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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


OUELLETTE Guy - Chomedey
Exploitation sexuelle - Personne mineure - Audition publique - CSESM-1: 18

Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des
Fascicule n°1, 4 novembre 2019, page 18

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réponse au besoin, tout ça dans un environnement qui va être sécurisant, c'est quand même un changement de paradigme majeur.

Pour ma part, avec certains milieux d'intervention, on est en train d'implanter un outil d'accompagnement, pas seulement dans les cas d'exploitation sexuelle, mais pour des adolescentes et des jeunes femmes qui sont très vulnérables, très en difficulté, où on travaille sur les forces de ces filles et de ces femmes, plutôt que d'identifier, de pointer toujours leurs risques, leurs déficits et leurs problèmes. Et ça amène aussi l'équipe d'intervenants à reconnaître les forces de ces jeunes femmes et de changer leurs façons de concevoir l'intervention. Donc, ça peut être une piste. Mais la gestion du risque, dans nos milieux, elle est bien, bien ancrée et avec des raisons qui sont solides, mais on doit aller changer la lunette pour dire comment on peut répondre aux besoins de ces filles et surtout comprendre comment l'engagement dans la prostitution peut répondre à certains de leurs besoins et essayer que ces filles puissent combler leurs besoins autrement qu'en étant exploitées sexuellement.

Le Président (M. Lafrenière) : Merci beaucoup. Députée de Roberval.

Mme Guillemette : Merci, M. le Président. On parlait du continuum de services. J'ai trouvé ça très intéressant, mais, en même temps, ça peut être stigmatisant si elles sont toutes dans le même endroit. Donc, je pense qu'il faut faire attention à ça, et, en région éloignée, on a peut-être moins de disponibilité, là. Est-ce que ça pourrait être une avenue, de mettre à profit les maisons d'hébergement? Ce n'est pas dans leur mission, ce n'est pas dans leur créneau, mais, si on les accompagnait et on les soutenait, est-ce que ça pourrait être une clientèle compatible avec celle qu'elles ont déjà?

Mme Laurier (Catherine) : Je pense que... Vous me posez la question, puis c'est ma première chose que j'aimerais vous répondre, mais le besoin de protection est là, puis je pense que c'est par rapport au besoin de protection que vous devez faire référence à ces maisons, mais, là encore, on est très sensibles aussi. On ne veut pas que ces femmes soient encore plus stigmatisées, hein, puis que... Donc, peut-être que c'est une avenue qu'on pourrait explorer, mais tout en prenant en compte qu'on veut aider les femmes à se développer dans leur globalité avec leurs propres objectifs aussi à elles, parce qu'au niveau de leur identité, on vous l'a démontré, elles ont une identité fragilisée, hein, en lien avec toutes ses expériences de victimisation qu'elles peuvent avoir vécues dans le contexte de la prostitution. Donc, je pense que les services de protection, on a ça. Ça dépend comment on travaille avec ces maisons, mais peut-être que ça pourrait être une avenue.

• (15 h 50) •

Mme Lanctôt (Nadine) : ...si je peux ajouter, je me souviens de certaines femmes qui ont participé à notre recherche qui nous disaient : Parfois, on me réfère, justement, à des maisons d'hébergement pour femmes violentées, violence conjugale. C'est ce à quoi vous faisiez référence. Et puis certaines nous ont dit : Mais ce n'est pas ça, ce n'est pas là où j'appartiens, moi. J'entre là, puis ce n'est pas fait pour moi, je ne suis pas une victime de violence conjugale. Donc, c'était dans leurs mots.

Maintenant, je pense que la voix des femmes, elle est importante, de leur demander qu'est-ce qu'elles penseraient de ces services-là, parce qu'elles sont capables de nous répondre d'une façon articulée, de voir aussi là où il y a des écueils dans les services qu'on leur offre. Mais, à première vue, j'aurais tendance à vous dire que c'est les premiers échos qu'on avait, certaines femmes, du moins, qui nous ont dit : Je ne me sens pas à ma place quand je vais là, ce n'est pas ça, ma problématique à moi. Et souvent ce qui arrive, c'est que les femmes qui sont dans le milieu de la prostitution vont avoir beaucoup d'autres difficultés en cooccurrence, dont des problèmes de consommation, toxicomanie, et puis là, parfois, les critères d'admission ne convenaient plus parce que, si elles avaient un problème de toxicomanie, elles ne pouvaient pas aller dans telle maison d'hébergement, par exemple. Alors là, ça devient une roue qui tourne, que, pour avoir accès à un service, elles devaient régler un autre problème, mais, pour régler ce problème, elle devait en régler un autre. Puis elles disaient : Mais finalement les critères ne sont pas faits pour moi.

Mais aussi on a eu cette discussion de, oui, L'Oasis, c'est un beau concept, mais il faut réfléchir à l'effet peut-être délétère de la stigmatisation, c'est à garder en tête.

Le Président (M. Lafrenière) : Merci beaucoup. Député de Chomedey.

M. Ouellette : Merci. On vous entend, puis c'est très intéressant. Je me questionne beaucoup quand vous parlez des services de protection, parce que c'est la base de tout. Présentement, est-ce qu'on est à la bonne place, de penser qu'on n'a pas les bons services, ou c'est le réseau qui est surchargé, ou que le besoin de protection, qui est la base de tout, là... En partant du moment où elles sont protégées, on peut aller en rétablissement puis on peut aller en réinsertion. Puis, dans le besoin de protection, il y a toute l'influence extérieure aussi, là, qui est... il y a un degré de dangerosité sous l'influence extérieure.

Vous avez fait une réflexion. Je me sens un petit peu impuissant, dans la réflexion que vous me faites, en me disant : Bon, qu'est-ce c'est que c'est que je peux faire comme parlementaire, qu'est-ce qu'on peut faire comme parlementaires, législativement, pour vous aider, pour ne pas surcharger le réseau, pour ne pas faire en sorte que c'est toujours les mêmes, pas juste notre clientèle, mais les gens qui ont à intervenir? On va leur demander de faire de la protection, du rétablissement, de la réinsertion, on va les chercher émotivement, vous avez fait cette réflexion-là, mais je me dis : Vous nous suggéreriez quoi pour qu'on aille plus loin, là? C'est là qu'il faut que vous nous le disiez, là, aujourd'hui, là, parce que je veux me sentir plus confortable. Puis, quand je dis «je veux», là, ce n'est pas juste moi, mais je veux qu'on se sente plus confortables de faire en sorte de vous donner les bons outils dans le système.

Mme Lanctôt (Nadine) : On peut penser, selon nos statistiques et d'autres statistiques semblables, notamment aux États-Unis et même en Europe, parmi les adolescentes qui sont placées, donc l'équivalent de nos centres jeunesse,

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