du Nord. Chaque année, plus de 700 000 touristes empruntent cette boucle de 885 kilomètres qui traverse des paysages spectaculaires. Bien au-delà d'être une force touristique, la route 132 est essentielle pour la population de la péninsule.

Dans la nuit du 16 décembre 2016, ce précieux lien routier a été lourdement endommagé lorsque plusieurs sections de la route se sont effondrées lors d'une tempête. Cet incident a complètement isolé durant près de 48 heures les citoyens et les citoyennes de la municipalité de La Martre en Haute-Gaspésie. C'est au gouvernement qu'incombe la responsabilité d'assurer l'intégrité du réseau routier et de garantir la sécurité des usagers qui l'empruntent. Depuis les quatre dernières années, les investissements routiers ont diminué de façon importante en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Je dois avouer, M. le Président, que nous avons été heureux de constater que les investissements de 161 millions de dollars prévus au présent budget permettraient à la région de se rapprocher de ceux faits par le gouvernement du Parti québécois en 2013. Nous avons également salué les investissements de l'ordre de 10 à 25 millions de dollars spécifiquement dédiés à la protection contre l'érosion de la route 199 aux Îles-de-la-Madeleine.

Cependant, M. le Président, il est difficile de concevoir que le gouvernement a pris la décision de consacrer seulement 2,2 millions de dollars au cours des deux prochaines années pour protéger la route 132 dans les secteurs aussi vulnérables à l'érosion côtière que ceux qui se retrouvent notamment en Haute-Gaspésie, dans le secteur de L'Estran, à Grande-Rivière et ailleurs dans mon secteur, dans mon comté. Pourtant, nous demeurons convaincus que le gouvernement est bien au fait de la situation de la Gaspésie. Un seul autre épisode comme celui de décembre 2016 n'engloutira pas uniquement des portions de la route 132, mais également bien plus que les 2,2 millions de dollars qui sont prévus au présent budget.

M. le Président, la route 132 en Gaspésie figure parmi... Excusez-moi, il y a une répétition ici. Alors, pour continuer au sujet des transports en Gaspésie, pour ce qui est de la réhabilitation du chemin de fer gaspésien, M. le Président, plus précisément le rétablissement du transport ferroviaire sur le tronçon qui doit relier Matapédia à Gaspé, dans son budget, le gouvernement de la CAQ inscrit une somme de 85 millions de dollars. En soi, c'est une excellente nouvelle, M. le Président, mais le problème, c'est qu'on a déjà applaudi cette annonce-là il y a deux ans. Si vous vous rappelez, quand l'ancien gouvernement nous a présenté son budget en mars 2017, il avait décidé de consentir une somme de 100 millions de dollars pour la réhabilitation complète du tronçon Matapédia-Gaspé. Et de ce 100 millions là, jusqu'à maintenant, il n'y a que 15 millions qui ont été investis pour des études en vue de la réalisation des travaux. Donc, ce 85 millions que la CAQ a inscrit à son budget pour le chemin de fer en Gaspésie, ce n'est en réalité que le solde reporté de l'investissement qui nous avait été annoncé par les libéraux il y a deux ans.

Ceci dit, on comprend que le gouvernement n'a pas tenu compte, dans son budget, de l'augmentation du coût des travaux et des matériaux. Et le gouvernement n'a pas tenu compte non plus dans son budget des possibles dépassements de coûts, alors que le premier ministre avait pourtant dit à des élus de la Gaspésie, en décembre dernier, qu'il était ouvert à ajouter de l'argent aux 100 millions déjà promis pour la remise en état du rail. Donc, il n'y a rien, absolument rien de nouveau pour le rail gaspésien dans le budget de la CAQ, sinon qu'ils ont décidé de renommer le dossier «accélération des travaux d'amélioration du tronçon Matapédia-Gaspé». Alors, avant d'applaudir à cet investissement qui revient de

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