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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


PROULX Sébastien - Jean-Talon
Robert, Louis - Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation - Licenciement - Protecteur du citoyen - Enquête - 516-7 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°11, 7 février 2019, pages 516-517

[...]

soit confirmée, soit assurée, de m'assurer que la gouvernance au niveau du CEROM soit faite selon les meilleures règles de l'art, puis c'est ce qui va arriver, M. le Président. Merci.

Le Président : Question principale, M. le leader de l'opposition officielle.

Enquête sur le congédiement d'un employé du ministère
de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation

M. Sébastien Proulx

M. Proulx : Oui. M. le Président, ça fait une semaine que le ministre de l'Agriculture fait parler de lui, puis j'ai l'impression que ça ne va pas cesser, pour les raisons que vous connaissez, M. le Président. Il s'enfarge dans les versions. Je l'ai dit hier, ce n'est pas une raison ni un enjeu de clarté, c'est un enjeu de vérité qui occupe le ministre de l'Agriculture.

Moi, hier, j'ai posé plusieurs questions, M. le Président. Quel est le mandat à la Protectrice du citoyen? Je ne l'ai pas vu. Est-ce qu'elle va ou elle a accepté ce mandat? Je ne l'ai pas su. Hier, M. le Président, j'ai parlé de l'article 18 de la loi sur la protectrice, j'avais l'impression de les surprendre. Alors, M. le Président, il a été muet sur bien des éléments. La Protectrice du citoyen, là, et son enquête potentielle, c'est un bien petit parapluie sur la tête du ministre, M. le Président.

Puisqu'il n'a plus la crédibilité de répondre lui-même, c'est qui, M. le Président, qui va défendre les intérêts des Québécois? C'est qui qui va répondre aux questions que se posent le ministre, le gouvernement, et les questions que se posent tous les Québécois?

Le Président : M. le leader du gouvernement.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, ce que le leader de l'opposition officielle nous dit, c'est qu'il ne fait pas confiance à la Protectrice du citoyen. Je pense que nous avons, en la Protectrice du citoyen, la possibilité, avec le mandat qui lui a été confié par le ministre de l'Agriculture, de faire en sorte qu'elle puisse faire toute la lumière sur le dossier. Et le collègue de l'opposition officielle nous a dit hier qu'en vertu de la loi sur la Protectrice du citoyen elle ne pouvait pas se saisir du dossier. Or, ce n'est pas en vertu de cette loi-là que le mandat lui est donné, mais en vertu de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles, et la Protectrice du citoyen a tous les outils et a la liberté de se saisir du mandat pour faire en sorte de s'assurer que la lumière soit faite dans tout le dossier. Et le ministre de l'Agriculture l'a dit, relativement au centre de recherche, relativement également au congédiement de M. Robert, les actions vont être prises suite au rapport de la Protectrice du citoyen et suite aux recommandations qui seront formulées.

Mais il y a une chose qui est sûre par rapport au CEROM, M. le Président, et par rapport au centre de recherche, c'est notamment le fait que le conseil d'administration était en place sous l'ancienne administration libérale. Alors, s'il y a un reproche à faire, c'est de l'autre côté de la Chambre, M. le Président.

Le Président : Première complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.

M. Sébastien Proulx

M. Proulx : Oui, M. le Président. Je connais des animateurs de radio qui auraient raccroché bien avant.

Sincèrement, M. le Président, c'est une blague, là. Tout à l'heure, hier et toute la semaine, c'était la Protectrice du citoyen qui était pour répondre à toutes les questions des Québécois. Ce matin, ce que j'apprends, c'est juste sur la question du lanceur d'alerte qu'elle va répondre. Ce qu'a dit le gouvernement, c'est que la gestion du ministre, ça, ce n'est pas dans l'enquête. Ce que dit le gouvernement, c'est que la gestion du ministre entourant les pesticides et les lobbyistes potentiels, ce n'est pas dans la gestion du gouvernement. M. le Président, la crédibilité n'est plus là. Si le ministre ne peut pas travailler...

Le Président : M. le leader du gouvernement.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, ce que le leader de l'opposition officielle veut faire, c'est faire lui-même une enquête en provoquant ici, dans cette Assemblée, une commission d'enquête. Il veut se constituer en tribunal. Il veut se constituer en juge. Il veut être juge et partie. M. le Président, on a la Protectrice du citoyen qui est mandatée pour faire la lumière relativement au congédiement de l'agronome Louis Robert. Nous avons confiance en elle. J'espère que l'opposition officielle a confiance aussi en la Protectrice du citoyen pour faire en sorte de se fier à son rapport, de se fier à ses recommandations, pour s'assurer... pour évaluer si l'équité procédurale dans le dossier de M. Robert a été respectée.

Le Président : En terminant.

M. Jolin-Barrette : C'est un des mandats que mon collègue à l'Agriculture lui a confié, et nous avons confiance que la Protectrice du citoyen va pouvoir...

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le leader du gouvernement... de l'opposition officielle.

M. Sébastien Proulx

M. Proulx : Oui, M. le Président. Hier, le leader du gouvernement m'accusait de vouloir faire un tribunal populaire. Vous savez ce que c'est, un tribunal populaire? C'est le moment où quelqu'un est attaqué, puis il n'a pas la place pour se défendre. Ça, c'est ce qui se passe actuellement dans l'espace public.

Ce que j'ai offert au gouvernement, M. le Président, c'est une commission parlementaire avec des règles encadrées. Pourquoi? Pour permettre au ministre et au gouvernement de retrouver leur crédibilité dans un dossier qui est important pour l'État, pour la société et pour la santé publique. J'ai déposé une motion, M. le Président, on va l'entendre tout à l'heure...

Le Président : M. le leader du gouvernement.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, on revient au respect des institutions. Le leader de l'opposition officielle souhaite instrumentaliser le Parlement, souhaite faire en sorte que la Protectrice du citoyen ne puisse pas mener son enquête. Nous, ce qu'on veut, et ce qu'on va faire, et ce qu'on a déjà fait, c'est de s'assurer de donner les coudées franches à la Protectrice du citoyen pour qu'elle puisse faire son rapport et qu'elle puisse faire toute la lumière sur l'enquête rattachée au congédiement de M. Louis Robert, qui était par ailleurs une décision qui est de nature administrative. Le leader de l'opposition le sait très bien, et le ministre de l'Agriculture a eu l'occasion de s'expliquer à de nombreuses reprises. Alors, à partir du moment où la Protectrice du citoyen...

Le Président : En terminant.

M. Jolin-Barrette : ...est saisie du dossier, elle pourra faire la lumière.

Le Président : Question principale, Mme la députée de Marie-Victorin.

Francisation des immigrants

Mme Catherine Fournier

Mme Fournier : M. le Président, l'incohérence du gouvernement en matière de langue commence à être gênante. Il y a deux semaines, en France, le premier ministre disait qu'au Québec, et je le cite, «il y a beaucoup trop d'immigrants [...] qui ne parlent pas français». Pourtant, mardi, son gouvernement a refusé une motion qui demandait d'augmenter la proportion d'immigrants qui parlent déjà français au moment de leur admission au Québec.

Avec leur plan en immigration, que la CAQ propose aux Québécois, c'est que seulement 41 % des immigrants qui entrent au Québec parlent français. Aïe, il faut le faire! Ce sont des cibles plus basses que sous les libéraux. Pourtant, ce qui aide le plus les immigrants à s'intégrer à la société québécoise, c'est la maîtrise du français. Ce qui aide le plus les immigrants à se trouver un emploi, c'est la maîtrise du français. Et ce qui donnerait le meilleur élan positif à la langue française au Québec, c'est une meilleure maîtrise du français par les immigrants.

Je donne donc une chance au ministre de corriger son erreur de mardi : Est-ce qu'il est d'accord pour augmenter la proportion d'immigrants qui parlent français à leur arrivée au Québec?

• (10 h 30) •

Le Président : M. le ministre de l'Immigration.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, je suis d'accord avec ma collègue de Marie-Victorin sur le fait que c'est par la connaissance du français qu'on réussit à s'intégrer au Québec, notamment le fait de travailler en français, d'apprendre le français.

Et d'ailleurs ça me fait plaisir d'avoir déposé ce matin le projet de loi n° 9, Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes. Et qu'est-ce que ça va nous permettre de faire, ce projet de loi là? Ça va notamment nous permettre d'accompagner les immigrants dans leur apprentissage du français, parce que nous, du côté du gouvernement, contrairement au Parti québécois, qui veut bloquer à l'entrée les immigrants qui ne parlent pas français, on veut donner la chance à tous de pouvoir venir au Québec, de pouvoir venir réaliser leurs rêves au Québec, fondée sur leurs compétences, le profil des compétences qu'ils ont pour répondre aux besoins du marché du travail et on va les accompagner dans un processus de francisation pour qu'ils réussissent.

Vous voulez fermer la porte à tous les immigrants, à toutes les personnes du monde qui ne parlent pas français dès leur arrivée au Québec. Nous, ce qu'on veut faire, c'est les accompagner, leur donner une chance d'apprendre le français, leur donner une chance de s'intégrer à la société québécoise. On veut déployer des ressources là où le Parti libéral n'a pas déployé les ressources pour l'intégration des immigrants, et soyez assurés...

[...]
 

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