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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


LÉVESQUE Sylvain - Chauveau
Immigrant - Intégration - Projet de loi n° 9 - Audition publique - CRC-3: 28-9

Commission permanente des relations avec les citoyens
Fascicule n°3, 21 février 2019, pages 28-29

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en plus, veulent s'impliquer, justement, pour résoudre... on entend que... vous le lisez comme moi, donc, l'accès au logement, l'organisation du transport, les services d'accueil, donc, il y a beaucoup de facteurs qui, en ce moment, pourraient nuire ou favoriser une présence de travailleurs, travailleuses immigrants plus forte dans nos régions. Ils sont vraiment concentrés sur l'île de Montréal, nos immigrants, là, en ce moment. Dans la dernière année, je pense, c'est 85 % qui vivent à Montréal puis dans la grande région métropolitaine, là, donc, et il y a des besoins en région qui sont légitimes.

Et donc il faut qu'on regarde un peu mieux c'est quoi, les... Comme commission, là, je pense que c'est un regard qu'on devrait porter pour voir quels facteurs, leviers... Puis il faut probablement rapprocher les intervenants du monde du travail et de l'emploi qui sont plus traditionnels, comme le ministère de l'Emploi, la CPMT, des villes parce que je pense que les villes ont un rôle à jouer, nécessairement, parce que la pression que met l'effet de rareté fait en sorte qu'on doit... on ne peut plus travailler en silo, hein? Il faut travailler de façon plus intégrée à créer des environnements qui vont nous permettre de relever ces défis-là. Donc, c'est quelque chose qu'on devra regarder, à la commission.

M. Jolin-Barrette : Très certainement, on va travailler en collaboration avec vous. Je crois que certains collègues veulent poser des questions.

La Présidente (Mme Chassé) : Oui, j'ai le député de Chauveau et j'ai la députée de Labelle. Alors, on va débuter avec le député de Chauveau.

M. Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. D'ailleurs, Mme Murray, bonjour. Je suis très heureux de pouvoir vous parler aujourd'hui, et c'est un peu en complémentarité avec ce que mon collègue ministre vient de mentionner. La régionalisation, c'est un enjeu très important dans ce projet de loi là. On veut, bien sûr, arrimer les besoins de la main-d'oeuvre avec les besoins des différentes régions. Et moi, j'apprécie votre appui à ce projet de loi là. Et, quand je regarde le membership de la CPMT, c'est impressionnant, vous avez des partenaires très, très intéressants autour de la table.

Mais le ministre a mentionné tout à l'heure qu'il y a opportunité d'arrimer le travail de Services Québec avec le ministère de l'Immigration. On a posé la question avec les employeurs, mais je me pose la question, puisque vous avez des groupes communautaires, des groupes d'enseignement qui sont autour de votre table. Est-ce que le milieu communautaire et le milieu de l'éducation, notamment, mais on peut aller plus large aussi... Est-ce qu'on est outillés, au Québec, présentement, dans nos régions, pour faire face à ce défi d'immigration qui devra croître au cours des prochaines années? Si on veut réussir ce défi-là de la rétention, de l'accueil des personnes immigrantes dans nos régions, est-ce que nos milieux parallèles sont équipés, outillés? Qu'est-ce qu'on pourrait faire? Est-ce que vous avez eu ce genre de discussion là à la CPMT?

Mme Murray (Audrey) : Bien, en fait, sous l'angle des régions, je pense que c'est une discussion qu'on doit alimenter. Mais il y a quand même des éléments d'information, d'abord les réseaux de l'éducation... de l'information qui est partagée à la Commission des partenaires, on voit différents projets. Évidemment, on a accès à une information. Il y a beaucoup d'efforts qui se font en région pour adapter les programmes de formation, les stratégies de formation à l'accueil des immigrants, parce que vous savez que les étudiants étrangers sont aussi un levier important, là. Quand on parle d'immigration et qu'on remarque que, souvent, nos étudiants étrangers, quand ils ont pris goût au Québec... c'est déjà beaucoup pour espérer pouvoir les garder et puis les intégrer au marché du travail.

Mais donc, dans la volonté qui est exprimée par les partenaires de l'éducation au sein de la Commission des partenaires, il y a une volonté qui, à mon avis, est visionnaire et très forte, d'être capable de faire bouger les grands réseaux du Québec que sont les cégeps, les commissions scolaires, les universités pour faire les adaptations requises. Évidemment que ça ne se bouge pas facilement, là. Vous le savez, transformer des grandes institutions, c'est très exigeant et, je le disais tout à l'heure, ça implique de travailler dans des nouvelles synergies, ce qu'on est en train de vivre. Il ne faut pas perdre de vue la mission première non plus de nos institutions d'éducation, mais ce maillage-là, en regard des besoins du marché du travail, donc, pour les jeunes, pour la population plus âgée mais aussi pour les immigrants, le secteur de l'éducation exprime une grande volonté de pouvoir s'adapter puis aider, notamment, les régions, grand défi.

La Présidente (Mme Chassé) : Merci. Est-ce que la députée de Labelle tient toujours à prendre la parole?

Mme Jeannotte : Bien oui, d'accord. Bonjour, Mme Murray, merci de votre participation. Et c'est très impressionnant, la liste des membres de la commission. Donc, également heureuse de voir que vous êtes favorable au projet de loi. Est-ce qu'il y aurait un élément de surprise, dans ce que vous avez entendu de la part des membres, que vous souhaiteriez communiquer? Qu'est-ce qui vous a surpris puis qui serait intéressant d'amener aujourd'hui dans le cadre de notre discussion actuelle?

Mme Murray (Audrey) : De la part des membres de la commission?

Mme Jeannotte : Oui, de nouveau.

• (17 h 30) •

Mme Murray (Audrey) : Un élément de surprise... Bien, écoutez, là, je ne veux pas les décevoir, eux, en disant qu'ils ne m'ont pas surprise...

Mme Jeannotte : De nouveau ou de... mais qu'on n'a pas entendu, peut-être, qu'on devrait entendre.

Mme Murray (Audrey) : Bien, en fait, je pense qu'il y a tout le volet, aussi, d'intégration des immigrants qui est un volet important parce que... Donc, quand on regarde les facteurs de succès pour le marché du travail pour les immigrants, on voit bien qu'il faut qu'on fasse évoluer les façons de s'y prendre. Et donc l'idée, dans les discussions qui ont cours... Il y a un avis qui vient d'être émis, là, un portrait de la part du comité consultatif immigration, auquel référait aussi mon collègue du CPQ tout à l'heure, qui fait un peu la synthèse, hein, de la documentation qu'on a sur les obstacles que rencontrent les immigrants quand ils souhaitent s'intégrer puis aussi des défis que cela pose pour les entreprises. Et donc, au sein de la commission, je pense qu'il y a aussi un regard qui est porté pas seulement sur le besoin en termes de nombre dans les métiers et dans les régions, mais aussi dans la façon dont on va trouver les accompagnements requis et qu'on va utiliser les ressources en termes de services publics ou des différents groupes pour résoudre ces enjeux-là.

On voit bien qu'intégrer... Bon, déjà, il faut avoir une entrevue, donc, déjà, il faut que la façon d'afficher les postes, de définir les postes, de rendre compréhensible, hein, le besoin pour une entreprise, déjà il faut que, pour les immigrants, ce soit quelque chose qui soit lisible puis qu'ils comprennent ou qu'elles comprennent. On sait que le fait d'exiger systématiquement une expérience de travail au Québec est un obstacle pour les immigrants. Ils tournent un peu en rond, hein? Ça leur prend un premier moment, à un moment donné, donc quelqu'un qui... Donc, ces éléments-là sont bien documentés et font partie des préoccupations puis du regard que portent les partenaires pour soutenir les travaux, aujourd'hui, des parlementaires dans les réflexions, puis les politiques publiques, et les services, la façon de faire évoluer les services.

Mme Jeannotte : Merci.

La Présidente (Mme Chassé) : Merci. M. le député de Chauveau veut reprendre la parole?

M. Lévesque (Chauveau) : Oui. Vous parliez tout à l'heure de la fameuse loi du 1 % concernant la formation. Et c'est évident que la francisation, là, c'est un enjeu extrêmement important pour le maintien, notamment en région, c'est bien évident. Est-ce que vous avez une idée... ou est-ce qu'il y a une partie de cette cagnotte-là, là, du 1 %, là, qui sert à la formation des travailleurs? Est-ce qu'on s'en sert pour la francisation? Et, si oui, quelle est cette proportion? Moi, ça m'intéresse de savoir comment on a investi, là, en francisation de ce côté-là.

Mme Murray (Audrey) : Il y a à peu près 8 millions qui ont été investis en 2018‑2019, et on a accompagné la francisation d'environ un peu moins de 2 000 travailleurs en emploi. Donc, le programme qui découle du FDRCMO, c'est un programme qui vise spécifiquement la francisation alors que la personne est en emploi, donc ça vient compléter l'offre de services qui peut se donner dans les réseaux de l'emploi ou même du côté du MIDI. Donc, c'est ce qu'on a fait dans la dernière année.

Et donc, en ce moment, on est d'ailleurs à un moment où on est en train de revoir les programmes. Donc, à chaque année, la commission fait un travail pour adapter les programmes et la commission a pris la décision, à ma recommandation, de prendre un peu plus de temps parce que les changements sont tellement rapides en ce moment et les besoins évoluent qu'on s'est donné trois mois supplémentaires pour aller plus loin dans la révision de nos programmes puis prioriser aussi les différents programmes. Donc, c'est des choses qu'on est en train de regarder pour voir comment on peut les renforcer.

Je vous dirais que, depuis mon arrivée, ce que je constate aussi, donc c'est seulement depuis juin, la visibilité de ces programmes-là, le fait qu'ils soient connus par les bonnes personnes au bon moment, c'est aussi un enjeu sur lequel j'ai l'intention d'agir, là, dans les prochains mois avec mes partenaires.

M. Lévesque (Chauveau) : Avez-vous le sentiment que ce montant-là d'argent est suffisant, dans le cadre de ce que vous avez comme enveloppe qui peut y être consacrée? Est-ce que vous avez une masse de personnes, autrement dit des listes d'attente, des gens qui souhaiteraient obtenir des services, et que, malheureusement, vous êtes obligés de limiter l'accès, et que ça devient, à la fin, un frein pour la francisation, et éventuellement c'est une cause qui pourrait amener la personne à déménager, revenir vers Montréal et, pire, quitter vers une autre province canadienne?

Mme Murray (Audrey) : En fait, il y a une grande complémentarité des services qu'on offre par le fonds du 1 % avec les leviers qu'Emploi-Québec, ils sont en train de mettre en place. Donc, pour l'instant, on ne refuse personne, il n'y a pas d'enjeu d'accessibilité à un soutien financier pour un service de francisation en emploi.

La Présidente (Mme Chassé) : Oui, M. le ministre.

M. Jolin-Barrette : Oui. Puisque vous avez une expertise sur le marché du travail, j'aimerais qu'on clarifie quelque chose. On parle souvent, là, de 117 000, 118 000 postes vacants. J'aimerais qu'on fasse la déclinaison de... vous en parlez un peu, là, à la page 5 de votre mémoire, on parle, supposons, des postes vacants, 118 000 postes, mais aussi on parle des postes vacants longue durée, avec 90 jours. C'est quoi, la différence entre les 118 000 postes vacants puis ceux de longue durée versus non longue durée? Comment ça se calcule, là, tout ça?

Mme Murray (Audrey) : Le comment ça se calcule... En fait, je ne suis pas économiste, donc là je ne me lancerai pas dans la méthodologie, mais la façon de le regarder et quoi comprendre, ça, je peux répondre en partie à votre question, c'est-à-dire que plus on a un indicateur de postes longue durée non comblés, plus on a un indice que l'enjeu

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