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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )

Assemblée
Fascicule n°46, 29 mai 2019, page 2989

[...]

Puis, dans ce cas-ci, on traite avec du monde qui traite du monde. Alors, un peu d'humanité avant les chiffres. Parce que, oui, on va sauver de l'argent avec les suppressions de postes, mais est-ce que cet argent-là sera réinvesti dans la santé, dans les soins? Est-ce que les gens qui ont perdu leurs postes pourraient être minimalement bien traités? Ce n'est pas des chiffons, ce n'est pas des guenilles qu'on peut mettre dans le bac à recyclage une fois qu'on a fait le ménage avec, ce n'est pas comme ça que ça devrait marcher.

La ministre nous a dit par ailleurs qu'il n'était plus question de couper, qu'on a atteint, si j'ai bien compris ses mots, et c'étaient ses mots... on a atteint un plancher chez les cadres. Alors, on reste environ à 10 000. Elle ne prévoit pas pour le moment, nous a-t-elle dit, réembaucher, mais au moins on a l'assurance, ça a été écrit quelque part, là, dans les verbatims des commissions, qu'elle s'engage à ne pas descendre en bas de ça. Ça, c'est déjà une bonne nouvelle en soi. Cela dit, on est peut-être rendus à un moment, d'autant qu'on a des surplus, d'autant que le réseau est mal foutu, le réseau de la santé, il est peut-être le moment de revoir... le temps est peut-être venu de revoir le processus d'embauche et de réorganisation du réseau, en s'évitant, cette fois-ci, le psychodrame d'une réforme menée tambour battant, au mépris total des gens qui se font bousculer par ça.

Lors de l'étude détaillée, et la ministre l'a redit ce matin, on en prend note, elle a dit qu'il y aura des rencontres. Malheureusement, il n'y en a pas eu avant, mon collègue de Pontiac l'a dit, et c'est malheureux, d'autant que la mesure rétroactive est assez détestable, comme je le disais. Alors, je comprends qu'il y aura maintenant une nouvelle collaboration, c'est ce à quoi s'engage la ministre. On en prend bonne note. Ce serait bien, effectivement, qu'il y ait une certaine collaboration avec les gens qui sont touchés, notamment les gestionnaires. Et ça tombe bien, parce que la ministre de la Santé est une ancienne gestionnaire du réseau.

Par contre, on note qu'il n'y a pas eu les rencontres avant, que ça a un peu, beaucoup pourri les relations, qu'il est même possible... il est même question de possibles contestations, là, jusqu'à l'ONU, à Genève, devant le conseil international du travail. Est-ce que c'est sérieux? Est-ce que ça ira de l'avant? Qui sait? Je ne sais pas. Ce que je sais, par contre, c'est que les relations de travail ne sont pas très bonnes, les relations entre l'employeur et les employés ne sont pas très bonnes, et j'invite la ministre à tenir parole là-dessus et à rouvrir le canal de communication avec les gens qui ont été touchés par les réformes du précédent gouvernement, puisqu'elle s'engage — et ça aussi, on en prend bonne note — à ne pas descendre en dessous du plancher actuel du nombre de cadres dans le réseau de la santé.

L'adoption du p.l. n° 7, qui est un tout petit projet de loi, de quatre articles, qui a quand même des répercussions, je l'ai dit tout à l'heure, ça ne doit pas, donc, être le point final de cette histoire, ça doit être le début d'une nouvelle relation, qui a été malmenée entre la titulaire du ministère — c'était le titulaire, avant — de la Santé et les employés, notamment les gestionnaires. Donc, on l'encourage, on l'encourage à faire preuve d'ouverture. Et la bonne foi se présume, Mme la Présidente, alors présumons la bonne foi de la ministre dans ce cas-ci.

Par ailleurs, rapidement, les sommes sauvées en vertu du p.l. n° 7, qui fait donc passer de 24 à 12 mois l'indemnité de départ, les sommes sauvées, donc, pour le trésor public, s'élèvent à 118,5 millions. C'est très précis, 118,5 millions. Je seconde les propositions et questions de mon collègue de Pontiac. Où ira cet argent? Est-ce qu'on peut s'assurer qu'il y aura, en bon français, un tag dessus, et que ce sera écrit «santé», et que ça ira effectivement vers la santé? Auquel cas on aura quelques suggestions à faire à la ministre, parce que les endroits où on pourrait réinvestir en santé sont, ma foi, assez nombreux.

• (12 h 30) •

Ensuite, on l'a vu pendant l'étude article par article, il y a un taux de roulement effarant parmi les cadres du réseau de la santé. En fait, au ministère de la Santé, on l'a vu récemment, c'est encore pire, mais, chez les cadres de la santé, notamment parce qu'il y a eu cette réforme, il y a un taux de roulement absolument effarant, qui a atteint jusqu'à 16 % en 2016‑2017. Ça, Mme la Présidente, tu n'as pas besoin d'un doctorat en gestion de ressources humaines, là, pour comprendre qu'un taux de roulement de 16 %, dans une organisation, là, c'est intenable, c'est intenable. C'est des portes tournantes. Il doit y avoir des méchants courants d'air dans les hôpitaux puis les CIUSSS, au Québec, parce que ça rentre puis ça sort aussi vite que c'est rentré. 16 % de taux de roulement. Ça tend à vouloir se replacer un peu, et on encourage le gouvernement et la ministre à s'assurer de stabiliser le réseau, puisque, je répète, on travaille ici avec des êtres humains, pas des machines, pas des logiciels.

Le taux de roulement, évidemment, il a été aggravé par la réforme du précédent gouvernement, c'est clair. Et, même si nous sommes d'accord avec le principe et la finalité du projet de loi n° 7, dont nous voterons en faveur, nous restons vigilants. Nous prenons note de la bonne foi de la ministre. Nous l'encourageons à tenir parole, notamment, sur son engagement de main tendue aux gestionnaires et pour tout le réseau aussi.

Et je profite aussi de l'occasion pour répéter qu'un des principaux problèmes dans le réseau de la santé qui ont vraiment dérangé les Québécois et les Québécoises au cours des deux, trois dernières années, c'est la rémunération absolument indécente des médecins spécialistes, qui font, je tiens à le dire, de l'excellent boulot, qui sauvent des vies tous les jours mais qui gagnent néanmoins un salaire indécent, et le gouvernement s'est engagé à revoir cela. Si on est capables de s'entendre pour mettre fin, pour les gestionnaires de l'État, à des indemnités de départ qu'on juge hors normes, on devrait être encore plus capables, Mme la Présidente, de s'entendre, et nous serons avec le gouvernement là-dessus, pour ramasser l'argent qu'on a donné aux médecins spécialistes, qui ont des salaires, je répète, indécents. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Jonquière.

M. Sylvain Gaudreault

M. Gaudreault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Alors, je n'ai pas l'intention d'insister longuement et de faire un long plaidoyer concernant le projet de loi n° 7, Loi concernant certaines conditions de travail applicables aux cadres du réseau de la santé et des services sociaux.

[...]
 

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