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42-1 (27 novembre 2018 - )


Québec (région)
Lien interrives - Plan québécois des infrastructures 2019-2029 - 1184

Assemblée
Fascicule n°23, 21 mars 2019, page 1184

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Le Président : S'il vous plaît!

M. Marissal : ...je dois vous dire que je suis absolument atterré par le manque d'investissements neufs et structurants pour lutter contre les changements climatiques dans ce premier budget de la CAQ. Tout le monde sait que nous devons entamer la nécessaire transition économique et écologique. Cette transition devra tôt ou tard commencer lors d'une journée comme celle-ci, une journée de budget, parce que la tâche est lourde. Les gouvernements libéraux qui se sont succédé, spécialement celui de M. Couillard, se sont traîné les pieds en matière de changements climatiques. Et là, malgré la pression populaire, malgré les jeunes qui se mobilisent comme jamais pour l'environnement, le ministre des Finances décide de faire la sourde oreille et ne met pas l'argent nécessaire pour changer la donne.

Ce budget, soyons clairs, est une véritable catastrophe pour le climat. C'est irresponsable. Et, je trouve, il n'y a vraiment rien de drôle là-dedans. Rien de moins. Ni le premier ministre ni son ministre des Finances n'ont compris l'ampleur de la crise climatique et l'ampleur des moyens qu'il faudra prendre pour empêcher le Québec de foncer dans l'iceberg climatique. Tout ce qu'on nous annonce, c'est un plan à venir.

On aura de grosses discussions, nous, à Québec solidaire, au sein du caucus solidaire, parce que l'heure est grave.

Aucun argent additionnel n'a été prévu pour baisser les tarifs de transport collectif ou augmenter les budgets des sociétés de transport. Le ratio des investissements en transport collectif versus ceux des transports routiers se détériore. Non seulement il ne reste pas au même niveau, mais ce ratio passe de 31 % à 27 %. L'Ontario de Doug Ford — belle référence! — investit 5 650 $ par personne pour les transports collectifs; nous, 1 076 $, exactement la même chose que l'année dernière, sous le précédent gouvernement.

Le budget des dépenses de programmes du ministère de l'Environnement n'augmente que de 29 millions, alors qu'il aurait fallu l'augmenter, à notre avis, de 175 millions pour lui permettre de remplir convenablement son mandat.

De plus, la seule mesure tape-à-l'oeil de ce budget en matière de lutte aux changements climatiques, c'est-à-dire l'incitatif pour l'achat de voiture électrique, est loin d'être suffisante pour réduire de façon importante l'émission de GES. Tout ça mène à plus de routes et plus de congestion. La preuve, c'est que le gouvernement a augmenté le budget routier prévu au PQI de 4,5 milliards de dollars pour le porter à 24,5 milliards de dollars.

Le ministre des Finances a même tenté de tordre la réalité avec ses chiffres. Il prétend qu'il y aura 16 milliards d'argent neuf au programme québécois des infrastructures pour les infrastructures de transport collectif. C'est faux. Lorsqu'on regarde le montant inscrit au PQI l'an dernier pour le transport collectif, il y avait déjà 9 milliards sur 10 ans. Cette année, exactement le même montant, soit 9 milliards sur 10 ans.

En transport collectif, M. le Président, on fait du surplace. Pendant ce temps, les investissements pour les routes augmentent de 25 %. C'est inacceptable.

Par ailleurs, je note que le troisième lien est inscrit au PQI pour la première fois. C'est bizarre parce que les études ne sont pas encore terminées. On voit tout le côté idéologique de ce gouvernement, qui parle d'ailleurs ouvertement, dans ses documents budgétaires, de la concrétisation du troisième lien.

Québec solidaire souhaite aussi attirer l'attention sur d'autres chiffres douteux. Le gouvernement affirme investir 1 milliard sur six ans, soit moins de 200 millions par année, pour la lutte aux changements climatiques. Cet argent est financé par le Fonds vert. Cela revient à dire qu'il ne s'agit pas d'argent additionnel mais de l'argent provenant de revenus autonomes du fonds, qui auraient existé de toute façon, peu importe le gouvernement.

De plus, le gouvernement prétend que la construction d'arénas, d'anneaux de glace ou l'aménagement du Quartier des spectacles font partie des investissements en infrastructures durables. Ah bon!

En résumé, l'absence d'investissement important en transport collectif ou pour la lutte aux changements climatiques en général est d'autant plus troublante que ce budget confirme les surplus historiques dont dispose le gouvernement. Je rappelle que le gouvernement en dispose, mais que ces surplus nous appartiennent.

Le gouvernement ne peut pas dire qu'il n'avait pas de marge de manoeuvre pour lutter contre les changements climatiques. Il prévoit verser 18 milliards additionnels au Fonds des générations d'ici cinq ans. L'argent est disponible, mais le premier ministre est plus préoccupé par une dette financière sous contrôle que par la dette climatique, qui ne fait qu'empirer. Le gouvernement aurait pu faire beaucoup plus pour les changements climatiques sans même faire de déficit. Il en aurait resté pour les autres missions de l'État, dont l'éducation et la santé.

Je salue les investissements en santé et en éducation. Tout ce que je veux dire là-dessus, c'est : Il était plus que temps. Mais des investissements en éducation sans prendre en compte le futur de notre planète, ce n'est pas ce que j'appelle avoir une vision d'avenir. On lui en tiendra rigueur, de ce côté-ci, M. le Président. Quant à nous et quant à des dizaines de milliers de jeunes qui étaient dans la rue vendredi dernier encore, c'est un affront majeur envers la jeunesse québécoise. Elle vous en tiendra aussi rigueur. Avec ce budget, le gouvernement de la CAQ rejoint le club des gouvernements climatopassifs, et il n'y a vraiment aucune raison d'en être fier. Merci, M. le Président.

Le Président : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député de René-Lévesque, porte-parole du troisième groupe d'opposition en matière de finances, pour ses commentaires d'une durée de 10 minutes. M. le député de René-Lévesque.

M. Martin Ouellet

M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, à mon tour de saluer le ministre des Finances pour son premier budget, ministre des Finances qui a cru bon de citer Lucien Bouchard et Mario Dumont, de l'ADQ, mais a omis de citer : Lucien Bouchard, du Parti québécois, et pour lequel M. Legault avait déjà... pardon, le premier ministre avait déjà

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En Complément