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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


LÉVESQUE Sylvain - Chauveau
Séance extraordinaire - Organisation - Motion sans préavis - 3707-9

Assemblée
Fascicule n°57, 15 juin 2019, pages 3707-3709

[...]

M. le Président, le Parti québécois, et ma collègue de Gaspé, tout particulièrement, on a fait un travail rigoureux parce que ça commandait de s'élever en haut de la partisanerie pour mettre un peu d'humanité dans ce projet de loi. L'impact actuel et futur pour notre immigration, M. le Président, c'est important. Vous savez quoi? Nous sommes une opposition de propositions, et on a essayé, tant bien que mal, et on ne désespère pas, M. le Président. Pendant la nuit, nous aurons des amendements, nous voulons toujours que les dossiers, les 18 000 immigrants actuellement dans le système, soient traités. On veut aussi, de façon claire, nette et précise, connaître de quelle façon le gouvernement va traiter prioritairement ceux et celles qui sont déjà au Québec, qui parlent français et qui ont un emploi. M. le Président, on va faire notre travail, parce qu'il nous reste encore du temps, pas assez, on en aurait pris plus, nous étions tous et toutes disponibles cette semaine, la semaine prochaine, l'été, pour trouver une entente qui allait consolider l'ensemble de cette Assemblée nationale pour offrir une politique en immigration digne d'un peuple qui est accueillant.

M. le Président, le bâillon est une mauvaise idée et couper court à nos débats n'est pas la solution, et cela semble avoir inspiré notre premier ministre qui veut proposer une réforme qui limiterait encore plus notre temps de parole en commission, M. le Président. Limitons les débats parce que ce n'est pas constructif et, surtout, parce que ses nouveaux députés trouvent qu'il y en a qui perdent leur temps. M. le Président, si vous me permettez, j'aimerais m'adresser à la cinquantaine de nouveaux députés de la Coalition avenir Québec qui viennent d'être élus : Lors de votre élection, votre siège, ce sont les citoyens et citoyennes du Québec qui vous l'ont donné. Ils ont mis un x à côté de votre nom, et c'est pour que vous soyez la voix dans cette Assemblée. Alors, lorsque vous verrez, tout le long de la journée et pendant la nuit, l'opposition s'offusquer, dites-vous qu'ils le font pour protéger leur droit au débat, leur droit de parole et leur droit d'être la voix de leurs citoyens et que ces droits, ce sont aussi vos citoyens qui vous les ont confiés. Et ça, M. le Président, je vous invite à ne jamais l'oublier. Merci.

Le Président : Je reconnais maintenant le député de Chauveau.

M. Sylvain Lévesque

M. Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. Très heureux aujourd'hui de parler lors de cette motion exceptionnelle, surtout que j'ai participé de nombreuses heures à la Commission des relations avec les citoyens, la CRC, avec plusieurs des collègues ici présents. Il y a eu des débats intéressants, constructifs parfois, parfois un peu moins, mais effectivement c'était agréable de débattre de ce sujet-là. Et je veux vous parler de quelques éléments, M. le Président, qui me préoccupent beaucoup.

Tout d'abord, je voudrais parler... Vendredi dernier, il y a eu une conférence de presse qui a été organisée par l'opposition officielle, et on a qualifié le gouvernement comme étant autoritaire, comme étant arrogant, considérant le fait qu'il y aura bâillon ce week-end pour cet important projet de loi n° 9 qu'on s'apprête à adopter. C'est des commentaires, selon moi, M. le Président, qui méritent d'être à tout le moins dénoncés, corrigés, rectifiés parce que ce que j'ai vu, moi, M. le Président, c'est d'un autre ordre que ce que j'entends présentement.

Le projet de loi n° 9 a été déposé en février dernier et il y a eu beaucoup de temps, beaucoup, beaucoup de temps qui a été accordé pour discuter. Et ça a été fait, M. le Président, il y a eu beaucoup de minutes de discussion. J'ai pris quelques données, j'ai fait des vérifications auprès de notre équipe, là, pour m'assurer de ce qui en est, là, puis chaque étape a été ardue, chaque étape a été difficile.

Comme par exemple l'adoption de principe lui-même. Habituellement, on le voit, là, à l'usage, pour certains élus qui sont nouveaux, c'est vrai, on regarde comment ça se passe... Moi, j'ai eu ce privilège-là de siéger pendant 18 mois, j'ai un comparatif de 2012 à 2014. Parfois c'est long, parfois c'est court. Mais, dans ce cas précis là, ça a pris 7 h 15 min pour débattre du principe, 7 h 15 min.

Par la suite, nous avons entendu des groupes venir nous exprimer leur point de vue, des pour, des contre, et c'est correct. Chacun des groupes parlementaires, chacun des groupes de la société civile ont le droit d'avoir leur opinion, c'est tout à fait normal. Pendant 16 h 30 min, nous avons écouté ces groupes-là, échangé, débattu, amené des opinions. Très intéressant. Et, par la suite, M. le Président, la période d'étude détaillée, on parle de 55 heures. 55 heures de débats pour un projet de loi qui a, bien oui, 21 articles. 21 articles, M. le Président. Le député de Gouin, il me présente son tableau, il faudrait regarder, dans certains cas, comment il y avait d'articles. Mais juste pour le nôtre, là, 55 heures. Donc, si je fais un total de tout ça, là, on est à 78 h 46 min. Vous voyez, M. le Président, il y a eu beaucoup d'opportunités de débattre, et on le voit, là.

On est capable de faire la différence entre un projet de loi où il y a collaboration, il y a désir, il y a souhait d'améliorer un projet de loi et quand, au contraire, on est dans un épisode de blocage, un épisode de blocage systématique. On dépose des amendements à répétition. M. le Président, des amendements, en voulez-vous en voilà. Regardez, j'en ai, là. J'en ai une tonne, «une tonne de copies», comme ils disaient. J'en ai pas mal, là.

Certains étaient constructifs. Je ne dirai pas : Tous les amendements n'étaient pas constructifs. Je ne ferai pas de démagogie. Mais certains étaient assez farfelus. J'en ai retenu un ici, là. Article 1... Aïe! En passant, M. le Président, l'article 1 qui a quelques mots, cet article-là, là, il n'est pas très long, là, on en a débattu pendant 7 h 30 min.

On propose ici, à l'article 1 du projet de loi, qui est modifié — d'ailleurs, c'est la députée de Bourassa-Sauvé qui a proposé ça — par l'insertion, dans le premier alinéa, des mots suivants : Après le mot «valeurs», ajouter «de la société» québécoise. C'est marqué, autrement dit, dans le projet de loi : «des valeurs québécoises», puis on ajoute «de la société».

• (16 heures) •

Ça fait que là, vous imaginez le tableau, M. le Président, la députée de Bourassa-Sauvé s'exprime pendant 20 minutes pour nous dire l'importance d'ajouter «de la société» québécoise. La députée de Saint-Henri—Sainte-Anne fait de même avec une éloquence, ma foi, superintéressante. Le député de Nelligan, que j'apprécie, un homme qui a à coeur l'économie du Québec, fait la même chose. On débat, on discute, on échange, à la fin on explique qu'est-ce que ça ajoute «de la société» québécoise. On vit tous dans une société, M. le Président, tu sais, à un moment donné, là, la sémantique, c'est ça. Puis là, quand ça ne passe pas, on ramène, on ramène, on ramène. Ça, c'est ce qu'on a vécu concrètement, concrètement à tous les jours pendant 55 heures d'étude détaillée, et c'est évident, si on veut, on pourrait faire jusqu'à la fin des temps, M. le Président. Je l'ai déjà dit, c'est plus intéressant d'écouter les reprises de Virginie parfois que d'écouter ces débats-là.

Ceci étant dit, l'étude article par article, c'est important et ça doit servir à corriger des projets de loi, à améliorer, à trouver des éléments qui sont négatifs comme, par exemple, des coquilles. On peut améliorer, constructif, améliorer un projet de loi, et j'ai vécu des projets de loi dans cette législature-là, M. le Président, où il y avait une belle collaboration entre les oppositions et le gouvernement, et on a réussi, de façon très constructive, à améliorer des projets de loi, mais ce n'est pas le cas, à l'évidence, dans ce projet de loi n° 9 là.

Mais, vous savez, M. le Président, ce qu'il y a de plus triste dans tout ça, c'est que la non-adoption de ce projet de loi n° 9 là aurait des conséquences. Si on retarde encore puis on laisse l'opposition officielle et les oppositions jouer à ce jeu, ça aura des conséquences négatives, négatives notamment pour les employeurs, les entreprises du Québec. Moi, je suis toujours impressionné de voir ce Parti libéral, qui était, jadis, et qui se targuait, jadis, d'être ce parti de l'économie, retarder, bloquer le projet de loi n° 9 quand on sait l'importance que revêt ce projet de loi là pour les entreprises du Québec. Parce que, M. le Président, au Québec actuellement, là, concrètement, c'est 118 000 emplois, postes à pourvoir. On est dans un taux de chômage historiquement bas. Toutes les régions du Québec. Parce qu'avant on pouvait dire : Bien, dans telle région, il y a des pénuries. Toutes les régions du Québec sont touchées, même la Capitale-Nationale, ma région que j'adore, mon comté de Chauveau, il y a de la pénurie de main-d'oeuvre. En campagne électorale, je pense que les 125 députés pourraient vous le dire, là, s'il y a un sujet qu'on s'est fait parler, c'est de la pénurie de main-d'oeuvre.

Alors, il faut agir, il faut agir rapidement, il faut se donner les outils pour agir, M. le Président. Et je regarde quelques statistiques, vous me permettrez de citer quelques statistiques de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, la FCEI, qui nous dit : 47 % des PME, à cause de la pénurie de main-d'oeuvre, ont perdu des contrats, 42 % ont annulé des investissements, 81 % affirment avoir des difficultés à recruter, à recruter des employés, et 76 % manquent de candidats, expriment qu'il y a un manque de candidats et que c'est le plus grand obstacle à l'avancement de leur entreprise. Une situation, M. le Président, qui n'est pas arrivée en quelques jours, en quelques semaines, il y a eu un laisser-aller quelques années, peut-être 10 ans, 15 ans. Dans ces années-là, 15 ans, ça me fait penser qu'on est pas mal dans l'erre d'aller des libéraux.

Comment les libéraux peuvent expliquer cette situation-là, puis comment ils peuvent nous trouver aujourd'hui, suite à la conférence de presse, arrogants. Arrogants de vouloir amener aujourd'hui cette loi-là, le projet de loi n° 9, de le faire adopter, alors qu'on la voit, l'urgence. Les chiffres parlent. La FCEI, à ce que je sache, ils n'ont pas leur carte de membre de la CAQ. Ils demandent qu'on agisse.

Alors, ce que vous avez devant vous, M. le Président, c'est une formation politique qui a à coeur les entreprises mais aussi les travailleurs. Parce que vous allez me permettre de souligner que, quand il manque de main-d'oeuvre, il est évident qu'il y a des gens qui doivent pallier aux heures à faire dans une entreprise, et c'est souvent l'employé qui va faire du temps supplémentaire, temps supplémentaire qu'il ne peut pas offrir à sa famille, à ses amis, à ses propres loisirs, donc, évidemment, l'entreprise doit rouler. Donc, il y a quelque chose de malsain là-dedans. Ces heures-là supplémentaires on doit les combler, on doit trouver des gens.

Alors, ce que vous avez devant vous, M. le Président, c'est un gouvernement, une formation politique proactive, sensée, à l'écoute des vrais besoins. C'est ça, le gouvernement de la CAQ. Gouvernement sensé, à l'écoute des besoins. Alors, le projet de loi n° 9, moi, j'écoute notre ministre de l'Immigration et je le trouve très sensé dans sa vision des choses, et il veut rapidement aider nos entreprises, et c'est pour ça qu'il faut se projeter vers l'avant. Donc, adoptons-le rapidement, la raison pourquoi aujourd'hui on est dans cette mesure d'exception, et regardons vers l'avant parce que, d'ici 10 ans, M. le Président — j'en ai parlé, de 118 000 postes — il y aura 1,3 million de postes à pourvoir et, selon les statistiques, ce serait 22 % des personnes immigrantes qui viendront pourvoir à ces postes, et c'est tant mieux.

Le projet de loi n° 9 va vraiment au coeur du problème, s'attaque au coeur du problème, c'est-à-dire l'arrimage entre les besoins des entreprises et les compétences des travailleurs. Il faut être capable d'arrimer les deux. Parce qu'on le voit actuellement, le système actuel... la grille, j'ai eu la chance de la consulter, là, donne une plus-value... ça marche par système de points. On donne des points aux personnes qui veulent venir vivre et travailler au Québec. On donne des points pour ceux et celles qui ont de grandes formations académiques. Un doctorat donne plus qu'une maîtrise, donne plus qu'un bac et donne plus que des études techniques. Par contre... Puis c'est très bien, là, M. le Président, hein, en passant, je veux le dire, on est très heureux d'accueillir de la main-d'oeuvre qualifiée, des cerveaux, des gens de partout dans le monde qui viennent contribuer de leur matière grise, c'est bien correct.

Mais, en même temps, nos vrais besoins au Québec, on a besoin davantage de personnel en production, des manoeuvres, des métiers spécialisés, en vente, notamment, aussi. Alors, on reçoit 45 % de personnes qui ont des formations davantage pour être des gestionnaires et des professionnels, mais on a besoin plus de gens avec des compétences techniques. Ça fait que ce que ça fait comme phénomène, c'est un phénomène de surqualification. Puis ça, là, pour avoir travaillé dans un carrefour jeunesse-emploi, M. le Président, il n'y a rien de plus triste que ça, de recevoir... Je me rappellerai toujours de mon monsieur, là, on parle de 2004, 2005, ce n'est pas d'hier, là, que le problème existe, un monsieur belge qui arrive dans mon bureau : bac en ingénierie, formation académique de pointe, pas capable de se trouver de l'ouvrage ici. À cette époque-là, on ne reconnaissait pas ses acquis. Ce n'était pas le besoin à ce moment-là, on avait besoin d'autre chose. Obligé de s'ouvrir... et, en passant, M. le Président, ce que je vais dire, beaucoup de respect pour ça, il s'est ouvert une cordonnerie. Un homme extraordinaire, mais aurait souhaité, lui, travailler comme ingénieur au Québec. Malheureusement, ça n'a pas été possible. Alors, ça provoque ça, une surqualification, Programme régulier des travailleurs qualifiés qui a créé cette disproportion-là, et on doit travailler à régler ce problème-là.

La rareté, M. le Président, elle touche plus les PME et, des PME, il n'y en a pas juste dans les grandes régions comme Montréal et Québec, il y en a un peu partout au Québec. Les petites et moyennes entreprises, c'est la colonne vertébrale de notre Québec, notre Québec urbain, oui aussi, mais rural, vous vous en doutez bien, M. le Président. Dans nos petites municipalités, une entreprise qui des fois embauche 60, 75, 100 personnes, c'est l'entreprise de la place. Mais ces entreprises-là sont menacées parfois de fermeture et Arrima va permettre ça, justement, M. le Président, va permettre de faire une adéquation entre les besoins de nos PME et les travailleurs qui voudront venir travailler au Québec et qui offrent leurs compétences, leurs qualités et c'est ça qu'il faut faire.

Un immigrant qui n'occupe pas un emploi à la hauteur de ses compétences et de son talent, c'est quelqu'un qui devient insatisfait. C'est quelqu'un qui envisage éventuellement retourner chez lui ou changer de province. Ça, c'est quelque chose qui est préoccupant et on doit attirer des gens qui sont vraiment en lien avec nos besoins de terrain.

• (16 h 10) •

Notre volonté, M. le Président, c'est de s'attaquer à cette problématique-là, de s'assurer qu'on n'ait pas un gouvernement comme à l'époque avec la vieille grille que je vous ai fait part il y a quelques minutes qui travaille à attirer qu'une clientèle immigrante, entre guillemets, élitiste. Ce qu'on vise, c'est des travailleurs qui vont venir combler les besoins concrets chez nous tout de suite maintenant.

Autre désir, M. le Président, c'est la régionalisation. Un des plus grands défis qu'on a, c'est d'être capable de sortir les gens... pas sortir, ce n'est pas la bonne expression, d'attirer les immigrants en dehors des grands centres. C'est sûr que c'est... moi-même, je vous le dis, demain matin, M. le Président, si on me demandait d'aller travailler dans un autre pays, par exemple aux États-Unis, j'aurais l'opportunité d'aller travailler aux États-Unis, bien, ma première tendance ce serait de chercher un endroit où il y a des Québécois, où il y a une culture qui est propre à la mienne, où on se réunit, on se rassemble parce que c'est beaucoup plus facile de vivre avec des gens qui nous rassemblent et nous ressemblent.

Par contre, quand on vit avec des gens qui sont comme nous, on a une petite tendance à moins s'intégrer facilement. C'est plus difficile. C'est sûr, hein, manger une bonne poutine en Floride, c'est le fun, aller à la caisse pop, c'est possible de le faire. Mais, quand tu parles avec des gens d'un autre pays, avec une autre langue, une autre culture, sur le coup, c'est difficile. Tu envisages même, après quelques semaines, quelques mois, peut-être de déménager. Tu te poses la question à tout le moins : Je suis-tu à ma place? Bien, tabarouette, quand tu commences à vivre dans cet endroit-là, dans ce pays-là, nouveau, que tu apprends la langue, tu apprends la culture, tu te fais des amis, puis, quand tu es chanceux, tu te fais une blonde ou un chum, bien là, tu t'intègres. Là, quand tu t'intègres, qu'est-ce que tu fais? Tu décides, peut-être, de rester dans un endroit comme ma ville d'origine, Baie-Comeau. Peut-être, tu vas aller rester en Gaspésie, magnifique rocher Percé, c'est magnifique. L'Outaouais, je regarde mon collègue de Pontiac, très belle région. J'ai eu le plaisir, moi, de vivre quelques années en Outaouais. Notre Québec est magnifique, mais il faut être capables de sortir les gens de nos lieux montréalais trop faciles à adopter, parce que, justement, il y a des communautés culturelles déjà bien implantées, et c'est tant mieux, M. le Président.

Le projet de loi n° 9 aussi prévoit, je tiens à le dire, là, prévoit — parce qu'on va parler des 18 000 dossiers tout au long de cette procédure d'exception — prévoit de rembourser les dossiers aux immigrants. L'ancien système crée des iniquités, M. le Président. C'est très respectueux de rembourser les dossiers et d'inciter les gens à s'inscrire dans Arrima, parce qu'on va s'adapter davantage aux besoins du marché ici, au Québec. On les rembourse, les gens, et on leur demande de redéposer. Je trouve que la façon de voir les choses du premier arrivé, premier servi — c'est un peu ça qu'on faisait avant — c'est une méthode un peu dépassée.

Sur la francisation, j'en ai glissé quelques mots il y a quelques instants, c'est important pour le gouvernement de travailler à la francisation. D'ailleurs, permettez-moi de saluer l'excellent travail du ministre des Finances, président du Conseil du trésor, ministre de l'Immigration, qui ont travaillé très fort pour accroître de façon significative les budgets en francisation, les budgets dédiés à ça, parce que, M. le Président, un coup rendu à Baie-Comeau, à Sept-Îles, à Rimouski, dans nos régions, vous ne parlez pas français, je vous l'annonce, ça risque d'être difficile. Alors, Arrima va permettre ça aussi, M. le Président. En plus d'amener les gens dans les régions, bien, on va favoriser de la francisation dans nos régions. D'ailleurs, la situation de la francisation avait été grandement critiquée par la Vérificatrice générale, Mme Leclerc, des lacunes très graves en matière de francisation.

M. le Président, on est en train de corriger le tir. On ne peut pas tout régler les problèmes des libéraux en trois mois. Il y a un petit peu de dévastation qui s'est faite au cours des années, hein? Mais on va corriger le tir, on va arranger ça. On va améliorer la situation. On investit dans le long terme, M. le Président, on est en train de placer les outils adéquats, les ressources adéquates pour améliorer la situation au Québec. Tout ne sera pas parfait, j'en conviens, mais je peux vous dire qu'Arrima, c'est une très, très belle opportunité, un très beau pas vers l'avant, je vais le dire comme ça.

De voir le PLQ déchirer sa chemise, je trouve ça bien particulier, eux qui ont coupé en immigration, qui n'ont pas investi en francisation au cours des dernières années, leur attitude dans le projet de loi n° 9, c'est à l'image de leurs gouvernements, selon moi, M. le Président, des 15 dernières années : on coupe, on ralentit le Québec pendant que nous, à la CAQ, on avance, on investit et on agit. Merci beaucoup, M. le Président.

Le Président : Je reconnais maintenant le député de Pontiac.

M. André Fortin

M. Fortin : Merci, M. le Président. D'entrée de jeu, je vais vous demander, si c'est possible, d'ajouter le temps restant des deuxième et troisième oppositions à mon temps de parole, puisque je comprends qu'ils ne reviendront pas compléter leurs interventions.

[...]
 

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