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42-1 (27 novembre 2018 - )


POLO Saul - Laval-des-Rapides
Électricité - Surplus - Exportation - 814-5 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°18, 26 février 2019, pages 814-815

[...]

Plan du gouvernement pour augmenter les exportations d'électricité

M. Saul Polo

M. Polo : M. le Président, en novembre 2016, le premier ministre disait la chose suivante : «...je présenterai bientôt un plan de match pour qu'Hydro-Québec exporte davantage[...]. [...]Tout le monde va y gagner. Un gouvernement de la CAQ va donc lancer un grand chantier qui va créer des milliers d'emplois payants. Je parle de lancer une Baie-James du XXIe siècle...» Suite à cette déclaration, le premier ministre avait aussi affirmé que nous connaîtrions les détails en 2017.

Évidemment, aujourd'hui, nous sommes toujours devant le néant. J'ai posé la même question ici au ministre, et sa réponse était : «Notre message est [...] clair, il est très simple, [et] même, de toute évidence, il est responsable : On [va] travailler sur l'exportation des surplus énergétiques.» M. le Président, les Québécois veulent plus d'information, pas une simple affirmation de l'évidence. Nous voulons tous exporter nos surplus. Ceci dit, ce qui est très clair aujourd'hui, c'est la rebuffade de l'Ontario d'hier, mais la satisfaction d'alliance énergétique, elle, on n'en sait toujours rien.

Est-ce que le ministre va nous expliquer clairement c'est quoi, son plan? À qui va-t-il vendre nos surplus? À quelles conditions? Et combien ça va nous coûter, M. le Président?

Le Président : M. le ministre de l'Énergie.

M. Jonatan Julien

M. Julien : Oui. Merci, M. le Président. Écoutez, je suis un peu surpris de voir l'attitude de mon collègue de Laval-des-Rapides, une attitude que je qualifierais de résignée.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

M. Julien : J'ai vu certains gazouillis, je pense que c'est comme ça qu'on appelle ça, c'est presque s'il... ce dernier se réjouissait d'un éventuel échec. Mais, ici, on parle en réalité de discussions à long terme pour être en mesure de procurer, via les surplus d'Hydro-Québec, une énergie propre, une énergie renouvelable, en réalité procurer un avantage économique pour le Québec. Mais de penser qu'entre novembre 2018 et aujourd'hui on aurait une entente, bien non. De penser que le parcours serait court et non ardu, bien non. Mais on a des ententes, là, sur le point d'arriver avec le Maine, avec le Massachusetts. Deux, trois, quatre, cinq ans de discussions. Il faut comprendre aussi ce que semble oublier l'opposition : qu'avec l'Ontario on a déjà des ententes aussi. Actuellement, on exporte deux térawattheures jusqu'en 2023. Donc, pour nous, on ne sera pas résignés, on va poursuivre les discussions. Et effectivement...

Le Président : En terminant.

M. Julien : ...on compte bien exporter nos surplus pour le bénéfice économique.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.

M. Saul Polo

M. Polo : M. le Président, le premier ministre a dit à plusieurs reprises qu'il est un «deal maker». En novembre dernier, il a présenté un deal, qu'il ne pourrait refuser, au premier ministre Ford. Il a tout offert aux Ontariens, sa chemise, les pantalons, et tout le reste. Il a offert une copropriété des nouveaux barrages, des jobs payantes aux travailleurs ontariens et, en plus, il a promis de l'électricité qui ne serait pas chère en Ontario. Malgré tout, il s'est faire dire non, il s'est fait revirer de bord cavalièrement.

Après avoir tout offert au gouvernement voisin, est-ce que le ministre peut dire aux Québécois jusqu'où son gouvernement est prêt à aller pour réaliser la pensée improvisée de son...

Le Président : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

M. Jonatan Julien

M. Julien : M. le Président, résignation, c'est ce que j'entends, résignation.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

M. Julien : On sera très loin d'être résignés, on va continuer nos échanges. Effectivement, on a un surplus actuellement, on a de la capacité de distribution, on a une énergie verte, renouvelable. Franchement, les États provinciaux comme au sud de la frontière ont tout intérêt à regarder notre énergie pour la réduction des GES, pour faire de la transition énergétique. On a un superproduit et on va poursuivre les discussions. Et ce n'est pas vrai qu'on va s'arrêter à une seule déclaration. On va poursuivre les discussions parce qu'on le sait, que notre produit, c'est le meilleur. Et soyez assurés que nos voisins éventuellement vont adhérer à ça.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.

M. Saul Polo

M. Polo : M. le Président, à chaque jour qui se passe, on s'aperçoit que ce ne sont pas des nouveaux barrages que le premier ministre proposait à l'époque, mais bien des nouveaux mirages. Après tout, il disait qu'avec son alliance énergétique le Québec deviendrait la batterie de l'Amérique du Nord. À l'époque, il visait trois régions : la Nouvelle-Angleterre — c'est nous qui avons négocié le contrat; l'État de New York — c'est nous, en 2017, qui avons envoyé les propositions; l'Ontario — c'est nous, en 2016, qui avons signé la plus grosse entente de l'histoire. Le plan du premier ministre était d'en faire plus. Mais, pour une alliance, il faut avoir des alliés.

Comment allez-vous écouler les surplus d'Hydro-Québec? Et allez-vous déjà annoncer la mort de l'éphémère projet...

Le Président : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

M. Jonatan Julien

M. Julien : Oui, M. le Président. Écoutez, il faut prendre le temps de faire les choses dans des négociations avec des projets de plusieurs milliards d'exportations. Actuellement, l'Ontario a 58 % de sa production électrique qui vient en réalité de centrales nucléaires. Au cours des prochaines années, tout le monde sait que les 20 centrales nucléaires de l'Ontario vont nécessiter des sommes importantes pour les réhabiliter, pour les mettre aux normes. Nous, on pense que la proposition que fera le gouvernement du Québec, que fait le gouvernement du Québec d'exporter sera une soupape intéressante pour l'Ontario. Et on va continuer les discussions parce que c'est une énergie propre, renouvelable, et ça va profiter à la richesse de tous les Québécois. Aucunement question, M. le Président, d'être résignés. Et, si vous travaillez contre, au moins ne faites pas de mal.

Le Président : Question principale, M. le député de Viau.

Tournée des régions par la ministre du Tourisme

M. Frantz Benjamin

M. Benjamin : M. le Président, le 7 février, la ministre du Tourisme annonçait qu'elle entamait une tournée des régions et elle irait à la rencontre de l'industrie touristique. Nous reconnaissons tous l'importance des retombées économiques de cette industrie pour l'économie québécoise, et ce, partout au Québec. L'idée d'une tournée comme celle-ci est une bonne façon, d'ailleurs, d'aller à la rencontre des différents partenaires, mais encore faut-il le faire correctement. Le Québec compte 22 associations touristiques. Or, la ministre ne fera que 18 arrêts. Elle a décidé de regrouper quelques associations. Par exemple, elle va au Bas-Saint-Laurent, mais pas en Gaspésie. Sa consultation du 8 avril regroupera donc les régions de Percé et La Pocatière, un très grand territoire : sept heures de route, 614 kilomètres.

Puisque la ministre prétend vouloir connaître et entendre les acteurs de l'industrie, pourquoi ne va-t-elle pas à la rencontre des 22 associations touristiques dans chacun de leur territoire, question de bien connaître les enjeux locaux?

Le Président : Mme la ministre du Tourisme.

Mme Caroline Proulx

Mme Proulx (Berthier) : Merci, M. le Président. Merci... du collègue de la circonscription de Viau. C'est la première fois, M. le Président, qu'une ministre du Tourisme décide de faire la tournée entière du Québec. C'est la première fois...

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît!

Mme Proulx (Berthier) : ...qu'une ministre s'engage...

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

[...]
 

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