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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Services de santé
Centre hospitalier - Région - 2110-1 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°30, 9 avril 2019, pages 2110-2111

[...]

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, je pense que j'ai été clair. Tous les signes religieux sont sur le même pied d'égalité. Pour certaines personnes en situation d'autorité, policiers, juges, agents correctionnels, enseignants, directeurs d'école, durant la prestation de travail, durant le temps de travail, il n'est pas permis de porter un signe religieux. La députée de Marguerite-Bourgeoys m'a reproché d'avoir utilisé l'expression «fouille à nu». Je faisais référence à un de ses précédents collègues qui avait utilisé cette expression-là à l'époque où il était ministre de l'Éducation, à l'époque où il était député de Jean-Talon. Je pense que tout le monde a fait le lien avec ça. L'idée, c'est : lorsqu'on applique une norme, lorsqu'on applique une loi, la personne chargée de l'application de la loi le fait avec discernement.

Le Président : En terminant.

M. Jolin-Barrette : Et c'est ce qui va être fait, parce que je fais confiance aux autorités dans chacune des organisations.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.

Mme Hélène David

Mme David : Notre travail d'élus, c'est de faire adopter des lois pour améliorer le sort de nos concitoyens et pour faire avancer le Québec. En ce moment, le ministre nous force à discuter de police, de fouille à nu, de délation, de petites croix cachées, de signes plus visibles, de hautes autorités qui devront intervenir dans les convictions intimes des gens, dans leur attachement à certains objets significatifs.

Est-ce vraiment un genre d'échange qui nous honore, qui est à la hauteur de notre importante responsabilité de législateurs?

Le Président : M. le ministre de l'Immigration.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : Bien, M. le Président, avec respect pour la collègue de Marguerite-Bourgeoys, c'est elle qui soulève toutes ces interrogations-là. Et le projet de loi, il est clair relativement à ces différents enjeux là. Ce qu'on fait, c'est qu'on met une séparation très claire entre l'État et les religions au Québec. Je sais qu'il y a beaucoup de Québécois qui sont attachés à la laïcité de l'État. Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on fait le choix de l'inscrire formellement dans nos lois, l'inscrire dans la Charte des droits et libertés de la personne, parce qu'il s'agit d'une des valeurs fondamentales de la société québécoise, qu'on a mise de l'avant au cours des 50 dernières années. On est passés des écoles, à l'époque, où les communautés religieuses étaient présentes dans les écoles, dans les hôpitaux, et maintenant on a fait un choix progressif...

Le Président : En terminant.

M. Jolin-Barrette : ...de séparer le tout, et c'est ce qu'on fait dans le cadre du projet de loi. Je pense que, les Québécois, c'est ce qu'ils souhaitent.

Le Président : Question principale, M. le député de Pontiac.

Rupture de services dans certains centres hospitaliers en région

M. André Fortin

M. Fortin : M. le Président, on commence à comprendre l'approche de la ministre de la Santé. Cas n° 1 : elle ferme l'unité de natalité à La Sarre. Les gens de la région se mobilisent. Ils font des assemblées, signent des pétitions. Rien de la ministre, mais, quand une femme accouche dans des conditions que certains décrivaient comme de la médecine de brousse, la ministre, enfin, réagit. Elle décide d'ouvrir la natalité en prenant des infirmières d'ailleurs en région et de l'Hôpital Sainte-Justine. Cas n° 2 : elle ferme l'unité de natalité à La Malbaie, et on envoie une femme enceinte, en pleine nuit, à un hôpital à deux heures de route. Ce qui devait arriver arriva, M. le Président. Elle accouche dans son auto sur le bord du chemin. Et la ministre, enfin, réagit. Elle prend une ambulance d'ailleurs sur le territoire pour desservir les femmes enceintes. Tout ce qu'elle fait, c'est prendre à Paul pour donner à Pierre.

M. le Président, est-ce que ce sera son approche, réagir suite aux événements? Est-ce qu'elle comprend qu'elle ne peut pas simplement enlever un service à un pour le donner à l'autre?

Le Président : Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.

Mme Danielle McCann

Mme McCann : Bien, M. le Président, je remercie mon collègue de Pontiac de me poser la question parce que ça va me permettre d'apporter des précisions. D'abord, je dois dire, la première chose, c'est que je suis rassurée que la mère et l'enfant sont en bonne santé et vont bien. Je pense que c'est ce qui est le plus important dans cette situation.

Le bris de service qu'il y a eu en obstétrique à La Malbaie, là, c'est quelque chose qui n'était pas prévu. C'est une infirmière qui, malheureusement, a eu un accident. Dès que j'ai entendu parler de cette situation qu'évoque mon collègue de Pontiac, j'ai demandé, j'ai donné la directive que, dans ces circonstances, une ambulance soit toujours disponible, dans ces circonstances, pour amener la mère, l'enfant, le conjoint vers l'hôpital de Québec. Alors, cette directive a été donnée rapidement.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale s'est assuré que la situation se stabilise, et effectivement, aujourd'hui...

Le Président : En terminant.

Mme McCann : ...elle est stabilisée. Et, dans ma prochaine réponse, je vous parlerai de l'avenir.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Pontiac.

M. André Fortin

M. Fortin : Oui, ce n'est pas évident, M. le Président. La ministre a une troisième opportunité. On apprend qu'aux CHSLD à Sherbrooke, à Granby, à Cowansville des quarts de travail ne sont simplement pas comblés par manque d'infirmières, à tel point qu'on prive des patients de nourriture. Est-ce que la ministre va maintenir son approche? Est-ce qu'elle va régler l'enjeu en enlevant des infirmières ailleurs?

M. le Président, à qui la ministre va prendre des infirmières pour régler l'enjeu du CHSLD en Estrie?

Le Président : Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.

Mme Danielle McCann

Mme McCann : M. le Président, dans la situation de La Malbaie, ce que je voulais dire, c'est que la situation évolue très bien et que le CIUSSS de la Capitale-Nationale se mobilise actuellement, et nous aurons de très, très bonnes nouvelles à très court terme. La situation sera fort probablement stabilisée pour l'avenir, pour les prochains mois. Et on assiste actuellement à une mobilisation des établissements, qui n'a pas été dans le même sens dans le passé. Ces bris de services, nous en aurons de moins en moins...

Le Président : En terminant.

Mme McCann : ...et les établissements vont s'en occuper en renforçant des services de proximité, comme ceux de La Malbaie.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Pontiac.

M. André Fortin

M. Fortin : M. le Président, comme si c'était sa seule grande solution, la ministre nous parle toujours de son 200 millions pour créer des nouveaux postes. Mais, à La Malbaie, là, il existe déjà, le poste d'infirmière en natalité, mais, ce week-end, il n'était pas comblé. À Sherbrooke, ils existent déjà, les postes d'infirmières en CHSLD, ils ne sont simplement pas comblés.

Ce qu'on veut, c'est un plan, un plan pour recruter, un plan pour retenir, un plan pour attirer les infirmières, à moins qu'elle aime vraiment ça nager à contre-courant.

Le Président : Mme la ministre responsable des Aînés.

Mme Marguerite Blais

Mme Blais (Prévost) : M. le Président, concernant les plans, il aurait été très avantageux que l'opposition officielle brosse un plan, mais là, maintenant, ils nous demandent de faire le plan. Ce n'est pas depuis hier qu'il manque à la fois des infirmières, des préposés, des éducateurs spécialisés, des pharmaciens, des infirmières et infirmiers auxiliaires. Nous sommes actuellement en train de remettre correctement en place, dans nos CHSLD, un nombre suffisant de professionnels de la santé pour être en mesure de bien prendre soin...

Le Président : En terminant.

Mme Blais (Prévost) : ...des gens, en prenant soin des personnes qui prennent soin des autres. C'est ce que nous faisons, monsieur...

Le Président : Question principale. Et je vous demande tous d'être attentifs à ceux qui posent des questions et à ceux qui y répondent également. Question principale au chef du troisième groupe, au leader... au chef du troisième groupe d'opposition, excusez-moi.

[...]
 

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