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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )

Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des
Fascicule n°3, 6 novembre 2019, page 27

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M. Lamothe : Oui. Non, c'est parce que j'étais en réflexion, parce qu'une déformation professionnelle... J'ai été policier aussi déjà. Puis je veux juste complémenter, M. le Président, ce que vous avez apporté au niveau de l'aide parentale, madame. Vous avez dit que ce serait important d'établir un contrôle des plateformes, spécialement qu'à huit, neuf ans... Je ne le sais pas, là, je suis peut-être déconnecté un peu, là, mais vous ne pensez pas que les parents ont quand même un rôle assez sérieux à jouer, à huit, neuf ans?

Mme Brière (Nellie) : Pas seulement les parents, en fait, parce que ce qui se passe, c'est qu'il y a des outils pour signaler un mineur en ligne. Personne ne la fait parce que c'est accepté.

M. Lamothe : Non, mais, moi, ce que... Je me suis peut-être mal exprimé, mais ce que je veux dire... J'ai déjà été parent, tu sais, je veux dire, comme bien d'autres, là, mais, ce que je veux dire, à huit, neuf ans, à un moment donné, quand on voit nos jeunes aller, on a un rôle là-dedans.

Mme Brière (Nellie) : Je veux juste vous dire qu'entre 12 et 15 ans il y a un enfant sur deux, en fait 51 %, qui a un... qui dispose d'un téléphone intelligent, O.K., souvent avant dans le cas de familles divorcées, d'ailleurs. 42 % d'entre eux disent consommer des contenus presque tout le temps tout seuls, là. Donc, on a des enfants qui consomment des contenus majoritairement tout seuls, quotidiennement tout seuls, sur des appareils, à 12 ans. Oui, il y a des enjeux parentaux. Mais ce qui se passe, c'est qu'il y a probablement un manque de compétences puis de compréhension des enjeux reliés à la consommation de contenu seul en ligne chez les jeunes. Donc, il y a une éducation parentale à faire. Donc, on ne peut pas simplement blâmer les parents de ne pas faire leur travail, ils ne sont peut-être pas au courant de ce qui devrait être fait. Puis peut-être que, culturellement, c'est accepté de ne rien faire aussi.

Donc, c'est tout ça qui est à travailler. Ça fait que comment on fait pour travailler ça? C'est la grande question. Moi, je pense que, déjà, en donnant la possibilité d'avoir du développement de compétences numériques dans les écoles, peut-être en travaillant des projets avec les parents davantage, il y a des comités de parents, il y a moyen probablement de faire quelque chose avec les familles. Autrement, je pense que ça va être, peut-être, potentiellement les prochaines générations qui vont y arriver parce qu'on ne peut pas non plus imposer une formation de parent.

Sinon, est-ce qu'il y a des éléments à ajouter dans l'accompagnement parental par les CSSS ou, peu importe, là, le milieu communautaire, le filet social qui entoure la parentalité, là? Il y a comme plusieurs points d'entrée. Qui peut les avoir, ces points d'entrée là? Bien là, ça dépend des ressources, ça dépend de comment on peut l'organiser. Mais je pense qu'il y a quelque chose à travailler là-dessus, ça, c'est clair. Moi, je travaille quotidiennement là-dessus mais avec les moyens que j'ai, c'est-à-dire ma présence médiatique, mes interventions, mais il y a des limites, là, à ce que moi, toute seule, j'établisse une culture de parentalité, là.

M. Lamothe : Vous êtes d'accord que peut-être, à un moment donné, le rôle parental est important à ces âges-là?

Mme Brière (Nellie) : Bien, en fait, le rôle parental est prioritaire, mais c'est à la société d'outiller ou de travailler la culture de ce rôle parental là. Le rôle parental est de la manière dont on est socialisé à être parent. On apprend à être parent dans la société. On n'est pas magiquement parent biologiquement, donc, qui est-ce qui nous dit qu'on doit faire quand on est parent? C'est la société qui nous renvoie ce message-là, ce miroir-là, comment je dois être, comment je dois exercer ma parentalité. Et actuellement je pense que l'exercice de la parentalité est assez laxiste sur les enjeux du numérique, en fait. La façon d'être parent, c'est que c'est correct que ton enfant, à trois ans, il regarde du YouTube pendant que tu prépares le souper ou quoi que ce soit. C'est quelque chose qui est acceptable socialement et c'est ça qu'il faut travailler, cette espèce d'acceptabilité là de ce qui est à faire ou pas pour l'encadrement numérique. Vous comprenez mon point?

M. Lamothe : O.K., je comprends. Peut-être une dernière vite faite?

Le Président (M. Lafrenière) : Très rapidement.

M. Lamothe : Oui. M. Beaudoin, vous avez décrit tantôt le rôle géographique important pour Gatineau pour l'exploitation sexuelle juvénile. Vous dites qu'il y a de l'exploitation juvénile à Gatineau et des actions s'imposent. Bien, la seule chose, comme j'ai une déformation professionnelle un petit peu, il y a 12 cas que vous avez faits en trois ans. Je ne veux pas vous juger, là, mais, je ne sais pas, quand vous dites que des actions s'imposent, est-ce que vous avez un plan?

M. Beaudoin (Luc) : Bien, ce qu'on fait, bien, présentement, on participe à l'équipe provinciale en matière d'exploitation sexuelle comme... C'est à cause qu'il faut le regarder dans un tout. Définitivement, on a... À Gatineau, ce n'est pas pire qu'ailleurs en province. Les grandes métropoles, c'est la même réalité. On fait un constat aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il est important de comprendre, c'est...

Je vais faire un parallèle, là. Je vais répondre de façon courte, mais je vais faire un détour. Avant, quand il y avait de la prostitution, de l'exploitation sexuelle sur un coin de rue, ça dérangeait le citoyen. On avait une plainte. On était en mesure de se déplacer, d'adresser la situation. Aujourd'hui, ça se passe où? Ça se passe sur le Web. Donc, on n'est pas au courant de la situation. Donc, c'est là que ça se passe. On ne l'a pas, cette information-là.

C'est là que je dis qu'il y a un environnement virtuel qui existe, puis il n'y a personne qui est présent là-dessus. Puis est-ce que c'est des policiers qui doivent être présents là-dedans? Je crois que c'est des experts du milieu qui sont en mesure de le détecter, nous donner l'information pour qu'on puisse le travailler.

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