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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )

Commission permanente des relations avec les citoyens
Fascicule n°4, 22 février 2019, page 9

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c'est pourquoi on demande que le ministre de la Famille, avec l'aide de ses collègues ministres, collabore davantage avec les membres de l'opposition, avec la population et avec les professionnels des réseaux éducatifs de la petite enfance qui seront affectés. Parce que vous ne pouvez plus dire qu'il n'y aura pas d'impact sur leur emploi comme vous l'avez répété à maintes reprises, on retrouve maintenant, bon, l'étude qu'on vient de mentionner plus tôt, l'analyse d'impact réglementaire qui nous fait le portrait de ce que représente la réforme en termes de nombre de postes qui seront coupés, on parle de milliers de postes dans les services de garde éducatifs à l'enfance. Ce sont des professionnels, par exemple, des centres de la petite enfance, qui font un travail impeccable, qui offrent les meilleurs services aux tout-petits, un modèle qui fait ses preuves depuis très longtemps et qui est unique chez nous, au Québec. Donc, vous ne pouvez pas vous fier aux résultats... quand j'entends le premier ministre se fier aux résultats de la maternelle quatre ans en Ontario, on ne peut pas se fier à cet exemple-là qui n'ont pas, eux, le modèle, chez eux, des CPE qu'on connaît au Québec.

Donc, cette semaine, ma collègue députée de Joliette a débattu sur la motion présentée par le Parti libéral, dans laquelle elle réclamait qu'on ait un plan détaillé, que le plan détaillé soit déposé avant même qu'on commence l'étude du projet de loi. Il faut qu'on sache où on s'en va avec cette réforme-là, que le ministre de la Famille, le ministre de l'Éducation et même le ministre délégué aux Services sociaux nous disent quel est leur plan de match sur les cinq prochaines années, c'est très important.

Ma collègue de Joliette a aussi parlé de trois sujets qui suscitent des inquiétudes dans ce débat présent. Il y a la question de l'opportunité. Est-ce que c'est la meilleure mesure à mettre de l'avant au meilleur moment? Est-ce qu'il n'y aurait pas d'autres moyens moins coûteux ou plus efficaces, comme le déploiement, par exemple, universel de professionnels au sein même des CPE, qu'ils ont l'expertise, justement, pour dépister très rapidement, là, les problèmes d'apprentissage des zéro à quatre ans? Alors, moi aussi ce que je me demande, c'est que, si on ne réussit pas, avec la maternelle quatre ans, à dépister les troubles d'apprentissage chez les enfants, ce sera quoi, la prochaine étape. Est-ce qu'on va décider de les envoyer à l'âge de deux ans et demi à l'école, comme la France essaie de voir si ce ne serait pas une solution envisageable? Donc, si vous voulez qu'on se base sur d'autres endroits dans le monde, bien, il faut croire qu'en France ça n'a pas fonctionné d'envoyer les enfants, nécessairement, à l'école plus jeunes parce que, là, on essaie encore de les envoyer de plus en plus jeunes. Donc, ce sera quoi, la limite?

Maintenant, aussi, on sait que la qualité des CPE, elle n'est plus... les gens savent que les services sont de meilleure qualité, on a des sondages qui le prouvent. Donc, quand vous dites que vous faites totalement confiance aux parents dans cette démarche-là, alors pourquoi on n'écoute pas ce que les sondages nous disent? On dit que les parents, à 51 %, disent que, la qualité, on la retrouve dans les CPE et seulement 6 % disent la maternelle quatre ans. Encore aussi, bien, on sait qu'il y a 42 000 personnes en attente d'une place sur le guichet unique, on sait que le projet de 5 000 classes au total, bien, ça couvrirait l'ensemble... le nombre total d'enfants de quatre ans. Alors, c'est un double discours qu'on a aujourd'hui en nous annonçant 2 500 places de plus en CPE. Je ne comprends pas ce genre de volte-face ou cette distorsion dans le discours du libre choix alors qu'on parle de la majorité. Bien, ma question, c'est : La planification, qu'en fait le ministre, de cette planification détaillée?

La Présidente (Mme Chassé) : Je dois vous arrêter, merci, et je vous rappelle que vous devez vous adresser à la présidente. Maintenant, je cède la parole au ministre de la Famille. Merci.

M. Lacombe : Merci, Mme la Présidente. Je pense que, lorsqu'on écoute ce que tout le monde dit ici aujourd'hui, il y a un constat sur lequel on ne peut pas s'obstiner, du moins j'espère, c'est qu'il faut investir, il faut investir dans la petite enfance pour permettre à tous nos tout-petits de développer leur plein potentiel. Et j'ajouterais qu'il faut le faire maintenant plus que jamais parce que, bien honnêtement, les dernières années, les 15 dernières années n'ont pas été de tout repos pour le réseau, notamment. D'ailleurs, ma collègue députée de Westmount—Saint-Louis l'a reconnu elle-même, les compressions libérales ont eu un impact sur les enfants du Québec. Ma collègue de Saint-Laurent aussi — je suis content de la voir ce matin — elle-même avançait que son parti devrait s'excuser pour les compressions qui ont été effectuées, qui ont eu des impacts sur les enfants, selon la collègue qui est assise à sa droite. Donc, je pense que tout le monde ici, on doit s'entendre pour dire que c'est maintenant le temps d'investir. Et le signal très clair qu'on a envoyé, même si on n'est peut-être pas d'accord sur tous les moyens, c'est qu'il faut investir, et ça, là-dessus, je pense qu'on doit s'entendre.

Vous parlez de plan détaillé... notre collègue députée de Gaspé parle de plan détaillé, moi, je réponds à ça qu'évidemment il faut être rigoureux, mais il faut aussi faire les choses dans l'ordre. On a des estimations, actuellement, on fait les choses et on les planifie le plus rigoureusement possible. Donc, on a des estimations, mais en même temps c'est toujours hasardeux de présumer du choix des parents parce qu'on ne forcera personne à fréquenter une prématernelle quatre ans. On n'arrachera pas les enfants de force des CPE pour les envoyer dans les prématernelles quatre ans. Donc, quel sera le choix des parents? Je pense qu'on a de bonnes données qui nous permettent d'avancer des estimations qui sont incluses dans l'analyse d'impact réglementaire. Par contre, il faudra voir avec le temps comment tout ça... quelle sera la popularité réelle des prématernelles quatre ans.

Et j'avancerais là-dessus que ce n'est pas comme si, du jour au lendemain, on allait se retrouver avec ce portrait-là. On parle d'un portrait, à terme, en 2023‑2024. Il nous reste pas mal d'années d'ici là, du temps pour s'adapter, pour regarder comment les choses se passent, pour réagir, pour continuer de renforcer le réseau des services de garde éducatifs à l'enfance en même temps que se déploient les prématernelles quatre ans pour répondre aux besoins des parents selon le choix qu'ils vont faire. Donc, c'est la première chose que je voulais vous dire. Donc, on parle d'un déplacement de clientèle, oui, on a des défis, mais on est déjà en action pour agir sur ces défis-là. On veut agir avant quatre ans, donc, je le disais, c'est la raison pour laquelle il faut continuer d'investir. Et je reviens peut-être sur le début de mon intervention en disant qu'une des façons d'y arriver, bien, c'est d'augmenter pas seulement l'accessibilité, mais augmenter la qualité de ce qu'on offre dans le réseau des services de garde éducatifs.

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