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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


LÉVESQUE Sylvain - Chauveau
Centre d'hébergement et de soins de longue durée privé - Nationalisation - Affaire inscrite (motion) - 8782-3

Assemblée
Fascicule n°128, 30 septembre 2020, pages 8782-8783

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entre le préposé qui vient d'être nouvellement formé et celui qui était là avant. Il faut régler tout ça de façon urgente pour assurer qu'on ait les soins à nos aînés dans les meilleures conditions possible. Mais ça ne nous empêchera pas de réfléchir, et il faut continuer, je pense, à le faire de la meilleure des façons, avec toujours au centre, toujours au centre, de se rappeler les aînés, ce qu'ils vivent, et leurs familles. Et leurs familles qui ont vécu des drames une première fois, qu'il ne faut pas oublier, et ces aînés qui sont encore dans ces établissements et qui ont toute cette anxiété parce que, bien sûr, plusieurs d'entre eux voient bien qu'est-ce qui est en train de se passer.

Alors, la priorité, elle est là. Elle est là avec toute... Si je ne sais pas tout et que je n'ai pas toutes les réponses, en toute humilité, Mme la Présidente, je sais qu'il faut ramener au coeur de toute cette réflexion les aînés. Et je sais aussi qu'il faut absolument adresser l'urgence d'aujourd'hui, qui est la COVID, la deuxième vague, et protéger, protéger complètement nos aînés. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Fabre. Et maintenant je vais céder la parole à M. le député de Laurier-Dorion, et votre formation politique dispose d'un temps de parole de 4 min 30 s.

M. Andrés Fontecilla

M. Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. La nationalisation des CHSLD est impérative dans le Québec d'aujourd'hui et dans la situation actuelle. L'horreur des témoignages que nous avons entendus nous fait mal. Les descriptions des conditions de vie et de travail dans certains CHSLD nous ont glacé le sang. Pourtant, de nombreux rapports nous avaient alertés, et cela, depuis longtemps. Le constat est clair, la société québécoise n'a pas su offrir un toit digne et sécuritaire aux aînés vulnérables qui sont dans nos CHSLD, et nous avons failli à notre responsabilité. Ce constat était vrai avant la pandémie, mais il l'est davantage aujourd'hui.

Je ne veux pas mettre tous les CHSLD dans le même panier. Certains, beaucoup de ces établissements sont exemplaires. Et jamais je ne remettrai en question le dévouement et le professionnalisme des employés des CHSLD qui doivent travailler avec très peu de moyens. Mais on a un problème, Mme la Présidente, quand une société veut donner de la dignité aux aînés mais rend profitable leur exploitation. Parce que c'est ça, le système actuel. Il y a des entreprises privées, donc des CHSLD privés, qui doivent donner des soins aux aînés, mais dont le but premier est de faire des profits. On le sait tous et toutes ici, une entreprise privée n'a qu'une raison d'être : dégager des profits pour ses actionnaires ou ses propriétaires. Et cela est incompatible avec le système public qu'on s'est donné depuis longtemps.

Nous ne comprenons pas comment notre société peut faire des profits sur le dos des plus vulnérables, nos aînés dans les CHSLD. Parce qu'une entreprise, son impératif, c'est faire des profits, et il y a deux moyens : soit augmenter les prix de ses produits, de son service dans ce cas-ci, ou couper dans les dépenses, ou il peut faire les deux. Mais l'intérêt des aînés ne se retrouve pas dans ces impératifs essentiels d'une entreprise privée. Sortir le privé du réseau est une tâche qu'il faut accomplir le plus rapidement possible. Mais sortir le privé des soins que nous donnons aux aînés est encore plus urgent, il ne faut pas attendre. Et le premier pas est de nationaliser les CHSLD privés. Mais il faudra en faire plus, Mme la Présidente.

On le sait, il y a une pénurie dans la main-d'oeuvre dans le réseau de la santé, c'est généralisé. Ma formation politique demande que le gouvernement du Québec fasse preuve de leadership et utilise son pouvoir discrétionnaire et qu'il fasse appel au programme québécois pour considérations humanitaires pour régulariser tous les demandeurs d'asile qui travaillent actuellement dans les services essentiels. Ils sont partout, Mme la Présidente, en particulier dans la grande région de Montréal. Il y en a qui sont préposés aux bénéficiaires, qui donnent des soins directs aux aînés, il y a des préposés au ménage, qui travaillent dans les cuisines, dans les buanderies. Ils travaillent un peu partout à travers le réseau. On calcule qu'ils sont quelques centaines, voire quelques milliers, dont la très grande majorité dans la région de Montréal, une région rouge, je vous le rappelle.

Il faut aussi que ces demandeurs d'asile aient la possibilité de postuler au nouveau programme de formation des préposés aux bénéficiaires parce qu'ils vont être déplacés lorsque cette cohorte de personnes vont arriver dans les CHSLD.

Si on veut qu'il y ait des conditions de vie dignes pour nos aînés, si on veut des bonnes conditions de travail pour nos travailleurs et nos travailleuses de CHSLD, si on veut pouvoir se regarder dans le miroir et se dire qu'on a fait tout ça pour ça, il faut commencer par la nationalisation des CHSLD

J'espère que l'actuel ministre appuiera notre motion, sinon on pourrait bien l'entendre, d'ici trois, quatre ans, regretter encore une fois son vote. L'histoire cogne à sa porte, il faut nationaliser les CHSLD. Merci, Mme la Présidente.

• (16 h 40) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Laurier-Dorion. Et maintenant je vais reconnaître, M. le député de Chauveau. Et vous disposez d'un temps de parole de quatre minutes.

M. Sylvain Lévesque

M. Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est très court pour exprimer l'émotion que je peux ressentir aujourd'hui de parler d'un sujet aussi important, évidemment, nos personnes âgées les plus vulnérables. Le député de Beauce-Sud, le ministre, la députée de Jean-Talon ainsi que les collègues l'ont très, très bien exprimé. Je pense qu'on est tous d'accord. Puis ça me rappelle d'ailleurs un texte que j'avais écrit. Vous savez, j'ai été chroniqueur au Journal de Québec juste avant de revenir en politique. Et je parlais du texte Je n'ai pas hâte d'être vieux. Et, ce texte, j'avais écrit quelques éléments : les repas à 2,14 $ où est-ce qu'on interdisait à des personnes âgées de prendre des petites liqueurs, des petits plaisirs de la vie qu'il reste à la fin; des gens, évidemment, où est-ce qu'il y a beaucoup de roulement de personnel, où est-ce que les gens... on rencontre des intervenants qui changent à chaque semaine, à chaque jour, même, parfois, ils ne peuvent pas créer de liens significatifs; la violence psychologique, la violence économique que nos aînés peuvent vivre, même en fin de vie, dans nos CHSLD; un bain par jour, des couches qui ne sont pas changées. C'est terrible, Mme la Présidente.

Puis je pense que le député de Gouin, tout à l'heure, a lancé un historique intéressant. Il nous a parlé de ce qui s'est passé au Québec. Je ne reprendrai pas ses paroles, parce qu'elles sont vraies. On a trop longtemps, trop souvent abandonné nos personnes âgées. Puis, honnêtement, je ne pense pas que personne en cette Chambre qui faisait partie d'un gouvernement précédent était de mauvaise foi, mais les conséquences qu'on a vécues ont démontré une inefficacité des moyens, une action qui n'a pas été bonne, qui n'a pas été efficace. Et malheureusement on est à la situation qu'on est. Et surtout que, dans les CHSLD actuellement, nos résidences pour personnes âgées, bien, c'est ceux qui ont bâti le Québec moderne qui sont là, la Révolution tranquille. Moi, dans mon texte, j'en parlais, Mme la Présidente, ma mère avait 70 ans, elle est rendue à 73, 74 ans. Elle est encore en pleine forme. Mais éventuellement elle pourrait s'y retrouver, alors ça m'inquiète. Et je concluais mon texte en disant : «J'ai peur d'être vieux et plus je vieillis, plus j'ai peur.»

Fort heureusement, je pense que, maintenant, il y a une prise en charge qui est en train de se faire. Ce n'est pas parfait, là. La COVID nous a démontré que, clairement, il y a des lacunes au sein de nos établissements. Il n'y a pas de miracle, il n'y a pas de baguette magique qui existe. Il y a une prise en charge, par contre, qui peut se faire. Il y a des changements qui peuvent s'opérer.

Et aujourd'hui, avec le peu de temps qu'il me reste, je le sais que l'équipe de Québec solidaire a la vertu de mettre au jeu une proposition : la nationalisation des CHSLD. Est-ce que c'est la bonne? Est-ce qu'elle n'est pas bonne? C'est un débat à avoir. C'est correct de lancer cette question-là. Mais ce que je sais, c'est que le ministre actuel, le ministre délégué et le ministre de la Santé, la ministre déléguée aux aînés et aux proches aidants sont au travail pour améliorer la situation. Et on a une proposition, un amendement qui a été déposé par mon collègue tout à l'heure, qui parle de poursuivre l'harmonisation des CHSLD au Québec. Il ne faudrait pas penser, Mme la Présidente, que la nationalisation, c'est la solution à tout, parce que, oui, il y a eu des CHSLD qui ont été problématiques au niveau privé, mais, Mme la Présidente, dois-je vous rappeler qu'il y a des CHSLD publics où ça a été pathétique et terrible aussi?

Il n'y a pas une solution parfaite là-dedans. Il y a plein de solutions, il y a beaucoup de travail à faire, et déjà, si on pouvait harmoniser ce qui existe sur le plan privé et leur donner des règles plus stables, plus fiables, je pense qu'on aurait un changement très intéressant, Mme la Présidente. Avec des meilleures règles, un meilleur encadrement, un meilleur financement, c'est sûr que le privé pourrait faire mieux en le conventionnant.

Alors, moi, j'invite nos collègues à appuyer la proposition du collègue ministre délégué, qui me semble beaucoup plus intéressante à cette étape-ci. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Chauveau. Et maintenant je cède la parole à M. le député de Vimont, et vous disposez d'un temps de parole de sept minutes.

M. Jean Rousselle

M. Rousselle : Merci, Mme la Présidente. Je ne prendrai pas le sept minutes, parce qu'on aurait aimé ça avoir plus de temps, mais je vais partager mon temps avec quelqu'un d'autre.

Premièrement, je voudrais remercier le ministre, le saluer du travail... du témoignage qu'il a donné tantôt. Vraiment très apprécié. Vous savez, depuis peu, je peux savoir c'est quoi un RI, un RPA, un CHSLD privé, pas privé. Tu le sais quand tu dois placer tes parents, et je suis là-dedans. D'ailleurs, c'est pour ça que j'avais demandé à replacer mon temps de parole, mais mettons qu'il y a eu un petit côté humain moindre du côté du gouvernement que je n'ai pas apprécié, mais on va passer par-dessus.

Je pense, au total, qu'est-ce qu'on regarde là-dedans, c'est au niveau ratio. Le ratio, il y avait un projet ratio, puis je me suis promené là-dedans... pas besoin, là, écoutez, mes parents... 90 ans, je me suis promené, j'ai rencontré des gens. D'ailleurs, juste en passant, la place qui était la plus affectée à Laval, c'était Sainte-Dorothée. Ma propre belle fille a eu la COVID, elle l'a donnée à toute ma famille. Bien, ce n'est pas privé, ça, c'est public, ça. Donc, c'est un problème, il va falloir le regarder en général, il va falloir vraiment le regarder complètement.

Puis, comme ma collègue de Fabre le mentionnait tantôt, bien, il y a bien des choses qu'on ne le sait pas, actuellement. On ne le sait pas. Donc, il y a des enquêtes qui se font actuellement. Je pense qu'il va falloir avoir un travail d'ensemble puis regarder vraiment d'une manière générale. On le sait qu'il manque du personnel. On le sait. Encore là, une fois, il avait un projet ratio qu'on n'a pas voulu continuer. Mais il faudrait regarder en ensemble le problème.

Vous savez, dans une... C'est sûr que la pandémie de COVID-19, ça arrive, ça change bien des choses puis des manières de faire, mais actuellement je me dis : Est-ce qu'on privatise... Si on enlève la privatisation, si on nationalise, est-ce que ça aurait réglé le problème? Je pense que non. Je pense, la priorité actuellement, c'est de s'occuper des gens qui sont là. Je pense, c'est ça, la priorité.

Juste revenir au CHSLD Sainte-Dorothée. Une infirmière pour 40 patients, je pense que le ratio, il est comme manquant. Une infirmière. Puis là c'est sûr qu'il manquait des préposés, mais moi, je parle d'infirmières. Des infirmières : une pour 40. Puis des fois, à moment donné, elle m'a même conté qu'une nuit elle était... il y avait 60 patients à sa charge. Ça n'a pas d'allure, ça.

Donc, à moment donné, avant de penser à nationaliser, avant de penser à tout ça, moi, je pense qu'il faudrait attendre les résultats des enquêtes. Il faudrait penser justement à voir où on s'en va avec ça, parce qu'il y a bien des choses qu'on ne sait pas. Comme ma collègue de Fabre le mentionnait tantôt, il y a bien des choses que, bien, je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas. Attendons d'avoir le portrait général. Avec ce portrait général là, on va pouvoir y aller. Mais, pour le

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