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42-1 (27 novembre 2018 - )


Signe religieux
Employé de l'État - Engagement électoral - 20

Assemblée
Fascicule n°2, 28 novembre 2018, page 20

[...]

Maintenant, parmi nos trois grandes priorités, il en reste une : la santé. Dans ce domaine, notre objectif, c'est de permettre aux Québécois de voir rapidement un médecin, une infirmière, un pharmacien quand ils sont malades. Ça devrait aller de soi, mais ce n'est pas le cas. Le personnel du réseau de la santé a été durement éprouvé au cours des dernières années, et les Québécois ont perdu confiance. La ministre de la Santé et son équipe vont éviter les changements de structure, les bouleversements inutiles, les grandes promesses. On va plutôt avancer un pas à la fois, main dans la main avec les professionnels en soins, et on va améliorer concrètement la situation. Le gouvernement va d'abord s'atteler à renforcer la première ligne. On doit inciter les médecins de famille à prendre en charge leurs patients, à déléguer plus d'actes médicaux aux autres professionnels de la santé au sein des groupes de médecine familiale, les GMF. Donc, le gouvernement va négocier un nouveau mode de rémunération avec les médecins de famille : moins de paiement à l'acte, plus de rémunération pour la prise en charge des Québécois.

• (16 h 20) •

Donc, une première ligne forte, d'abord les médecins de famille. Ensuite, ça veut dire plus de soins et de services à domicile. Le gouvernement va y investir beaucoup et rapidement. Ces changements vont permettre d'éviter que des patients engorgent inutilement les urgences.

Il y a aussi, au sein de la population québécoise, des centaines de milliers de héros du quotidien qui s'occupent, avec un dévouement hors du commun, de nos aînés en perte d'autonomie ou de leurs enfants qui sont handicapés, parfois lourdement. Ces héros, souvent des héroïnes, supportent un fardeau exigeant. C'est une réalité à laquelle la ministre des Aînés et des Proches aidants m'a sensibilisé. Votre gouvernement va vous venir en aide en finançant des maisons de répit et en adoptant une politique nationale des proches aidants. Et pour les parents — je vois Marilyne — d'enfants lourdement handicapés je réitère notre engagement : on va les aider.

Le gouvernement est aussi déterminé à insuffler une bonne dose d'humanisme dans les soins prodigués aux aînés et aussi, dans certains cas, aux plus jeunes patients dans les CHSLD. J'en profite pour saluer le travail essentiel des préposés aux bénéficiaires. Votre gouvernement va accélérer la rénovation des établissements qui peuvent l'être et augmenter le nombre de préposés. Et, pour l'avenir, avec la population qui vieillit, on doit se préparer et imaginer un modèle plus humain, plus moderne, mieux adapté aux soins de longue durée, un modèle d'établissements qui favorisent de meilleurs soins et un milieu de travail mieux adapté pour le personnel. Les maisons des aînés, c'est le projet d'une génération. Ce modèle, le gouvernement va le définir avec les spécialistes, les usagers, le personnel, et on va le mettre en oeuvre.

Maintenant, parmi les questions de santé publique qui nous préoccupent, il y a aussi la légalisation du cannabis, hein? Je regarde mon ami Lionel. Le gouvernement a décidé, avec Lionel, d'adopter dans ce dossier une approche de santé publique, une approche qui vise à protéger, d'abord et avant tout, les jeunes. Le ministre délégué à la Santé et aux Services publics est en train de préparer un projet de loi presque fini qui va ramener à 21 ans l'âge légal et qui va interdire de fumer du cannabis dans les lieux publics.

Donc, éducation, économie, santé, c'est ça, nos trois grandes priorités, mais il y a aussi plusieurs autres enjeux qui retiennent l'attention du gouvernement.

D'abord, la laïcité de l'État et les signes religieux. Cette question traîne depuis plus de 10 ans maintenant. Les Québécois en ont assez, ils veulent qu'on règle cette question. Et notre engagement est très clair depuis longtemps : le port de signes religieux va être interdit pour les employés de l'État en position d'autorité, y compris les enseignants de niveaux primaire et secondaire. Il s'agit d'une position raisonnable. On va être fermes et on va bouger rapidement.

En matière d'immigration, d'abord, j'aimerais préciser une chose d'entrée de jeu, à ma connaissance, tous les élus de l'Assemblée nationale sont en faveur de l'immigration. Les Québécois sont ouverts, accueillants, mais on doit débattre d'immigration calmement, sereinement, en évitant les accusations délirantes qu'on a entendues trop souvent dans les dernières années. On doit éviter de regarder de haut, avec mépris, les inquiétudes légitimes de la population québécoise. Le gouvernement a pris l'engagement de mieux intégrer les immigrants, qu'on a résumé par la formule suivante : en prendre moins mais en prendre soin. L'objectif est clair, on veut réduire les seuils d'immigration pour avoir les moyens de mieux intégrer les immigrants au marché du travail, à la majorité francophone et au partage de nos valeurs communes.

En parlant de notre langue et de nos valeurs, je veux vous parler de culture. La culture, c'est l'âme d'un peuple. La culture, ça fait partie de ce qu'on est. La culture, ça fait partie du bonheur de vivre. La culture québécoise nous rend fiers. Et la culture, c'est aussi un important moteur économique dans toutes les régions du Québec, c'est une formidable vitrine pour le Québec, et je suis convaincu que la ministre de la Culture va nous rendre encore plus fiers d'être Québécois avec la culture.

En matière de justice, on a aussi plusieurs défis de ce côté-là. Le premier défi consiste à accélérer l'administration de la justice pour éviter les délais déraisonnables en modernisant le système et en le finançant correctement. Le deuxième défi consiste à améliorer l'accès à la justice pour les Québécois de la classe moyenne, ceux qui ne sont pas assez riches pour se payer une défense, pas assez démunis pour avoir accès à l'aide juridique. Le troisième grand défi est celui du droit de la famille, qui doit être réformé de fond en comble pour tenir compte des réalités d'aujourd'hui. La ministre de la Justice est déjà au travail sur ces trois fronts. C'est très important que les Québécois aient confiance et qu'ils aient accès au système de justice.

L'autre enjeu, c'est le mode de scrutin proportionnel mixte. Les Québécois souhaitent que les partis collaborent davantage, et une telle réforme a le potentiel de changer la culture politique dans le bon sens, en atténuant la partisanerie. On s'est engagés à déposer un projet de loi visant à modifier le mode de scrutin dans la première année de notre mandat. Le délai est court, la ministre de la Justice a donc déjà commencé à travailler. On a l'intention de respecter cet engagement et de travailler de bonne foi avec les députés des autres partis. Ce qui nous guide, ce qui nous guide, dans cette réforme, c'est une représentation des élus plus fidèle au vote exprimé, mis en équilibre avec le poids des régions et la stabilité des futurs gouvernements.

[...]
 

En Complément