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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


OUELLETTE Guy - Chomedey
Exploitation sexuelle - Personne mineure - Audition publique - CSESM-1: 11

Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des
Fascicule n°1, 4 novembre 2019, page 11

[...]

M. Pelletier (Martin) : Si je peux me permettre, juste un commentaire en lien avec Fugueuse. L'émission Fugueuse et le phénomène de la fugue, ce n'est pas tous les fugueurs qui se retrouvent victimes d'exploitation sexuelle. Je veux juste le préciser parce que souvent on associe les deux, fugueuse et exploitation sexuelle. Ce n'est pas tous les jeunes qui se retrouvent victimes d'exploitation.

Le Président (M. Lafrenière) : Bien compris, merci. Député de Chomedey.

• (15 heures) •

M. Ouellette : C'est beaucoup de mesures... Bien, bienvenue, pour commencer. C'est beaucoup de mesures, et je pense qu'on va en entendre dans les quatre prochains jours. Dans un monde idéal, on aurait besoin d'un peu plus de cohérence. On nous demande un... Et puis je pense qu'on est tous animés du même désir de cohésion. Si, nous autres, on peut s'entendre, ça va vous aider à vous entendre puis à faire en sorte qu'un programme extraordinaire à Laval, un programme extraordinaire à Montréal... Mais c'est des machines qui ne se parlent pas. Et, à la fin de la journée, il suffit que mon jeune, il soit rendu à Mont-Laurier, puis, woups! la machine est déréglée.

J'ai tiqué un peu quand vous m'avez parlé de Sécurité publique Canada, pas parce que je ne les aime pas, mais : Il n'y a pas d'argent à Québec? Ah! il y en a à Ottawa. La reddition de comptes est bien différente. On peut-u s'occuper de nos affaires chez nous? Y a-tu des recommandations à faire? Peut-être, M. Brochet, peut-être vous autres aussi, il doit y avoir des recommandations à faire au Code criminel. Je comprends qu'on peut régler des affaires au Québec, mais, si je n'ai pas de support d'Ottawa... Je ne sais pas ce que vous en pensez.

M. Brisebois (René-André) : En fait, le point... l'importance de la concertation, je pense qu'on l'a nommée, et même nos collègues aussi à Laval, c'est très important. La concertation, c'est à tous les niveaux, y compris au niveau, j'ai le goût de dire, politique. Quand vous nommez Sécurité publique Canada, effectivement, le projet Sphères est financé au fédéral. C'est un financement quand même soutenu pour un projet sur cinq ans puisqu'on sait que ça prend des fonds quand même assez importants pour accompagner ces jeunes-là, ces victimes-là. Donc, c'est sûr et certain que, dans un monde idéal, si je peux me permettre, si les différents ministères... et même au niveau provincial, entre les différents ministères, donc, au Québec, il y avait une concertation par rapport aux fonds disponibles pour prévenir et intervenir sur le phénomène de l'exploitation sexuelle, nos interventions ne pourraient qu'en bénéficier, être bonifiées, ça, c'est sûr et certain.

Actuellement, on voit qu'il y a beaucoup de financements qui s'offrent et c'est des financements qui permettent des initiatives très intéressantes, vraiment. Malheureusement, des fois, on dédouble des initiatives. Donc, si on se parle à tous les niveaux et on se concerte à tous les niveaux, c'est sûr et certain que nos interventions vont être améliorées.

M. Brochet (Pierre) : Peut-être, au niveau criminel, c'est un projet de loi, qui, à ma connaissance, n'a pas été adopté encore, où on renverserait le fardeau de la preuve. Puis ça, évidemment, ça viendrait, de façon assez considérable, aider les services policiers au Québec et au Canada, parce qu'on connaît... Je vous ai parlé tout à l'heure des difficultés à établir une preuve avec les témoignages, la collaboration, des fois, qui est minimale ou absente, des victimes pour toutes sortes de raisons. Alors, le renversement du fardeau de la preuve, ça viendrait nous aider de façon importante.

Le Président (M. Lafrenière) : Merci beaucoup. Ça se passe très bien, il nous reste 10 minutes. Alors, je vais prendre l'expression consacrée d'un animateur de radio, on va essayer d'y aller en rafale. Alors, la collègue de Gaspé.

Mme Perry Mélançon : Donc, merci, M. le Président. Donc, vous êtes dans des secteurs assez touchés, là, par ce phénomène-là. Donc, je vais en profiter, parce que vous parlez de prévention, sensibilisation, je suis tout à fait d'accord avec ça, mais comment est-ce qu'on peut vraiment casser la demande si on a autant d'établissements qui offrent des services sexuels? Ça, c'est quand même une problématique à laquelle vous êtes confrontés. Qu'est-ce que vous en pensez, de ce phénomène-là, qu'on soit dans les provinces qui offrent le plus de services sexuels directement dans des commerces?

M. Brochet (Pierre) : Comme on disait, nous, on pense qu'il faut aller travailler sur la culture de la société, sur les valeurs de la société du Québec. C'est plate, des fois, on n'aime pas voir ça, là. Mais, je le disais tantôt, les arrestations qu'on fait des abuseurs, là, donc c'est des citoyens moyens. Et tant qu'on ne travaillera pas sur les mentalités, les façons de penser... Puis ça peut aussi toucher même la prostitution adulte parce qu'il y a un enjeu dont on discute souvent, c'est qu'est-ce qui se passe à 17 ans. Elle est mineure, mais à 18 ans elle est majeure. Mais elle a été brisée à l'âge de 14, 15 ans.

Ça fait que c'est beaucoup par la prévention, par la réparation, par différents moyens, mais on continue de penser que, devant nos trois dernières années d'expérience suite à la crise qu'on a vécue, il faut vraiment travailler sur la demande, parce que, tous nos autres efforts, il faut continuer, c'est clair, dans cette direction-là, mais ils vont demeurer vains, un peu comme le trafic de drogue. Vous savez, le trafic de drogue, moi, ça fait 34 ans que je suis policier, puis on combat la drogue à tous les jours, mais la demande est là. Tant que la demande est là, tu as des motards criminalisés, tu as des gangs de rue qui prennent la relève puis qui vendent de la drogue. Donc, au moins, si on pouvait diminuer la demande, je pense que la solution est là.

Mme Perry Mélançon : Ma question, en fait, peut s'adresser au CIUSSS. Bien, vous avez mentionné que vos programmes portent fruit quand même, mais qu'il y a toujours un peu la difficulté de la confidentialité des données. Est-ce que c'est juste une question que vous réussissiez à gagner la confiance de ces victimes-là en leur disant que ça ne sera pas dévoilé? Pourquoi on a un problème de partage de ces données-là? Comment on peut améliorer ça?

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