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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


POLO Saul - Laval-des-Rapides
Discours d'ouverture - Débat parlementaire - 245-8

Assemblée
Fascicule n°6, 5 décembre 2018, pages 245-248

[...]

M. Saul Polo

M. Polo : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Il me fait grand plaisir de prendre la parole aujourd'hui, comme l'ensemble de mes collègues, pour livrer une réplique au discours inaugural.

À chaque semaine, Mme la Présidente, depuis presque cinq ans, je prends la pleine mesure du privilège que mes collègues et moi avons de siéger dans ce salon, le salon bleu, de représenter nos concitoyens tant dans les débats ici, au salon bleu, mais à travers les différentes activités et différentes responsabilités que nous avons. J'ai le plaisir, depuis que la 42e législature a débuté, de siéger à côté de la députée de Jeanne-Mance—Viger, et pour moi c'est un heureux rappel de mes débuts en politique. Elle sourit pendant que je prends la parole, parce qu'elle s'en rappelle très bien. Il y a de cela à peu près 13 ans exactement, il y avait une élection partielle dans le comté d'Outremont. Et ça a été mes débuts en politique lorsque j'ai décidé, cet été-là, en 2005, de prendre ma carte de membre du Parti libéral, animé de cet espoir, de cette ambition de parler au nom des gens qui, des fois, ne se reconnaissent pas dans la classe politique, qui, des fois, ne se voient pas dans cette classe politique ou dans les décisions qui sont prises par les différents gouvernements confondus.

• (11 h 50) •

J'ai décidé de m'impliquer en politique parce qu'à l'origine j'étais très impliqué dans ma communauté d'origine, la communauté hispanophone et latino-américaine du Québec. Et, quand j'ai décidé de faire le choix de m'impliquer activement en politique, pour moi il était naturel de le faire avec la famille du Parti libéral du Québec. Et, quand j'ai été accueilli par ma collègue de Jeanne-Mance—Viger, qui était la directrice de l'organisation pour la campagne de l'ancien ministre des Finances et du Développement économique, M. Bachand, bien, je me suis... non seulement bien accueilli par elle, mais par l'ensemble des bénévoles et les organisateurs de l'époque.

Je retourne aussi loin en arrière, Mme la Présidente, parce que c'est un long chemin parcouru, c'est un long chemin parcouru, et on dit souvent : Il ne faut jamais oublier d'où on vient pour savoir, avec fierté, vers où on va aller. Lorsque j'ai eu le privilège, il y a de cela presque cinq ans, de l'ancien premier ministre, de pouvoir me présenter pour la première fois dans Laval-des-Rapides, ce n'était pas un choix facile. Rappelez-vous qui siégeait au nom de Laval-des-Rapides : c'était un jeune ambitieux très connu, un député élu du Parti québécois, Léo Bureau-Blouin. Et je l'ai fait par conviction, je l'ai fait parce que pour moi c'était important de porter les valeurs, de porter ce message, de porter notre vision libérale dans un contexte qui était très bouleversant, un contexte que, j'espère, nous n'y retournerons pas, malgré le dépôt du projet de loi du leader du gouvernement, un contexte où j'étais animé par, justement, ces mêmes convictions qui à l'origine m'ont motivé de m'impliquer activement en politique, de parler au nom de ceux et celles qui, des fois, se sentent rejetés, de parler au nom de celles et ceux qui, des fois, se sentent délaissés, se sentent, justement, ignorés ou ne se sentent pas, justement, entendus par les gouvernements. Et c'est cette même motivation qui m'a animé à poursuivre mon cheminement, même après quatre ans et demi, parce que, vous savez, Mme la Présidente, la politique n'est pas un fleuve tranquille, malgré les privilèges.

Je tiens ici à saluer ma femme, ma conjointe, sans qui je n'aurais pas, et je vais vous faire une confidence, décidé de me représenter, parce que, malgré le dévouement, malgré l'implication, malgré le travail acharné que nous faisons, chacun dans nos circonscriptions, des fois on a des doutes, des fois on se questionne. Et c'est important de se questionner, parce que, vous savez, ce privilège de siéger ici, à l'Assemblée nationale, ou peu importent les Parlements, bien, c'est juste une période de temps dans notre vie. C'est un sacrifice qu'on fait de nous, de notre temps, de notre temps de famille pour justement s'investir pour le bien-être de la collectivité. Et cette remise en question, elle a été importante chez moi. Il a été important de le faire non seulement au niveau personnel, mais également avec ma famille. Et je tiens à saluer Chantal, parce que, Chantal, ça fait 14 ans cet automne que nous sommes ensemble, et Chantal m'a accompagné, et c'est grâce à qui je suis devenu l'homme que je suis aujourd'hui et grâce à qui j'ai relevé les différents défis. Donc, mes premiers remerciements vont à ma conjointe, à mon garçon, Javier. Parce que, vous le savez, on n'a pas le privilège ou le luxe de représenter une circonscription de la grande région de Québec, dans mon cas et dans le cas de bien des collègues. Et j'entendais le député de Viau la semaine dernière, jeudi soir dernier, souligner à quel point ses filles lui manquent, mais c'est la même chose pour bien de mes collègues et c'est la même chose pour moi. Je pense que le sacrifice qu'on fait non seulement pour représenter nos concitoyens, mais aussi de se déplacer...

Et là je sais qu'il y a différents débats qui vont être abordés dans les prochains mois, dans les prochaines années, Mme la Présidente, sur le mode de scrutin que nous devrions adopter ou implanter au Québec, mais je pense qu'il faudrait aussi se questionner sur cet équilibre travail-famille. On a eu un collègue de Sherbrooke qui a vécu des défis très personnels au niveau de cette conciliation entre être un membre d'un cabinet, d'être un membre du gouvernement et aussi concilier une jeune famille avec plusieurs jeunes enfants en bas âge. Et ça, c'est pour ceux qui ont des jeunes familles. Je regarde mon collègue de Pontiac, qui vit la même chose au quotidien, mais je pense qu'il faudrait se poser ces questions-là aussi, Mme la Présidente.

Aujourd'hui, on ouvre les journaux et on a une formation politique qui questionne l'habillement et le code vestimentaire à l'Assemblée nationale. Pour moi, c'est bien. Peut-être que pour eux c'est hyperimportant, mais je pense qu'il y a des questions plus fondamentales à se poser aussi sur comment on peut réussir à bien représenter nos concitoyens mais sans avoir à faire un choix, parce que bien souvent, dans certains cas, c'est aussi faire un choix entre la famille et le travail que nous faisons. Et ça, ça s'applique non seulement pour les hommes, mais avant tout et aussi pour les femmes. Parce qu'ici aujourd'hui on parle d'implication et de vouloir avoir des femmes en politique, mais ce questionnement-là s'applique tout autant pour les hommes, parce qu'aujourd'hui je pense que les hommes de cette génération, on est conscients qu'on a autant de responsabilités à la maison qu'on l'a aussi dans notre charge professionnelle également.

Mme la Présidente, j'ai décidé donc, après cette réflexion, de m'investir et de me représenter de nouveau à tout vent, à toute vapeur également, dans un contexte qui n'était pas facile. Je vous ai dit que ça fait depuis presque 13 ans que je milite à l'intérieur de cette formation politique. Ça coïncide à peu près, presque, aux 15 années que notre formation politique a été au pouvoir. Et, cet été, je suis allé à la rencontre... pas seulement cet été, mais, en fait, depuis les quatre dernières années, mais particulièrement cet été il fallait avoir beaucoup d'humilité pour aller à la rencontre de nos concitoyens, il fallait avoir beaucoup d'écoute. Avant même de répéter nos engagements, avant même de répéter notre bilan, il fallait surtout, et avant tout, écouter. Et, par beaucoup de moments, ça n'a pas été facile.

Les gens de Laval-des-Rapides ont été très honnêtes, très candides avec moi et mon équipe pour nous faire savoir un peu leur déception. En même temps, ils me partageaient leur appréciation du travail que mon équipe et moi avons fait au cours des quatre dernières années, mais, ceci dit, leurs attentes, leurs ambitions, à beaucoup d'égards, vivaient certaines déceptions. Et donc beaucoup d'écoute pour les entendre et leur dire : Écoutez, nous pouvons encore faire des belles choses ensemble, nous pouvons encore rêver, nous pouvons encore avoir des ambitions ensemble, et, au-delà des opinions que vous pouvez avoir sur le cheminement de notre formation politique, je peux vous garantir et je peux vous démontrer, et c'est ce que j'ai fait au cours des quatre dernières années, que votre voix va être non seulement représentée, mais entendue, et entendue au nom des aînés, entendue au nom des jeunes, entendue au nom des familles, entendue au nom des Québécois, des nouveaux Québécois membres de la diversité québécoise.

Les aînés, dans ma circonscription, sont une portion de la population très importante. J'ai près de 12 résidences de personnes âgées à Laval-des-Rapides, et ils composent au-delà de 20 %, 21 % de la population. C'est important non seulement d'aller à leur rencontre, c'est important de s'assurer que leurs attentes face aux services de première ligne et aux services de santé sont répondues. C'est important aussi d'être là à leur écoute et de les accompagner afin de briser l'isolement, qui est un des grands enjeux qui préoccupent beaucoup les aînés de notre société. C'est important aussi de leur rappeler et de leur dire avec fierté que le Québec d'aujourd'hui s'est bâti sur les sacrifices et le travail qu'ils ont faits et qu'ils ont accomplis et les exploits qu'ils ont réussi justement à bâtir à travers de nombreuses années et qu'aujourd'hui nous avons le devoir et cette responsabilité de pouvoir répondre à leurs attentes et répondre à leurs besoins.

De travailler également pour nos jeunes familles, j'en suis un. J'ai un garçon de 10 ans. Je suis ce qu'on appelle un «soccer dad», si on peut dire, avec fierté, et je le dis parce que c'est une des choses qui m'ont beaucoup manqué dans la dernière année dû justement au fait que nous devions faire ce travail de terrain, d'aller à la rencontre, d'être le plus présents dans toutes les activités. Je vais vous faire une confidence : moi, pendant trois ans et demi de la dernière législature, l'une des activités personnelles préférées que j'aimais le plus, c'était de m'impliquer comme coach de soccer bénévole, et je vais vous dire pourquoi, parce que c'était ma façon à moi non seulement de passer du temps avec mon garçon, mais de décrocher, parce que, quand on est avec des garçons de sept, huit, neuf, 10 ans, ils ne nous parlent pas de politique, ils ne nous parlent pas d'enjeu par rapport à l'éducation, à la santé, et tout ça, ils ne se préoccupent même pas de ce qu'on fait, ils veulent juste taper sur le ballon et s'amuser. Et ça, pour moi, c'était la meilleure façon... et je pense que je vais recommencer, mais je vais demander la permission à ma femme, là, mais, ceci dit, c'était la plus belle activité. Et, à Laval-des-Rapides, il y en a, des jeunes familles, il y a des jeunes familles. Écoutez, je vais vous dire, on a 12 écoles primaires, à peu près, avec une moyenne de 500 élèves. C'est à peu près 6 000 jeunes, à peu près, de cinq à 12 ans uniquement au niveau des écoles primaires, sans compter justement les services de garde, sans compter les écoles secondaires.

• (12 heures) •

Les jeunes familles ont des attentes, ont des besoins, ont des besoins en éducation, ont des besoins au niveau des services de garde. Ils s'attendent justement à ce que le nouveau gouvernement continue à poursuivre le combat et la lutte pour la réussite scolaire. Comme mon collègue de Viau l'a mentionné la semaine dernière, c'est une priorité. Je félicite le gouvernement d'en faire sa priorité, mais il aura des comptes à rendre. Il aura des comptes à rendre, parce qu'à Laval-des-Rapides on a une surpopulation au niveau des écoles primaires. Malgré le fait que l'école Eurêka a été ouverte, il y a de cela un an, malgré le fait que l'école de Cluny est en construction actuellement, on a une surpopulation au niveau des écoles primaires.

Heureusement, à Laval-des-Rapides et, au niveau de Laval, au niveau de la commission scolaire de Laval et de la commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier, il y a eu des réinvestissements importants qui ont été faits au niveau des maintiens en bâtiment, contrairement à ce qu'on peut voir dans d'autres régions. Ceci dit, le manque qu'il y a au niveau de la commission scolaire francophone de Laval, c'est au niveau de la surpopulation. Et, à ce niveau-là, on va talonner le gouvernement. Il en fait sa priorité, nous allons s'assurer que l'argent est au rendez-vous et que les ressources sont au rendez-vous.

Les jeunes familles non seulement se préoccupent pour l'éducation, mais moi, j'en ai fait un engagement personnel, et c'est la raison pour laquelle je vais suivre et talonner aussi le ministre de l'Éducation. L'un de mes engagements locaux a été un beau projet qui a été initié cet automne en partenariat entre l'école Marcel-Vaillancourt et le collège Montmorency. Ça s'appelle l'école des grands. En fait, c'est un projet d'aide aux devoirs les samedis matins destiné à 60 jeunes les plus en difficulté, 10 jeunes par âge ou par année scolaire au niveau primaire, et ils sont accompagnés par des jeunes d'âge du collégial qui se destinent à faire une formation en éducation par la suite et qui leur offrent de l'aide aux devoirs et du tutorat en français, en mathématiques et en sciences avec, justement, un transport qui les amène de l'école primaire en question vers le collège Montmorency, et tout ça accompagné ou supervisé par des spécialistes.

Ce projet-là est un projet pour lequel j'y tiens. Et non seulement je l'ai présenté comme étant un engagement auquel je me suis engagé à l'étendre pour l'ensemble des écoles primaires sur une période de quatre ans si ma formation politique était menée au pouvoir, mais maintenant, puisque l'éducation est une priorité pour le gouvernement, je vais m'assurer que le ministre de l'Éducation en entende parler et je vais m'assurer d'accompagner les différents acteurs qui ont réalisé ce projet afin qu'ils aient les sommes nécessaires pour que ce soit étendu à l'ensemble des écoles primaires de ma circonscription, Mme la Présidente.

Un autre engagement au niveau des jeunes qui a été important auprès des jeunes, ça a été la sauvegarde du bois Trait-Carré. Et ça a été un enjeu sur lequel j'ai surpris beaucoup de personnes à Laval, non seulement à Laval-des-Rapides. Parce qu'à première vue — et le maire de Laval pourrait en témoigner — c'était un engagement... ou enfin un enjeu qui était uniquement municipal, mais, vous savez, c'est un enjeu qui était important pour un grand nombre de gens de Laval-des-Rapides et de Laval en général, jeunes et moins jeunes.

Vous savez, Laval est en train de se transformer. On est fiers, nous, les Lavallois, de dire : Laval est aujourd'hui la troisième plus grande ville au Québec. Laval est une ville en essor démographique, en essor économique, en essor culturel. On a la Place Bell. On a la rénovation de la Salle André-Mathieu. On accueille des entreprises qui s'installent dans les différents parcs industriels, etc.

Laval se transforme. Le centre-ville de Laval se transforme également, et, dans la zone délimitée du centre-ville de Laval, il y a un dernier bois d'à peu près 12 hectares qui était cher à beaucoup de citoyens de ma circonscription et qui représente le dernier secteur vert du centre-ville de Laval. Et il y a eu toute une polémique au cours des dernières années, Mme la Présidente, parce que ce bois en question devait représenter un échange de terrains pour la ville de Laval auprès de la FTQ-Construction, un consortium de la FTQ-Construction, pour compenser pour les terrains que la ville a reçus en préparation pour la construction de la Place Bell.

Mais vous savez quoi? Il y a eu tout un mouvement citoyen, Mme la Présidente, qui s'est dit : Regardez, on ne peut pas se permettre d'avoir un beau centre-ville qui est en train de se développer autour du métro Montmorency et ne pas avoir un espace vert où on peut, justement, décrocher et combattre les îlots de chaleur qu'on voit autour du centre-ville de Laval. Non seulement ça, c'est aussi un enjeu qui affectait, bien sûr, les jeunes parce qu'aujourd'hui les jeunes, on le sait, depuis de nombreuses années, s'intéressent beaucoup à l'environnement, mais également les moins jeunes parce que, quand vous regardez physiquement où est situé ce bois Trait-Carré, bien, il est collé sur, notamment, la résidence Soleil, où il y a près de 900 résidents, de personnes âgées qui y habitent, et c'est collé aussi sur l'Oasis St-Martin, une autre résidence avec 250 à 350 résidents, de personnes âgées qui... Et ces personnes-là, Mme la Présidente, lorsqu'elles voulaient prendre une marche de santé, elles se voyaient prendre une marche de santé dans ce bois-là. Elles souhaitaient qu'on puisse préserver l'entièreté de ce bois justement pour représenter cet équilibre qu'on souhaite tous. Justement, quand on parle de développement durable, on parle de développement économique, mais aussi on parle du respect de l'environnement, du respect de cet équilibre qu'on souhaite conserver pour avoir une meilleure qualité de vie.

Alors, moi, je me suis tenu debout. Juste avant les élections, en réponse face aux citoyens et citoyennes qui me l'ont demandé, je me suis tenu debout avec les citoyens qui ont mené cette bataille depuis des années, avec Mme Locas, qui a initié cette pétition de près de 4 000 signataires portée également par l'ancien conseiller municipal, Pierre Anthian, et j'ai aidé ces citoyens-là à se mobiliser avant le conseil de ville du mois d'août dernier par la ville de Laval pour, justement, empêcher que ce terrain-là soit cédé au consortium et que plus de tours à condos soient construites sur ce terrain-là.

Bien, moi, j'en fais aujourd'hui encore plus, même après l'élection, un enjeu tout aussi important. Je vais travailler avec les mouvements citoyens, avec les Amis du boisé du Souvenir, avec les résidents de la résidence Soleil, les résidents de l'Oasis St-Martin pour s'assurer que ça ne reste pas juste un débat qui a été mené l'été dernier, mais qu'on s'assure qu'on va continuer non seulement à le protéger, mais à l'aménager afin de rendre possible ce beau projet des Amis du boisé du Souvenir qui s'appelle la promenade du Souvenir. Et ça, c'est un enjeu qui a particulièrement intéressé les jeunes, et les aînés, et l'ensemble de la population lavaloise, pour lequel, je vous le répète, Mme la Présidente, je vais continuer à mener ce combat-là avec l'aide de mes concitoyens.

Hier matin, le leader du gouvernement révisait les cibles de nouveaux Québécois, d'immigrants et va nous relancer avec un projet de loi également sur la question de la diversité et sur la question de ce vivre-ensemble que nous souhaitons. Et, j'en conviens, il faut le faire avec sérénité. J'en conviens, il faut le faire à tête reposée. J'en conviens qu'il faut être responsable de nos paroles et de nos gestes. Ceci dit, cette responsabilité est d'autant plus importante sur les épaules du gouvernement parce que nous représentons l'ensemble des Québécois. Surtout quand on siège de l'autre côté, pas seulement ceux et celles qui ont voté pour nous. Quand vous formez le gouvernement, vous représentez l'ensemble des Québécois. Qu'ils soient catholiques pratiquants comme moi, Mme la Présidente, qu'ils soient de confession musulmane, juive, bouddhiste ou autre, l'ensemble des Québécois ont des droits, et ils doivent être respectés. L'ensemble de ces Québécois ont des ambitions, et ces ambitions doivent être accompagnées, doivent être soutenues.

Vous savez, dimanche dernier, je participais à un grand rassemblement à Laval-des-Rapides organisé par l'Association islamique des projets charitables, AICP, une association qui, selon moi, est une fierté pour la communauté musulmane parce qu'elle représente un mouvement et un discours qui est modéré, un discours qui est basé sur le vivre-ensemble, un discours qui est basé sur une meilleure intégration, une meilleure implication et surtout un meilleur vivre-ensemble de l'ensemble des membres de la communauté musulmane. Et ce qui est beau à voir, Mme la Présidente, c'est de voir que les jeunes de cette communauté-là, les jeunes qui ont grandi et qui sont même nés ici, au Québec, qui sont nés à Laval, à Chomedey ou ailleurs, O.K., aujourd'hui, c'est des professionnels, c'est des psychoéducateurs, c'est des professeurs, c'est des enseignants, c'est des mamans qui travaillent aussi dans des services de garde, et l'ensemble des membres de cette communauté...

Mais je pourrais aussi vous parler de la communauté sikhe, je pourrais aussi vous parler de la communauté juive, je pourrais aussi vous parler des Québécois de différentes confessions qui, aujourd'hui, se questionnent sur les vraies volontés de ce gouvernement. Parce que, vous savez, aujourd'hui, le leader du gouvernement s'est levé pour dire : Gouverner, c'est décider. Gouverner, c'est d'avoir le courage de prendre des décisions. Mais gouverner, c'est aussi d'assumer ses responsabilités de le faire de façon à améliorer le sort de l'ensemble des Québécois. Et, quand je regarde ces voisins, voisines de notre quotidien, bien, moi, je souhaite continuer à parler en leur nom, défendre leurs droits, défendre leurs ambitions, défendre la vision de ce meilleur Québec qu'ils souhaitent pour eux et leurs enfants. Et ce que je souhaite, c'est justement qu'ils puissent se reconnaître dans l'ensemble des décisions que nous prenons ici, à l'Assemblée nationale, mais surtout que le gouvernement va mettre de l'avant, et nous allons talonner le gouvernement pour s'assurer que ces décisions soient les plus responsables possible.

• (12 h 10) •

Mme la Présidente, pour terminer, j'aimerais conclure sur un message d'espoir. J'aimerais conclure sur l'avenir de Laval-des-Rapides, mais aussi sur celui du Québec pour vous dire qu'il est prometteur. Pourquoi, me demanderez-vous? Eh bien, parce que notre relève est audacieuse et innovante, parce qu'elle est ouverte d'esprit et qu'elle n'a pas peur de se tenir debout, parce qu'elle est connectée à ce qui se passe autour d'elle et parce qu'elle a soif de réussite. Vous savez, j'ai toujours été un homme croyant au plein potentiel de la jeune génération. C'est ces jeunes qui représentent le nouveau Québec, le Québec de demain, un Québec déterminé qui rêve de grandeur, qui embrasse ses différences, et qui est fier de sa langue française, et surtout qui ose, tout simplement.

Les quatre dernières années que j'ai passées à discuter avec ces gens de ma circonscription m'ont permis de comprendre pourquoi je continue... de vous tous à Laval-des-Rapides comme député, également à Pont-Viau, à Duvernay, Place Renaud, Domaine Renaud, c'est pour la relève, pour qu'elle soit la prochaine génération de Québécois qui méritent de grandir et de vivre dans une société égalitaire où les origines ne définissent pas la finalité d'un parcours, et où les outils sont fournis pour quiconque veut atteindre son plein potentiel, et où le bonheur s'obtient par l'épanouissement humain de tous et chacun, entouré des gens que l'on aime le plus longtemps possible.

C'est avec humilité que je tiens également à remercier toutes les merveilleuses personnes qui ont soutenu et accompagné ma campagne tout au long de la dernière année. Je commencerais par souligner le travail de mon équipe : Patrick Thauvette, qui a été mon directeur de campagne; Samantha Gauthier, qui a été la responsable de mes communications; Kelly Mesa, ma responsable d'agenda; Marisa Amato-Denis, qui a été ma coordonnatrice des bénévoles. Merci du fond du coeur pour votre dévouement et pour votre éthique de travail irréprochable, votre audace et votre patience. Oui, patience, parce que, des fois, je peux être un peu tannant. Un peu. Vous avez été, sans l'ombre d'un doute, les piliers et le cerveau de cette campagne.

À tous les bénévoles qui ont travaillé sans relâche, à ma présidente, Cynthia Nelson, à mon agent officiel, Michel Demers, et les membres de mon exécutif, et l'ensemble des bénévoles qui ont contribué à faire mentir l'histoire, Mme la Présidente, et je suis fier de le dire, mes bénévoles également. Parce que, vous savez — je vous raconte une anecdote en terminant — à chaque fois que j'avais une demande d'entrevue pendant la campagne électorale, je me réjouissais au tout début, mais, au fur et à mesure que les demandes d'entrevue arrivaient, je comprenais que c'était un peu pour annoncer la mort de ma campagne politique parce que l'histoire de Laval-des-Rapides, c'était que Laval-des-Rapides a toujours été reconnu comme le comté baromètre par excellence. 10 élections sur 10, les gens de Laval-des-Rapides ont toujours voté en fonction du candidat qui représentait le parti qui a formé le gouvernement. Mais, cette fois-ci, on a fait mentir l'histoire, on a fait mentir les probabilités, et mes bénévoles et moi, ma famille, on est fiers du résultat que nous avons accompli.

C'est donc tous ensemble que nous allons démontrer à l'unisson que Laval-des-Rapides veut grandir et a le droit de rêver plus grand. Sachez que mon mandat sera dédié à l'épanouissement collectif de nos quartiers, à la réussite de nos jeunes, à la qualité de vie des familles et des aînés, au bonheur de vivre sur le sol québécois et lavallois, tout simplement. Sachez surtout que je m'assurerai que le gouvernement en place respecte ses engagements envers vous et ne nous laisse jamais tomber.

Au plaisir de vous revoir dans la merveilleuse circonscription de Laval-des-Rapides et au plaisir de travailler pour l'ensemble des gens de Laval-des-Rapides, Pont-Viau, Duvernay, Place Renaud et Domaine Renaud. Merci beaucoup, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Saint-François.

Mme Geneviève Hébert

Mme Hébert : Merci, Mme la Présidente. C'est un privilège, un immense honneur de prendre la parole pour la première fois à l'Assemblée nationale. J'ai l'intention de savourer ce moment pleinement, comme je l'ai si bien fait en toute fin de campagne, lorsque j'ai dégusté une délicieuse tarte aux pommes au Verger Le Gros Pierre à Compton avec une personne qui a cru en moi dès le départ. Merci, M. le premier ministre, pour votre confiance.

Des créateurs de saveurs, il y en a beaucoup dans Saint-François. J'ai eu la joie de découvrir cette magnifique circonscription pendant mes 140 jours de précampagne et les 39 jours de campagne. J'ai participé à de nombreuses activités dans chacune des villes et municipalités de la MRC de Coaticook. On y retrouve des paysages époustouflants, la joie de vivre et un sentiment de fierté et un dynamisme impressionnant. J'ai fait à ma manière du tourisme gourmand en allant à votre rencontre, citoyennes et citoyens de Saint-François, pour goûter la saveur locale, apprendre à vous connaître, à vous aimer pour mieux vous servir.

Je me sens maintenant chez moi partout dans Saint-François. Permettez-moi, Mme la Présidente, de remercier les électeurs de Saint-François. Merci pour votre confiance. Merci d'avoir choisi le changement pour Saint-François. Je continuerai à faire preuve de détermination, à faire de la politique avec coeur afin de développer avec vous, pour vous le plein potentiel de Saint-François.

Mais, Mme la Présidente, certaines choses doivent toutefois changer. Un exemple, les tiroirs vides lorsque je suis arrivée dans mon bureau de comté. Mme la Présidente, tous les dossiers ont été détruits. J'ai l'intention de me battre pour que cesse cette mauvaise habitude, ce petit jeu partisan au goût amer en fin de mandat.

[...]
 

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