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42-1 (27 novembre 2018 - )


LÉVESQUE Sylvain - Chauveau
Immigrant - Intégration - Projet de loi n° 9 - Audition publique - CRC-3: 8

Commission permanente des relations avec les citoyens
Fascicule n°3, 21 février 2019, page 8

[...]

M. Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci beaucoup, M. Fortin, pour votre présence parmi nous aujourd'hui, c'est très intéressant.

Et j'aimerais mettre un peu d'emphase sur un des éléments de votre présentation. Vous parlez du français, de l'importance du français dans le choix des immigrants. J'aimerais ça que vous expliquiez un peu votre perception là-dessus. Est-ce que vous envisagez davantage une immigration qui parle français dès le départ ou vous parlez davantage de l'importance d'investir dans la francisation des personnes qui pourraient venir de pays... par exemple, d'Amérique latine ou autres régions du monde? Quelle est votre perspective, votre vision là-dessus?

La Présidente (Mme Chassé) : ...si vous désirez qu'on précise les questions...

M. Fortin (Pierre) : Oui, il faut avoir... pardon?

• (15 h 30) •

La Présidente (Mme Chassé) : M. Fortin, si vous désirez qu'on précise les questions ou qu'on les reformule, faites signe, ça va nous faire plaisir.

M. Fortin (Pierre) : Je comprends très bien votre question.

La Présidente (Mme Chassé) : Parfait.

M. Fortin (Pierre) : Il faut essayer tout ça, il faut faire un équilibre avec tout ça. C'est bien évident qu'une immigrante du Pérou, c'est plus facile pour elle d'apprendre le français. Bon, on peut tenir compte de ça, on a même un système de points qui peut en tenir compte. Mais la chose qui est importante, c'est que la francisation a une base qui n'est pas seulement culturelle, identitaire, mais aussi économique.

J'ai deux confrères à l'Université d'Ottawa, Serge Nadeau et Gilles Grenier, qui sont des poids lourds de la recherche sur l'immigration au Canada, qui ont comparé les salaires des immigrants récents à Montréal et à Toronto, O.K., et ils ont évidemment trouvé que parler français à Montréal, c'est un net avantage par rapport à parler anglais, mais qu'à Toronto l'avantage de savoir l'anglais était beaucoup plus puissant pour avoir des bons emplois puis des emplois payants que de connaître le français à Montréal, de sorte que leur conclusion, c'est : renforcer la capacité de parler français à Montréal, pas empêcher les gens de connaître l'anglais, là, au contraire, je veux dire...

Ma mère disait toujours : L'anglais, c'est important, mon Pierrot, la science, le commerce, c'est en anglais, tout ça, mais fais-toi-z-en pas, c'est facile, l'anglais; la preuve, c'est que les Anglais le parlent, O.K., puis ma mère qui était très anglophile. Mais il faut aussi que nos gens apprennent d'autres langues comme le mandarin, l'espagnol et, je ne sais pas, le néerlandais ou l'allemand, c'est bien évident, mais il est important qu'ils comprennent qu'on ait plus de nos gens, des nouveaux arrivants qui s'expriment bien en français, et ça va leur permettre d'avoir des salaires plus élevés, c'est ça qu'on cherche, là, des jobs plus payantes, ces immigrants-là, que s'ils ne parlent que l'anglais. On le voit, d'ailleurs, dans les données du recensement, le bilinguisme à Montréal est beaucoup, beaucoup plus payant que l'unilinguisme anglais. Donc, il y a un aspect économique et pas seulement culturel et identitaire à savoir le français.

La Présidente (Mme Chassé) : ...poursuivre, désolée. Le député de Sainte-Rose, allez-y.

M. Skeete : Merci, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme Chassé) : Ça me fait plaisir.

M. Skeete : Merci beaucoup, M. Fortin, pour votre intervention. J'ai quelques questions à vous demander. Vous avez fait allusion à la capacité d'intégration de la communauté québécoise, et je me demandais si vous pouvez nous en dire un peu plus à ce niveau-là. Est-ce que vous citez des exemples d'études? Est-ce que vous avez... D'où vient votre crainte par rapport au nombre versus la capacité d'intégration?

M. Fortin (Pierre) : C'est très difficile à mesurer. J'ai fait une recherche, il y a quelques années, avec mon confrère Denis Bolduc à l'Université Laval — j'étais prof à l'Université Laval à l'époque, là, maintenant, je suis à l'UQAM, mais je suis encore bon quand même, même si je ne suis plus à Laval — mais alors on a trouvé que la principale variable qui rendait les gens réticents à l'immigration ou qui entraînait des attitudes négatives face à l'immigration, c'était la distance. Par exemple, les gens qui étaient retraités ou les femmes qui restaient à la maison sans travailler...

La Présidente (Mme Chassé) : Il reste une minute.

M. Fortin (Pierre) : ...étaient très nettement plus anti-immigration que les gens qui étaient au travail, par exemple, ou même les chômeurs. On pense : Les chômeurs sont contre les immigrants; non, mais ils connaissent des gens sur le marché du travail qui le sont. Alors, le contact entre la population, les nouveaux arrivants et la population d'accueil, c'est ça qui est fondamental, il faut multiplier ces contacts-là.

Le même sondage de M. Léger, qui va sortir bientôt, montre exactement ça, il montre exactement ça, c'est-à-dire qu'il trouve que les deux tiers des dirigeants d'entreprise de la région de Québec sont d'avis que les contacts entre leurs employés qui sont de souche puis les employés d'origine immigrante sont magnifiques, c'est parfait, et puis ils sont bien accueillis, etc., alors que, dans la population générale, le pourcentage, c'est 30 %, seulement un tiers.

[...]
 

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