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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


LÉVESQUE Sylvain - Chauveau
Discours sur le budget 2020-2021 - Débat parlementaire - 7712-6

Assemblée
Fascicule n°107, 12 mars 2020, pages 7712-7716

[...]

Alors, je suspends les travaux.

(Suspension de la séance à 15 h 43)

(Reprise à 15 h 48)

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux. Et, à la suite de la réunion tenue avec les leaders, je vous avise de la répartition du temps de parole pour la durée de cette première étape : 6 h 37 min 30 s sont allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement, incluant le discours sur le budget, 3 h 56 min 49 s sont allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle, incluant les commentaires de son porte-parole qui ont eu lieu le 10 mars dernier et son discours d'aujourd'hui, 1 h 24 min 34 s sont allouées au deuxième groupe d'opposition, incluant les commentaires de son porte-parole qui ont eu lieu le mardi 10 mars dernier et son discours d'aujourd'hui, 1 h 16 min 7 s sont allouées au troisième groupe d'opposition, incluant les commentaires de son porte-parole qui ont eu lieu le mardi 10 mars dernier et le discours de son chef d'aujourd'hui. Une enveloppe de 15 minutes est allouée aux députés indépendants, sous réserve d'un maximum de 7 min 30 s chacun. Dans le cadre de ce débat, le temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires selon les proportions établies précédemment. Mis à part ces consignes, les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps.

Et enfin je rappelle aux députés indépendants qui souhaitent intervenir au cours du débat qu'ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la présidence.

Et je vais maintenant céder la parole à M. le député de Vanier... oh! pardon, pardon, de Chauveau.

M. Sylvain Lévesque

M. Lévesque (Chauveau) : Mme la Présidente, j'ai eu effectivement le grand privilège de représenter la circonscription de Vanier de 2012 à 2014, et c'est une circonscription que j'apprécie énormément, mais maintenant mon coeur est un petit peu plus au nord, quelques rues plus haut, dans la circonscription de Chauveau.

Et je suis très heureux de participer au débat sur le budget que nous effectuons présentement. Et j'ai eu beaucoup de plaisir à écouter notre collègue chef de la troisième opposition, qui a su nous faire rire à quelques moments. D'ailleurs, peut-être que le futur chef de cette formation politique là réussira à nous faire rire tout autant, avec sa future... son ancienne carrière. On verra bien, on verra bien, Mme la Présidente. Mais je souligne quand même le talent d'orateur de mon collègue, qui était toujours très intéressant à entendre, et avec quelques bons côtés, malgré quelques petites attaques, et c'est normal.

C'est normal, Mme la Présidente, parce que, vous le savez, ce qu'on va entendre dans les prochaines heures, évidemment, les députés du gouvernement vont parler en bien du budget, c'est tout à fait normal, les députés des trois oppositions vont tenter de démoniser le budget, démontrer que c'est le pire budget, peut-être, de l'histoire du Québec. Peut-être pas, peut-être, on verra bien, on va donner une chance au coureur. Mais, pour avoir suivi nos travaux parlementaires depuis bien des années, depuis que je suis très jeune, on connaît la game, la partie, c'est comme ça que ça se passe. Il y a un débat, et c'est l'objectif, on tente de le faire mal paraître. C'est comme ça que ça se passe, Mme la Présidente.

• (15 h 50) •

Et je vais tenter de vous démontrer, cet après-midi, un volet peut-être pas complètement neutre, mais un volet un peu différent. Il y a des chroniqueurs qui s'expriment, au Québec, il y a des gens qui écrivent, qui parlent, qui discutent, qui donnent leur point de vue et qui ne sont peut-être pas aussi partisans ou liés à une formation politique que nous le sommes.

Nous devons le reconnaître d'emblée, que nous avons ce biais-là, c'est tout à fait normal. Mais je vais le nommer, moi, dès le départ, mon biais : ma grande fierté de voir ce qui s'est passé mardi, lors du dépôt de ce budget de notre ministre des Finances. Pourquoi je suis fier? Parce que le ministre et notre gouvernement, pour moi, lorsque j'ai accepté de retourner en politique, c'est que je souhaitais que, les gens, ce qu'ils disent, c'est ce qu'ils fassent. Alors, moi, ce que je vois, c'est un gouvernement qui dit ce qu'il va faire et qui fait ce qu'il dit. Et c'est ce que j'ai constaté à la lecture de ce deuxième budget. L'année dernière, je l'avais dit, et on a livré la marchandise. Et, cette année, encore une fois, beaucoup de choses.

 Il reste encore des choses à faire, Mme la Présidente, il y aura toujours des choses à améliorer, mais les grandes priorités, le gouvernement en a parlé, au cours des cinq prochaines années, je vais vous les redonner pour le bénéfice de nos auditeurs : faire de l'éducation un vecteur de richesse, remettre de l'argent dans le portefeuille des Québécois — on a redonné 2 milliards depuis qu'on est au gouvernement, Mme la Présidente — dynamiser et faire rayonner la culture, améliorer la compétitivité de nos entreprises, sans oublier une cinquième priorité, bâtir une économie plus verte. Ce sont nos engagements, et le budget le reflète largement.

Et là, tout à l'heure, je vous disais, Mme la Présidente, que, oui, on va, bien sûr, écouter avec beaucoup d'intérêt ce que nos collègues de l'opposition vont dire, on va écouter ce que nos députés vont dire. Donnons la parole quelques instants à des personnes qui commentent l'actualité, des personnes neutres qui de temps en temps, comme on dit, t'en donnent une bonne dans le côté des côtes, à d'autres moments ils te donnent une petite tape dans le dos, mais ce n'est pas des gens qui sont toujours du même bord, là, tu sais, le vent ne souffle pas toujours du même côté.

Alors, dans Le Journal de Montréal, la chroniqueuse Josée Legault nous titrait Un budget de tête et de coeur. Je cite aux mots, Mme la Présidente, et ce que je vais faire, dans les prochaines minutes, c'est ça : «Un élément clé de ce troisième pilier est la santé, dont tout particulièrement les services sociaux. Après l'austérité et la déshumanisation des services sociaux sous l'ère [du précédent gouvernement] — je ne veux pas nommer les noms des gens, par respect — c'est ici que le "virage" [...] se fait le plus sentir. Le budget débloque en effet de nouveaux fonds pour la Direction de la protection de la jeunesse, la lutte contre la violence faite aux femmes, les aînés et les proches aidants, majoritairement des femmes.» Vous voyez, Mme la Présidente. Josée Legault s'exprime avec ces mots justes, qui nous dit à quel point, selon elle, selon son jugement, on peut être en désaccord... que ce gouvernement est à l'écoute des gens, un gouvernement qui répond aux besoins des citoyens avec coeur et sensibilité.

Stéphanie Grammond, de La Presse, nous dit... Son titre : Simplifier la vie des aidants naturels. Elle nous dit : «...les aidants naturels ont tiré le gros lot. Et c'est amplement mérité.

«Les anciennes mesures fiscales qui leur étaient destinées étaient si complexes et obscures qu'elles ne reconnaissaient pas l'effort crucial de ces personnes dans notre société.

«Sur cinq ans, Québec investira plus d'un demi-milliard de dollars dans la refonte et la bonification du crédit d'impôt remboursable pour les personnes aidantes.»

Un peu plus tard dans le texte, elle nous parle de la simplement des programmes, un aspect très important, qui va faciliter la vie des gens. Et la chronique nous dit tout simplement à la fin, Mme la Présidente, bravo, bravo pour les proches aidants.

Alors, vous voyez, une chroniqueuse qui nous confirme que nous sommes pragmatiques, nous répondons à un besoin concret, depuis combien d'années énoncé, que l'on entend et qui malheureusement n'avait pas été réglé.

Et ça donne, évidemment, Mme la Présidente, ce budget-là, beaucoup d'armes à ma collègue ministre déléguée aux Aînés et aux Proches aidants pour agir, continuer ce qu'elle s'est engagée de faire et poursuivre sa mission. Elle est revenue en politique, notre ministre, députée de Prévost, pour ça. Alors, ça lui donne des outils supplémentaires.

Troisième titre, Mme la Présidente, Le Devoir, pas très caquiste, normalement, ça, pas très caquiste, Le Devoir nous dit, sous la plume de Mylène Crête : Le gouvernement Legault s'attaque à la rénovation des écoles. Et là elle dit une grossièreté, quelque chose de bien, bien méchant : «Négligées depuis 30 ans, les écoles prendront un coup de neuf au cours des prochaines années. L'éducation obtient la part du lion des nouvelles sommes allouées au Plan québécois des infrastructures — PQI — avec 5,9 milliards de dollars qui serviront à l'agrandissement, à la rénovation et à la construction des écoles jusqu'en 2030.»

Mme la Présidente, ce n'est pas moi qui le dis, le mot «négligées depuis 30 ans». Reculez en arrière. Ça fait pas mal d'années, ça. Beaucoup de gouvernements du Parti libéral, du Parti québécois. Bien sûr, nos écoles ont manqué d'amour. Puis investir dans nos écoles, c'est d'investir un peu dans la jeunesse, dans l'avenir, c'est important d'y penser. Moi, dans mon comté de Chauveau, j'ai constaté, plusieurs des... Vous savez, là, il y a des cotes qu'on donne, là, A, B, C, D, E. E, c'est pratiquement à jeter à terre puis à recommencer. D, c'est dans un état de vétusté importante. C, ça commence à être magané. A et B, c'est acceptable. Ce n'est pas parfait, mais c'est pas pire. Bien, il y a énormément d'écoles à refaire, à reconstruire. Alors, moi, je dis que, c'est ça, il faut commencer à... il fallait commencer à rénover ce parc immobilier là. Et le gouvernement et notre ministre des Finances, le président du Conseil du trésor met les sommes nécessaires au PQI pour améliorer, réparer, parce que c'est beau, de toujours faire du neuf, mais il faut aussi garder ce que l'on a.

Un petit mot également, Mme la Présidente... Puis je vais me permettre cette phrase-là, que je n'avais pas prévue tout à l'heure, mais, en écoutant mon collègue de Matane-Matapédia, chef de la troisième opposition, il nous parlait des CPE, CPE qui est très important, par ailleurs, pour notre gouvernement également. N'en déplaise aux oppositions, on continue à investir de façon massive pour les CPE. Puis je l'écoutais, tout à l'heure, nous parler : Il y a des places, dans mon comté, ils nous disent qu'ils créent des nouvelles places puis qu'ils vont financer des anciennes places. Bien, une place annoncée, Mme la Présidente, en 2013 puis qui, en 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, n'a pas été financée, bien, c'est-u une place qui existe, ça? Parce qu'il nous dit que ce n'est pas une nouvelle place, ce n'est pas une nouvelle place, ça avait déjà été annoncé. Je peux vous en faire, moi, des annonces, Mme la Présidente. Je vais vous annoncer que je vais me faire un cinq étages, chez nous, je vais me creuser deux sous-sols, je vais mettre un garage triple; si je ne le finance jamais, ça n'arrivera pas. Ça fait que, moi, à ce que je sache, ces places-là dans Matane-Matapédia qui n'ont pas été financées n'existent pas. Donc, à la minute que tu les finances, elles commencent à exister, puis il y a un enfant qui va occuper concrètement ces places-là. Puis on parle de nouvelles places et des places jamais financées par l'ancien gouvernement libéral. Eh bien, vous comprenez, Mme la Présidente, que ce qui va être financé, maintenant, c'est des nouvelles places dans Matane-Matapédia. Tu sais, ça ne prend pas la tête à Papineau. Puis je ne dis pas que le chef de la troisième opposition ne le comprend pas, il le comprend. Il est très habile, il connaît son sujet, il sait très bien que ce que je dis, aujourd'hui, c'est vrai. C'est une place, c'est un enfant qui va occuper une place supplémentaire chez lui, et je tenais à rectifier le tir à ce niveau-là.

• (16 heures) •

Je continue, Mme la Présidente, dans ma revue de presse. Moi aussi, je lis mon Argus, tel que font tous mes collègues. L'équilibre. Ça, c'est le titre de Mario Dumont dans Le Journal de Montréal. Mario Dumont nous dit : «Le budget présenté hier — évidemment, c'est un article de mercredi — par [le ministre des Finances] cherche plutôt l'équilibre. L'offre de transport en commun doit être sérieusement bonifiée et en même temps nous devons améliorer nos routes. Évidemment, la somme des investissements dans les deux secteurs [doivent... et] devient colossale — pardonnez-moi, c'est "devient colossale".

«Lorsqu'on y ajoute les montants consentis aux constructions et aux rénovations d'écoles, les prochaines années seront marquées par un effort majeur du côté des infrastructures. Face à la menace d'un [rétablissement] de l'économie, il s'agit d'une bonne nouvelle.»

J'écoutais des collègues, tout à l'heure, nous parler que le budget qu'on vient de faire est un peu à côté de la crise que l'on vit présentement sur le coronavirus. Eh bien, bien sûr que, peut-être, lorsqu'il a été écrit, nous ne pouvions pas savoir encore l'impact total que pourrait avoir et aura peut-être ce coronavirus. Nous espérons qu'il sera le plus faible possible, mais il y a des mesures importantes qui se prennent. Mais déjà Mario Dumont le voit, le potentiel du budget actuel pour permettre un maintien de l'économie dans ces périodes qui, souhaitons-le, sera le moins difficile possible pour nos concitoyens québécois. Ça fait qu'évidemment, quand tu accélères des dépenses d'infrastructures, tu fais travailler ton monde, c'est vieux comme le monde. Ça fait que je pense que, là, c'est quelque chose d'intéressant.

Alors, je veux revenir aussi sur un point, Mme la Présidente, on parle ici d'investir dans les écoles, c'est investir dans notre jeunesse. Ça ne sera pas perdu, ça, c'est pour plusieurs années. Plus qu'on va investir, plus c'est bon pour nos jeunes. Mais, du même coup, le chroniqueur exprime dans son texte... c'est que ça va donner un gros coup de main à l'économie, puis ça, il ne faut pas l'oublier.

Alors, le ralentissement économique... Puis je vois mon collègue de Nelligan, l'autre côté, qui connaît bien l'économie. Je suis convaincu que, lui aussi, dans le fond de son coeur, là, profondément en lui, il le sait, que c'est des bonnes mesures, je ne sais pas s'il peut le dire. Ce n'est pas facile, quand tu es de l'autre côté de la clôture, de dire : Aïe! Tabarouette, hein, ça me tenterait d'applaudir puis dire : Bravo! Vous êtes bons, je vous aime. Mais on est comme retenus parce qu'on dit : Peut-être, si je le dis, un jour on va s'en servir contre moi dans une autre discussion. Je le sais, que c'est ça. Quand je vous parlais tantôt que c'était une game, une joute, une partie, partie politique... Mais c'est sûr que, de son côté, il est bien content de ça, ce volet-là, je suis convaincu. Je ne veux pas lui donner des mots.

Je poursuis, Mme la Présidente. Mardi, sur le site Web de Radio-Canada, pas souvent caquiste non plus, on pouvait lire : Québec bonifie les services aux plus vulnérables. On nous dit ici : «Dans son budget 2020‑2021, Québec leur consacre donc plusieurs mesures, qui se traduiront notamment par une amélioration des services aux malades, aux aînés, aux victimes de violence conjugale et aux jeunes en difficulté. Des mesures fiscales simplifiées sont aussi proposées aux proches aidants.

«[...]Visiblement préoccupé par les récents drames visant des enfants maltraités ou négligés, qui ont [...] conduit à la mise sous tutelle de la direction de la protection de la jeunesse de l'Estrie, le gouvernement [du premier ministre] promet 950 millions de dollars sur cinq ans pour les jeunes en difficulté, dont 450 millions de dollars pour l'embauche d'intervenants supplémentaires dans les services de protection de la jeunesse.»

Donc, encore une fois, ce que Radio-Canada nous démontre, c'est qu'après des années de compressions, de coupures du précédent gouvernement, bien, ces groupes-là, qui ont durement été touchés, reçoivent une bouffée d'air, reçoivent de l'aide, un cri à l'aide qui est demandée, puis, Mme la Présidente, je suis bien placé pour vous en parler pour plusieurs raisons. On parle de la protection de la jeunesse. J'ai commencé... très brièvement, mais j'ai fait quand même un petit bout dans un centre jeunesse. J'ai travaillé comme éducateur, ce qu'on appelait à l'époque — peut-être que c'est encore ça — les fameux TPO, les temps-partiels occasionnels. J'ai pu voir, même à cette époque-là... là, on parle de mon début de carrière, 1998, je commence à prendre de l'âge, moi aussi, Mme la Présidente, à cette époque-là, je le voyais déjà, le roulement de personnel, la difficulté de recruter. Et pourtant le taux de chômage, à cette époque, était aux alentours de 10 %, mais c'était dur de recruter des gens. Donc, vous comprenez qu'on manquait d'investissements, on manquait d'amour dans nos centres jeunesse, à la DPJ, et il fallait investir.

Pourquoi aussi je suis bien équipé pour vous en parler, Mme la Présidente? J'ai travaillé pendant huit ans à la tête d'un organisme en violence conjugale — on a parlé de violence conjugale tout à l'heure — j'étais à la tête de la ressource À coeur d'homme, organisme provincial qui regroupe l'ensemble des organismes pour hommes ayant des comportements violents et qui ne veulent plus en avoir. Donc, quand j'entends des groupes dire : Ce n'est pas assez, en violence conjugale, on n'en donne pas assez, c'est un pas dans la bonne direction... Écoutez, on vient plus que doubler ce qui est donné dans le Plan d'action gouvernemental en matière de violence conjugale. Mme la Présidente, j'ai participé à deux plans d'action, moi. Les fameux plans d'action en matière de violence conjugale, j'y ai participé. Les centres, les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence, c'est essentiel dans notre société. Il y a des centres femmes qui interviennent, il y a les différents ministères impliqués, il y a un paquet de ministères qui ont des mandats spécifiques pour prévenir la violence conjugale. Il existe aussi des organismes pour hommes, comme je viens de vous dire, qui permettent de faire leur part, parce que, si on veut réduire la violence envers les femmes, on doit aussi faire notre part envers les hommes.

Alors, c'est tout ce plan d'action gouvernemental là qui fera qu'on pourra réduire, je l'espère, encore plus la violence conjugale. Est-ce que ce sera parfait? Non. Mme la Présidente, on mettrait 100 % du budget du gouvernement du Québec en violence conjugale que, malheureusement, il y aurait encore des cas pathétiques, malheureux et tristes. Mais les investissements sont, honnêtement, là... Je vous le dis, il y a probablement encore des besoins, mais on va faire un pas significatif en matière de violence conjugale. Et c'est un sujet qu'on doit voir sur son ensemble, pas seulement sur un aspect. L'hébergement pour femmes victimes de violence, essentiel; la justice, c'est important, mais aussi prévenir la violence. Alors, moi, je salue cet investissement colossal qui a été fait auprès des groupes en matière de violence conjugale.

Je me permets également de souligner...

Des voix : ...

M. Lévesque (Chauveau) : Merci. Je me permets aussi, Mme la Présidente, parce qu'on parlait des enfants maltraités, négligés, d'aider les jeunes... J'ai travaillé également, pendant une autre période de temps, un sept ans, au niveau des carrefours jeunesse-emploi, d'aider ces jeunes en réinsertion sociale et professionnelle. On parlait de maltraitance, on parlait d'enfants négligés, c'est souvent ces jeunes-là qu'on retrouvait à l'intérieur de nos services à partir de 15 ans, 16 ans, 17 ans, difficultés à intégrer le marché du travail. Pouvez-vous imaginer qu'en 2020 il y a encore quelqu'un, avec un taux de chômage qui avoisine les 3 %, qui a de la difficulté à se trouver du travail? C'est impensable. Mais oui, Mme la Présidente, il y en a encore, malgré tout ça, qui ont de la difficulté. Alors, ces investissements majeurs... parce que Radio-Canada nous le dit, là, Québec bonifie les services aux plus vulnérables, bien, c'est exactement ce que le ministre des Finances a fait et a donné à mes collègues ministres le pouvoir d'agir pour les gens les plus vulnérables.

Je poursuis, Mme la Présidente, parce que ce n'est pas fini, La Presse, un chroniqueur économique, Francis Vailles, plusieurs le connaissent, très apprécié : Québec veut encore réduire la dette. Parce que, là, si vous m'écoutiez depuis tantôt, vous dites : Voyons donc, y sont-u virés à gauche, cette gang-là, là? Tu sais, c'est tout un parti de gauche, ils ne s'occupent plus... ils augmentent la dette, ils vont nous endetter. Parce qu'on l'entend souvent au fédéral, des fois, on pellette par en avant, on dépense aujourd'hui, mais on pellette par en avant. Bien non, Francis Vailles nous dit ceci, Mme la Présidente : «Je parle de la dette du Québec, que tous les gouvernements successifs depuis Lucien Bouchard, il y a 25 ans, ont cherché à maîtriser, notamment grâce au Fonds des générations, et malgré les récessions.

«Or, en date du 31 mars 2020, dans trois semaines, le Québec aura finalement atteint la principale cible, soit que la dette brute soit ramenée à 45 % du PIB. De fait, elle sera de 197,7 milliards de dollars le 31 mars, ce qui représente 43 % du PIB. Nous sommes en avance de six ans sur l'objectif. Bravo!»

• (16 h 10) •

Alors, vous voyez qu'on est capables d'investir dans les services publics, améliorer la situation tout en s'assurant que, dans le futur, les générations qui nous suivront, qui un jour auront à nous remplacer et à prendre les décisions à notre place, bien, auront les moyens de le faire. Puis je ne prétends pas que c'est l'unique action du gouvernement actuel, Mme la Présidente, on l'a dit, ça fait 25 ans que plusieurs gouvernements ont investi au niveau de la dette, je vais être honnête, je suis quelqu'un de franc, mais le ministre continue, poursuit ses efforts en matière de remboursement de la dette — alors, Francis Vailles est capable de nous le dire aujourd'hui — et il faut penser aux gens, être à l'écoute de la population, tout en étant responsables, puis c'est exactement ce que l'on fait ici.

Mme la Présidente, un autre article, on parle ici : Budget du ministre des Finances : des classes spécialisées pour les élèves doués. Ça, c'est Le Journal de Montréal qui nous dit ça. Ils nous disent : «L'augmentation des dépenses en éducation permettra de financer quelques nouveautés, dont la création de classes spécialisées pour les enfants doués.

«Après avoir connu une augmentation des dépenses de 5,1 % l'an dernier en éducation, le gouvernement [du premier ministre] annonce maintenant une hausse de 4,5 %, ce qui lui permet de continuer à investir dans des mesures de soutien pour améliorer la réussite des jeunes, notamment au cégep et à l'université.

«Dans le réseau scolaire, Québec prévoit la création de 150 [...] classes spécialisées pour 2020‑2021, qui s'ajouteront aux 150 déjà annoncées l'an dernier.

«[...]Québec prévoir par ailleurs recruter 300 professionnels supplémentaires dès la rentrée, qui s'ajouteront aux 700 nouvelles embauches qui ont été réalisées cette année...»

Mme la Présidente, moi, j'ai rencontré pas mal de parents depuis que je suis élu, pas mal de directeurs d'école, d'enseignants, et ce qu'on me dit, règle générale, c'est que, bon, il y a la moyenne des étudiants, là, mais il y en a beaucoup, de jeunes qui sont soit très doués, oui, qui ne se réalisent pas pleinement à l'intérieur des classes, et aussi des clientèles plus lourdes, des clientèles, souvent, médicamentées, des clientèles avec des problématiques variées. Et ce qu'on voit présentement, c'est carrément ça, l'éducation est le coeur de l'action du gouvernement, on investit pour nos jeunes, pour nos enfants, parce que c'est l'avenir, et des mesures très concrètes qui vont changer la vie au quotidien des familles québécoises. Très bien dit par Le Journal de Montréal.

Il m'en reste deux, Mme la Présidente. Je vous ai parlé beaucoup des médias nationaux, il existe aussi des médias régionaux. Je vais peut-être vous surprendre, mais je vais vous citer Le Courrier du Sud de Longueuil, le quotidien... le quotidien, peut-être un hebdo, je pense, c'est plus un hebdo, du secteur de Longueuil. On nous dit ceci : «En réaction au dépôt du budget du gouvernement [du premier ministre], la députée de Marie-Victorin [...] se montre généralement satisfaite du contenu du budget ainsi que du Plan québécois des infrastructures 2020‑2030, y notant même certains gains pour sa circonscription.» Bien oui, la députée de Marie-Victorin, peut-être par la force de n'être plus à l'intérieur d'un groupe parlementaire, là, voit la lumière. Peut-être c'est plus facile de dire librement ce que l'on pense lorsque l'on n'est pas à l'intérieur d'un groupe parlementaire. Parce que j'imagine... puis je ne peux pas prêter d'intentions au chef de la troisième opposition, un homme charmant, que j'apprécie, mais peut-être qu'il lui aurait dit : Chère collègue, même si tu penses ça, ce n'est peut-être pas bon de le dire, tu sais, dis-le à ta mère, à la rigueur, à tes frères et soeurs, mais ne parle pas trop à tes amis, au cas où que ça vienne à nos oreilles.

Ça fait que ce qu'elle nous dit, c'est ça, puis elle nous parle qu'en éducation, Mme la Présidente... la députée de Marie-Victorin nous dit qu'«en éducation, les sommes sont au rendez-vous pour construire, agrandir et rénover les écoles», et elle s'en réjouit. Bien, elle a raison. «[Elle] a également mentionné être satisfaite de la hausse des budgets [en] rénovation des cours d'école.» Ça, c'est vrai, on a tous un peu, dans nos comtés, des écoles qui viennent nous voir puis qui souhaitent qu'on améliore ça. «Elle estime également que l'augmentation des ressources pour les enfants en difficulté dans les écoles fera sans aucun doute une différence...» C'est drôle, c'est un peu différent de ce que les porte-parole du troisième groupe d'opposition nous disent, qui disent : Ah! il ne se passe rien, dans les écoles, vous n'améliorez rien. Elle, elle l'a dit. A-t-elle vu la lumière? Moi, je la félicite, en tout cas. Franchement, c'est le fun, c'est rafraîchissant. Peut-être que les collègues qui sont de l'autre côté, qui me regardent, voient la lumière, eux aussi. Mais je vous comprends, je ne vous en veux pas, pas du tout, je le sais que vous êtes un petit peu bâillonnés, c'est difficile d'exprimer sa satisfaction, cacher sa joie.

Et, Mme la Présidente, un dernier article mardi sur Radio-Canada, je titre : Le budget provincial bien accueilli en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. Mes parents sont Gaspésiens, Mme la Présidente. Puis j'écoutais tout à l'heure, encore une fois, mon collègue chef du troisième groupe d'opposition nous dire que ça n'a pas de bon sens, ce que vous faites en Gaspésie, ça n'a pas de bon sens, ce que vous faites au Bas-Saint-Laurent, vous êtes en train de nuire à notre région. Moi, Mme la Présidente, je suis un Nord-Côtier, O.K., je suis un petit gars, maintenant, de Chauveau, là, mais je peux-tu vous dire que je l'ai encore, moi, mes régions, au coeur? Quand tu es Nord-Côtier un jour, tu es Nord-Côtier toujours. Bien, les régions, ce qu'ils nous disent, là : «"On avait des priorités en ce qui concerne les changements climatiques, les transports et le développement régional et le gouvernement a répondu présent — oui, oui. Il a délié les cordons de la bourse et va nous soutenir à ces chapitres-là", estime le maire de Gaspé...» J'espère que la députée de Gaspé, elle apprécie son maire, j'espère qu'ils ont des bonnes relations. Bien, c'est vrai, on ne l'a pas encore entendue, elle va peut-être nous qu'effectivement elle est très contente, parce que je ne voudrais pas créer de chicane en Gaspésie.

Le maire de Gaspé, il est également vice-président de l'Union des municipalités du Québec. M. Daniel Côté, je veux dire, ce n'est pas un... je ne parle pas d'un méné, là, on parle du vice-président d'une grosse association municipale. «Le budget [du ministre des Finances] prévoit 25 millions de dollars étendus sur cinq ans pour soutenir les activités de ces institutions, un réel soulagement pour la directrice d'Exploramer», que j'ai eu le plaisir de visiter, d'ailleurs, à Sainte-Anne-des-Monts, Mme la Présidente, quand j'étais porte-parole du deuxième groupe d'opposition, assis là-bas, dans le coin, là, j'avais visité Exploramer, un magnifique musée à Sainte-Anne-des-Monts. Ça fait qu'eux, ils disent, là : «[On] ne cache pas [notre] enthousiasme à la suite du dépôt du budget...» Eux autres, ils concluent que «cet investissement dénote de l'importance qu'accorde le gouvernement [du premier ministre] à l'éducation et [à] l'innovation scientifique».

Mme la Présidente, j'aurais pu continuer bien longtemps parce que des articles qui nous louangent, il y en a beaucoup. Je suis convaincu, convaincu que l'ensemble de mes collègues dans cette Assemblée, ah! peut-être pourraient trouver que... pas assez de ci, pas assez de ça, un petit peu moins de ci, un petit peu plus de ça. C'est bien normal, Mme la Présidente, on ne peut jamais être complètement satisfait. Tu sais, moi, je le disais, moi-même, à l'époque où je travaillais dans le domaine communautaire, puis on nous annoncerait 200 000 $ de rehaussement pour notre organisme que le lendemain on en voudrait un 50 000 $ de plus. On trouvera toujours bien comment dépenser cet argent-là parce que... Un de mes amis me disait : Si tu as du budget, tu as des projets, c'est comme ça dans la vie. Mais globalement, Mme la Présidente, ce que le gouvernement et le ministre des Finances, le président du Conseil du trésor, l'ensemble des collègues ministres viennent de faire, c'est du grand leadership. On réussit à répondre passablement bien, passablement bien à l'ensemble des préoccupations des Québécois.

Puis j'aurais pu vous parler... Je vais laisser d'autres collègues s'exprimer sur le sujet de l'environnement, parce que ce budget-là, sur l'environnement, c'est plus que majeur, mais j'ai décidé de vous faire une petite revue de presse, une parcelle de revue de presse pour vous démontrer à quel point la satisfaction de ceux qui ne sont pas teintés d'un côté comme de l'autre, qui ne sont pas obligés de dire une ligne de parti parce que c'est de bon usage, c'est de bon aloi, bien, vous dire que des gens qui sont un peu plus neutres dans leur expression, des gens de tout acabit qui viennent de médias tantôt vus de gauche, tantôt vus de droite, tantôt vus de centre, tantôt qui ont des causes un peu plus différentes une des autres... bien, qu'on est salués pour l'ensemble de notre action dans ce budget du ministre des Finances.

Alors, Mme la Présidente, très fier, très fier de faire partie de cette équipe gouvernementale qui dit ce qu'elle va faire et qui fait ce qu'elle dit. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Chauveau. Et maintenant je vais céder la parole à Mme la leader adjointe de l'opposition officielle.

• (16 h 20) •

Mme Melançon : Merci, Mme la Présidente. Notre porte-parole qui va prendre... d'ici quelques secondes s'en vient dans une seconde, il est sur un projet de loi, le projet de loi n° 44, qui siège. Est-ce que je peux vous demander deux minutes, simplement, d'ajourner parce que... Il est là, il arrive, il est formidable. Merci beaucoup, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, très bien. Alors, nous allons permettre à M. le député de Jacques-Cartier de prendre une bonne respiration et nous allons lui céder la parole pour son intervention.

M. Gregory Kelley

M. Kelley : Merci, Mme la Présidente. Désolé pour le petit retard, là, j'étais en bas, à l'étude détaillée du projet de loi n° 44. Alors, oui, on est tous bien occupés ici, sur le côté de l'opposition officielle, mais c'est vraiment important, je pense, que je prenne la parole aujourd'hui pour parler du projet de loi n° 44, merci... excusez-moi, pour le... concernant le budget.

I think it's important just to start off speaking about the fact that I truly believe that the world, and Canada, and Québec are facing a very extraordinary moment in our history. There's no one who can't be troubled by the fact that... They look at the announcement on the news and see that the Prime Minister of the country and his wife are self-quarantining themselves to see if they have contracted the COVID-19 virus. There's no doubt that, since the Premier of this province spoke today, citizens have called for precisions, they want to know more.

The Government, I realize, is trying to respond to an extremely fluid and rapidly developing situation. And in today's world of global communications and information, there's just a lot of it that's out there right now and it's hard to really, you know, dissect all that information, really retain it, understand and, you know, know what you have to know and what is kind of true out there. So, again I encourage everyone to listen very closely, of course, to when this Premier speaks, when the Health Minister speaks, when the Director of Public Health speaks, when your director of local health for your city speaks. I mean, what they say, what they communicate, follow that first and foremost because any other type of information that you might find on Facebook, that is coming from any type of source... I mean, things can be photoshopped, things can be doctored, so you have to really just make sure that you're getting the proper information.

But it is, of course, some troubling times and... Je pense que ça, c'est une des raisons que, mardi... excusez-moi, lundi matin, mon collègue le député de Robert-Baldwin a fait la suggestion que le gouvernement mette à côté 1 milliard

[...]
 

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