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42-1 (27 novembre 2018 - )


LÉVESQUE Sylvain - Chauveau
Immigrant - Intégration - Projet de loi n° 9 - Audition publique - CRC-6: 16

Commission permanente des relations avec les citoyens
Fascicule n°6, 27 février 2019, page 16

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francisation aussi, parce qu'il y a beaucoup de professeurs du MIDI qui sont dans les organismes comme les vôtres. Le ministère de l'Immigration, aussi, sa job maintenant, ça va être de coordonner l'action gouvernementale en matière d'immigration et d'intégration, parce qu'avant on avait Santé d'un bord, Éducation de l'autre, Emploi et Solidarité sociale, puis il n'y avait personne qui était imputable. Tout le monde était imputable dans son petit carré de sable. Mais là ça change, ça va être l'Immigration qui va être imputable. On ramène de la cohérence gouvernementale pour s'assurer d'avoir une vision, là, qui est sur l'ensemble du gouvernement. Ça fait qu'on va être des partenaires avec vous là-dedans.

Et, pour ce qui est des résultats, moi, je compte bien faire en sorte de m'assurer que les gens qu'on accueille, ils puisent être bien intégrés, puis on leur donne les outils aussi pour ce faire. Alors, je suis vraiment dans la même logique que vous au niveau de l'accompagnement, de l'intégration, l'accompagnement personnalisé. Je pense que mes collègues ont des questions aussi, mais je vous remercie beaucoup, puis on aura l'occasion de se revoir à Saint-Antoine.

La Présidente (Mme Chassé) : Merci, M. le ministre. Je cède la parole maintenant au député de Chauveau.

• (12 h 40) •

M. Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est un plaisir, M. Drudi, Mme Al Yahya. Merci beaucoup d'être là aujourd'hui. Puis je trouve ça intéressant parce que, pour avoir été impliqué, dans les dernières années, dans un organisme relativement similaire au vôtre, là, le SAAI à Québec, le service d'aide et d'accueil aux immigrantes et immigrants, je trouve ça très intéressant d'avoir un organisme communautaire qui vient nous parler.

Puis évidemment je suis conscient que, le projet de loi, puis le ministre l'a bien expliqué, là, il y a peut-être des éléments que vous auriez aimé voir apparaître, mais on place les assises juridiques pour améliorer la situation. Et, pour l'avoir vécu comme vice-président de l'organisme, on le voit, là, les problèmes de francisation, les problèmes d'intégration à l'emploi, les problèmes de la reconnaissance des acquis, c'est des problèmes qui deviennent... qui sont récurrents, qui sont mentionnés par les citoyens qu'on accueillait, et les organismes communautaires peuvent jouer un rôle très important, je crois, dans l'intégration des personnes immigrantes au Québec. Puis votre travail est important, puis ça fait longtemps que vous êtes là, puis vous êtes certainement un des plus gros, si ce n'est pas le plus gros, au Québec.

Comment le gouvernement — moi, c'est ça qui me questionne — comment le gouvernement peut vous aider à faire mieux, vous et votre réseau, et comment on peut intégrer davantage le milieu communautaire dans la réussite de l'intégration? Parce que, qu'on le veuille ou non, il y a des gens qui sont venus au Québec, et on en a perdu. Il y a beaucoup de personnes qui quittent vers l'Ontario, vers d'autres provinces canadiennes ou vers d'autres pays, malheureusement. Donc, l'objectif, c'est de les garder chez nous. C'est bien beau de les accueillir, mais après ça il faut qu'ils aient le goût de rester à La Maisonnée.

Mme Al Yahya (Nisrin) : Je vais peut-être vous répondre à travers le volet de l'employabilité, parce qu'une personne qui est en emploi dans son domaine de compétence, sans être déqualifiée, avec des emplois de qualité, avec la possibilité d'être maintenue et bien intégrée dans le milieu aussi, à travers tout le système, à savoir avoir une bonne éducation pour ses enfants, un bon emploi pour son conjoint, avoir aussi accès à tous les services, c'est ça qui va faire que la personne veuille rester. Par contre, si on voit miroiter dans les autres provinces ce qu'on n'a pas chez nous, bien, c'est certain que la personne va se dire : Bien, c'est quoi, l'équation? Je vis au Canada.

Aussi, je vous dirais que quelque chose de très important, c'est que, nous, l'une de nos valeurs de base, puis je ne cesserai jamais de le dire, c'est la langue française. Alors, comment faire que les gens aiment notre langue et comment qu'ils peuvent se l'approprier aussi? Parce que, et c'est pour ça qu'on parlait de franciser en milieu de travail, les gens ont besoin de travailler très rapidement, parce que la personne, quand elle arrive, elle a besoin de mettre du pain sur sa table. Et puis c'est un parcours migratoire qui est long et qui est lourd.

Ce qu'on est en train de voir, ce n'est pas le jour d'aujourd'hui, quand la personne est là, que je veux la maintenir, mais c'est quoi qui était derrière son rêve d'immigration? Comment est-ce que je vais pouvoir réaliser son rêve avec elle? Alors, je pense que le gouvernement, dans son rôle, devrait comme renforcer d'une part un financement, d'autre part une capacité d'accès et puis aussi d'accompagnement des organismes communautaires dans leur intervention auprès des entreprises, parce que c'est un volet qui, actuellement, n'existe pas. On parle d'accompagnement de la personne, mais on ne parle pas de l'accompagnement de l'entreprise en tant que telle pour mieux inclure et préserver.

M. Lévesque (Chauveau) : Le volet employabilité, le volet reconnaissance des acquis et le volet francisation, beaucoup de groupes nous en ont parlé et vont continuer à nous en parler. Je suis entièrement d'accord, puis c'est primordial et au coeur de l'intégration des personnes immigrantes, mais il y a un bout que j'aurais aimé que, peut-être, vous alliez un peu plus loin parce que peu auront l'expertise que vous avez sur les autres difficultés : se trouver un logement, l'accompagnement pour remplir des fois des formulaires gouvernementaux, la période de l'impôt, il y a tellement de problèmes sociaux liés à l'intégration qui fait que les gens trouvent ça lourd, des fois, d'être au Québec. Et je sais qu'il y a peu d'organismes qui vont venir nous parler qui ont l'expertise pointue que vous avez dans l'accompagnement de ces personnes-là. Pouvez-vous nous en parler pour nous sensibiliser à cette problématique?

Mme Al Yahya (Nisrin) : Oui, bien sûr. En fait, en ce qui concerne le logement, par exemple, La Maisonnée a tout un volet au niveau du logement, elle s'occupe carrément de la personne à partir de ses premières démarches d'installation, l'obtention du logement. On a aussi un service de dépannage alimentaire, on a des groupes d'achats qui sont présents au sein de nos services. On a aussi la possibilité pour les personnes d'avoir accès à faire leurs déclarations d'impôt. D'ailleurs, ça s'en vient très rapidement, je ne rappelle ça à personne. Mais, en fait, en même temps, ce qu'il y a de très génial là-dedans, c'est qu'on offre une trentaine de services sous notre toit, et c'est là où notre expertise est un incontournable. Je vous

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