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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


PROULX Sébastien - Jean-Talon
Immigrant - Intégration - Projet de loi n° 9 - 3792

Assemblée
Fascicule n°57, 15 juin 2019, page 3792

[...]

Il y a aussi toutes sortes de formes de nationalisme, Mme la Présidente. Et les historiens qui ont parcouru donc l'histoire du XXe siècle se rendent bien compte que le nationalisme est capable de tout, du meilleur mais aussi du pire. Et ce nationalisme qui anime la CAQ, Mme la Présidente, c'est un nationalisme qui se veut humaniste. C'est un nationalisme...

Des voix : ...

M. Simard : ...eh oui, un nationalisme humaniste. C'est bon de le rappeler parce qu'il y a une certaine députée qui n'arrête pas de nous traiter d'inhumain comme si nous étions, de ce côté-ci, des robots. Ce n'est pas le cas, Mme la Présidente, parce que nous aussi avons un coeur. Nous croyons... ce nationalisme est un nationalisme qui se veut inclusif, qui se veut rassembleur, qui se veut progressiste. Notre nationalisme croit dans l'égalité des femmes et des hommes. Il croit dans l'État de droit. Il croit dans les démocraties. Il croit dans la diversité du territoire québécois.

Notre nationalisme croit dans l'existence de notre peuple, dans l'existence d'un peuple francophone qui est une minorité dans le vaste espace nord-américain mais aussi dans l'espace canadien. Nous sommes une minorité. Nous sommes aussi une majorité sur l'espace québécois. Mais cette dualité d'être à la fois une minorité et majorité, nous ne serons jamais une minorité comme les autres. Nous ne serons pas une minorité acadienne. Mais nous ne serons jamais non plus une majorité comme les autres parce que nous avons un poids démographique de 8 millions d'habitants. Nous n'avons pas les 200 millions d'habitants que compte le Brésil, ni les 66 millions d'habitants du Royaume-Uni, ou les 66 millions que compte la France, ou encore les 60 millions d'Italiens. Nous ne sommes que 8 millions et, conséquemment, bien que la force de notre culture rejaillit partout sur le monde, nous n'avons pas la même capacité d'intégration que d'autres peuples peuvent avoir. Et donc c'est cette réflexion sur à la fois la force mais aussi la fragilité de notre peuple par rapport à son poids démographique qui concourt à l'écriture d'un projet de loi, comme nous l'avons vu, sur l'immigration.

Je sais que certains pans de ce que je viens de dire dérangent l'opposition. Cette opposition, elle nous a dit, notamment des porte-parole du Parti libéral, qu'elle s'affligeait de ce que notre projet de loi pouvait donner comme presse à l'étranger, que ça pouvait un peu nuire à l'image du Québec. C'est des libéraux qui nous disent ça, alors qu'ils savent très bien que leur chef antérieur, sous l'ancienne législature, le premier ministre Couillard de l'époque, a été le premier à jouer, à souffler sur les cendres, comment dire... sur les braises, oui — à cette heure-là, on peut bien se tromper — mais sur les braises en signalant que tour à tour, et le Parti québécois, et la CAQ étaient des partis populistes. C'est Philippe Couillard qui a semé ça partout où il est passé à l'étranger, en Islande, à Paris, il l'a refait durant la dernière campagne électorale...

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Juste un instant. M. le leader de l'opposition officielle.

M. Proulx : Oui, Mme la Présidente, très simplement, très rapidement, le collègue est un parlementaire expérimenté, le collègue qui sait que j'estime, il impute des motifs. On est en fin de soirée. Mme la Présidente, il est à l'extérieur même de l'adoption du projet de loi parce qu'il nous fait une grande rhétorique historique et contemporaine. Alors, je vous demande, Mme la Présidente, au moins de le ramener sur le sujet puis de faire en sorte qu'il n'impute pas des motifs à des gens qui ne sont même plus ici, à l'Assemblée.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le leader de l'opposition officielle. Je vous demanderais, M. le député, de... soyez prudent. M. le leader du gouvernement.

M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, sur la question de règlement du leader, le député de Montmorency s'est basé sur des faits. Mme la Présidente, j'étais assis à cet endroit-là et le premier ministre de l'époque a utilisé les mots qui ont été prononcés par le député de Montmorency. Alors, le député de Montmorency rapporte des propos qui ont été dits en cette Chambre...

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le leader du gouvernement. C'est pour ça que j'ai invité le député de Montmorency à poursuivre.

M. Simard : Alors, Mme la Présidente, je vais suivre vos recommandations, être très prudent, tellement prudent que je vais vous dire que les populistes, eux, qu'est-ce qu'ils veulent? Ils veulent construire des murs, ils veulent construire des frontières, ils veulent alimenter la peur de l'autre. Leur électorat carbure au racisme ou à la xénophobie. On ne veut rien savoir de ça, nous, à la CAQ. Pour nous, l'immigration, et nous le répétons, c'est une force qui contribue au développement du Québec. Nous avons besoin de l'immigration, et c'est la raison pour laquelle nous faisons ce projet de loi. Nous croyons que la société québécoise ne serait pas sans cet apport formidable que constitue l'immigration. Nous croyons que nous sommes tous et toutes les descendants, à quelques générations près, d'immigrants. Moi, comme Simard, j'en suis la treizième génération; mes enfants en sont la quatorzième. On est arrivés autour de 1634 avec Pierre et Noël Simard, quelque part sur la côte de Beaupré. Mais qu'on soit ici depuis 13 générations, qu'on soit ici depuis 13 ans, qu'on soit ici depuis 13 mois, nous sommes tous Québécois.

Notre nationalisme, il n'est pas ethnique; notre nationalisme, il est civique, Mme la Présidente. Et partout dans ce projet de loi, la volonté de bâtir un Québec interculturel et non pas multiculturel comme le propose le Parti libéral, partout cette soif de faire un Québec généreux, juste et accueillant, on la retrouve dans le projet de loi que nous avons soumis.

[...]
 

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