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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Automobile
Transport rémunéré - Projet de loi n° 17 - 1682-3 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°24, 26 mars 2019, pages 1682-1683

[...]

M. Carlos J. Leitão

M. Leitão : Merci, M. le Président. Non, on ne confond pas ça, M. le ministre. Certains ont compris que l'intention du ministre serait même, probablement, d'abolir le Fonds des générations, puisqu'il a récemment dit qu'une réflexion... et je le cite : «...une réflexion à faire et qu'il faut se demander qu'est-ce qu'on va faire lorsqu'on va atteindre nos cibles.» Un organisme que vous connaissez très bien, Force Jeunesse, s'est d'ailleurs montré très inquiet suite à vos déclarations. On le sait, le Fonds des générations est un outil d'épargne très important.

Alors, M. le ministre, pouvez-vous nous dire... avez-vous l'intention de maintenir le fonds?

Le Président : M. le ministre des Finances.

M. Eric Girard

M. Girard (Groulx) : Mais nous maintenons le fonds. M. le Président, dans le cadre financier, nous continuons à contribuer le fonds chaque année. Ce que j'ai dit, c'est que le 31 mars 2024, selon nos projections, sera un grand jour pour le Québec. Nous aurons le niveau de dette nette par rapport au PIB qui sera le même que le gouvernement fédéral et nettement inférieur à l'Ontario. Alors, ce sera un grand jour, une réalisation pour l'ensemble des Québécois.

Le Président : Question principale, M. le député de La Pinière.

Projet de loi sur l'industrie du taxi

M. Gaétan Barrette

M. Barrette : Je le dis tout de suite, M. le Président, tout le monde, incluant les propriétaires de permis de taxi, s'entend sur la nécessité de moderniser cette industrie. Dimanche, avec cinq de mes collègues, j'assistais à une assemblée de propriétaires, plus de 1 000 personnes, des hommes, des femmes, honnêtes, travaillants. M. le Président, ils n'étaient pas juste en colère, ils étaient en détresse, la vraie détresse. Ils étaient de partout, de Rivière-du-Loup, de Granby, Québec, Montréal, Saguenay, même en ligne, des petits entrepreneurs qui ont joué et respecté les règles.

Est-ce que le premier ministre est conscient? Est-ce qu'il est confortable avec les conséquences de son projet de loi brutal? Est-ce que le premier ministre réalise que, partout au Québec, à cause de lui, il y aura des Québécoises et des Québécois qui seront placés en difficultés financières, qui perdront leurs maisons, que plusieurs feront faillite et que trop, beaucoup trop verront les efforts d'une vie anéantis?

Le Président : Mme la ministre déléguée aux Transports.

Mme Chantal Rouleau

Mme Rouleau : Merci, M. le Président. Pour nous, c'est loin d'être brutal comme loi. C'est une loi qui se veut très équitable, qui permet de moderniser une industrie qui ne l'a pas été depuis près des 50 dernières années, une industrie qui est en transformation, qui va permettre dorénavant aux chauffeurs de taxi d'avoir plusieurs plateformes leur permettant d'offrir leurs services, mais surtout qui va permettre aux usagers d'avoir le choix et un prix équitable pour les différents services de transport.

Nous sommes donc très confiants avec cette loi qui vient répondre aux objectifs des chauffeurs de taxi et des nouvelles entreprises qui entrent dans le marché, et nous ouvrons le marché au transport payant des personnes. Ce n'est plus un monopole, c'est une véritable industrie du transport des personnes, transport payant.

• (14 h 20) •

Le Président : Première complémentaire, M. le député de La Pinière.

M. Gaétan Barrette

M. Barrette : Hier, le ministre était sur le bord de la provocation : Je vais vous rencontrer, mais je ne changerai pas ma position. Franchement! Il y a plusieurs manières de compenser les propriétaires de taxi. On peut le faire d'un coup, sur cinq ans, sur 10 ans. Une chose est certaine, on peut le faire. Mais il faut commencer en quelque part.

Est-ce que le premier ministre peut commencer par au moins établir publiquement le montant à être compensé, c'est-à-dire la valeur à l'achat de tous les permis actuellement en circulation?

Le Président : M. le leader du gouvernement.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, aujourd'hui même, le ministre des Transports est en rencontre, justement, avec les représentants de l'industrie du taxi, pour les rencontrer, pour travailler en collaboration avec eux. Honnêtement, je ne pense pas que le député de La Pinière a de leçons à donner à quiconque ici, en cette Assemblée, sur la façon dont on traite avec les gens parce qu'à l'époque où il était ministre de la Santé c'était pas mal la méthode bulldozer, M. le Président.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le leader de l'opposition officielle.

M. Proulx : M. le Président, très rapidement, je pense que vous le savez, notre règlement ne permet pas de faire ce qu'a fait le collègue. Il a posé une question très tranquille, très franche. On n'attendait qu'une réponse.

Le Président : M. le leader du gouvernement, prudence, s'il vous plaît, dans vos propos. Réponse à la question, maintenant. Veuillez poursuivre.

M. Jolin-Barrette : M. le Président, c'est très tranquille également, ce que je dis, je pense que j'ai le ton approprié. Cela étant dit, j'énonce une vérité aussi.

M. le Président, ce qu'il faut dire, c'est que, le projet de loi que nous avons déposé, nous l'avons fait pour moderniser l'industrie du taxi. À l'époque où le Parti libéral était au gouvernement, il a laissé les chauffeurs dans l'incertitude. Nous, nous allons travailler avec eux pour s'assurer d'avoir une modernisation.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député de La Pinière.

M. Gaétan Barrette

M. Barrette : Au discours inaugural, le premier ministre a dit qu'il ne serait pas arrogant et qu'il ferait preuve d'humanité. Vraiment? Alors, quand il dit, la semaine dernière, que «moi, je suis un homme d'affaires, et, en affaires, il faut prendre des risques», qui aurait bien pu mettre sur sa liste de risques qu'un gouvernement allait arbitrairement mettre à zéro la valeur des permis? Personne.

Est-ce que le premier ministre peut se lever maintenant et nous dire ce qu'il voulait dire par «humanité»?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, le Parti libéral a offert 250 millions aux 7 000 chauffeurs de taxi. Le gouvernement de la CAQ a offert le double, 500 millions. Je voudrais bien savoir, moi, le député de La Pinière, combien propose-t-il d'offrir? Est-il prêt à aller dire aux consommateurs, aux contribuables québécois qu'on va mettre plus que 500 millions de dollars? Que propose-t-il?

Le Président : Question principale, M. le chef du troisième groupe d'opposition.

Aide financière aux parents d'enfants lourdement handicapés

M. Pascal Bérubé

M. Bérubé : ...premier ministre a pu oublier les enfants lourdement handicapés et leurs familles? Il s'est engagé auprès d'eux de façon solennelle, il les a rencontrés. C'est un sujet sensible, c'est important pour l'ensemble des Québécois. Les familles ont été touchées par son engagement, et là ce qu'ils ont dit, c'est qu'ils se sentent trahis, ils ont honte d'avoir voté pour la CAQ, ils ne comprennent pas. Le premier ministre a 1 milliard de dollars pour les maternelles quatre ans, il n'a pas 22 millions pour les enfants lourdement handicapés.

Aujourd'hui, je lui demande de réparer cette erreur et d'ajouter une nouvelle page B.9 à son budget, cette semaine, où il va corriger cette erreur et rajouter 22 millions. Il peut compter sur notre collaboration, il pourrait le corriger cette semaine. C'est dans le budget que ça compte. Les parents l'écoutent. C'est très important pour les enfants.

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, j'ai été effectivement très touché par ma rencontre avec les parents d'enfants lourdement handicapés. D'ailleurs, la députée de Soulanges est une de ces parents. On s'est engagés à donner au moins 22 millions de dollars de plus à ces parents qui en ont bien besoin. Actuellement, Retraite Québec est en train d'étudier comment peut-on calculer la lourdeur du handicap de chaque enfant. Il y a 40 000 dossiers qui sont étudiés actuellement. Ce n'est pas prêt. Je peux assurer, par contre, le chef du Parti québécois : dès que le calcul sera prêt, le 22 millions et plus sera disponible. Je prends un engagement personnel : oui, ces parents vont recevoir au moins 22 millions de plus dès que le programme sera prêt.

Le Président : M. le chef du... Mme la députée de Joliette.

[...]
 

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