Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Travaux parlementaires > Journal des débats > Index du Journal des débats

Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Aluminerie de Bécancour inc. (compagnie)
Conflit du travail - 2055-6 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°29, 4 avril 2019, pages 2055-2056

[...]

Lorsqu'ils ont à choisir entre des candidats, ils doivent tout de suite identifier qui, de ceux et celles qui portent des signes religieux, pourront leur causer problème pour la suite. C'est de ça qu'il a été accusé lorsque la cour lui a dit : On ne peut pas présumer de l'adoption. C'est ça qui s'est passé avec les 18 000 dossiers. Et on va le revivre avec les employeurs du Québec.

C'est ça, sa façon de gouverner en démocratie?

Le Président : M. le ministre de l'Immigration.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, je n'ai pas de leçons de démocratie à recevoir de la part du Parti libéral du Québec, qui n'a pas écouté les Québécois pendant 15 ans. Et je pense qu'ils vous ont envoyé un message assez clair le 1er octobre dernier.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

M. Jolin-Barrette : La démocratie, ça s'est exprimé notamment le 1er octobre dernier, lorsque les Québécois vous ont envoyé un message, notamment, relativement à la laïcité de l'État, au port de signes religieux, notamment sur le fait qu'au Québec, lorsqu'on donne un service public, on devrait le donner à visage découvert et le recevoir à visage découvert également pour des motifs de sécurité ou d'identification. Le Parti libéral du Québec devrait cheminer dans sa position pour écouter les Québécois, pour écouter la société québécoise...

Le Président : En terminant.

M. Jolin-Barrette : ...et pour pouvoir tourner la page sur cette question-là. C'est important. C'est un choix de société d'inscrire la laïcité, et nous allons le faire.

Le Président : Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Conflit de travail à l'Aluminerie Bécancour inc.

Mme Manon Massé

Mme Massé : Merci, M. le Président. En campagne électorale, le premier ministre répétait à qui voulait l'entendre qu'il voulait de bonnes jobs, de bons emplois payants, 25 $, 30 $, 40 $ de l'heure. Mais, des salaires comme ça, les patrons, là, ils ne vous donnent pas ça parce qu'on leur demande gentiment. Des salaires comme ça, ils sont obtenus par de la négociation. Et le rôle du premier ministre lorsqu'il y a une négociation, bien, c'est de s'élever au-dessus de la mêlée. Ce n'est pas ce qui se passe actuellement dans le cas de l'ABI. On sait déjà qu'Hydro-Québec subventionne depuis 14 mois le lock-out à la hauteur de centaines de millions de dollars. Maintenant, le premier ministre met tout son poids derrière le P.D.G. à 13 millions d'Alcoa parce que, finalement, il trouve que nos travailleurs et travailleuses québécoises et québécois sont trop payés. Résultat : hier, ABI a rejeté l'offre, et, grâce à la bénédiction du premier ministre, le lock-out continue. Le premier ministre a saboté le rapport de force de nos travailleurs et travailleuses. Ça n'a pas de bon sens.

On sait que le premier ministre n'a peut-être pas tendance à se mettre du bord du monde. Est-ce qu'il pourrait au moins rester neutre?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, au Québec, le salaire moyen, c'est 47 000 $ par année. En Ontario, c'est 52 000 $. Ça représente un manque à gagner de 10 milliards par année pour le gouvernement du Québec, qui pourrait être utilisé pour mieux financer tous nos services publics, pour mieux aider tous nos démunis. Les emplois qui sont à plus de 50 000 $ par année sont beaucoup dans le secteur manufacturier.

Dans le dossier d'ABI, j'ai rencontré les deux parties, j'ai bien écouté le syndicat, bien écouté la direction. Je suis arrivé à la conclusion qu'il y a un problème du côté du syndicat. Et je pense qu'on a effectivement une responsabilité, quand on occupe des fonctions...

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

M. Legault : ...comme la mienne, d'aider à faire cheminer ces dossiers, parce que, les Québécois, là, des emplois à 92 000 $ comme on a chez ABI, c'est des emplois qu'on veut, et actuellement les demandes qui sont faites par le syndicat ne sont pas raisonnables. Et, si, un jour, c'est le patron qui n'est pas raisonnable, je vais le dire, mais, dans ce cas-ci, c'est le syndicat qui n'est pas raisonnable.

Le Président : Première complémentaire. Je vous rappelle que la parole n'appartient qu'à la cheffe du deuxième groupe d'opposition et à celui qui répond. Donc, attention générale, s'il vous plaît. Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Manon Massé

Mme Massé : M. le Président, un chef d'État, ça s'occupe de son peuple. Un P.D.G., ça se préoccupe des actionnaires. Je n'en reviens pas de ce que je viens d'entendre. Le premier ministre, c'est le chef de l'État québécois. Il n'est plus P.D.G. d'une compagnie.

Quand est-ce qu'il va réaliser que son rôle, c'est de jouer dans l'équipe des Québécois et Québécoises, pas dans celle des multinationales comme Alcoa, surtout quand la question salariale n'est même pas sur la table?

• (10 h 30) •

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, je vais donner un exemple à la cheffe du deuxième groupe d'opposition. Actuellement, le syndicat d'ABI demande 10 000 heures de libération syndicale, la direction en offre 7 500 heures, de libérations syndicales. Est-ce que la cheffe de la deuxième opposition trouve que c'est raisonnable de demander 10 000 heures de libération syndicale? Oui, le salaire, les deux parties s'entendent : 92 000 $ par année. Mais les libérations syndicales, franchement, je trouve ça exagéré de demander 10 000 heures.

Le Président : Deuxième complémentaire...

Des voix : ...

Le Président : Encore une fois, je demande votre collaboration. Parole à la cheffe du deuxième groupe d'opposition. Silence, s'il vous plaît!

Mme Manon Massé

Mme Massé : C'est exactement ce que je dis. Ce n'est pas à un chef d'État de s'occuper d'une négociation de travailleurs et travailleuses. On s'entend-u? C'est la...

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

Mme Massé : ...

Le Président : Excusez-moi, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition. Nous sommes dans le processus de questions-réponses. La question est posée par la cheffe du deuxième groupe d'opposition. S'il vous plaît, vous me regarderez pour que je vous rappelle que, pour l'instant, nous sommes tous attentifs. Je vous demande, à tout le monde, votre collaboration. Madame, veuillez continuer.

Mme Massé : Alors donc, quand il y a une négociation, il faut laisser les gens négocier. Et, quand on déséquilibre le rapport de force, soit en subventionnant avec notre société d'État ou en faisant intervenir un premier ministre qui prend parti pour les multinationales...

Est-ce que le premier ministre va s'occuper de notre monde?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, le conflit de travail dure depuis 15 mois. On parle de retombées économiques de 500 millions de dollars par année pour la Mauricie, pour le Centre-du-Québec. Actuellement, les entreprises, pas seulement les employés, là, tous les commerces, les gens en Mauricie puis au Centre-du-Québec, on perd 500 millions de dollars. Oui, je pense que c'est ma responsabilité de s'occuper du bien commun de ces deux régions importantes.

Le Président : Question principale...

Des voix : ...

[...]
 

En Complément