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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )

Commission permanente des institutions
Fascicule n°6, 19 février 2019, page 31

[...]

d'entrée de jeu, un directeur qui serait signé la première fois sept ans, de lui redonner un autre sept ans, tu sais. Dans le fond, c'est un maximum, mais le gouvernement peut renouveler deux ans, quatre ans et renouveler aux bonnes périodes, c'est-à-dire que, dans un deuxième mandat, il y a toujours des périodes critiques à remplacer un directeur.

Mais moi, je pense, puis c'est ce que je vous disais d'entrée de jeu... Aujourd'hui, nous avons un projet de loi dans lequel on parle d'un deux tiers. Moi, ce que je vous dis, c'est : Avant de renouveler un directeur, c'est de l'évaluer. Toutes les années, on a des évaluations de rendement, comme employés des emplois supérieurs. À chaque année, on a une reddition de comptes à faire aux études de crédits. Vous êtes à même d'être capable de juger si vous avez un bon ou une bonne directrice. Vous êtes à même de voter par la suite de le prolonger ou non. Ce n'est pas une obligation.

Mais, lorsqu'on regarde l'histoire, il y en a eu des bons, il y en a eu des moins bons. Il y en a eu un très bon, qui s'appelle M. Beaudoin, qui a fait 16 ans à la Sûreté du Québec. C'était un excellent directeur, un excellent ambassadeur. Mais je suis bien d'accord avec vous que, si vous en avez un pas bon, c'est long, 14 ans. Mais ça sera à vous de ne pas le renouveler, de ne pas le garder, parce qu'on a des comptes à rendre, on doit vous rendre des comptes.

Alors, moi, je ne dis pas de donner quelque chose d'absolu, vous allez être pris avec un gestionnaire qui n'est pas le bon, là, tout au contraire. Mais, si vous en avez un bon puis si vous jugez, comme parlementaires, que ce n'est pas le temps de le changer, parce que vous voulez une paix sociale, une stabilité, les rendements sont au rendez-vous, moi, je vous dis juste que ça vous enlève cette possibilité-là de pouvoir le garder. C'est ça, mon explication, mais ce n'est pas d'obliger aucun parlementaire, tout au contraire, tout au contraire. Moi, je considère que je dois vous rendre des comptes à chaque année puis je dois être évalué à chaque année.

Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Je vais céder la parole maintenant à la députée de Duplessis, du deuxième groupe d'opposition, pour une période de 3 min 52 s. Mme la députée.

Mme Richard : Merci, M. le Président. Madame et messieurs, M. Prud'homme, je suis d'accord avec vous, quand vous parlez de stabilité, surtout pour un corps policier tel que la Sûreté du Québec. On aurait aimé avoir une telle stabilité aussi avec l'Unité permanente anticorruption. Vous êtes plus à même que moi, je pense, d'avoir constaté tout ce qui s'est passé. On voulait de la stabilité, en tout cas, pour une certaine période, de la confiance aussi, une unité qui était indépendante de différents corps policiers, entre autres de la Sûreté du Québec, pour mener à bien certaines enquêtes. Malheureusement, ça n'a pas donné les résultats qu'on aurait espérés.

Et vous avez parlé beaucoup de reddition de comptes, je suis bien d'accord avec vous. Je connais moi aussi, les liens qui peuvent... Moi, je dis toujours : Il faut faire une différence entre notre vie professionnelle et personnelle. Mais la façon dont M. Lafrenière a démissionné de l'UPAC... il n'y a pas eu de reddition de comptes. Il est parti, on venait de renouveler son mandat pour un autre cinq ans. On l'avait fait, là, à ce moment-là. Il y a des gens qui ont eu confiance en M. Lafrenière, qui lui ont renouvelé son mandat, puis ce n'était pas l'ensemble des parlementaires, je tiens juste à le préciser, et il est parti en claquant la porte.

Donc, c'est pour ça que nous, on a proposé que, pour une durée... peut-être, dans un premier mandat, que ce ne soit vraiment pas quelqu'un justement... spécifiquement pour l'Unité permanente anticorruption, que ce ne soit pas un policier mais que ce soit plutôt un civil qui a les qualifications que vous avez parlé tantôt — je ne veux pas les énumérer, je n'ai pas assez de temps — et passe par tout le processus de sélection. Mais vous êtes d'accord avec moi qu'il aurait dû y avoir reddition de comptes, on ne peut pas quitter de telles fonctions en claquant la porte comme ça s'est fait.

M. Prud'homme (Martin) : Alors, Mme la députée, à votre question, peut-être une suggestion que je pourrais échanger avec la commission, c'est de dire : À terme, vous allez choisir, si vous voulez un jour prendre, pour le nouveau commissaire, un policier, un ancien policier, une personne civile. Moi, je vous dirais, la recommandation, c'est peut-être de laisser ça ouvert, dans le sens que, souvent, on veut bien, mais on cherche des candidats dans ces postes-là. Alors, peut-être un jour vous allez avoir un ancien policier, qui a fait deux, trois ans dans un service de police, qui s'est converti, qui est devenu avocat, peu importe quoi, et ce sera la bonne personne pour vous.

Alors, moi, je vous recommande juste peut-être de dire... Mais, à terme de tout ça, si, pour vous, c'est plus confortable d'avoir une personne civile, moi, je pense que c'est à vous, les parlementaires, de décider. Mais je suis d'accord avec vous, de dire que, dans les postes qu'on occupe, on doit rendre des comptes, et je suis le premier à le mentionner, je suis le premier à être capable de répondre à vos questions.

Mme Richard : Merci. Si on l'a proposé aussi, c'est parce qu'on a entendu souvent la phrase : La police n'a plus confiance à la police. Et, quand la police n'a plus confiance à la police parce qu'il y a des fuites, tel qu'il s'est passé, c'est toute la population qui n'a plus confiance en différents corps policiers, entre ses institutions, et c'est vraiment, là, très dommageable.

Libre à vous de répondre ou pas, avec tout ce qui s'est passé, vous ne pensez pas que la commission aurait dû entendre M. Lafrenière, que celui-ci vienne en commission s'expliquer? Ça a été une demande du Parti québécois mais qui a été refusée.

M. Prud'homme (Martin) : Moi, Mme la députée, M. le Président, des invitations... malheureusement, on ne décide pas les invitations. Alors, on est invité...

Mme Richard : ...c'est ce que je comprends.

M. Prud'homme (Martin) : Pardon?

[...]
 

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