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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )

Commission permanente des institutions
Fascicule n°9, 20 mars 2019, page 24

[...]

confiance... puis qu'est-ce qu'on représente, là. Je vais fermer la parenthèse ici, là. Je vais refermer la parenthèse ici, surtout aujourd'hui, M. le Président. Bien, ce n'est pas parce que... moi, oui, je représente les gens, puis ils ont voté pour moi, mais ils ont voté aussi pour un parti. Bien, je représente mon parti, puis à travers une équipe, M. le Président. On représente le parti que nous sommes. Moi, quand le Parti québécois était au gouvernement, pensez-vous que j'étais dans l'opposition? Bien non. Que c'est que faisais, M. le Président? Qu'est-ce que tout parlementaire qui est dans un gouvernement fait? Il dit les affaires à l'intérieur de son caucus quand il est en désaccord. Puis ça brasse. Quand ça arrive, après, sur la place publique, vous pensez qu'ils font quoi? On est unanimes, on est d'accord. C'est ça, une équipe, puis c'est ça, la solidarité aussi, un gouvernement.

Mais, là, la ministre, ce qu'elle nous dit, en mots moins expressifs, moins intenses que moi, c'est : Bien, M. le député de LaFontaine, puis... ah! nous autres aussi, parce qu'on l'avait dit d'avance, qu'on était d'accord avec cet amendement. Mais c'est... Écoutez, là, à 110, là, la population nous a élus, elle nous a fait confiance, on n'a pas besoin des autres. Gouvernement d'ouverture? Gouvernement qui veut faire de son premier projet de loi, qu'on était tous contents... déjà là, l'essence même du projet de loi, pour moi, est mise en doute.

Puis, moi, M. le Président, le député de LaFontaine, j'ai déjà eu des discussions avec lui, hein? On a fait l'adoption de principe, puis tout ça, puis... quelques affaires. Je ne le sais pas, ce qu'il va se passer au cours des autres articles, là. Sur ce point-ci, j'ai au moins aimé au moins une chose qu'il a dite. Il a dit : Non, au départ, on était contre, aux deux tiers. Là, on a fait avancer. Je me suis dit : Bien, pas pire, un député du Parti libéral qui a une avancée aux deux tiers sur la nomination, l'UPAC, la SQ, DPCP. On est en voiture, M. le Président. On est en voiture. Je me suis dit : Que c'est qu'il arrive avec cet amendement-là? Deux partis autorisés à l'Assemblée nationale, on va dire non, passe ça, puis, après, on passe à un autre article. Bien non. Elle n'a pas dit : Bien là, écoutez, on va demander un temps d'arrêt, là, ce n'est pas recevable à cause de ci. Là, j'ai fait, bien, là, je me suis dit : Oupelaïe! Ça va être non, mais ça va être non pour quelle raison? Parce qu'il y a toujours une raison quand on dit non. Bien là, c'est parce que, si on était majoritaire... Oupelaïe!

M. le Président, je vais terminer là-dessus. Il n'y a pas beaucoup de monde qui nous écoute. Pas grave. Nos propos sont enregistrés. Ah! je vais y revenir, là. Assurez-vous que je vais y revenir, hein? Parce que je dis toujours : Pour savoir où est-ce qu'on va, il faut savoir d'où on vient. Bien, moi, j'ai très bien écouté, qu'à 110... Dieu merci, M. le Président, ils ne sont pas 110. Parce que, là, la collaboration, l'ouverture, elle serait disparue, M. le Président. Puis, si ce n'est pas le cas, je vous le dis, chers collègues de la Coalition avenir Québec, qui formez le gouvernement, si ce n'est pas le cas, ce que je dis puis ce que je ressens, bien, démontrez-moi que c'est le contraire. Parce que, sinon, M. le Président, on va en avoir pour des heures et des heures de plaisir ici, là. Parce qu'on fait quoi ici? Moi, je suis-tu venue ici pour un projet de loi qui ne respecte même pas...

Une voix : ...

Mme Richard : Ah! j'entends : Tu peux le corriger. Mais là ça ne respecte rien. Puis de la part d'une ministre... puis, je vous le dis, elle a des compétences, là, mais, de la part d'une ministre qui dépose un projet de loi dans le sens de dépolitiser des nominations, puis qui, après, vient dire en commission parlementaire qu'à 110 ils auraient la majorité, c'est comme : On n'a plus besoin de vous autres, que c'est vous foutez ici, là? Je vais terminer là-dessus. Je pense que j'en ai assez dit pour l'instant.

Le Président (M. Bachand) : Merci, Mme la députée de Duplessis. D'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, s'il vous plaît.

M. Leduc : ...l'expression que j'évoquais, qui a été utilisée, qui m'avait, j'ose le dire, charmé en début de législature sur ce mot-là, était le «partage du pouvoir». L'objectif du projet de loi est de partager le pouvoir. Ce que j'entends — je suis assez estomaqué — c'est qu'on dirait qu'on arrive à une frontière de deux tiers d'élus, deux tiers de députés; là, on ne le partage plus. Alors, la logique, c'est plus on a de pouvoir, moins on le partage. C'est un aller-retour assez surprenant, ça, M. le Président.

Puis, si je vais un peu plus loin, si je suis cette logique-là, dans un scénario où on aurait, en effet, deux tiers de députés élus dans la Chambre, est-ce que ça va quand même procéder, au comité des quatre députés, pour étudier la candidature, si, de toute façon, ça ne sert rien parce que les deux tiers sont dans l'ultramajorité? Ils vont imposer la personne qu'ils veulent. Pourquoi perdre notre temps à se rencontrer puis à poser des questions à la personne qu'il nous a suggérée, si, de toute manière, notre contribution ne sert à rien dans ce scénario-là?

• (17 h 50) •

En toute cohérence, je m'attendrais à ce qu'un amendement soit déposé pour dire que toute cette procédure-là tombe dans un scénario où il y a deux tiers de députés du même parti. Parce que, sinon, vraiment, c'est rire de nous, là, à quoi ça servirait, déjà qu'on n'est même pas sûrs qu'on va avoir des explications sur pourquoi cette personne-là est choisie dans un scénario aux deux tiers, on irait perdre notre temps à... pourquoi, là? C'est quoi, l'intérêt démocratique de ça? Qu'est-ce qui est partagé comme expérience démocratique dans ce scénario-là? Rien du tout, en fait.

Et je vais encore un peu plus loin, je me dis : Dans un scénario, encore une fois, à deux tiers de députés élus en Chambre, où une mauvaise culture, à mon avis, s'installe, et que des nominations coup sur coup sont faites avec un seul parti, comme c'est laissé... la ministre le laisse entendre que c'est possible, qu'est-ce qu'il adviendrait, une fois cette culture-là instaurée, si le parti aux deux tiers perd un siège par une partielle ou pour x, y raison? Woups! Ah! là, tout d'un coup, il aurait besoin des partis d'opposition. Quel genre de culture aura-t-il installée et quel genre de nouvelle culture

[...]
 

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