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Index du Journal des débats - Participants

42-1 (27 novembre 2018 - )

Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des
Fascicule n°3, 6 novembre 2019, page 34

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par la pauvreté. Donc, il faut lutter contre la pauvreté et l'exclusion. Ces jeunes hommes sont recrutés à l'adolescence, parfois aussi jeunes que 14 ans, deviennent en quelque sorte des enfants soldats appelés à commettre des crimes au profit des chefs de gang ayant le double de leur âge et travaillent à la solde de mafias aguerries.

Donc, pour prévenir l'entrée des jeunes à l'école du crime, il faut avoir des mesures efficaces pour lutter contre la pauvreté et le racisme, avoir du logement social de qualité, du soutien aux familles, offrir des loisirs aux jeunes, mettre en place des politiques d'intégration efficaces. Il faut bien sûr continuer de lutter contre le crime organisé et les gros joueurs de l'industrie du sexe qui se servent des proxénètes pour remplir à qui mieux mieux leurs lucratifs commerces.

Quatrième mesure importante : l'éducation sexuelle et une large campagne de sensibilisation. Il est impératif d'avoir de véritables cours d'éducation sexuelle dans nos écoles afin que les jeunes apprennent ce que veut dire une sexualité épanouie, consensuelle et basée sur le respect pour que la domination et le sexisme ne guident pas leur vie érotique et leurs relations en général, pour que les jeunes hommes et les femmes se donnent le droit et le plaisir d'échapper aux stéréotypes de virilité et de féminité oppressants, pour qu'ils développent leur esprit critique face à la banalisation de la pornographie et l'hypersexualisation rampante. Nous avons le devoir de faire contrepoids à la sexualisation des femmes sur le Web, dans les films, à la télé, où les corps des femmes, presque nues, hypersexys et disponibles sexuellement, sont utilisés à outrance.

Il faut changer l'idée que la porno en ligne, les massages ou les danses érotiques ne font de mal à personne alors que tous ces lieux sont remplis de femmes trafiquées ou qui souffriront longtemps des conséquences de leur passage en ces lieux. On doit démontrer aux élèves que la pornographie n'est pas inoffensive, qu'elle utilise aussi des jeunes femmes trafiquées, a une incidence dans nos vies, puisque la prolifération des images et des actes sexuels dégradants et violents contre les femmes influence l'imaginaire sexuel, se répercute dans les relations hommes-femmes et propage la haine des femmes.

Vous savez, l'âge de la première exposition à la pornographie est à 11 ans. Il est essentiel que les cours de sexualité commencent à la fin de l'école primaire et se donnent par du personnel formé, par autant d'hommes que de femmes et au moins une heure par semaine. L'ignorance des adolescents est parfois abyssale alors que ce sujet les intéresse au plus haut point puisqu'il est aussi question de relations humaines, des aspects qu'ils explorent et qu'ils ont soif de mieux comprendre.

Là, je termine. Excusez-moi si je lis, mais j'ai produit ce texte un peu à la dernière minute. Alors, pour contrer l'exploitation, on a grandement...

Le Président (M. Lafrenière) : ...

Mme Lamont (Ève) : Pardon?

Le Président (M. Lafrenière) : C'est ce qu'il vous reste, une dernière minute, s'il vous plaît.

Mme Lamont (Ève) : Parfait. Donc, on a grandement besoin de prévention auprès des jeunes et de sensibilisation dans la population en général. Ce changement de mentalité ne pourra se faire qu'avec une large campagne d'éducation et d'information, des publicités d'intérêt public qui seraient diffusées partout, sur les panneaux, dans la rue, à la télé, sur le Web et comprises dans toutes les langues ou sans grande maîtrise du français. En Suède, c'est la mise en oeuvre d'une grande campagne de sensibilisation à l'exploitation sexuelle et pour décourager les clients de prostitution qui a rendu l'achat de sexe répréhensible auprès de la population. Voilà.

Le Président (M. Lafrenière) : Merci beaucoup de votre exposé. Très apprécié. Avant de passer à la période d'échange avec les membres de la commission, je vais demander le consentement pour ajouter 25 minutes à notre séance. Est-ce qu'il y a consentement?

Mme St-Pierre : Ça veut dire vers quelle heure on termine?

Le Président (M. Lafrenière) : Donc, à 17 h 45. On devait terminer à 17 h 30.

Mme St-Pierre : Ah! O.K. Parfait. O.K. Je pensais qu'on devait terminer à 17 h 45. C'est correct. Moi, il y a consentement. Il n'y a pas de problème.

Le Président (M. Lafrenière) : Consentement pour tout le monde?

Mme St-Pierre : Oui, oui.

Le Président (M. Lafrenière) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, on peut y aller avec une première question, le temps que les membres pensent à leurs questions. Moi, j'en ai une pour vous, Ève.

Je vous ai entendue tout à l'heure. Vous avez parlé de campagne de sensibilisation et vous étiez très présente sur le terrain. Nous, un des aspects qui nous intéressent beaucoup à la commission, c'est le client abuseur, le genre de message qu'on peut leur passer. Vous qui avez été sur le terrain, vous qui avez vu des choses, qui avez été en contact avec les gens, qu'est-ce que vous nous suggérez comme message ou comme campagne pour les clients abuseurs?

Mme Lamont (Ève) : Excusez, il y a un petit délai dans le son. Bien, en fait, il faut avoir de la publicité qui rejoint la population et ces gens-là pour montrer les conséquences de leurs actes, parce que souvent le client, parce qu'il paie, il pense qu'il rend service à la personne devant elle. S'il n'est pas violent et brutal, il a l'impression qu'il n'a rien fait de mal.

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