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42-1 (27 novembre 2018 - )


PICARD Marilyne - Soulanges
Programme Vers un chez-soi - Lutte contre l'itinérance - Gouvernement fédéral - Entente - 3398

Assemblée
Fascicule n°52, 7 juin 2019, page 3398

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Ça ne doit toutefois pas occulter le fait que tous ne sont pas également exposés et que le phénomène de l'itinérance est aussi le revers de la médaille d'une croissance économique inégalement répartie. Ces inégalités ont comme corollaire une augmentation du coût des logements et une diminution du parc de logements accessibles pour les faibles revenus, ce qui n'est évidemment pas étranger au phénomène de l'itinérance. On ne construit plus de maisons de chambres, on ne fait juste que construire des condos.

Mais la problématique dépasse la question du logement. On s'est donc donné, au Québec, une approche globale et communautaire qui fait consensus. Cette approche se traduit dans la Politique nationale de lutte à l'itinérance, qui s'appelle Ensemble, pour éviter la rue et en sortir. Nous voulons rappeler aujourd'hui à Ottawa d'entendre l'appui unanime de l'Assemblée nationale, et prendre acte du savoir-faire des intervenants québécois qui oeuvrent notamment dans les 330 organismes du Réseau Solidarité Itinérance du Québec, et qu'il respecte — toujours Ottawa — les plans communautaires régionaux ainsi que les principes de l'action communautaire autonome aujourd'hui menacés par la possible implantation de ce qu'on appelle l'accès coordonné que semble vouloir privilégier le gouvernement fédéral.

Et, avant de terminer, Mme la Présidente, j'aimerais de nouveau sensibiliser ma collègue la ministre de la Sécurité publique à l'importance de tenir compte de la situation particulière des personnes en situation d'itinérance dans l'élaboration de sa politique en matière de chiens dangereux, sachant que pour ces personnes ça représente un ami fidèle, un des rares amis fidèles qu'ils ont dans leur quotidien. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Soulanges.

Mme Marilyne Picard

Mme Picard : Merci, Mme la Présidente. Des travaux sont actuellement en cours entre le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada au regard de l'entente Vers un chez-soi 2019‑2024. Dans le cadre de ces négociations, le Québec entend s'appuyer sur la consultation menée sur son territoire en ce qui concerne la stratégie canadienne de lutte à l'itinérance Vers un chez-soi. Nous comptons défendre fermement nos orientations en matière d'itinérance et réclamer notre juste part de fonds fédéraux pour le déploiement de cette entente visant à lutter contre l'itinérance selon nos propres moyens et une diversité d'approches. Les orientations du Québec sont de prévenir et de réduire l'itinérance à partir de cinq axes d'intervention prioritaires : le logement, les services de santé et de services sociaux, le revenu, l'éducation, l'insertion sociale et l'insertion socioprofessionnelle, la cohabitation sociale et les enjeux liés à la judiciarisation.

Nos partenaires du milieu communautaire en itinérance au Québec ont fait partie des consultations menées par le gouvernement fédéral. Nous sommes régulièrement en contact avec nos partenaires du milieu et nous poursuivons à travailler étroitement avec ceux-ci, notamment avec le Réseau Solidarité Itinérance Québec. Il nous importe grandement de faire valoir nos compétences provinciales en matière de lutte à l'itinérance tout au long du processus de négociation en cours avec le fédéral. Aucun bris de service n'est prévu. Nous avons réussi à mettre en place deux années transitoires, 2019‑2020 et en 2020‑2021. Ces deux années transitoires ont confirmé le financement de tous les projets en cours.

Notre Politique nationale de lutte à l'itinérance adoptée le 27 février 2014 nous sert de fondement et de guide tout au long de ce processus pour défendre nos compétences, nos orientations québécoises et notre diversité d'approches dans les meilleurs intérêts de ces personnes les plus vulnérables que sont nos concitoyens en situation d'itinérance. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Poursuivons avec Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.

Mme Hélène David

Mme David : Merci, Mme la Présidente. Merci beaucoup au député d'Hochelaga, parce que déposer des motions comme ça, inviter des gens du Réseau Solidarité Itinérance du Québec, ce sont des raisons pour lesquelles on est en politique. Ce sont des moments, après la période de questions, quand une certaine harmonie peut revenir, les quatre partis peuvent parler, les députés indépendants, pour parler de causes trop souvent invisibles, trop souvent méconnues, trop souvent négligées, trop souvent oubliées.

Alors, pour moi, prendre ce deux minutes pour parler d'itinérance... et je parlerai plus d'itinérance au féminin, je connais plus ça, mais chaque mot compte, chaque chiffre compte. Et, oui, il faut faire la bataille pour aller au fédéral chercher cet argent pour aider les organismes comme l'organisme qui est ici aujourd'hui, pour aider toutes ces maisons d'hébergement qui travaillent vraiment avec des bouts de chandelles, et évidemment — j'en appelle au ministre délégué à la Santé, à la ministre de la Santé — au fameux Programme de soutien aux organismes communautaires, le PSOC, à tout ce qui permet à ces organismes de pouvoir vivre pour faire quoi? Pour accueillir, entre autres, l'itinérance visible, certes, les hommes et les femmes, mais l'itinérance invisible aussi. Et, on dit souvent, le dernier dénombrement a écarté de nombreuses itinérantes, en particulier, qu'on dit invisibles parce qu'elles ne sont pas dans les dénombrements.

J'étais, il y a deux, trois semaines, un dimanche matin, dans une maison que je ne nommerai pas pour ne pas blesser les autres — on ne peut pas être partout en même temps — j'étais dans une maison qui accueille beaucoup d'itinérantes, et il était 10 heures, 10 h 30, et les femmes quittaient après la nuit. Les heureuses élues, pourrait-on dire, hein, c'est épouvantable dire ça, elles avaient eu une place pour dormir au chaud dans un endroit où il y avait une douche, où il y avait des vêtements si elles manquaient de vêtements, où il y avait un petit déjeuner, un café, il était à peu près 10 h 30, et elles

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