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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


PROULX Sébastien - Jean-Talon
Transport en commun - Financement - Gouvernement fédéral - Québec (ville) - Affaire inscrite (motion) - 2799-803

Assemblée
Fascicule n°43, 15 mai 2019, pages 2799-2803

[...]

Le Parti québécois a déjà dit qu'il nous appuyait dans ça. Je pense qu'avec l'intérêt et la motivation que vous avez pour l'environnement, pour ce projet de transport collectif, moi, au contraire, je vous dis : Je crois, Mme la Présidente, que la députée de Taschereau, avec ce qui s'est dit dans les dernières semaines, les derniers jours, je pense qu'en visant la Coalition avenir Québec, elle vise la mauvaise cible. Je pense qu'elle veut le projet de tramway au moins autant que nous, elle le veut autant que nous.

Le problème — puis je le dis, je pense que les gens le comprennent, je l'ai expliqué — l'argent, il n'est pas disponible.

Puis il faut trouver une façon de se tenir ensemble, la députée de Taschereau l'a dit tout à l'heure, et je pense que la division — et ça, Mme la Présidente, je vais vraiment peser mes mots ici — qui s'installe entre nos quatre partis sur ce dossier-là important, c'est exactement ce que le fédéral veut à quelques mois des élections, et je pèse mes mots. Alors, aujourd'hui, lorsqu'on s'entend sur les faits, lorsqu'on s'entend sur ce qu'il nous reste à faire pour aller chercher le 800 millions qui manque, moi, ce que j'aimerais entendre, c'est qu'il faut être capables de mieux travailler ensemble et de dire : Écoutez, on peut-u s'élever au-dessus de la partisanerie? On peut-u s'élever au-dessus de la partisanerie et de dire au gouvernement fédéral : Écoutez, là, maintenant qu'on a tous les faits, on pourrait-u travailler ensemble puis dire : Trouvez-nous donc une solution?

Alors, Mme la Présidente, je répète que... Et, encore une fois, il y a une chose que je ne veux pas oublier, parce que, dans la vidéo de la députée de Taschereau hier... Puis, encore une fois, ma prestation aujourd'hui n'est jamais à la hauteur de la sienne hier. Mais il y a une chose : elle a eu la gentillesse de saluer notre maire préféré, hein — on a dit qu'on en avait 1 100, mais, à Québec, c'est notre maire préféré — sur son état de santé. Moi, j'aimerais ça qu'ensemble on lui fasse un beau cadeau. Je ne suis pas sûr qu'il se repose tant que ça, parce qu'il ne faut pas le dire, mais il envoie des textos. Mais il triche un peu, il est supposé se reposer. Mais j'aimerais ça qu'on lui fasse un cadeau quand il va revenir, pour dire : On a été capables de passer par-dessus la partisanerie puis de dire : Au cours des prochaines semaines, là, ce n'est pas le fédéral qui va venir nous diviser. Ce projet-là, il doit arriver à Québec. Moi, personnellement, avec mon équipe, je vous le dis, là, je mets énormément d'énergie pour être capable de le faire arriver. Je vois que Québec solidaire, pour les bonnes raisons — je le dis, là, je vous regarde, là — pour les bonnes raisons, vous poussez ce projet-là, mais je vous demande de peut-être... le doigt qui est pointé vers ici, là, de le changer d'endroit puis d'aller dire : Oh! on n'a pas la bonne cible. La cible, c'est le fédéral, il faut aller chercher l'argent qui nous revient.

Alors, j'aimerais compléter en disant : Demain, qu'est-ce qu'on fait demain? Demain, il est important de retourner à la planche à dessin, envoyer le message très clair au fédéral qu'on n'embarquera pas dans leur jeu, qu'on n'embarquera pas dans leur jeu et que le 800 millions, il est là. Et, vous savez, vous avez dit... Oh! pardon. Je m'excuse, Mme la Présidente. La députée de Taschereau a dit qu'il y avait une autre motivation, c'étaient les élections fédérales, où peut-être qu'on aurait avantage à ce qu'un autre gouvernement soit élu. On n'embarquera pas là-dedans. On a été très clairs, on ne se mêlera pas des élections fédérales. Alors, moi, j'aimerais ça qu'en ce moment on travaille avec le gouvernement fédéral que nous avons. Travaillons avec lui et trouvons une solution pour que le 800 millions qui nous est dû nous soit payé. Mme la Présidente, je vous remercie.

• (15 h 40) •

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le président du Conseil du trésor. Maintenant, je suis prête à reconnaître un député de l'opposition officielle. M. le député de Jean-Talon, la parole est à vous.

M. Sébastien Proulx

M. Proulx : Merci, Mme la Présidente. Je veux remercier également les collègues qui sont ici aujourd'hui pour parler de ce sujet important, saluer le président du Conseil du trésor, qui, quand même, a réussi à être divertissant, peut-être pas autant que la collègue de Taschereau dans son vidéo, mais, quand même, il a réussi à nous divertir et à expliquer en termes clairs ses motivations.

Je vais partir de la fin de son intervention, Mme la Présidente, en disant : ce que dit le président du Conseil du trésor, c'est qu'il faut travailler ensemble; l'entente, ce n'est pas une bonne entente; le projet, actuellement, il est bon, mais on ne peut pas faire plus; le gouvernement fédéral, il s'en va en élections. Bien, c'est un message : c'est le discours, Mme la Présidente, de gens qui sont assis à l'extérieur du dossier puis qui le commentent. Le président du Conseil du trésor, les membres de la Coalition avenir Québec, les élus du gouvernement, eux, ils sont partie prenante du projet actuellement. Il a dit : Je suis fiduciaire des sommes qui me sont confiées. C'est aussi notre responsabilité d'être fiduciaires d'un projet qui a été attaché et mis de l'avant.

Et, dans ce contexte-là, moi, je voudrais prendre quelques instants pour nous rappeler d'où ça vient, ce projet-là, pourquoi il est important, et se rappeler qu'il y a, ici, quatre formations politiques, il y a des gens de l'Assemblée nationale, il y a des gens qui ont des points de vue différents, c'est vrai. Mais la responsabilité de trancher, la responsabilité de le faire avancer, la responsabilité de protéger ce projet, la responsabilité de le voir se réaliser dans les délais et à court terme, c'est aussi celle du gouvernement qui est là actuellement, représenter fortement Québec, Mme la Présidente, je dois le dire, mais très peu présent dans ce débat-là.

Très peu présents à l'étude des crédits, très peu présents ici, dans cette Assemblée, pour en parler, très peu présents sur la place publique pour des raisons qui sont les leurs, Mme la Présidente. Mais on entend le président du Conseil du trésor, c'est vrai. On entend le ministre des Transports à l'occasion, c'est vrai. On entend le premier ministre, c'est vrai. Mais les collègues, les collègues que je côtoie là, qui habitent Québec, là, qui sont ici, dans la région, là, qui ne sont pas tous partie prenante d'un troisième lien ou qui habitent sur la rive sud, ceux qui sont sur la rive nord, là, qui voyagent d'est en ouest, du nord au sud, qui ont l'habitude de côtoyer des gens, là, qui ne sont pas dans un projet pour l'autre rive, mais qui sont ici à vouloir se déplacer autrement qu'avec leur voiture, bien, ces gens-là, ils sont représentés aussi. Et sincèrement, je le dis, j'étais à l'étude des crédits, moi. Je suis dans l'espace public. Je pose des questions, et, rarement, on entend les autres élus de Québec parler de ce dossier.

Le projet de transport structurant, Mme la Présidente, c'est un projet qui n'est pas récent, qui a connu, c'est vrai, des variations, qui a évolué dans le temps. Rappelez-vous le SRB, rappelez-vous ce qui a été fait avant.

Le maire de Québec, que je salue également, et son équipe ont cherché à doter la ville de Québec d'un transport structurant, ont voulu que la ville ait accès à ces enveloppes, ont voulu que Québec se dote d'un transport collectif qui est innovant, qui va bien représenter ce qu'est devenue notre communauté et, surtout, qui va s'inscrire dans ce que c'est une ville intelligente du XXIe siècle. Québec est la seule grande agglomération du Canada qui n'est pas dotée d'un système comme celui-là.

On a encore ici un système d'autobus, plus rapide, vous me direz, parce que plus fréquent, mais système qu'on retrouve dans d'autres capitales régionales du Québec. Alors, on n'est pas à l'avant, là où on devrait être, puisque nous sommes, oui, la capitale nationale du Québec, mais aussi une ville en plein développement.

Alors, lorsqu'à l'automne dernier... moi, j'ai été, Mme la Présidente, privilégié d'être le ministre responsable de la Capitale-Nationale pendant une année seulement, et, durant cette année, est venu ce projet que moi-même, j'ai porté au sein du gouvernement, mené au président du Conseil du trésor, amené au premier ministre, fait les approches pour qu'on puisse rêver plus grand que le système de SRB qui était sur la table avant et malmené, Mme la Présidente, on s'en souviendra.

Alors, dans ce contexte-là, lorsque Régis Labeaume vient me voir, lorsque Régis Labeaume et son équipe nous parlent de ce projet-là en nous disant : Est-ce qu'on a le droit de rêver? Est-ce qu'on a le droit de doter la ville de Québec d'un vrai projet? Est-ce qu'on peut vous présenter ce sur quoi on travaille depuis longtemps, mais qu'on ne présentait pas parce qu'on ne pensait pas ça possible? Je dis oui. On dit oui, Mme la Présidente. Et débute cette aventure où le gouvernement du Québec et la ville de Québec travaillent ensemble en disant : Ce n'est pas que le projet de la ville de Québec, comme certains aiment le dire, c'est notre projet, notre projet comme Québécois, notre projet comme membres de la communauté de Québec, notre projet comme gouvernement du Québec.

C'est un projet très important. Les chiffres sont sur la table. Les gens les connaissent. Le Québec a une part importante à jouer. On s'était engagé. On s'est engagé comme gouvernement, on s'est engagé en campagne. Le gouvernement de la CAQ a fait la même chose en campagne électorale et je les félicite et je les en remercie. Le financement du gouvernement du Québec, il est là et ça n'a pas traîné. Là-dessus, c'est très clair. Et, là-dessus, moi, je ne remets pas en cause, et je profite de l'occasion pour le faire, l'intention de le réaliser. Moi, j'ai parlé à assez de monde de l'autre côté, Mme la Présidente, pour savoir qu'elle existe, cette intention. Ce que j'aimerais mesurer, par exemple, c'est l'intensité de la volonté. C'est la façon dont ça va se faire, dans quels délais et si on veut passer au travers des embûches qui sont aujourd'hui devant nous, selon ce qu'on entend.

Pourquoi c'est un projet important, c'est un projet structurant? D'abord, ce n'est pas qu'un tramway. On l'entend souvent, puis on le qualifie comme ça. Mais ce n'est pas qu'un tramway, c'est un projet où il y a de l'intermodalité. Alors, il y a plusieurs choses qui sont faites à Québec pour qu'on puisse, dans différents secteurs de la ville, augmenter la capacité des gens de se déplacer. C'est ça qui est important pour Québec, c'est de se doter d'un système qui va permettre à des gens qui n'habitent pas que le coeur de Québec — et là je veux parler de Jean-Talon, mais que l'artère principale entre la colline Parlementaire et les ponts, par exemple — de se déplacer avec du transport collectif.

Ce projet est extraordinaire pourquoi? Parce que, notamment, il permet de rejoindre tous les établissements de santé, tous les établissements scolaires d'enseignement supérieur, tous les grands centres décisionnels ou institutionnels, toutes ces organisations, ces immeubles, ces lieux qui sont hautement fréquentés par les gens de Québec, Mme la Présidente, se retrouvent couverts par le transport en commun du transport structurant à moins de quelques minutes à pied, moins de 10 minutes à pied dans certains cas. C'est un système, Mme la Présidente, qui va permettre à des gens, c'est vrai, dans Charlesbourg, des gens dans Louis-Hébert mais au bout et à presque de la pointe de Sainte-Foy parce qu'on ira jusqu'à... le IKEA, aujourd'hui, pour aller faire le tour et de permettre à ce tramway de retourner dans ce que le président du Conseil du trésor a appelé ce squelette.

C'est un projet qui est à la fois sur terre, mais aussi souterrain. Il faut le rappeler, là. Il y a des gens qui appellent à Québec à avoir un métro, là. Il va avoir des kilomètres et des stations, Mme la Présidente, où le tramway va passer sous nos infrastructures actuelles, de façon à ne pas briser le milieu dans lequel il va évoluer, mais surtout pour permettre de travailler puis de circuler là où il y a de la densité. Alors, c'est important de le rappeler, lorsqu'on fera une phase deux, une phase trois, une phase quatre, lorsqu'on voudra déployer, dans le temps, dans plusieurs années, dans une génération, le transport structurant encore, bien, on va le faire de la même façon en pensant d'aller s'assurer de couvrir ces espaces où il y aura, dans l'avenir, de la densité.

Parce que, vous le savez, Mme la Présidente, un des éléments importants du développement des villes, dans l'avenir, va aussi passer par la densification. La densification qui est intelligente parce qu'on voudra avoir de la mobilité, mais une densification qui sera utile aussi parce que, qu'est-ce que vous voulez, on ne peut pas s'étendre, et s'étendre, et s'étendre. C'est un autre débat, mais ça fait partie des préoccupations qu'on doit avoir.

Alors, c'est un projet qui est important parce que ça met Québec sur la carte, et ça augmente la qualité de vie des gens de Québec, et ça permet de lutter contre ces gaz à effet de serre dont on a déjà parlé, c'est vrai, mais ça permet surtout, Mme la Présidente, à la communauté de ne pas se retrouver prise, à devoir freiner son expansion, sa prospérité, son développement économique.

Quand on regarde les autres grandes villes de même taille ou même plus grandes que Québec, vient un moment dans leur histoire, Mme la Présidente, où, parce que des décisions ne sont pas prises ou parce que de mauvaises décisions sont prises, on se retrouve dans la situation où on va parler de congestion, on va parler des difficultés économiques qui émanent de cette congestion, de la difficulté pour un commerçant de transporter ses matières d'un point a, d'un point b, le fait qu'on doive passer par la localité, par la municipalité, par toutes ces artères très utilisées pour se développer, pour se déplacer. Ça devient un frein au développement. Et moi, je ne veux pas voir Québec freinée par le développement ou l'absence de développement de la mobilité.

On a déjà, à Québec, un enjeu de main-d'oeuvre qui est important. Cette crise-là, elle frappe tout le Québec, mais frappe également Québec. Vous savez, Mme la Présidente, le taux de chômage est tellement bas ici que c'est un enjeu. Lorsque des gens vont en entrevue, ce n'est pas des patrons qui passent des entrevues à des employés, c'est l'inverse ici. On parle à des commerçants des entreprises des milieux institutionnels gouvernementaux, c'est à chaque fois la même chose.

C'est un projet, le transport structurant, qui est arrivé, sur la table du Conseil des ministres, bien détaillé. Un projet qui avait été réfléchi, Mme la Présidente, pendant des années. On avait, au-delà de la maquette, on avait des études et on avait également tout le matériel pour le faire évoluer au sein de notre directive des grands travaux.

Je sors un instant du projet structurant pour parler de l'engagement du gouvernement fédéral. Je n'étais pas présent lors de la rencontre entre le premier ministre du Canada et le maire de Québec, mais on me l'a raconté, et ça s'est retrouvé dans les médias. J'étais présent lors de l'annonce du transport structurant entre le premier ministre du Québec de l'époque, M. Couillard, et le maire de Québec. Et il y avait, sur place, les députés fédéraux de la région de Québec qui avaient dit : Oui, on prend l'engagement de commettre le gouvernement fédéral et vous aurez, en ce sens, une annonce à venir. Le premier ministre du Canada est venu à Québec dire à M. Labeaume, à ce moment-là : Ton projet, c'est notre projet, on va, nous aussi, le financer. Donc, cet engagement, il existe, et je pense, et je dois, moi aussi, comme le disent les collègues, comme le dit le président du Conseil du trésor, travailler, Mme la Présidente, pour que cet engagement soit respecté.

• (15 h 50) •

Il y a, par la bande, ou dans un autre contexte, mais j'y viens, en lien avec le transport structurant, la question de cette entente ou de ces ententes que le gouvernement du Québec négocie avec le gouvernement fédéral. Je ne suis pas partie prenante, Mme la Présidente, des négociations, je ne suis pas le président du Conseil du trésor, je ne suis pas le négociateur du gouvernement du Québec à ce moment-là, mais je sais, Mme la Présidente, qu'il y a eu ces négociations pour doter le Québec d'ententes nous permettant de financer des projets de transport collectif et autres infrastructures sur notre territoire, faire en sorte que, grâce à ces ententes, lorsque Québec décide que c'est ce projet-là qu'on veut mettre de l'avant, bien, le gouvernement fédéral approuve et décaisse. C'est comme ça que ça marche, là, à peu près. Pour que les gens nous comprennent : il y a des enveloppes qui sont, elles, fermées, mais, à l'intérieur de ça, la capacité du gouvernement du Québec est là de pouvoir intervenir.

Il y a cette entente avec l'achalandage où j'entends très bien qu'il y a là ce défi par rapport à d'autres communautés que Montréal. Je l'ai moi-même dit, Mme la Présidente, à plusieurs occasions : Il faut trouver des façons de financer du transport collectif à l'extérieur de Montréal. C'est tout le Québec qui a besoin de ces infrastructures. Occuper son territoire, là, ça veut dire le doter, ce territoire, des meilleures infrastructures à la hauteur, Mme la Présidente, de la capacité de la région ou de la communauté de se développer. J'en suis. On ne pourra pas installer le même genre de système sur la Basse-Côte-Nord qu'on va le faire à Québec, puis on n'aura pas les mêmes infrastructures ici qu'on a à Montréal. Mais il y a une réalité autour de ça, c'est que, au-delà de cette entente, dont le ministre des Transports dit : Bien, dans plusieurs années, on va la revoir, on a la volonté aujourd'hui de ne pas jouer avec le projet de Québec pour tenter une négociation qui ne va pas réussir.

J'en viens à cet état de fait. On est aujourd'hui devant la situation suivante. On a tous dit, et tant mieux, sur le bon ton, que ce projet structurant était important. Moi, Mme la Présidente, je pense même que, dans la communauté, au Québec, là... parmi les municipalités la semaine dernière, là, c'était très clair à l'UMQ, mais je pense que c'est vrai dans la grande majorité des Québécois, c'est le tour de Québec pour le transport structurant. Je pense que les gens savent qu'à Québec on a besoin de ce réseau et qu'on ne peut pas le mettre à péril ou le mettre à mal parce qu'on ne s'entend pas, parce qu'on ne réussit pas à obtenir ce qu'on veut.

On est dans la situation suivante, Mme la Présidente : c'est qu'aujourd'hui, là, le gouvernement du Québec, celui qui nous gouverne actuellement fait le choix de mettre ce projet en péril. Je réitère ce que j'ai dit dès le début : je ne doute pas qu'à la fin... je ne doute pas de leur intention de le réaliser, je questionne la volonté ou l'intensité de la volonté de le faire. J'ai vu d'autres projets, Mme la Présidente, vous les connaissez, que ce soit la maternelle quatre ans ou d'autres. Je vois les lettres qu'ils envoient dans les écoles. Je vois les recherches pour trouver des enfants à tout prix. Je vois la pression mise sur les établissements pour modifier les règles d'attribution, même dans les projets qui sont aujourd'hui attribués dans le passé pour augmenter le financement et construire ces classes. Je sais, Mme la Présidente, que, lorsqu'on a la volonté très ferme et qu'on est presque entêté de réaliser des choses, on peut le faire.

Dans ce cas-ci, par exemple, le problème, c'est le suivant : c'est qu'à force de laisser sous-entendre qu'on ne peut pas réaliser le projet parce que les conditions ne sont pas bonnes, bien, on le met en péril, le projet. Et ça, ça devient comme une espèce de bluff, c'est un jeu avec le gouvernement fédéral. Ça, c'est ce qui est perçu à l'extérieur. On profite du fait qu'ils sont en élection pour dire : Bien, ils vont se commettre pour l'élection. Et on ne sait pas s'ils seront élus, hein, on ne sait pas ce qu'ils vont faire après. On profite du temps où ils sont en élection, où on se dit : Bien, moi, j'ai un bon rapport de force, ça fait que je vais en demander plus. Alors, on pense qu'à ce moment-là on va obtenir plus d'argent pour le Québec parce que c'est le moment où l'écoute devrait être à son maximum, l'élection s'en vient, Mme la Présidente. Pourtant, la date de l'élection fédérale, elle est connue, et je n'ai pas vu de succès, je n'ai pas vu de succès de la part du premier ministre et de son équipe, Mme la Présidente, pour obtenir davantage pour le Québec dans les dernières semaines.

La question qui se pose, là, pour M. et Mme Tout-le-monde à Québec, c'est la suivante. Bon. Là, il y a eu cet entêtement, il y a ces disputes-là. M. le président du Conseil du trésor dit : Ce n'est pas une chicane, mais il y a une mésentente, c'est l'entente qui n'était pas bonne... Mais ils ne sont pas spectateurs du dossier, Mme la Présidente, ils sont les deux mains dedans, puis les deux pieds dedans, puis c'est leur responsabilité de le protéger. Alors, c'est quand ça arrête, ça? C'est à quel moment, Mme la Présidente, où le gouvernement du Québec va dire : Wo! Moi, là, à force de vouloir obtenir plus, je mets le projet en péril. À force de vouloir changer les règles actuelles, qui ne me plaisent pas, je l'entends très bien, je mets le projet en péril. Il y a une journée, Mme la Présidente, où il faut qu'au Conseil des ministres le premier ministre ou d'autres se lèvent et disent : Là, il faut s'occuper de Québec, il faut que ce projet-là se réalise.

Là, la semaine dernière, c'est le premier ministre du Québec qui — j'ai appelé ça une déception en trois temps — va d'abord à l'UMQ le matin tenter de rassurer les gens en disant : Bien, vous savez, faites-vous en pas, on va en trouver, de l'argent, pour le projet structurant. Ensuite, il vient ici, à la période des questions. Le chef de l'opposition officielle lui pose une question. Il répond à peu près comme : Bien, vous savez, on cherche l'argent, là. Et ensuite il sort, Mme la Présidente, et, à mon avis, contre toute attente, au sein même de ses troupes, il dit : Bien là, ça va prendre un plan b parce qu'on ne va pas y arriver.

Cette journée-là, Mme la Présidente, le premier ministre du Québec a déclenché lui-même cet état dans lequel se retrouve l'ensemble des intervenants. C'est lui, par ses mots, par le choix de ses mots, et souvent c'est comme ça que ça se passe, par le choix de ses mots, qui a mis plus de feu sur ce dossier, mais surtout beaucoup plus d'instabilité dans la relation entre les deux gouvernements sans en aviser la ville de Québec. Moi, je veux bien entendre que le président du Conseil du trésor qui nous dit que les discussions ont cours. Et je le crois qu'actuellement il y en a. D'après moi, si on reçoit à peu près les mêmes textos du même monde en même temps, je ne suis pas sûr que, la semaine dernière, quand le premier ministre s'exprime, que tout le monde est au courant à la ville de Québec. Je pourrais gager un petit 2 $ là-dessus, qui se trouve, j'imagine, dans son pot.

Qu'est-ce qui arrive ensuite? On se retrouve dans la situation où le ministre des Transports se dit en se grattant la tête, j'imagine, pour le connaître un peu : Que c'est que je fais? Comment je nous sors de ça? Ce n'est pas la première fois, Mme la Présidente, qu'on se retrouve avec un ministre qui veut s'avancer les bras pour aider puis qui perd les poignets parce que le premier ministre coupe court à sa capacité de travailler. Alors, il dit : On va le faire par phases. Écoute, ça a de l'air extraordinaire. Imaginez, Mme la Présidente, les gens vont comprendre très bien. Un projet comme celui-là, on ne commence pas ça le lundi matin pour le finir le lundi soir, là. C'est sûr que ça va aller par phases. Avant de remplir un trou, on le creuse. Avant d'asphalter, on part une rue. Avant de faire un trottoir, on met des cônes. Mme la Présidente, c'est sûr que le projet va se réaliser par des phases.

L'enjeu, ce n'est pas sa réalisation. L'enjeu, c'est son financement. Et ce financement-là, Mme la Présidente, il ne peut pas être par phases. On ne peut pas en avoir un petit bout aujourd'hui puis espérer avoir le reste plus tard, parce que le projet, à ce moment-là, on ne le réalisera pas. Et ce que n'a pas dit le ministre des Transports à ce moment-là, c'est que ce financement-là, il va se faire par phases. Il a dit : Quand l'entente va sauter dans quatre ans, là, on va aller chercher plus d'argent. Sera-t-il encore ministre des Transports? Je ne le sais pas. Il aura eu une autre élection. Il sera à la veille lui-même d'une élection. Le gouvernement fédéral sera-t-il le même? Je ne le sais pas. Est-ce que ces ententes-là existeront encore? Je ne le sais pas. Ils disent qu'elle n'est pas bonne puis il faudra en renégocier une nouvelle.

Alors, Mme la Présidente, moi, je me pose à question : Pourquoi, si, aujourd'hui, ce n'est pas correct d'utiliser l'argent et que c'est là que ce serait mieux d'attendre, puis d'espérer, puis de dire aux gens : On pellette par en avant... Comme si on prenait notre pelle, Mme la Présidente, puis, pour se creuser un tunnel, on s'en allait vers l'avant. Mais la terre, il faut la sortir par en arrière, en passant. Dans ce cas-ci précisément, là, c'est jouer avec le projet une deuxième fois. Vous le savez très bien, lorsqu'on met de l'avant ses plans et devis, lorsqu'on fait les analyses pour lancer un projet, bien, on prévoit, dans ses analyses et études, l'ensemble du projet. Va arriver des moments, Mme la Présidente, dans la réalisation d'un grand projet, où on va poser un geste ici, une construction, une immobilisation, un déplacement d'un bâtiment, parce qu'on sait que ça va être dans telle phase qu'on va le réaliser. C'est comme ça que ça marche.

Là, si le gouvernement du Québec dit à la ville : Vous allez pouvoir faire la moitié de la job, bien, la ville, ils vont lancer les études, les projets pour la moitié de la job. Si vous leur dites : Vous n'aurez pas le financement au complet, bien, ils vont choisir le tronçon avec lequel ils vont commencer puis ils vont laisser faire les autres. Mon collègue de La Pinière a une bonne suggestion pour la ville : tant qu'à faire, ne commencez pas par le coeur du projet, commencez par les extrêmes. Comme ça, à la fin, vous allez les obliger, tous et chacun, de finir sur le boulevard Laurier. Sincèrement, c'est peut-être une bonne suggestion à faire, mais vous voyez comment c'est presque ridicule, Mme la Présidente, que de suggérer de ne pas faire le coeur de l'ouvrage pour aller faire la périphérie en premier. C'est la preuve. C'est la preuve, Mme la Présidente, qu'on ne peut pas fonctionner comme ça. Puis je suis convaincu que le ministre des Transports, ça ne lui tente pas de fonctionner comme ça. Il a répondu «par phases» pourquoi? Parce qu'il essayait de sortir le premier ministre du pétrin. Il n'a pas dit que c'était un financement par phases parce qu'il sait que ça ne pas de bon sens.

• (16 heures) •

Alors, dans ce contexte-là, moi, je veux bien, là, plusieurs mois après l'élection du 1er octobre, entendre que le projet structurant, c'est un bon projet. Je n'étais pas là lorsque les collègues de la CAQ, Mme la Présidente, ont appuyé le projet. Mais, si je vous repassais la photo, ça n'a pas de l'air d'un mariage. Mais ça, c'est une prétention. Une fois que ça a été dit, que c'était un bon projet, une fois que ça a été dit que ça a été utile, une fois que ça a été dit que Québec devait se doter de ce projet-là, une fois qu'il a été dit que l'entente n'était pas bonne puis que les relations avec le gouvernement fédéral sont difficiles... Maintenant, ils ne sont pas commentateurs de l'histoire, ils sont acteurs de l'histoire. C'est à eux de prendre les décisions difficiles. S'ils doivent prioriser, qu'ils le fassent. S'ils doivent piler sur des orteils, qu'ils le fassent. S'ils doivent choisir entre des projets, ils doivent le faire. C'est leur responsabilité. S'ils doivent négocier avec le gouvernement fédéral sur des projets en particulier pour l'avenir, ils le feront. Ce que je leur demande, Mme la Présidente, c'est de ne pas faire des gens de la communauté de Québec des victimes de leurs négociations. Ce que je leur demande, Mme la Présidente, c'est de prioriser ce projet extrêmement important pour notre communauté.

C'est un projet du XXIe siècle, c'est un projet que mes enfants utiliseront. Aujourd'hui, là, ils ont 13 et 11 ans, mes enfants. C'est eux qui, dans huit ans, là, seront libres de faire ce qu'ils veulent. Aujourd'hui, j'ai un certain contrôle. Plus tard, ce sera plus difficile, mais là c'est moi qui les voyage. J'ai le contrôle où ce qu'ils vont, tantôt ce ne sera pas pareil, j'imagine. Mais une chose est certaine, c'est que je veux qu'ils veuillent rester à Québec. Je veux que des gens viennent à Québec investir. Je veux que des gens se développent à Québec parce qu'on aura tous les atouts d'une grande ville. Nous avons déjà la qualité de vie. Nous, on a des forces extraordinaires, Mme la Présidente, dans la capitale nationale. On a la qualité de vie, on est une économie diversifiée, on a cette réunion entre le passé puis le futur, on a tout ce qu'il faut. Je ne voudrais pas vivre ailleurs, Mme la Présidente, qu'ici et je sais que bien des collègues de cette Assemblée qui viennent la semaine à Québec le disent : Vous êtes vraiment chanceux de rester ici.

Mais, dans ce contexte-là, Mme la Présidente, la demande qui est faite au gouvernement, c'est de cesser de tergiverser. Alors, ils l'ont dit, là, c'est dans le pot, c'est compliqué, j'ai tout entendu ça, on l'entend à chaque fois. Ce qu'on leur dit maintenant, c'est : Cessez de commenter la game, là, embarquez les deux pieds dedans, jouez votre rôle, faites en sorte que ce projet-là puisse se réaliser le plus rapidement possible et soyez partenaires de la ville de Québec en lui donnant, si vous déposez un projet de loi, Mme la Présidente, pas la moitié des outils, pas la moitié des moyens, les moyens au complet pour pouvoir réaliser ce projet dans les temps. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je suis prête à reconnaître un autre intervenant. M. le député des Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous.

M. Arseneau : Je dispose de combien de temps, Mme la Présidente? Est-ce que c'est bien à moi?

Une voix : ...

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Oui, M. le leader du gouvernement...

Des voix : ...

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Juste un instant, s'il vous plaît! Je vais entendre une personne, s'il vous plaît, à la fois. Merci. Oui, M. le leader.

M. Schneeberger : Oui. La députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré devrait quitter immédiatement après. Je me demande si elle pourrait passer et faire son intervention avant le député des Îles, si le député accepte.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : S'il y a consentement pour que la... Oui, alors, il y a consentement. Alors, je reconnais Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. La parole est à vous.

Mme Émilie Foster

Mme Foster : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Tout d'abord, un grand merci à mon collègue d'accepter de me céder la parole en premier. J'ai un événement très important en comté, à Baie-Saint-Paul, ce soir, donc je dois quitter tout de suite après mon intervention. C'est très, très, très apprécié.

Ça me fait grand plaisir d'intervenir aujourd'hui sur un sujet qui me tient à coeur, le projet structurant de transport de la ville de Québec. Vous savez, la ville de Québec a été mon milieu de vie, là, depuis 2003, donc ça fait longtemps. Je connais bien la ville et je sais que c'est un projet qui est tout en envergure, Mme la Présidente. Le réseau structurant, comme le collègue de Jean-Talon le mentionnait tout à l'heure, il est tout en intermodalité. Alors, c'est important de le souligner, ce n'est pas simplement un tramway, c'est 23 kilomètres de tramway, mais c'est 17 kilomètres de trambus, c'est 16 kilomètres de nouvelles voies réservées, c'est quatre pôles d'échange des liens entre la Basse-Ville, la Haute-Ville, c'est deux nouveaux Métrobus également. C'est un grand projet de transport collectif. C'est le plus important que la ville de Québec ait connu, là, sans doute et c'est un projet que notre gouvernement de la Coalition avenir Québec appuie, un projet que tous les partis ici, à l'Assemblée nationale, appuient, faut-il le rappeler.

Et je profite aujourd'hui de la tribune qui m'est donnée pour faire un léger aparté. Parce que vous savez que je représente la circonscription de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, qui fait partie, bien entendu, de la Capitale-Nationale, mais Charlevoix—Côte-de-Beaupré a quand même ses enjeux propres, et j'aimerais profiter de la tribune qui m'est donnée aujourd'hui pour pouvoir en jaser un peu, et je vais faire le lien, là, avec le sujet d'aujourd'hui, de la motion d'aujourd'hui. Ma circonscription, elle est située à la limite est, donc elle frôle... comment on peut dire, elle a une limite, elle est limitrophe avec la limite est de la ville de Québec, donc débute à Boischatel pour se terminer à Baie-Sainte-Catherine, quatre MRC, 28 municipalités, donc ça fait beaucoup de municipalités.

Dans la ville de Québec, on est dans une logique très, très claire de densité urbaine, donc on développe les projets en fonction de ça, la densité de population. Par contre, dans ma circonscription, c'est une tout autre histoire. La Côte-de-Beaupré, l'île d'Orléans, Charlevoix, c'est une autre logique. On parle davantage de logique d'occupation du territoire, en fait. Les distances sont très, très grandes, et il y a plusieurs petites municipalités. Le transport collectif, c'est un enjeu de taille, ça va de soi, dans ce genre de contexte là. Donc, du côté de la Côte-de-Beaupré et de l'île d'Orléans, il y a PluMobile qui assure le service. Et du côté de Charlevoix, tout récemment, on a eu quand même une bonne nouvelle, c'est-à-dire qu'il y a la Corporation de mobilité collective qui a été créée. Les deux MRC ainsi que la majorité, là, des acteurs socioéconomiques se sont unis pour pouvoir se doter d'un organisme qui traite et qui règle les enjeux de mobilité collective dans la région, là, qui a des très, très grandes distances.

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