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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


PROULX Caroline - Berthier
Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique - Projet de loi n° 15 - 4081-3

Assemblée
Fascicule n°61, 19 septembre 2019, pages 4081-4083

[...]

ministres et de certains ministères et édictant la Loi sur le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, est-il adopté?

Des voix : Adopté.

Des voix : Sur division.

Le Vice-Président (M. Picard) : Adopté sur division. M. le leader du gouvernement.

M. Caire : Merci, M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article 1 du feuilleton, s'il vous plaît.

Le Vice-Président (M. Picard) : M. le leader, vous auriez peut-être une motion de renvoi en commission parlementaire à faire.

M. Caire : Oui, oui, merci, M. le Président, c'est vrai. Merci de me rappeler à l'ordre, M. le Président. Effectivement, il faudrait peut-être que je fasse ça. Je vous avoue que j'ai été mystifié par... enfin, bref.

Renvoi à la Commission des finances publiques

M. le Président, conformément à l'article 243 de notre règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 23, Loi sur la dénomination et la responsabilité de certains ministres et de certains ministères et édictant la Loi sur le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, soit déféré à la Commission des finances publiques pour son étude détaillée.

Mise aux voix

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci. Est-ce que cette motion est adoptée?

Des voix : Adopté.

Le Vice-Président (M. Picard) : Adopté. M. le leader du gouvernement, pour la suite de nos travaux.

• (16 h 20) •

M. Caire : Oui, merci, M. le Président. Cette fois, prise deux, je vous demande bel et bien d'appeler l'article 1 du feuilleton, s'il vous plaît.

Projet de loi n° 15

Adoption du principe

Le Vice-Président (M. Picard) : À l'article 1 du feuilleton, Mme la ministre du Tourisme propose l'adoption du principe du projet de loi n° 15, Loi sur la Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique. Mme la ministre, je vous cède la parole.

Mme Caroline Proulx

Mme Proulx (Berthier) : Merci, M. le Président. L'un des premiers gestes que j'ai posés en tant que ministre du Tourisme du Québec, ça a été d'entamer une belle grande tournée de toutes les régions touristiques du Québec. Le but, c'était d'aller à la rencontre des gens de l'industrie, mais d'être sur le terrain aussi pour voir ce qui se fait de mieux chez nous dans l'industrie touristique. À travers nos déplacements partout à travers notre plus beau territoire, le beau grand terrain de jeu qu'est le Québec, on a constaté, avec nos équipes, que chacune des régions avait un lieu emblématique, un monument, un bâtiment distinctif qui contribue à leur image : rocher Percé, évidemment, la belle grande Gaspésie; le légendaire Château Frontenac, du côté de Québec; le Bas-Saint-Laurent, ses phares qui vont illuminer le majestueux fleuve; Manoir Richelieu, évidemment, du côté de Charlevoix; les belles montagnes de ski et de «fatbike», du côté des Cantons-de-l'Est; et évidemment les beaux grands parcs de l'Outaouais. Un seul coup d'oeil, une seule image, on sait où on est par ces lieux emblématiques qu'on associe donc instinctivement à chacune de ces régions-là.

Pour Montréal, pour tout le Québec, cette icône, au pays comme partout dans le monde, M. le Président, c'est sans contredit notre Parc olympique, avec son vaste stade et son emblématique tour penchée, d'ailleurs la plus haute au monde. Notre Parc olympique, parce que c'est à tous les Québécois, j'ai pu moi-même le constater à travers mes voyages, c'est sans contredit la carte postale du Québec à l'international. C'est le bâtiment des bâtiments, au Québec, que les touristes reconnaissent aux quatre coins du globe et que tous associent, évidemment, à la métropole et au Québec de partout à travers le monde. Lorsqu'on diffuse les superbes images du Grand Prix de formule 1 du Canada, incontestablement il y aura des images du Stade olympique de Montréal et de sa tour.

Si on peut faire une analogie, c'est un peu le Big Ben du Québec, c'est un peu notre tour Eiffel à nous. Et, comme la tour Eiffel, à une certaine époque, c'est vrai que le stade a traversé une période où il a été malaimé, et une partie de la société québécoise aimait le détester. Et il y en a qui, comme pour la tour Eiffel, sont allés avec l'audace de même songer, à une certaine époque, de démolir le Parc olympique. Pourtant, 130 ans plus tard après sa construction, il n'y a personne à Paris, il n'y a personne à travers le monde qui pourrait même penser une seule seconde qu'on puisse démolir ce qui est la signature de la Ville Lumière et de sa légendaire tour.

Eh bien, aujourd'hui, nous sommes réunis ici, en cette Assemblée, pour discuter de l'adoption du principe du projet de loi qui, justement, justement, a pour objectif de redonner enfin les lettres de noblesse à ce signe incontestable de Montréal et du Québec, le projet de loi n° 15, donc la Loi sur la Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique.

Il faut dire, M. le Président, qu'on a été patients parce qu'il a été attendu depuis longtemps, parce que, depuis son adoption un an avant la tenue des Jeux olympiques de 1976 — d'ailleurs, le regretté Robert Bourassa avait créé la Régie des installations olympiques — donc, la loi constitutive de la Régie des installations olympiques n'avait jamais été mise à jour, et ce, malgré les appels répétés de nombreux experts en ce sens-là, donc, depuis 1976.

Et pourtant, et pourtant, depuis 45 ans, inutile de dire au peuple du Québec combien sa mission a considérablement changé et a considérablement évolué. Évidemment, en 1975, lorsque Robert Bourassa décide de créer la Régie des installations olympiques, c'était dans un seul objectif : la régie était régisseur, et nous devions ici, au Québec, livrer, évidemment, la XXIe olympiade. Or, depuis 1976 et la tenue des jeux, un peu quand même après 1976, la RIO est passée, donc, d'un rôle de régisseur à un rôle de développeur du Parc olympique. C'est ce qui s'est passé en 45 ans.

Donc, auprès de notre gouvernement, on a pensé qu'il était que nécessaire de voir et de revoir le rôle de la Régie des installations olympiques pour lui donner des responsabilités qui vont bien au-delà de l'entretien, du maintien d'actifs et surtout de mettre et d'inclure la mise en valeur et la préservation de cet immense ensemble architectural qui est unique et qui contribue, évidemment, au rayonnement à l'international de Montréal et du Québec.

Donc, on a l'ambition, donc, de faire du Parc olympique la locomotive de la relance économique et sociale de l'est de Montréal. Redynamiser l'est de Montréal a été un engagement de notre gouvernement. Ma consoeur ici présente, Mme la ministre responsable de la Métropole et de Montréal le répète, je le répète, le gouvernement du Québec le répète, nous allons redynamiser l'est de Montréal, et ça passe impérativement par une mise à niveau de la Régie des installations olympiques et de sa loi constituante. C'est un autre geste qui démontre qu'à la Coalition avenir Québec on fait ce qu'on dit, et nous allons le faire avec, donc, le projet de loi n° 15.

Il y a eu un très, très bon travail qui a été accompli ces dernières années par le P.D.G. de la RIO, Michel Labrecque, puis toute son équipe, d'ailleurs, que je salue. Le Parc olympique est de mieux en mieux positionné. Il a les coudées franches et il a surtout les coudées franches pour passer à un autre niveau et permettre au Stade olympique, à la Régie des installations olympiques d'atteindre des nouveaux sommets. Donc, pour parvenir à la redynamisation de l'est de Montréal, de la rendre autonome et dynamique, cette société d'État là, elle va disposer, donc, d'une marge de manoeuvre et de tous les leviers nécessaires pour pouvoir lancer des initiatives ou conclure des partenariats rentables et durables dans un marché qui est hautement concurrentiel.

À titre d'exemple, pour louer à Desjardins dans la tour du Stade olympique, à travers la loi constituante de la RIO, Desjardins devait passer par le Conseil du trésor pour pouvoir louer les espaces de la tour olympique. Ils ont mis 18 mois de négociations pour arriver, donc, à pouvoir s'installer dans la tour. Maintenant, avec la nouvelle société d'État qu'on va présenter, il y aura beaucoup plus de flexibilité. Notre message est clair avec le projet de loi n° 15 : On est plus que jamais ouverts à faire des affaires; faire des affaires, par contre, toujours dans le souci de maintenir une qualité, un bien-être des résidents avoisinant le Stade olympique de Montréal et le Parc olympique. Et nous souhaitons, évidemment, et nous allons demeurer d'excellents voisins dans le quartier du Parc olympique.

La société d'État doit aussi optimiser ses actifs immobiliers et générer des résultats financiers qui vont être susceptibles, à terme, M. le Président, d'alléger la subvention de fonctionnement que le trésor public verse à la Régie des installations olympiques de façon annuelle. Votre gouvernement a été élu pour bien gérer l'argent des contribuables québécois, et c'est ce que nous visons, donc, avec le projet de loi n° 15.

Dans ce contexte, donc, le projet de loi propose d'abolir la Régie des installations olympiques pour la remplacer par la Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique, nouvelle entité, donc, qui sera investie d'une double mission actualisée : développer, gérer, promouvoir et exploiter le Parc olympique. Et donc l'autre partie de la mission, qui est tout aussi importante, c'est de mettre en valeur le patrimoine et l'héritage olympique québécois et montréalais.

Au cours des dernières semaines, d'ailleurs, dans le cadre des consultations particulières qui se sont tenues au salon rouge les 27, 28 août dernier, on a eu l'occasion d'entendre, Mme la Présidente, de nombreux intervenants, des représentants qui sont issus de divers horizons. Et j'en profite pour partager avec vous... d'une part, les remercier, mais partager avec vous certains points de vue qui nous ont été présentés les 27 et 28 août dernier, des commentaires qui étaient plus que positifs.

Et je commencerais par M. Michel Leblanc, qui est le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui dit : «Toutes les conditions sont réunies pour permettre la relance de l'est de Montréal. [Ce] changement de vocation de la Régie des installations olympiques s'inscrit dans la même trajectoire. La Chambre [de commerce du Montréal métropolitain] accueille [très] favorablement la proposition du gouvernement du Québec de rehausser le niveau d'autonomie de la Société...»

• (16 h 30) •

Il y a Kevin Gilmore. M. Gilmore est président et chef de la direction du stade Saputo, qui était également en consultations particulières, qui a déclaré ceci : «L'est de Montréal, c'est un aspect important de la croissance de la ville de Montréal. On a tous les éléments pour qu'il y ait quelque chose de vraiment spécial qui s'y passe. Je regarde le projet de loi n° 15 et je crois que c'est un projet de loi qui peut donner des outils pour permettre à la RIO de créer un site touristique qui aura encore plus à offrir, mais ce sera de plus en plus une destination.»

Je tiens également à remercier tous mes confrères des partis, confrères de la Coalition avenir Québec présents dans cette Chambre aujourd'hui, qui ont siégé sur cette commission parlementaire et qui, eux aussi, ont salué les orientations de notre gouvernement, donc, dans ce qu'on propose pour l'avenir du Parc olympique. Votre reconnaissance, mesdames messieurs, me rend vraiment fière de l'énorme travail qui a été accompli, on doit le dire, quand même, en moins de 10 mois, le travail professionnel dévoué de mon cabinet, de mes équipes alentour de moi évidemment du ministère du Tourisme du Québec.

En conclusion, Mme la Présidente, je souhaite rappeler qu'il y a très, très peu de villes à travers le monde qui peuvent se targuer d'avoir fait partie du club très, très select des villes qui ont été choisies et qui ont eu la chance d'accueillir les Jeux olympiques. On doit dire qu'au Québec on est quand même une belle pépinière à olympiens et olympiennes. J'ai d'ailleurs ma voisine de droite qui, elle, a quelques médailles d'ailleurs à son cou et pour qui, j'en suis certaine, le projet de loi n° 15 sera très cher à son coeur.

Ce que je souhaite par-dessus tout, Mme la Présidente, c'est que, non seulement les Montréalais, mais tous les Québécois, tous les Québécois se réapproprient ce témoin privilégié de notre histoire. On parle beaucoup de patrimoine ces derniers mois, le Parc Olympique, le Stade olympique fait partie du patrimoine du Québec. Donc, avec ce projet de loi là, on est tournés vers l'avenir, nouvel élan à un site qui est incomparable afin, enfin, de lui donner et d'exploiter tout son potentiel économique, récréotouristique, communautaire, parce qu'il y a d'énormes, d'énormes activités communautaires qui sont tenues dans la Régie des installations olympiques pour tous les Montréalais et tous les Québécois.

En terminant, Mme la Présidente, la relance économique et sociale de l'est de Montréal, c'est un enjeu qui va bien au-delà de considérations partisanes. Redynamiser économiquement et socialement l'est de Montréal est impératif. J'invite donc tous mes collègues de tous les partis à voter en faveur de l'adoption de principe du projet de loi n° 15 afin que l'on puisse enfin se pencher, tout le monde ensemble, sur le fond de ce projet de loi là dans l'étude détaillée qui, j'espère, sera dans les prochaines semaines. Je demande encore, à nouveau, la collaboration dans ce dossier, qui est extrêmement important pour Montréal et pour le Québec parce que les Québécois sont en droit d'exiger un meilleur retour sur l'investissement collectif dans ce formidable Parc olympique. Je vous remercie, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la ministre du Tourisme. Pour la prochaine intervention, je vais céder la parole à M. le député de Viau.

M. Frantz Benjamin

M. Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, Mme la Présidente, il va sans dire, s'il y a deux événements qui sont fondateurs de l'image de marque du Québec à l'étranger, c'est Expo 67 et les Jeux olympiques de Montréal.

Pour ce qui est du premier, nous y reviendrons, mais je vais m'attarder pour le deuxième événement, c'est-à-dire les Jeux olympiques. Comme Montréalais, lorsqu'on se promène dans le quadrilatère qui est le long des rues Sherbrooke, Viau, Pie-IX et Pierre-De-Coubertin, il y a ce monument majestueux, majestueux à tout point de vue, que nous regardons, nous, Montréalais, mais que l'ensemble des Québécoises et des Québécois aussi peuvent et doivent trouver une raison d'être fiers de cette réalisation non seulement architecturale, mais ce que le Parc olympique représente pour les Montréalaises et les Montréalais, mais aussi pour l'ensemble du Québec.

Je veux remercier Mme la ministre pour ses commentaires, notamment en ce qui concerne le caractère et la dimension touristique de cette image importante, donc, qu'est le Parc olympique. Puisque nous sommes à l'étude du projet de loi pour la Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique, plusieurs diront qu'il était temps, car ça fait plusieurs années que la Loi sur la Régie des installations olympiques n'a pas été révisée. Une mise à jour était donc pertinente.

Mais faisons les choses correctement, et c'est notre intention ferme, dans l'étude détaillée à venir, de faire les choses correctement. De faire les choses correctement pour qui? De faire les choses correctement pour cette nouvelle société, mais avant tout pour les Québécoises et les Québécois, pour les Montréalaises et les Montréalais, pour les résidentes et résidents, voisins et voisines de cette installation, qui n'ont pas cessé de nous parler, tout au long de ces consultations, d'acceptabilité sociale.

Encore une fois, je tiens à remercier Mme la ministre d'avoir poursuivi le travail amorcé par la précédente ministre du Tourisme sous un gouvernement libéral, car je dois le rappeler, encore une fois, que c'est sous notre gouvernement, en juin 2018, qu'a été déposé ce rapport, ce rapport sur la gouvernance de la Régie des installations olympiques, rapport déposé en juin 2018. Et je remercie Mme la ministre d'avoir fait sien ce rapport en nous présentant ce projet de loi, en déposant ce projet de loi devant nous ici, à l'Assemblée nationale.

Et d'ailleurs, pour information, Mme la Présidente, si vous permettez, je vais donner lecture à trois des premières recommandations de ce rapport, qui nous montre clairement que nous sommes en continuité du travail amorcé par le Parti libéral à travers ces recommandations.

Le premier élément de ce rapport dit, propose ce qui suit : «La régie propose, en premier lieu, au gouvernement du Québec de changer sa dénomination sociale pour la Société de développement et de mise en valeur du Parc Olympique.»

Deuxième élément : «Loin de n'être qu'un changement cosmétique, cette proposition repose sur l'idée que les deux missions de la société soient déclinées dans sa dénomination. Ainsi, tant le maintien de la valeur patrimoniale et architecturale de ses actifs que son déploiement et sa mise en valeur figuraient au premier plan de l'organisation.»

Et troisième élément de nos recommandations, Mme la Présidente : «Le caractère binaire de la mission de la société devrait être décliné d'entrée de jeu dans la loi amendée, postulant l'importance égale de la mission de préservation et de maintien au niveau du patrimoine architectural et celle du déploiement et de la mise en valeur des actifs de la société par l'attraction d'événements sportifs, culturels et communautaires, d'expositions et d'activités récréatives et touristiques.»

[...]
 

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