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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


LÉVESQUE Sylvain - Chauveau
Ligne ferroviaire - Entrave - Entreprise - Aide financière - Débat d'urgence - 6869-70

Assemblée
Fascicule n°104, 20 février 2020, pages 6869-6870

[...]

ça sert à ça en premier. C'est un endroit formel où il y a quelqu'un de l'État ou un groupe d'individus dans l'État qui reçoit des informations de la part de toutes les couches de la société, Mme la Présidente, et qui est capable d'arriver puis de dire : Ah! bon, je n'avais pas pensé à ça, là, il y a ça. Il va falloir que je prenne une décision pour aider ces gens-là.

On fait face à quoi aujourd'hui, Mme la Présidente? On a un problème de transport. C'est quand qu'on a entendu le gouvernement, là, dans les premiers jours et même jusqu'à récemment, tenter d'organiser des vrais transports alternatifs? C'est le même propriétaire, dans certains cas, là, des rails de chemins de fer entre... pas les rails, mais les compagnies de transport ferroviaire dans le nord des États-Unis et nous autres. Quand on a fait des arrangements pour avoir du transport d'autres endroits par camion? Quand on a entendu les gens et fait le répertoire des problèmes à régler? Jamais. Ça, c'est une cellule de crise.

On dit à l'entrepreneur de Vaudreuil, là, ma collègue de Vaudreuil m'a rapporté ça... Lui, là il nous l'a dit il y a plus d'une semaine : Moi, dans les transports que je fais, entre autres, et ce n'est pas juste ça, il y a les produits que l'on utilise pour avoir de... pour le traitement des eaux. Bien, écoutez, là, on le sait, là. Quand est-ce qu'on a vu un seul geste du gouvernement pour s'assurer que ça, ça soit transporté en priorité? Et là il y a des coûts qui sont afférents, qui viennent à la suite de ça.

Mme la Présidente, ce gouvernement-là, dans sa cellule de crise, a l'obligation d'entendre, d'agir en fonction de ce qu'il a entendu, et ça inclut également, Mme la Présidente, d'apporter une aide financière à des gens chez qui les factures rentrent, nos entrepreneurs. Il y en a, là-dedans, là, qui vont faire peut-être faillite à cause de ça. C'est sans compter les gens qui ne seront pas payés parce qu'ils perdent leur job.

Alors, ce gouvernement-là, là, est-il capable de prendre ses responsabilités, qui sont celles d'aider les Québécois? Aider les Québécois, ce n'est pas Ottawa, là, qui va le faire actuellement, là, c'est le gouvernement du Québec. Alors, si le gouvernement veut vraiment s'assumer, qu'il le fasse, et qu'il le fasse de façon urgente. C'est ce à quoi on s'attend et c'est ce qui n'arrive pas, actuellement.

• (15 h 30) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de La Pinière. Et maintenant je vais céder la parole à M. le député de Chauveau.

M. Sylvain Lévesque

M. Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je suis très heureux... En fait, je ne suis pas très heureux de débattre de cette motion d'urgence, aujourd'hui, j'aurais aimé qu'on n'ait pas à débattre de ce sujet-là, tant la crise est importante, tant il y a des gens qui sont impactés. Et c'est triste d'en débattre, mais honnêtement, puisqu'il faut le faire, faisons-le. Parce que c'est assez rare de voir la mobilisation, présentement, qui se passe au niveau de cette crise, de voir des entreprises, un nombre important de grandes entreprises manufacturières s'unir et sortir. Ce n'est pas leur habitude. Et 21 entreprises manufacturières canadiennes, dont 10 québécoises, sont sorties mardi pour prévenir Ottawa que, si ça ne se réglait pas, bien, il y aura des impacts importants, des mises à pied, et ça, d'ici vendredi, là. Vendredi, c'est demain. Il faut que ça se règle rapidement.

Alors, c'est évident que ces entreprises-là, qui ne sont pas, normalement, habituées de sortir, bien, elles sont représentées par la P.D.G., Mme Véronique Proulx, P.D.G. des Manufacturiers et exportateurs du Québec, et qui ont mis ça en place, ils ont regroupé des gens. Et il y a des choses très intéressantes qui se disent.

Mme la Présidente, moi, j'ai déjà été président d'un CLD au Québec et je le sais, que les entreprises, parfois, ça peut être fragile et qu'il y a des impacts à chaque petit geste qui se pose. Et une crise comme celle-là, là, ça aura des impacts importants sur nos entreprises. On parle de 120 millions de dollars en marchandises qui sont bloquées et 425 millions à l'échelle du Canada. Le point de bascule, là, c'est au jour 16 de la crise que ça arrive.

On parle des impacts économiques, mais on parle aussi des impacts sur les travailleurs. Il y a des travailleurs qui seront mis à pied. Le Canadien National a confirmé la mise à pied temporaire d'environ 450 travailleurs, c'est beaucoup de monde, parce qu'il y a eu... La semaine dernière, ils confirment, eux autres, avoir annulé 500 trains, Mme la Présidente. C'est beaucoup de monde mis à pied. Puis là je vous parle du Canadien National. Il n'y a pas rien que le Canadien National, il y a Via Rail. Via Rail, 1 000 travailleurs qui pourraient être mis à pied, temporaire. Bien, c'est des pertes de revenus, c'est des pertes de salaire pour ces gens-là, des pères et des mères de famille qui travaillent au sein de ces entreprises-là.

Donc, plusieurs entreprises importantes, que nous connaissons tous, ont décidé de s'exprimer. On parle d'entreprises que vous connaissez, Les Aliments Maple Leaf, J.D. Irving, des entreprises québécoises comme Groupe Novatech, Tremcar, qui ont sorti. Ce n'est pas des gens que normalement nous voyons sur la place publique. Et, s'ils le font, c'est parce qu'il y a urgence d'agir.

Et Mme Proulx, tout à l'heure, que je vous parlais, la P.D.G. des Manufacturiers et exportateurs du Québec, nous dit ceci : elle demande au premier ministre Justin Trudeau de prendre ses responsabilités. Ce que le député de La Pinière disait tout à l'heure, c'est vrai, c'est la responsabilité du fédéral. Mais, bien que c'est la responsabilité du fédéral, est-ce que ça veut dire que les élus québécois doivent avoir les yeux fermés, ne rien dire, laisser aller le fédéral? Non. On doit joindre notre voix au nom de ceux et celles que nous représentons, ces entrepreneurs-là, ces entreprises, ces travailleurs... Parce que ce n'est pas juste des entreprises, c'est des travailleurs, mais c'est aussi des consommateurs, Mme la Présidente. Quand je vous parle de consommateurs, c'est parce qu'il y aura des impacts directement pour beaucoup de personnes au Québec.

Permettez-moi de me faire la voix... de citer quelques représentants économiques qu'on a ici, au Québec, tout d'abord la Fédération des chambres de commerce du Québec, qui commence à taper du pied, Mme la Présidente. Puis là je le cite, je cite aux mots ici : «"On se demande ce que ça prendrait pour que ça se règle", dit Charles Milliard, P.D.G. — le P.D.G. de la chambre de commerce du Québec. "Il y a des problèmes d'approvisionnement en matières premières, [il y a] des entreprises qui n'ont pas cette habitude [de prendre] le micro. On commence à manquer de mots pour expliquer poliment la situation..."»

Deuxième citation : «Déjà, dans l'est du Québec... du pays — pas du Québec, pardonnez-moi, du pays — on commence à avoir des ruptures de stock.» Il y a des soupes, du ketchup, des produits frais qui commencent à manquer. Puis ça, c'est M. Marc Fortin, le président de l'organisation de... je n'ai pas le détail, pardonnez-moi, je pense que c'est également la chambre de commerce qui nous souligne ça, et qui nous dit que, si ça continue, Mme la Présidente, eh bien, ça va impacter même le Québec. On parlait de l'Est du Canada; le Québec sera impacté.

On nous parle aussi de produits alimentaires, des produits pharmaceutiques qui nous proviennent d'Asie. Les bateaux qui arrivent d'Asie débarquent au port de Vancouver, se dirigent vers l'Est du Canada par train et, malheureusement, ne peuvent pas se rendre sur les tablettes de l'Est du Canada. Donc, évidemment, ça va commencer à manquer.

Les fabricants de farine — on en a au Québec — qui, eux, s'alimentent à partir du blé de l'Ouest canadien, ne reçoivent pas cette matière première en direct de l'Ouest canadien, et là, évidemment, pour ceux et celles qui travaillent dans ce domaine-là, ça crée un gros problème. Ils ne réussissent pas à obtenir cette matière-là.

Je poursuis avec mes citations, Mme la Présidente, je vais continuer à me faire écho. Ici, on dit : «"Au moment où l'on se parle, j'ai 1 600 tonnes de grains pognées au Manitoba, qui ne bouge pas. Je suis à la veille d'arrêter mon moulin", a affirmé M. Steve Castegan, vice-président exécutif et directeur général [de] La Meunerie Milanaise.» Ça, c'est un entrepreneur concret d'ici, qui embauche des gens d'ici, qui le dit, là, il va être obligé de l'arrêter.

Les Aliments Breton, qui exploitent des moulins un peu partout au Québec, nous disent : «Il y a de l'approvisionnement qui ne se fait pas, actuellement. On cherche des alternatives.» C'est Mme Julie Lamontagne qui nous dit ça, des Aliments Breton. «Le service ferroviaire a une importance critique pour nos opérations, nous espérons que la situation se résoudra rapidement», a indiqué Jackie Anderson, qui est en charge des communications pour ADM. On parle de Farine Five Roses, qui est au centre-ville de Montréal, Mme la Présidente.

À Saint-Narcisse-de-Beaurivage, parce que, là, on parle de Montréal, il n'y a pas rien que Montréal, au Québec, il y a nos régions, qui sont extrêmement importantes, il y a ces entreprises-là à Saint-Narcisse-de-Beaurivage, l'entreprise Structure d'acier Turgeon qui a besoin, de leur côté, de 1 000 litres par jour pour chauffer son bâtiment. On ne parle plus d'approvisionnement, d'aliments, de produits pharmaceutiques, on parle carrément, là, de propane. Il nous dit que «sans propane, [il est] impossible de faire circuler l'air et d'évacuer les gaz générés [pour] les activités de soudure. Si les chaînes d'approvisionnement ne sont pas rétablies d'ici une dizaine de jours, l'entreprise sera forcée d'arrêter la production.»

Puis là on va aller dans un autre sujet : l'agriculture. Très important. Les gens de l'UPA, Marcel Groleau en tête, le président, nous dit que «le trafic ferroviaire est essentiel au bon fonctionnement du secteur agroalimentaire, de la terre à la table. Les éleveurs québécois, qui comptent sur un approvisionnement constant de propane — encore le fameux problème du propane — tout l'hiver durant pour leurs bâtiments d'élevage, sont particulièrement à risque annuellement.

«Des [centaines] d'éleveurs de [différentes] régions ont [...] reçu de leurs fournisseurs des avis [qui les préviennent] que les livraisons de propane pourraient être suspendues d'ici la semaine prochaine...»

Et, dans mes citations, Mme la Présidente, je vais conclure en vous parlant d'un autre groupe, la Fédération québécoise des municipalités, nos villes, qui représente nos plus petites municipalités, qui représente 1 000 municipalités, en fait, au Québec, qui vient d'adopter à l'unanimité une résolution qui demande la levée immédiate du blocus, parce que la FQM demande aussi au gouvernement du Canada de prendre tous les moyens raisonnables à sa disposition pour dénouer la crise.

Moi, je me fais la même voix que mes collègues ici, là. On souhaite tous un dénouement pacifique, que ce soit positif, qu'on puisse régler ça, mais c'est une urgence d'agir, il faut agir dès maintenant. Et moi, je suis extrêmement fier, Mme la Présidente... Contrairement à ce que nous dit le collègue de La Pinière, aujourd'hui : Ah! c'est un problème fédéral, on devrait laisser ça au fédéral, c'est un peu ça qu'il nous dit, bien, non, Mme la Présidente, notre job, là, c'est de parler au nom de nos entrepreneurs, de nos consommateurs, de nos villes, de nos associations, au Québec, parce que ces gens-là sont impactés. Puis moi, je suis extrêmement fier du leadership du premier ministre du Québec, qui lève le téléphone, qui ose appeler ses collègues, parler à ses collègues des autres provinces, de créer un consensus, de parler au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et de l'inviter, au nom des Québécoises et des Québécois, à dénouer cette crise importante. Souhaitons-le, Mme la Présidente, que ça se règle rapidement. Et nous avons besoin aujourd'hui, je crois, du consensus, du consensus de l'ensemble des élus québécois sur cette question. On doit travailler ensemble pour faire pression sur nos collègues, nos vis-à-vis du gouvernement fédéral afin de dénouer cette crise. Je vous remercie beaucoup, Mme la Présidente.

• (15 h 40) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Chauveau. Et je suis maintenant prête à reconnaître le prochain intervenant, qui sera... Il n'y en a plus? Est-ce que...

Une voix : ...

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Oui, M. le député de Sainte-Rose. Alors, il reste encore 13 min 30 s à votre formation politique, et je vous cède la parole.

M. Christopher Skeete

M. Skeete : Merci. Bien aimable, Mme la Présidente. Je suis désolé, je pensais qu'il allait y avoir une alternance et je me suis trompé. Bien oui, manifestement, il n'y a personne devant moi.

Donc, depuis la Convention de la Baie James, Mme la Présidente, il y a un dialogue constructif qui s'est établi avec les différentes communautés autochtones du Québec. Vous savez, la Convention de la Baie James est souvent

[...]
 

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