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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


PROULX Caroline - Berthier
Discours d'ouverture - Débat parlementaire - 263-4

Assemblée
Fascicule n°6, 5 décembre 2018, pages 263-264

[...]

implanter et comment le gouvernement compte combler les postes malgré la pénurie de main-d'oeuvre qui frappe actuellement la province. Le gouvernement doit admettre que la maternelle de quatre ans pour tous dans le délai proposé est irréaliste.

Parlons maintenant des maisons des aînés, une promesse qui coûterait, à terme, 20 milliards de dollars. La CAQ nous indiquait en août dernier que ces lieux seraient modernes, à taille humaine, avec plus de confort et de services, tout en mentionnant que ce n'est qu'en 2038 que tout le monde aura accès à des services de qualité avec les nouveaux standards imposés. «Gee-whiz», Mme la Présidente! Nous sommes en 2018. C'est maintenant que nos aînés ont besoin de soins et de services.

Pour mieux comprendre cette proposition, nous aurons besoin d'un plan détaillé, car encore une fois plusieurs questions demeurent sans réponse. Comment ces maisons seront-elles construites? Avec quel argent? Où allons-nous trouver la main-d'oeuvre pour combler les postes disponibles pour faire fonctionner adéquatement ces maisons? Car, tout comme dans le secteur de l'éducation, il y a un manque criant de ressources actuellement dans le milieu. Encore une fois, nous avons besoin de réponses.

Dès son entrée au pouvoir, le premier ministre nous a promis une deuxième «Paix des Braves». Pourtant, à peine nommé au Conseil des ministres, le député de Charlesbourg et ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles a annoncé vouloir mettre fin au projet Apuiat. Mme la Présidente, en écartant maintenant ce projet de développement économique majeur, le premier ministre et son équipe s'opposent à un projet de 600 millions de dollars et à la création de 400 emplois qui auraient bénéficié à l'économie de la Côte-Nord sans avoir aucun impact sur la facture des Québécois.

Parlant de la facture d'électricité, les citoyens peuvent maintenant constater que la promesse qui leur avait été faite de faire... en fait, qu'on leur redonne le trop-perçu de la société d'État n'était rien d'autre qu'une promesse brisée de plus. Vous vous rappellerez, Mme la Présidente, de la pétition mise en ligne en 2017 par la CAQ à ce sujet.

Pour revenir au projet Apuiat, c'est écarter le plus important projet économique depuis le chantier de La Romaine. C'est un très mauvais départ et un drôle de signal qu'envoie le nouveau gouvernement envers les communautés innues. Le projet Apuiat est un projet où les autochtones sont de véritables partenaires dans le développement régional. L'idée de compenser les communautés innues en leur envoyant un chèque démontre que le premier ministre ne comprend pas l'effet structurant de ce projet sur le développement économique et social des communautés. Écarter ce projet est une terrible erreur dans cette grande réconciliation que nous promettait le nouveau gouvernement.

Mme la Présidente, le gouvernement a reculé sur plusieurs promesses depuis son arrivée en poste. Pour la seule fois ici, je vous dirai que j'espère sincèrement qu'ils reculeront une fois de plus sur leur décision et feront pour le mieux pour les citoyens de la Côte-Nord et les communautés autochtones locales, c'est-à-dire réaliser le projet Apuiat maintenant.

• (16 heures) •

Parlons maintenant de l'âge permis et légal pour acheter et consommer du cannabis. Un travail gigantesque a été fait par notre ex-collègue Lucie Charlebois et son équipe. Mme la Présidente, un forum d'experts du Québec et d'autres pays s'est tenu à Montréal, menant à des consultations en ligne dont 12 600 personnes ont répondu à l'appel. La ministre a réalisé une tournée dans sept régions du Québec, où 300 citoyens se sont fait entendre. Lors de la commission parlementaire, plusieurs groupes se sont fait entendre, dont les directeurs de santé publique du Québec, et 139 mémoires ont été déposés. Il a finalement été établi que les personnes de 18 ans, reconnues au Québec comme des adultes, puissent acheter et consommer du cannabis. Notre société a historiquement choisi de lever les interdits dès l'âge de 18 ans. Alors que le cannabis n'était pas encore légalisé, sachez que 42 % des jeunes entre 18 et 24 ans consommaient des produits illégalement et non contrôlés.

Mme la Présidente, avec le changement que le ministre délégué à la Santé propose de faire, il encouragera fortement la consommation illégale des produits non contrôlés et il dirigera les jeunes de 18 à 21 ans, qui consomment déjà, je vous le rappelle, vers le crime organisé. J'espère que le ministre ne trouve pas ordinaire tout ce travail réalisé, qu'il ne trouve pas banale la statistique que je viens d'exposer, qu'il ne trouve pas insignifiant que l'Institut national de santé publique ait recommandé l'âge de 18 ans, que le Regroupement provincial des comités d'usagers ait aussi recommandé l'âge de 18 ans.

Mme la Présidente, en tant qu'opposition officielle, ce sera notre rôle et devoir de veiller à ce que le gouvernement, par ses actions, réponde aux besoins de la population québécoise. Nous serons une opposition constructive et efficace.

En terminant, Mme la Présidente, soyez assurée de mon entière collaboration et, bien sûr, celle de l'opposition officielle. En nous souhaitant à tous une excellente législature. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Laporte. Et maintenant au tour de la prochaine intervenante, et ce sera Mme la ministre du Tourisme. La parole est à vous.

Mme Caroline Proulx

Mme Proulx (Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Merci beaucoup. Mes confrères, vous avez parlé beaucoup de la jeunesse à l'est d'ici, hein, une députation, des ministres très jeunes. De ce côté-ci de la Chambre siège l'expérience. Et, plus on vieillit, moins on a la chance de vivre des premières, Mme la Présidente. Dans mon cas, depuis les huit derniers mois, ce n'est qu'une série de premières : une première fois où je quitte les médias, une première fois où je suis nommée candidate, une première campagne électorale, une première victoire, une première comme députée, une première comme ministre, tout ça dans l'espace d'un peu moins de cinq mois. Ça peut décoiffer une femme de 52 ans.

Encore hier, je me vois encore devant les épiceries de ce formidable et gigantesque comté de Berthier, où je vous donne des dépliants, à vous raconter et à vous expliquer les enjeux du comté. Eh bien, aujourd'hui, j'ai peine à croire que je puisse siéger dans cette enceinte. Vous m'accrochiez en me disant : Ma lionne! Ma lionne, tu es revenue à la télé. La lionne n'est pas revenue à la télé, elle a fait le saut en politique. Et je dois vous faire un aveu, ça fait longtemps que j'y songeais.

Dans les années 70, mon père Jacques, qui avait une exceptionnelle carrière à la radio, s'est fait téléphoner un bon matin par un certain René Lévesque qui lui demande : Jacques, est-ce que tu veux troquer le micro pour venir faire de la politique? Jacques, un peu trop timide, avait préféré se cacher derrière son micro et avait remercié M. Lévesque à l'époque. Quelques années plus tard, Gilles, l'oncle, cette fois, tente également, lui aussi, de faire le saut en politique, et à deux occasions ce sera un revers, malheureusement, pour Gilles Proulx. 40 ans plus tard, bien, il y a un membre de la famille qui aura réussi à faire ce saut en politique.

Je ne sais pas trop quel est le rôle de votre mère dans votre vie, mais la mienne, rien de tout ça n'aurait été possible. Laissez-moi vous parler de Loulou, Louise, avec 4 pieds 8, 110 livres, 85 ans et trois quarts — elle insiste sur le trois quarts — autonome et indépendante. Une mère protectrice, une lionne, une féministe qui sans relâche, à tous les jours, en élevant ses quatre enfants seule, disait à ma soeur Christiane, Marjolaine et mon frère Nicolas : Vous êtes bons, vous êtes fins, mais surtout vous êtes capables. Sans elle, c'est clair que je n'aurais pas pu accomplir ces grands changements qui sont arrivés les six derniers mois dans ma vie.

C'est d'ailleurs ma mère qui m'avait conseillée, plus jeune, de ne pas faire de la radio, et, comme bonne enfant, j'ai décidé de ne pas écouter ma mère, et, à l'âge de quatre ou cinq ans, c'est là que j'ai commencé à prendre des journées de congé à l'école et m'amener dans les studios de radio, où j'ai découvert un amour et une passion qui m'a habitée pendant plus de 30 ans. Quand vous avez le privilège de croiser en ondes avec des monuments de la radio comme Roger Beaulu, comme Claude Mouton, comme tous les Pierre Bruneau, comme Paul Arcand, ça marque une carrière.

Et puis un jour on se dirige vers les affaires publiques, vers la politique, on s'y intéresse. La nourriture qui nous est présentée fait en sorte qu'on se dit : Bien, coudon, la Coalition avenir Québec rejoint beaucoup de la femme que je suis. Alors, un jour, je croise M. le premier ministre, le député de L'Assomption, et la décision a été toute simple, j'ai décidé de faire le saut en politique.

Berthier, c'est chez nous. Je suis une Mathaloise, je viens de Saint-Jean-de-Matha, élevée sur le bord d'un lac. Et toute cette campagne électorale là... je sais qu'on parle beaucoup de nos bénévoles puis de nos directeurs et directrices de campagne, mais c'est tellement vrai, on ne réalise pas, jusqu'au jour où on fait une première campagne électorale, combien les bénévoles, vous êtes exceptionnellement précieux. Martin, Michel, Carole, Gaby, Pierre, Max, Eddie, Claire, Richard, sans vous, cette campagne-là aurait été absolument impossible.

Je suis tellement fière de la région de Lanaudière, tous les Lanaudois qui ont été élus cette année. Six comtés sur sept ont été raflés par des députés de la Coalition avenir Québec, dont le premier ministre. Je suis très fière qu'on puisse massivement représenter des gens de Lanaudière, vraiment.

Il y a des gens qui vont pouvoir se reconnaître dans cette déclaration : Faire une campagne électorale sans cellulaire, sans Internet, c'est un défi, c'est un moyen défi. Dans la grande région de Berthier, durant la pleine campagne électorale, en plein coeur, vous n'avez aucune réception cellulaire, aucune. Aucune des petites barres sur votre cellulaire n'affiche, et vous êtes en campagne électorale. Vous avez des engagements et des rendez-vous à prendre. Ça a été clair, le premier ministre l'a réitéré au cours de son discours inaugural, on va se donner le moyen, au Québec, de brancher toutes les régions pour des raisons archisimples : pour garder nos familles en région, pour garder contact avec nos familles qui sont en dehors de ces régions-là. Moi, quand je suis à Berthier et que je peux communiquer avec ma mère de 85 ans et trois quarts, qui est à Montréal, avec une ligne cellulaire fiable... On a besoin de déployer, donc, Internet partout dans les régions. Je sais qu'il y a beaucoup de mes confrères, d'ailleurs, qui consentent beaucoup d'efforts à faire en sorte que Lanaudière, entre autres, et tout le Québec soit branché.

J'ai eu un immense privilège d'être nommée ministre du Tourisme. Je suis amoureuse de mon Québec, vraiment amoureuse. Je suis une femme de terrain et, à compter de février prochain, je vais faire le tour de toutes ces belles grandes régions. Uniquement l'an dernier, c'est 95 millions de visiteurs qui sont venus au Québec. On parle de 15 milliards de recettes. C'est 32 000 entreprises, c'est 400 000 personnes qui travaillent pour ce ministère que j'appelle du bonheur, le ministère du Tourisme.

Je vais aller me promener partout sur les terrains et travailler avec mes confrères pour faire en sorte qu'au Travail, M. le député, on puisse avoir des emplois de qualité, aux Transports, qu'on puisse avoir des routes qui soient à la hauteur de nos paysages québécois, en Agriculture, en Pêcheries, en Alimentation pour pouvoir déployer ces routes gourmandes, en Culture parce que, sans la culture, le Tourisme, ça n'existe pas, les Relations internationales pour faire le pont avec les gens à l'extérieur du Québec, dans le «rest of Canada», comme on les appelle, et en Europe pour faire du Québec une destination incontournable.

Mme la Présidente, merci de ce temps que vous m'avez accordé et merci du chaleureux accueil que vous m'avez offert en cette Chambre. Merci beaucoup.

• (16 h 10) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la ministre du Tourisme. Et maintenant au tour de Mme la députée de Mercier de faire son intervention.

Mme Ruba Ghazal

Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Merci, tout le monde. C'est la première fois que j'ai l'honneur et aussi le grand plaisir de m'adresser à cette Assemblée.

Évidemment, mes premiers mots, je ne peux pas m'empêcher, en tant que députée de Mercier, de commencer par saluer mon illustre prédécesseur, M. Amir Khadir, qui a été député, l'ancien député de Mercier depuis les 10 dernières années, et dont le passage ici, à l'Assemblée nationale, a été, on dirait, pour le moins très remarqué, et qui a aussi marqué le paysage politique québécois des 10 dernières années par son audace, par son franc-parler, par sa droiture, par son courage, et j'ajouterai aussi, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, par les motifs plus originaux les uns que les autres de ses cravates, puisque ces derniers temps on parle beaucoup de code vestimentaire. Vous irez voir les photos et les vidéos.

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