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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )


OUELLETTE Guy - Chomedey
Exploitation sexuelle - Personne mineure - Audition publique - CSESM-4: 22-3

Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des
Fascicule n°4, 7 novembre 2019, pages 22-23

[...]

Le Président (M. Lafrenière) : Vous vous êtes enregistrée tôt aujourd'hui.

Mme Weil : Bien, c'est parce que je pense que je suis la dernière à lever la main. Donc, l'éducation, est-ce que vous avez des occasions, vous, d'aller... Est-ce que vous avez eu l'occasion d'aller dans des écoles et de parler de ces enjeux? Est-ce que vous avez des programmes déjà que vous avez commencés pour échanger avec les jeunes sur ces enjeux-là?

M. Guertin (Sylvain) : Au niveau de la... Vous parlez peut-être moins au niveau de l'EILP, mais, si on parle d'un niveau... Chaque organisation policière a un volet prévention, là, avec les différentes écoles. À titre d'exemple, la Sûreté du Québec, on a 80 policiers qui sont policiers intervenants en milieu scolaire, qui doivent, à leur quotidien, faire des activités de prévention avec les écoles, c'est du rapprochement avec les directions d'école, rencontrer les jeunes. Il y a différents thèmes qui sont abordés dans le cadre de ces rencontres-là. Ça fait que, oui, il y a des programmes qui existent. Chaque organisation policière, la prévention, c'est...

Mme Weil : Mais sur cet enjeu?

M. Guertin (Sylvain) : Sur cet enjeu entre autres, oui, c'est un des aspects, tout dépendant des problématiques qui sont vécues dans les villes ou les écoles où est-ce qu'on est.

Mme Weil : Vous trouvez que l'échange est bien? Vous êtes capables de rejoindre les jeunes?

M. Guertin (Sylvain) : Oui. Dans les écoles, oui.

Mme Weil : Bien, les rejoindre dans le sens de la compréhension de tout ça puis la sensibilisation.

M. Guertin (Sylvain) : Bien, c'est sûr que notre travail, avant tout, on est...

Mme Weil : Non, mais c'est un succès, là, dans le sens que vous réussissez à engager les jeunes? Parce que c'est une des recommandations fortes. Donc, c'est de s'assurer de bien connaître l'expérience, comment ça se vit, puis si les programmes ont besoin d'être renforcés, adaptés, quels sont les enjeux dans ces programmes, quelles sont les faiblesses, les forces. C'était vraiment dans ce sens-là.

Le Président (M. Lafrenière) : ...questions multiples.

Mme Weil : Bien, ça va. Je voulais juste expliquer parce que, oui, il y a des programmes, mais on veut faire des recommandations, donc vous avez peut-être un éclairage.

M. Guertin (Sylvain) : On est ouverts à regarder toutes les options. Si on s'inspire de ce qui fait de mieux ailleurs, on est prêt à regarder les différentes options puis de trouver les meilleures solutions, peu importe la ville ou la région du Québec qui pourrait bénéficier de ces programmes-là, bien entendu.

Mme Weil : Merci.

Le Président (M. Lafrenière) : Député de Chomedey.

M. Ouellette : Merci. Bienvenue. À 15 enquêteurs, on réalise, avec vos commentaires, que, bon, vous ne nous le dites pas, là, parce que vous ne devez pas insécuriser le monde, mais vous n'avez pas assez de monde pour faire juste ce que vous avez mentionné aujourd'hui. Si vous faites juste des enquêtes, vous ne pourrez pas faire de formation, vous ne pourrez pas faire de prévention. Puis juste un dossier d'enquête, vous dites, vous avez 15 enquêteurs, juste un dossier d'enquête, c'est quatre enquêteurs, ça prend un temps de fou. Après ça, on s'en va en cour, on vous neutralise en dedans de six mois, puis on n'en parle plus.

Je comprends que vous avez un mandat de coordination, et ce que ma collègue de Notre-Dame-de-Grâce parle, au niveau des écoles, etc., puis ce que vous nous relatez aujourd'hui, dans un monde idéal, vous devriez être capables de coordonner une formation provinciale pour les patrouilleurs avec l'École nationale de police, vous devriez avoir des outils législatifs pour qu'il y ait un échange d'information pour qu'on ait une efficience plus grande sur le terrain. Je vous dirai... Et je vous admire, à Montréal, l'EILP est à Montréal, est coordonnée à Montréal, on est en milieu urbain, ils sont chanceux. Exactement comme on a dit aux gens de Québec hier, avec la cohérence, avec toute la cohésion qu'il y a des différents services à Québec ils sont chanceux, ils l'ont directement dans leur ville.

Le crime organisé va toujours profiter de la désorganisation du système ou le fait que le système n'est pas là. Dès que le crime organisé va s'en aller sur la Rive-Nord, bien là on s'en va en niveau 2. On a eu les gens de Sherbrooke qui sont venus nous dire hier : On aimerait bien ça, faire du proxénétisme, mais on est juste en niveau 2, il faut avoir un niveau 3. Donc, il faudrait faire traverser le chemin. On a eu un autre directeur de police, de Gatineau, qui est venu nous dire : J'en ai deux à l'EILP, c'est une préoccupation, c'est une priorité, mon monde, chez nous, nous disent que c'est les deux premières priorités qu'il devrait y avoir à Gatineau, mais je n'ai pas assez de volume pour avoir des enquêteurs dédiés. J'en ai deux à l'EILP, mais je n'en ai pas au niveau... localement, dans son service de police, puis il y a quand même 280 000 personnes à Gatineau.

Je vous entends quand vous me parlez des procureurs dédiés, je ne vous ai pas appelé, mais j'ai passé ces genres de commentaires là, là, dans les derniers jours, et je pense que c'est très, très, très important. Je veux dire, le message que vous nous donnez aujourd'hui, vous avez besoin d'aide pour être en mesure de pouvoir nous aider, puis je pense que vous nous sensibilisez à l'aide que vous avez besoin, et on a pris des très bonnes notes. Ce sera un commentaire, M. le Président.

Le Président (M. Lafrenière) : Commentaire enregistré.

M. Ouellette : Merci.

Le Président (M. Lafrenière) : Merci. Députée de l'Acadie.

Mme St-Pierre : Merci, M. le Président. Alors, moi, j'ai quelques questions, mais je vais vous demander des courtes réponses parce que je pense qu'on a beaucoup de questions à vous poser. Tout d'abord, vous avez parlé de vos effectifs, mais, dans l'idéal, dans vos rêves les plus fous, ce serait... vous auriez besoin, là... puis compte tenu de ce qu'on vit présentement au Québec et de la situation au Québec, vous évaluez à combien d'effectifs pour être capables de faire votre travail correctement? Je parle d'effectifs policiers, puis on pourra peut-être, à un moment donné, parler des autres systèmes, mais, vos effectifs, ce serait combien, idéalement?

Mme Barabé (Brigitte) : Idéalement, nous, c'est trois pôles, comme j'ai mentionné tantôt, donc le pôle à Montréal, qui est déjà là, et un pôle à Québec.

Mme St-Pierre : Oui, mais, quand vous dites : Un pôle, ça ne me dit pas combien de personnes, ça.

Mme Barabé (Brigitte) : Il faut l'évaluer avec le nombre de dossiers aussi qui va arriver de toute la région est et de la région ouest. Donc, il faut faire un portrait provincial qui est en train d'être fait actuellement pour réellement évaluer le besoin, mais il faut minimalement quatre enquêteurs, comme monsieur disait tantôt, parce qu'en bas de quatre on n'est pas capables de faire les dossiers d'enquête. Donc, il faut un minimum de quatre dans chacune des équipes, mais il faut greffer un superviseur aussi parce que la supervision à distance ne fonctionne pas bien pour l'EILP, nous ne sommes pas en mesure de coacher les policiers adéquatement pour les former adéquatement pour les dossiers.

Mme St-Pierre : O.K. Est-ce que l'idée de pôles régionaux, ça nécessiterait des changements législatifs, oui ou non?

Mme Barabé (Brigitte) : Non.

• (15 h 40) •

Mme St-Pierre : Non? O.K. Maintenant, vous avez parlé des proxénètes, vous avez parlé des victimes, mais pas grand-chose sur les clients, puis moi, je suis un peu inquiète, là, de ce que j'entends depuis le début de la semaine, parce que je ne nie pas les efforts des forces policières au Québec, mais hier, là, Gatineau nous ont dit que, depuis 2016, ils ont eu 12 cas, ils ont eu 12 arrestations, puis ça comprenait des proxénètes, peut-être un ou deux clients. Je veux dire, ce n'est pas beaucoup pour le volume de l'activité dans ce domaine-là. Puis je ne blâme pas la police de Gatineau, là, c'est juste... Le client abuseur, j'ai l'impression qu'il nous écoute, puis il est mort de rire. Depuis une semaine, là, c'est le feeling que j'ai. Lui, il est chez eux, là, puis il regarde ça, là, puis il dit : Oh boy! C'est le fun, c'est vraiment mon terrain de jeu, là.

Mme Barabé (Brigitte) : Bien, tel que mentionné plus tôt par mon collègue, le mandat de l'EILP ne vise pas directement les opérations clients, on assiste vraiment les autres services de police pour pouvoir les coacher pour qu'ils puissent effectuer les opérations clients de façon efficace. Plus tard, au nom du SPVM, je pourrai vous expliquer ce qui est fait au SPVM pour vous expliquer que les clients, oui, on s'y attarde.

Mme St-Pierre : O.K. On compte sur vous.

Le Président (M. Lafrenière) : Merci beaucoup. Député d'Hochelaga-Maisonneuve.

M. Leduc : Oui. Merci, M. le Président. Merci d'être, là, c'est très apprécié. Je veux rouler un peu sur cette question-là des opérations clients. Il semblait... Si je me rappelle bien les prédécesseurs qui sont passés avant vous, le Service de police de Laval, si je ne me trompe pas, avait l'air un peu critique de ces genres d'opérations là en disant... pas critique sur la pertinence, mais comme solution, en disant que, si on en fait trop, ça va se savoir dans le milieu, puis ils vont juste aller ailleurs, puis que ça ne serait pas une solution à mettre systématique. Parce que souvent, dans la commission, on cherche à casser la demande, vous avez peut-être entendu les témoignages précédemment, puis, évidemment, spontanément, on pense à ça. Pourquoi on ne systématise pas plus les opérations clients? Est-ce qu'il y a un danger de faire ça, que, dans le fond, ça s'adapte puis qu'on fasse ça dans le vide?

M. Guertin (Sylvain) : C'est sûr que, si les organisations policières, de façon concertée dans différentes villes du Québec, procèdent à des opérations qui visent des clients qui demandent les services rémunérés de jeunes victimes mineures, j'espère que ça va réduire l'attrait puis j'espère que ça va changer un comportement. C'est le but visé par ces opérations-là, puis, en les publicisant, si ça peut en décourager plusieurs, je pense que notre rôle est atteint également.

[...]
 

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