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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Aluminerie de Bécancour inc. (compagnie)
Conflit du travail - 1785-6 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°25, 27 mars 2019, pages 1785-1786

[...]

M. Benoit Charette

M. Charette : Je pourrai éventuellement prendre quelques instants pour passer en revue le budget avec elle, mais je peux aisément contredire chacune des affirmations qui viennent d'être faites. Mais en même temps l'engagement qu'on a pris au niveau du gouvernement, c'est : lorsqu'on apposera notre signature par rapport à un objectif précis, on va se donner les moyens pour atteindre cet objectif, et c'est exactement le contraire qu'a pu faire le Parti libéral au cours des 15 dernières années. Il y a bon nombre d'engagements qui ont été pris, que ce soit à travers des ententes internationales ou au niveau d'engagements formels pour l'élimination de l'enfouissement des matières organiques, que ce soit au niveau de la réduction des gaz à effet de serre, donc toutes de belles paroles...

Le Président : En terminant.

M. Charette : ...qui malheureusement n'ont jamais été accompagnées de moyens, et c'est la situation qu'on est en train de corriger.

Le Président : Question principale, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.

Conflit de travail à l'Aluminerie de Bécancour inc.

M. Alexandre Leduc

M. Leduc : M. le Président, il y a aujourd'hui un millier de travailleurs et de travailleuses qui arrivent ici de Trois-Rivières à la marche pour demander l'intervention du premier ministre dans le dossier d'Aluminerie ABI, à Bécancour. Ils ne font pas 130 kilomètres à pied pour rester en forme. Ils viennent dénoncer la subvention scandaleuse accordée par Hydro-Québec à un lock-out qui les prive d'emploi et de revenus depuis plus d'un an. 165 millions de dollars seulement pour 2018, et le compteur continue à tourner, M. le Président. En incluant les derniers mois de 2019, on est probablement rendu alentour de 200 millions. Tant que les ministres de la CAQ tolèrent cette situation inacceptable, ça les place de facto dans le camp d'Alcoa, dans le camp de l'employeur, une multinationale qui prend toute une région en otage. Ça ne peut plus durer.

Est-ce que le ministre du Travail va se rendre à l'évidence et rouvrir le contrat d'Hydro-Québec pour donner une chance au conflit de se régler?

Le Président : M. le ministre de l'Emploi.

M. Jean Boulet

M. Boulet : Merci à mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve de se préoccuper du sort des familles affectées par un lock-out qui a été déclaré le 11 janvier 2018. Dans le domaine des relations de travail, on a aussi hérité du laisser-faire libéral. Quand nous avons été élus, il n'y avait aucune négociation entre les parties. Quand nous avons été élus, nous avons aussi hérité d'un contrat d'électricité qui avait été négocié par nos prédécesseurs. Nous ne sommes pas dans un contexte de négociation de tarifs d'électricité, nous sommes dans un contexte où nous devons aider, pas une partie, mais les deux parties — parce que nous avons été élus pour représenter l'ensemble des Québécois et des Québécoises — à trouver un terrain d'entente. C'est ce que nous faisons de manière très active par le biais d'un conseil de médiation, par le biais d'un groupe d'experts. Nous ne devons pas assumer le fardeau de régler, ce sont les parties qui doivent négocier...

Le Président : En terminant.

M. Boulet : ...le renouvellement de leur convention collective de travail. Merci.

• (11 h 10) •

Le Président : Première complémentaire, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.

M. Alexandre Leduc

M. Leduc : Pendant que les travailleurs et travailleuses se battent pour leur emploi, on apprend que le salaire du président d'Alcoa a triplé entre 2016 et 2018, passant de 4 à 13 millions de dollars US, M. le Président, pour une seule personne. Les Québécois s'attendent d'un premier ministre qui se dit nationaliste de faire passer les intérêts des gens d'ici avant ceux des gros patrons américains parce que, M. le Président, le Québec n'est pas un terrain de jeu pour les multinationales.

Alors qu'il parle tout le temps de fierté, est-ce que le premier ministre est fier de se faire marcher dessus par Alcoa?

Le Président : M. le ministre du Travail.

M. Jean Boulet

M. Boulet : Merci, M. le Président. Nous n'avons nullement l'intention de nous immiscer dans les droits de direction d'un employeur, nous n'avons nullement aussi l'intention de nous immiscer dans le pouvoir décisionnel de la partie syndicale. Encore une fois, on représente les deux parties. Elles m'ont clairement exprimé, les deux parties... Parce que je les ai rencontrées, j'ai discuté à maintes reprises avec elles. Chaque fois, elles me réitèrent leur volonté claire de trouver un terrain d'entente par elles-mêmes.

Le Président : En terminant.

M. Boulet : Les deux parties ont salué nos interventions à ce jour.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Manon Massé

Mme Massé : Merci, M. le Président. Donc, depuis janvier 2008, il y a des gens qui souffrent, des familles qui se demandent de quoi va être fait leur avenir. Le premier ministre ne peut plus rester insensible à ce qui se passe à Bécancour. M. le Président, je fais appel à lui. En fait, c'est un millier de familles qui fait appel à lui aujourd'hui.

Est-ce que le premier ministre peut s'engager personnellement à intervenir dans ce conflit-là, décrocher le téléphone, appeler à Pittsburgh puis dire au grand boss de mettre fin au calvaire d'ABI?

Le Président : Merci, M. le Président.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, les employés d'ABI sont parmi les mieux payés au Québec. Ce sont des salaires très, très bien payés.

Maintenant, pour ce qui est du contrat signé par le gouvernement libéral avec Abitibi pour l'électricité, c'est incroyable. Je n'en reviens pas, là. Les fonctionnaires sont gênés. Ils ont permis, le gouvernement libéral, qu'on utilise comme clause de force majeure un lock-out. C'est du stoff de junior. Mais on est pris avec ça. On ne peut pas déchirer un contrat qui a été signé par le gouvernement libéral, même si ce contrat-là, c'est de la mauvaise gestion. C'est quelque chose, là, qui n'aurait même pas été négocié par un enfant d'école.

Le Président : Question principale...

Des voix : ...

Le Président : Question principale à Mme la députée de Saint-Laurent.

Soutien financier aux étudiants de niveau postsecondaire

Mme Marwah Rizqy

Mme Rizqy : M. le Président, hier, le ministre de l'Éducation se plaignait de la couverture médiatique rattachée aux maternelles quatre ans. Il se plaint que les maternelles quatre ans occupent 85 % du temps d'antenne, alors que ça n'occupe seulement que 15 % de son temps. Je trouve ça triste parce qu'il s'agit de la priorité de son premier ministre et qu'il va injecter 1 milliard de dollars sur cinq ans sur ce projet. Alors, dès qu'il se plaint de sa propre turpitude, je lui offre une occasion de parler de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Alors, pour l'autre 85 % de son temps, où est l'argent pour les stagiaires au cégep? 85 % de son temps, où est l'argent pour les stagiaires à l'université? 85 % de son temps, où est l'argent pour les doctorants qui font présentement leur internat en psychologie? Bref, où est l'argent aussi pour la recherche universitaire? M. le Président, je l'ai déjà mentionné, je repose ma question : Est-ce que l'enseignement supérieur a un ministre qui s'occupe d'eux?

Le Président : M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.

M. Jean-François Roberge

M. Roberge : M. le Président, comme je suis content justement d'avoir enfin des questions sur l'enseignement supérieur. On a déposé dans le dernier budget des mesures très importantes, notamment, qui devraient intéresser ma collègue parce qu'on vient réparer les coupures qu'ils ont faites en enseignement supérieur, notamment pour les universités en région. Et il y a beaucoup d'universités en région qui étaient très contentes qu'on réinvestisse en décembre dernier, au milieu de l'année. C'est quand même quelque chose d'aller chercher de l'argent au milieu de l'année pour réinvestir. On l'a fait pareil. Et il y a un 15 millions qui s'en vient. Et là, cette fois-ci, ce sera pérenne. On ne fera pas ce mauvais tour à

[...]
 

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