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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


POLO Saul - Laval-des-Rapides
Discours sur le budget 2019-2020 - Projet de loi n° 42 - 5458-61

Assemblée
Fascicule n°83, 19 novembre 2019, pages 5458-5461

[...]

ne veux pas reprendre la même description, mais, tout comme le collègue de Robert-Baldwin, lorsqu'on les prend à la pièce, certaines mesures nous plaisent, mais, lorsqu'on regarde chacune des mesures, et qu'on les met dans l'ensemble, et que ça donne le budget du dernier gouvernement, celui présenté en mars 2019, évidemment, Mme la Présidente, qu'on n'était pas à la même page du gouvernement. Donc, par souci de cohérence, nous aussi, on a voté contre le budget, nous allons voter contre ces mesures. Mais c'est quand même important... et je veux prendre le temps de souligner à nos téléspectateurs, à ceux et celles qui suivent nos travaux, qu'il est important de transcrire, dans nos lois, les mesures qui ont été adoptées par le budget. Même si on est en désaccord, ce geste-là est essentiel pour que, dans nos textes de loi, on puisse transcrire les décisions qui ont été prises ici, dans notre Parlement.

Donc, tout comme le collègue de Robert-Baldwin, nous allons travailler avec le ministre pour s'assurer que ce qui a été mis de l'avant, effectivement, est bel et bien transcrit et compris dans nos différentes lois. Ça va nous faire plaisir de participer aux travaux, mais, considérant qu'on avait voté contre le budget, Mme la Présidente, nous allons être contre cet omnibus budgétaire et fiscal. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.

Mme Jennifer Maccarone

Mme Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Je pourrais parler sur beaucoup plus que sûrement l'argent que les parents et familles des enfants majeurs handicapés perdent lorsque leur enfant atteint 18 ans. Je pourrais parler de désert de services de la transition de l'âge mineur l'âge majeur pour ces familles... qui n'est pas arrimé à l'intérieur du réseau de l'éducation, de santé, de services sociaux, en emploi et solidarité sociale, pour les proches aidants, pour l'habitation, bref, la détresse des familles.

Mais, en contexte de ce projet de loi n° 42, laissons-nous parler un peu du budget. Les familles des enfants majeurs lourdement handicapés parleront sûrement des allocations familiales, les crédits d'impôt, la solidarité sociale, le manque d'argent pour les CLSC qui ont une croissance de clientèle, mais que le budget ne suivra pas, les salaires des familles proches aidantes, les économies perdues et de leurs REER décaissés pour survivre.

Dans la mise à jour économique, les familles d'enfants handicapés d'âge adulte ont été négligées et les promesses du gouvernement oubliées et non respectées. Ces familles s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants et ce qu'il arrivera à eux une fois adultes. Ils s'inquiètent pour le moment où qu'eux-mêmes n'auront pas les capacités de s'en occuper et de ces personnes vulnérables et en situation de vulnérabilité. Personnellement, je pense à la scolarisation de mon fils et de ma fille, de leur santé physique et mentale. Je pense à mon fils qui est maintenant majeur et je souhaite qu'il décroche un emploi plus tard, un hébergement qui n'est pas avec sa maman, mais surtout qu'il soit heureux. Malgré ça, je sais que je suis chanceuse parce qu'il y a des familles avec des enfants qui auront constamment besoin de quelqu'un auprès d'eux, 24 heures sur 24, et que ces personnes se préoccupent aussi de leur propre avenir. Ces familles ont été oubliées par le gouvernement dans le projet de loi n° 42.

Mais je félicite la bonification des principes d'utilisation de l'allocation directe, chèques emploi-services en soutien à domicile. C'est une bonne nouvelle. C'est une mesure... vise à accorder un répit aux proches des enfants handicapés. L'élargissement du programme permettra aux usagers d'engager des gens de leur famille afin de dispenser des services de soutien à domicile. Par contre, comme plusieurs autres annonces du gouvernement caquiste, cette annonce est improvisée et n'adresse pas les problèmes des familles qui partagent une adresse. Parce que vous savez qu'il y a des proches qui demeurent à la même maison. Et, encore plus important, cette annonce n'adresse pas l'écart de financement entre les familles naturelles et les familles d'accueil. Pourtant, les proches aidants, les parents, sont les experts de leurs enfants. Ça nous prend une meilleure reconnaissance de leur rôle de proches aidants, qui abandonnent carrières et projets pour se consacrer tout à leurs enfants... servira certainement une étude.

Le manque de planification et de compréhension des besoins de ces familles me frappe. Pourtant, c'était une promesse de campagne. Pourtant, on a vu l'équipe du gouvernement caquiste verser des larmes en rencontre avec les familles des enfants majeurs lourdement handicapés. Pourtant, ils étaient contents de prendre des photos de publicité avec eux. Mais on est plus qu'un an après les élections, Mme la Présidente, plus qu'un an que ces familles attendent que les promesses du gouvernement soient respectées.

Pour ces raisons, Mme la Présidente, je ne peux pas voter pour ce budget. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. M. le député de Laval-des-Rapides, la parole est à vous.

M. Saul Polo

M. Polo : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je prends la relève de ma collègue de Westmount—Saint-Louis effectivement pour, dès le début, annoncer que je ne peux pas voter pour ce projet de loi, soutenir ce projet de loi qui présente plusieurs mesures fiscales en lien avec le budget de l'an 1 de ce gouvernement. Et vous ne serez pas surprise d'entendre mes arguments, Mme la Présidente. Vous ne serez pas surprise d'entendre que je qualifie ce premier rendez-vous de ce projet de loi comme un rendez-vous manqué, comme une occasion ratée de ce gouvernement.

Vous ne serez pas surprise, Mme la Présidente, de m'entendre dire que ce qui manque avant tout dans ce projet de loi là, c'est d'avoir laissé passer l'occasion, l'opportunité, la chance d'avoir respecté une promesse-phare, de pouvoir respecter de nombreuses prises de position ici, en Chambre, et vous en êtes témoin, notamment de manquer l'opportunité, à travers ce projet de loi là, de saisir les surplus que notre collègue député de Robert-Baldwin a laissés dans les coffres de l'État suite au changement de gouvernement. Une promesse-phare de 1,5 milliard, Mme la Présidente.

Je pense que vous êtes très consciente et vous connaissez très bien le dossier sur lequel je vais faire référence aujourd'hui en interpellant le ministre des Finances sur son projet de loi des mesures fiscales. Il y a là une pertinence directe, Mme la Présidente, une pertinence directe aujourd'hui d'interpeler le ministre des Finances sur des mesures fiscales qui, oui, sont au bénéfice des Québécois, mais qui n'ont aucune cohérence avec les promesses de la formation politique aujourd'hui qui forme le gouvernement, avec les promesses de la Coalition avenir Québec, des promesses qu'ils ont tenues depuis les quatre dernières années, Mme la Présidente. Vous le savez très bien, c'est l'ancienne députée d'Arthabaska, feue Mme Sylvie Roy, qui a amené un dossier important ici, un dossier qui a fait les frais de notre formation politique, un dossier duquel la Coalition avenir Québec a fait ses choux gras.

Vous le savez très bien, Mme la Présidente, des pétitions ont été lancées, des pétitions ont été signées par des dizaines de milliers de Québécois et Québécoises, des pétitions dans lesquelles on interpelait le précédent gouvernement en lui disant : Remboursez les Québécois, des pétitions à travers lesquelles, Mme la Présidente, les Québécois ont donné leur confiance à ce gouvernement aujourd'hui, lors du 1er octobre 2018, en ayant pour attente, en ayant comme espoir que l'argent qui, soi-disant, leur avait été volé allait leur être remboursé.

• (16 h 10) •

Mme la Présidente, vous êtes très consciente de ce dossier parce que c'est 1,5 milliard de dollars qui, soi-disant... la précédente critique sur le dossier de l'énergie et des ressources naturelles disait : M. le ministre... à l'époque... M. le ministre, c'est très facile de rembourser les Québécois, on est à l'an 4 du gouvernement précédent, là, c'est très facile de rembourser les Québécois, vous avez juste à faire un chèque. Vous en êtes très consciente, Mme la Présidente. Vous avez juste à faire un chèque. Et aujourd'hui le ministre des Finances, suite à son premier budget, a raté l'occasion de faire un chèque aux Québécois.

Vous savez ce qui est navrant, Mme la Présidente? Vous savez ce qui est disgracieux? Vous savez ce qui est honteux? C'est que, sur ce dossier-là, sur les attentes et les espoirs des Québécois et Québécoises sur ce dossier-là, dossier-phare sur lequel la Coalition avenir Québec a fait les choux gras sur le gouvernement précédent, dès le lendemain de la prise de possession du gouvernement par la Coalition avenir Québec, qu'est-ce qu'a fait ce gouvernement? Il s'est lavé les mains. Il s'est lavé les mains, Mme la Présidente, et vous en êtes très consciente, et je félicite votre retenue sur ce dossier-là.

Mme la Présidente, c'est très à propos, le dossier sur lequel j'interpelle le gouvernement parce qu'il est directement lié...

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Juste un instant. Vous avez une mesure de règlement, M. le leader?

M. Schneeberger : Mme la Présidente, j'écoute le député et puis j'essaie de faire un lien avec le projet de loi n° 42, et je n'en vois pas vraiment. Alors, par souci de pertinence, je lui souhaiterais qu'il peut faire beaucoup de commentaires, il a le temps, on a le droit, mais sur le sujet du projet de loi, merci.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le leader. Écoutez, je pense que, dans le cadre des mesures fiscales annoncées au budget, je pense que c'est quand même à propos. Alors, vous pouvez continuer.

M. Polo : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je pense que vous avez un intérêt particulier sur ce dossier-là.

Mme la Présidente, c'est honteux et disgracieux, et je vais le refaire. Le gouvernement en place, là, il s'est lavé les mains sur ce dossier-là. Il s'est lavé les mains sans honte en pleine face des Québécois dès le début de ce gouvernement-là. Dès le début de ce gouvernement-là, le premier ministre, le chef de la Coalition avenir Québec a commencé à reculer sur ses promesses alors qu'il avait l'occasion, alors qu'il savait que les surplus étaient au rendez-vous, alors qu'il savait que les coffres de l'État étaient... débordaient. Je vais le dire de cette façon-là. Mais vous savez quoi? Il a commencé à jouer sur les mots. Il a commencé à donner une interprétation différente de ses paroles, de ces différentes prises de position sur ce dossier-là. Et je vais vous en faire la nomenclature, Mme la Présidente. Je vais vous en faire un résumé.

Au lendemain de l'élection, il a dit : Il n'a jamais été question qu'on rembourse les Québécois. On n'a jamais promis ça pendant la campagne électorale. Vous le savez très bien, Mme la Présidente, alors que l'argent est au rendez-vous, alors que l'argent est au rendez-vous, dossier que vous avez mené, vous avez interpelé le précédent gouvernement, vous avez déposé des pétitions devant les bureaux d'Hydro-Québec et vous avez interpelé le gouvernement précédent en disant : Vous avez maintenant les surplus, qu'attendez-vous pour rembourser les Québécois?

Maintenant, le ministre des Finances aujourd'hui se lève et défend son budget, des mesures fiscales pour justifier pourquoi on a fait des crédits d'impôt pour familles, pourquoi on a harmonisé les taxes scolaires, pourquoi, sur différentes mesures, on a réinvesti au niveau de l'éducation. Bravo! Bravo! Les gens de chez nous vont en bénéficier comme tous les Québécois. Bravo!

Ceci dit, la promesse-phare, un dossier sur lequel la Coalition avenir Québec s'est levée à répétition, ici, en Chambre... Je le sais très bien, Mme la Présidente, j'étais assis du même côté de la Coalition avenir Québec. Nous étions 70 députés. J'étais derrière les collègues qui aujourd'hui forment le gouvernement et je les entendais répéter, à répétition, leurs accusations sur justement le dossier des trop-perçus.

Alors, moi, aujourd'hui, je me lève, j'écoute le ministre des Finances défendre son budget et je dis : M. le ministre, pourquoi vous avez laissé passer cette opportunité? Pourquoi laisser votre collègue ministre des Ressources naturelles et de l'Énergie... laisser présenter un projet de loi qui soi-disant va rembourser les trop-perçus alors que vous, vous avez le contrôle sur les cordons de la bourse? Vous aviez la possibilité, à travers des mesures fiscales — parce qu'on parle de mesures fiscales — à travers des mesures fiscales, de pouvoir rembourser cet argent-là directement aux Québécois plutôt que laisser votre collègue bricoler un projet de loi bâclé, que personne ne comprend, pour soi-disant rembourser, rembourser les trop-perçus.

Une voix : ...

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon, bien, merci, M. le leader. M. le député, faites attention aux mots que vous utilisez, que vous vous assurez que ce soient des mots parlementaires... bricoler des projets de loi... Puis ne portez pas des intentions. Puis je vous dirais aussi de revenir sur le projet de loi n° 42, et non pas sur le n° 34.

M. Polo : Je vais y revenir avec plaisir, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.

M. Polo : Je vais revenir avec plaisir sur le projet de loi n° 42 parce qu'à la fin de la journée le projet de loi n° 42 vient sceller le projet de l'an 1 de ce gouvernement, une occasion ratée, une occasion ratée. Et vous savez qu'est-ce qui est disgracieux, Mme la Présidente? Ce qui est disgracieux, c'est que l'opportunité était là, et, moi, quand je fais la révision historique de ce qu'il s'est passé entre le 1er octobre et le moment que le budget a été déposé, là, c'est ça qui est honteux, Mme la Présidente, c'est ça qui est perplexe, c'est ça qui est navrant, c'est ça qui est dérangeant, Mme la Présidente, sur ce dossier-là.

Vous savez, on accepte... Tout nouveau gouvernement passe à travers une lune de miel, mais cette lune de miel du nouveau gouvernement, là, ils ont essayé d'en passer une petite vite aux Québécois. Je vais vous dire pourquoi, je vais vous dire... je vais juste préciser. Je retire mes paroles, mais je vais expliquer pourquoi, Mme la Présidente. Pourquoi est-ce que le premier ministre, dès le lendemain de son nouveau gouvernement, a dit : Je n'ai jamais promis que j'allais rembourser les Québécois sur le 1,5 milliard? Pourquoi son attachée de presse a dit : Vous savez, à travers... En fait, je pense même que c'est le président du Conseil du trésor ou même le ministre des Finances, fin novembre, début décembre de l'an dernier, qui disait : Vous savez quoi? Les Québécois vont être remboursés à travers les allocations familiales, les crédits d'impôt aux familles, à travers l'harmonisation des taxes scolaires, à travers les réinvestissements en éducation. C'est comme ça que les Québécois vont être remboursés. Mme la Présidente, vous le savez vous-même, ce n'est pas ça que vous avez proposé. Ce n'est pas ça que vous... Ce n'est pas ça que la Coalition avenir Québec disait à l'époque, Mme la Présidente.

À l'époque, la Coalition avenir Québec disait : Si le gouvernement a l'argent aujourd'hui, qu'il rembourse directement les Québécois. Pas à travers des mesures additionnelles. Tant mieux si on réinvestit en éducation. On le souhaite. On le faisait à l'époque et on encourage le gouvernement à continuer à le faire, de façon correcte, ceci dit. Mais, Mme la Présidente, 1,5 milliard de dollars, 1,5 milliard de dollars, aujourd'hui, là, même après des mois où on écoute le gouvernement nous expliquer comment qu'ils vont rembourser, on n'est pas capable de comprendre, alors que le budget était l'occasion pour rembourser les Québécois.

Vous voulez que je vous... Je vais rester dans le cadre parlementaire. Vous voulez que je vous répète les paroles? C'est comme lancer du spaghetti sur le mur. On va voir si ça va coller. C'est ça qui est arrivé entre le 1er octobre puis le budget, en fait, jusqu'au 12 juin. À chaque fois, on lançait des nouvelles formules pour voir si les Québécois allaient comprendre qu'ils allaient recevoir le 1,5 milliard, et ça ne marchait pas. Ça ne marchait pas parce que les Québécois savaient qu'est-ce qu'ils avaient soutenu comme démarche, savaient exactement quelles étaient les attentes qu'ils avaient communiquées à ce gouvernement. Et, quand les élus, quand les députés du gouvernement, quand les députés de la Coalition avenir Québec retournaient dans leurs circonscriptions, ils se le faisaient dire assez carré, Mme la Présidente. Ils se le faisaient dire assez directement, au point tel que, dans la relâche parlementaire du début du mois de mars, où on a deux semaines de relâche parlementaire, tout d'un coup, quand on est revenus, ah! branle-bas de combat. Sondages qui sortent, ils disent : Les Québécois n'ont pas oublié, là. L'argent est au rendez-vous, l'argent est disponible à travers le budget. On s'attend à ce que vous nous remboursiez cet argent-là.

Pendant ce temps-là, le gouvernement a décidé d'aller dans une autre direction. Il a dit : Vous allez recevoir votre argent, mais on va l'investir autrement. Non, Mme la Présidente. Non, Mme la Présidente. Les attentes des Québécois et Québécoises, c'était de recevoir un chèque. Je pense que vous le savez très bien. Et l'occasion du ministre des Finances est une occasion ratée. C'est un gros zéro, Mme la Présidente. On peut bien calculer des gros chiffres, là, mais, sur ce dossier-là, il avait l'occasion de présenter justement une mesure fiscale pour rembourser les Québécois et Québécoises, et il ne l'a pas fait. Il ne l'a pas fait.

• (16 h 20) •

Je ne prête pas des intentions au leader adjoint. Je ne fais que rapporter des faits. Je ne fais que rapporter, répéter ici ce qui a été fait par ce gouvernement pour s'éviter d'avoir à utiliser ces surplus-là pour rembourser les Québécois.

Bravo! On réinvestit en éducation, on harmonise la taxe, on donne des mesures fiscales aux familles, etc. On l'aurait fait différemment, on aurait réinvesti nous-mêmes les surplus que nous avons générés, mais, sur cette promesse-là, sur un dossier sur lequel la Coalition avenir Québec s'est levée ici, en Chambre, à répétition, soutenue par le premier ministre d'aujourd'hui... et on arrive au budget, à la fin mars, et là ça ne tient plus. Le premier ministre doit se rencontrer avec le P.D.G. d'Hydro-Québec pour voir comment est-ce qu'on peut faire pour respecter cette promesse-là. Pendant ce temps-là, il n'a jamais interpelé le ministre des Finances pour dire : Est-ce qu'on peut mettre 1,5 milliard dans le budget du Québec pour rembourser les Québécois? Il ne l'a jamais fait, parce qu'on ne retrouve pas ces mesures-là dans le budget, Mme la Présidente.

Alors, on arrive au 12 juin, on nous présente un projet de loi différent, et les Québécois aujourd'hui sont tout aussi perplexes qu'à l'époque, sont tout aussi perplexes, Mme la Présidente. Alors, moi, je dis : À ce niveau-là, le ministre des Finances a complètement raté, raté son examen, raté son premier rendez-vous. Aujourd'hui, il peut lancer des fleurs à notre collègue de Robert-Baldwin, oui, parce qu'il a fait tout le travail duquel il avait l'opportunité de respecter cette promesse-là, et il a échoué, échoué. Et aujourd'hui on doit se débattre, la population leur répète, au gouvernement, leur répète, à leurs élus, les PME, la grande entreprise, les consommateurs, les aînés, les familles démunies, les familles qui viennent pleurer dans nos bureaux, pour dire : Je m'attendais à avoir un remboursement, je m'attendais au moins à avoir un peu d'oxygène pour respirer devant ce gros monopole. Et, pendant ce temps-là, le gouvernement fait un deal avec ce monopole en question. Parce que le premier ministre est fier de dire : Moi, je suis un faiseur de deal. Mais, à ce niveau-là, là, la seule institution qui va bénéficier de ce projet de loi là, Mme la Présidente, c'est le monopole, ce n'est pas les Québécois. Parce que les Québécois s'attendaient qu'à travers le budget... oui, qu'à travers le budget ils allaient avoir le remboursement du 1,5 milliard, Mme la Présidente. Je sais que le ministre des Finances écoute attentivement. C'est une occasion ratée, Mme la Présidente.

Alors, aujourd'hui, je soutiens mon collègue de Robert-Baldwin, je soutiens ma collègue de Westmount—Saint-Louis et j'interpelle le ministre des Finances pour lui dire : Vous avez raté l'occasion de respecter une promesse-phare.

Mais vous savez quoi, Mme la Présidente? Dans une première année... c'est vraiment dommage, c'est vraiment dommage parce que, peu à peu, le vernis commence à craquer. Peu à peu, les Québécois commencent à se rendre compte du vrai visage de cette formation politique, du vrai visage de ce gouvernement, un gouvernement qui est obsédé, qui est entêté, un gouvernement, Mme la Présidente, qui ne souhaite que cocher des cases dans sa liste de recettes de soi-disant de promesses sans tenir compte de ce que la population leur dit, sans tenir compte de ce que les partenaires, de ce que les experts, de ce que les associations sur le terrain leur disent, sans consulter, Mme la Présidente. Et, quand ça ne fait pas leur affaire, ils tournent le dos puis ils regardent ailleurs. Je ne vais pas utiliser l'adjectif pour le définir, mais vous le savez exactement, c'est quel adjectif.

Mme la Présidente, ce projet de loi est honteux, honteux parce que cette promesse-là était une promesse-phare de laquelle vous avez participé lorsque vous étiez à l'opposition.

Allez-y, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Écoutez, M. le député, vous avez raison, je fais preuve de retenue sur ce projet de loi là, mais je vous demanderais d'en faire tout autant, lorsque je suis à la présidence, de ne pas m'interpeler directement. Alors, je suis ici, je préside, je vous demanderais de faire, hein, d'avoir une retenue aussi grande que je peux l'avoir, O.K.? Merci. Il vous reste deux minutes.

M. Polo : Mme la Présidente, je ne sais plus quoi dire, parce que, là, vous me demandez de ne pas vous interpeler, mais il faut s'adresser à la présidence.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Mais non. Vous avez très bien compris.

M. Polo : Mme la Présidente, je vais terminer aujourd'hui en disant... non seulement en m'opposant à ce projet de loi là, mais en disant au ministre des Finances qu'il a raté la chance, il a raté l'opportunité, il a raté son rendez-vous de respecter l'une des promesses pour lesquelles les Québécois avaient des attentes importantes envers ce gouvernement. Et aujourd'hui il peut bien annoncer des mesures fiscales qui touchent différents domaines, mais ce sur quoi les Québécois ont entre autres donné leur confiance à cette formation politique, bien, aujourd'hui, c'est un gros zéro qu'ils ont. Et, pour l'avenir, l'avenir nous le dira, mais soyez certaine qu'il y a un manque de cohérence total dans la façon comment cette formation politique utilise le privilège de former le gouvernement et surtout de respecter la parole qu'ils ont donnée aux Québécois. Merci beaucoup, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Saint-Laurent, la parole est à vous.

Mme Marwah Rizqy

Mme Rizqy : Bonjour. Merci beaucoup. Contente de pouvoir m'adresser, à travers vous, au ministre des Finances, parce que je croyais que, dans la mise à jour économique, on allait pouvoir ajuster certains tableaux, surtout que nous avons pris beaucoup de temps à faire des tableaux pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec. Comme vous pouvez le constater, nous avons été très actifs à mettre à jour nos tableaux dans le dossier des maternelles quatre ans. Et sincèrement je suis un peu déçue, car ce travail-là a été fait promptement du côté de l'opposition officielle, et, à chaque fois qu'il y avait des nouveaux chiffres, nous avons, à chaque fois, ajusté nos tableaux.

Ici, il faut se rappeler que, lors des élections, la Coalition avenir Québec avait chiffré les classes de maternelle quatre ans à environ 120 000 $. Et c'est le Parti libéral du Québec, lors des élections de 2018, qui a dit : Hum! On a un petit doute. On va calculer. Alors, le député de Robert-Baldwin et moi-même avons fait le calcul, et on chiffrait davantage tout ça à 2 milliards de dollars. Et, à l'époque, la Coalition avenir Québec disait : Non, non, non, vous exagérez grossièrement ce chiffre. Par la suite, le temps nous donne raison. Par la suite, on a vu que, réellement, ce n'est pas

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