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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Automobile
Transport rémunéré - Projet de loi n° 17 - 1138-9 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°23, 21 mars 2019, pages 1138-1139

[...]

répond aux différents besoins en matière de main-d'oeuvre du Québec, en fonction des différentes régions du Québec, en fonction des emplois disponibles. D'où vous venez dans le monde...

Le Président : En terminant.

M. Jolin-Barrette : ...nous, ça nous importe peu, contrairement à vous, et on est accueillants de ce côté-ci.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, à laquelle appartient la parole.

Mme Dominique Anglade

Mme Anglade : Idéalement, on pose des questions pour obtenir des réponses, M. le Président. Ça va faire maintenant deux mois qu'on pose des questions. On n'a jamais de réponse. Et, après, c'est le ministre qui nous pose des questions. Au sujet de la provenance des nouveaux arrivants, on n'a pas eu de réponse. Au sujet des dossiers traités dans Arrima, on n'a pas de réponse. Au sujet de l'avancement des 18 000 dossiers, on n'a pas de réponse.

Je comprends, M. le Président, que nous soyons dans une période de questions, mais à quand une période de réponses?

Le Président : M. le ministre de l'Immigration.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, je pense que je réponds à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne. La provenance des individus qui immigrent au Québec, ce n'est pas nécessaire parce qu'on est accueillants envers toutes les régions du monde. La députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, ce qu'elle nous invite à faire, c'est une approche qui est sectaire, M. le Président. Elle nous invite à dire : On veut savoir d'où les gens, ils viennent précisément. Pourquoi est-ce qu'elle tient tant à avoir cette information-là, M. le Président? Pour nous, ce qui est prioritaire, ce n'est pas d'où vous venez, mais c'est ce que vous allez apporter au Québec. Il faut arrimer le profil de compétence des gens avec les besoins du marché du travail, ce que vous n'avez pas fait au cours des dernières années, au cours des 15 dernières années.

Le Président : En terminant.

M. Jolin-Barrette : C'est pour tout ça que le taux de chômage est plus du double puis c'est pour ça que les immigrants sont surqualifiés pour les emplois qu'on a de disponibles. Avouez-le.

Le Président : Question principale, Mme la députée de Mercier.

Projet de loi sur l'industrie du taxi

Mme Ruba Ghazal

Mme Ghazal : Merci, M. le Président. Ce matin, les gens de l'industrie du taxi se sont réveillés en lendemain de veille, assommés par le projet de loi déposé hier par le ministre des Transports. Pourtant, il les avait rencontrés récemment. Il leur avait promis un projet de loi équitable, un projet de loi soucieux de leur réalité. Eh bien, c'est raté. Ces pères et mères de famille ont tout sacrifié. Ils se sont saignés à blanc, ils se sont endettés. Ils ont respecté toutes les lois qu'on leur avait imposées pour aujourd'hui se retrouver sur le carreau, sans avenir et sans retraite. Et la CAQ fait exactement aujourd'hui la même chose que ce que les libéraux avaient fait à l'époque, c'est-à-dire tenter d'acheter le silence des chauffeurs de taxi par un dérisoire 250 millions de dollars. C'est rire d'eux, M. le Président.

Lancer des miettes aux chauffeurs, exactement comme l'ont fait les libéraux, c'est ça, le changement promis par la CAQ?

Le Président : M. le ministre des Transports.

M. François Bonnardel

M. Bonnardel : M. le Président, cette loi a été créée avec un seul but, plus de concurrence, plus de transparence. Pour qui? Pour l'usager, pour le client. Dans les 40 dernières années, l'industrie du taxi n'a pas été modernisée. Dans les quatre dernières années, il y a eu quatre ministres des Transports de ce côté, aucun n'a eu le courage de déposer une loi aujourd'hui. Pour faire quoi? Pour trouver un équilibre entre le taxi traditionnel et les nouvelles technologies.

Abaisser le fardeau fiscal réglementaire financier de l'industrie du taxi, c'était la première chose que je voulais faire. C'est la première chose que je disais à eux dans les quatre dernières années. Ça veut dire quoi? Fin du permis 4C; fin de la plaque T comme on la connaît sur les taxis; c'est 1 000 $ de plus dans les poches; fin du monopole d'Uber pour la tarification dynamique. On va permettre à toute société qui possède une application de, oui, si elle le souhaite, mettre une tarification dynamique, que ce soit Uber, Eva, Lift ou même Taxis Coop Québec, comme elle le fait présentement.

Dans ces conditions, on remet plus d'argent dans les poches des chauffeurs de taxi, ces chauffeurs qui n'auront plus à payer pour une location qu'ils paient entre 300 $ et 600 $ par semaine, pas par mois. C'est 15 000 $ à 30 000 $ qu'on leur met dans leurs poches immédiatement. Je pense qu'on va être capables de trouver un équilibre pour tous les joueurs de l'industrie...

Le Président : En terminant.

M. Bonnardel : ...au bénéfice de l'usager.

Le Président : Première complémentaire, Mme la députée de Mercier.

Mme Ruba Ghazal

Mme Ghazal : ...du taxi que le ministre est en train de nous annoncer parce qu'on voit qu'il a choisi son camp. C'est Uber, une compagnie voyou, une compagnie sans foi ni loi, une multinationale championne toutes catégories de l'évasion fiscale et qui impose ses propres lois partout où elle passe.

Ça, c'est ça, le nationalisme de la CAQ, se mettre à plat ventre devant Uber, laisser cette multinationale nous imposer ses propres lois et laisser tomber les travailleurs et les travailleuses du Québec?

Le Président : M. le ministre des Transports.

M. François Bonnardel

M. Bonnardel : M. le Président, compensation d'un demi-milliard de dollars sur même pas deux ans, sur un an à peine, 250 millions sous le Parti libéral, 250 millions de notre côté. Si la députée veut continuer de défendre l'industrie privée, ça va. Moi, je défends le travailleur, je défends celui aussi, là... pour les 12 500, là, chauffeurs qui dépensent entre 300 $ et 600 $ par semaine. Ce chauffeur, demain matin, là, c'est de l'argent directement dans ses poches. C'est un chauffeur, dans les journaux ce matin, qui n'ose pas donner son nom par peur de représailles. C'est ça, la situation. Alors, je pense qu'on va trouver un équilibre pour que tout le monde ait sa place au Québec, encore une fois, au bénéfice de l'usager et du client.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Mercier.

Mme Ruba Ghazal

Mme Ghazal : Je ne sais pas de quel équilibre vous parlez. Parce que tout le monde connaît les stratégies d'Uber sauf le ministre. Je vais lui expliquer parce qu'on connaît tous la chanson. Uber, c'est faire du dumping, casser les prix, bref, tuer le marché. Qui d'autre qu'Uber aujourd'hui a les reins aussi solides? C'est naïf de croire que des petites entreprises québécoises, aussi innovantes et ingénieuses soient-elles, pourraient survivre au rouleau compresseur d'Uber.

Est-ce que le ministre vit dans un monde de Calinours?

Le Président : M. le ministre des Transports.

M. François Bonnardel

M. Bonnardel : Mme la députée, vous dites quoi à Eva? Vous dites quoi à Eva, cette coopérative 100 % québécoise?

Le Président : M. le leader du deuxième groupe d'opposition.

M. Nadeau-Dubois : Je m'attendrais, de la part du ministre, à ce qu'il connaisse la règle selon laquelle on s'adresse à la présidence dans la période de questions.

Le Président : Veuillez poursuivre, M. le ministre des Transports.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! La parole appartient maintenant au ministre des Transports. M. le ministre.

M. Bonnardel : M. le Président, la députée dit quoi à Eva, cette jeune pousse québécoise? Soit dit en passant, j'avais dit à l'ancien ministre des Transports que vous devriez travailler avec Eva, cette jeune pousse qui veut, oui, compétitionner Uber. Vous leur dites quoi? On ne le fait pas, on ne fait rien? À quelque part, ces nouvelles technologies vont s'épanouir au Québec, puis on va trouver une place pour le taxi traditionnel comme on le connaît aujourd'hui, par une appellation protégée. Donc, oui, ils auront leur place, tout comme les nouvelles technologies. Au bénéfice de qui? L'usager et le client.

[...]
 

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