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42-1 (27 novembre 2018 - )


Arménie
Génocide - Commémoration - Motion sans préavis - 2334-6

Assemblée
Fascicule n°33, 16 avril 2019, pages 2334-2336

[...]

«Que l'Assemblée nationale souligne le 70e anniversaire de l'Association de la paralysie cérébrale du Québec — d'ailleurs, je veux remercier, dans les tribunes, une délégation de victimes, de parents, d'aidants naturels, de membres du conseil d'administration présidé par Joseph Khoury, de l'APCQ, merci d'être là — la plus vieille association du genre en Amérique du Nord, et dont le siège social se situe désormais à Saint-Jean-sur-Richelieu;

«Qu'elle rappelle que 22 000 personnes au Québec sont atteintes de paralysie cérébrale et qu'à ce nombre, s'ajoutent 140 nouveaux diagnostics annuellement;

«Qu'elle remercie, au nom de tous les Québécois, l'APCQ qui, depuis 70 ans, aide les familles de ceux et celles qui vivent avec la paralysie cérébrale en plus de contribuer, à titre de membre fondateur, à la Chaire de recherche en paralysie cérébrale de l'Université Laval;

«Qu'enfin, elle souligne le lancement de l'opération papillon vert, une vaste campagne de sensibilisation qui se déploiera tout au long de ce 70e anniversaire.»

• (15 heures) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de Saint-Jean. Maintenant, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Schneeberger : Consentement, sans débat.

Mise aux voix

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est adoptée?

Des voix : Adopté.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté.

Maintenant, pour la prochaine motion, je vais reconnaître un membre du groupe formant l'opposition officielle, et ce sera Mme la députée de l'Acadie.

Souligner la commémoration du génocide du peuple arménien

Mme St-Pierre : Merci, Mme la Présidente. Et je veux saluer les représentants de la communauté arménienne qui sont ici présents en cette Assemblée nationale.

Donc, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, la députée de Taschereau, le député des Îles-de-la-Madeleine, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :

«Que l'Assemblée nationale commémore le génocide arménien qui a débuté en avril [2015] et qu'elle rappelle qu'il s'agit d'une des plus grandes tragédies du vingtième siècle;

«Qu'elle exprime sa solidarité envers le peuple arménien et ses descendants et rende hommage aux nombreuses victimes qui ont péri au cours des sombres événements il y a 104 ans;

«Qu'elle réitère son engagement à lutter contre toute forme de haine, de discrimination raciale, ethnique [ou] confessionnelle et qu'elle réitère l'importance qu'elle accorde à l'édification d'un monde plus juste, plus pacifique et plus égalitaire.»

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de l'Acadie. Maintenant, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Schneeberger : Alors, Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant, dans l'ordre suivant : la députée de l'Acadie, la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, la députée de Taschereau et le député des Îles-de-la-Madeleine.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, Mme la députée de l'Acadie, la parole est à vous.

Mme Christine St-Pierre

Mme St-Pierre : Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, depuis 1980, l'Assemblée nationale rend unanimement hommage à la mémoire des victimes arméniennes. D'ailleurs, lors d'une mission, en 2015, à Erevan en Arménie, j'ai déposé officiellement au mémorial dédié aux victimes du génocide arménien la motion qui avait été adoptée ici à l'unanimité lors de la commémoration du centenaire. Ce fut un moment de grande émotion.

Mme la Présidente, le peuple arménien a plus de 3 000 ans d'histoire derrière lui, une histoire malheureusement jalonnée de nombreuses tragédies. Le génocide arménien fut sans l'ombre d'un doute l'une des plus grandes tragédies du XXe siècle. À partir de 1915, des hommes, des femmes et des enfants ont été assassinés. L'extermination a fait plus de 1,5 million de victimes. Le peuple arménien a été dépossédé de ses patries et de ses terres ancestrales. Ce génocide a provoqué l'exode de 500 000 Arméniens partout dans le monde.

Nous avons un devoir de mémoire pour les victimes de ce génocide, car ce peuple est un exemple pour nous tous. Il nous rappelle que le respect de la vie humaine est primordial et que nous devons bannir toute forme d'intolérance, de racisme fondé sur l'origine ethnique, religieuse ou sexuelle.

Cette commémoration se veut aussi un engagement à dépasser nos différences religieuses, ethniques et culturelles. Elle s'inscrit dans notre volonté de faire du Québec une société égalitaire, non violente, respectueuse de l'autre, une société qui rejette toute forme de racisme.

Aujourd'hui, la diaspora arménienne du Québec est estimée à des dizaines de milliers de personnes. Ce sont des citoyens et des citoyennes dévoués, qui contribuent de façon active à l'essor économique et au développement social et culturel du Québec. Par leur persévérance, leur détermination, ils sensibilisent tous les citoyens à la tragédie vécue par leurs ancêtres. Ils nous donnent ainsi l'occasion de réaffirmer notre volonté de défendre sans concession les valeurs de respect et de démocratie si fondamentales à la société québécoise. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de l'Acadie. Maintenant, je vais céder la parole à Mme la ministre des Relations internationales et de la Francophonie.

Mme Nadine Girault

Mme Girault : Merci, Mme la Présidente. Le 24 avril prochain aura lieu le Jour commémoratif du génocide arménien en vertu de la Loi proclamant le Jour commémoratif du génocide arménien en 2003.

Je rends hommage aujourd'hui aux victimes, à leurs familles et à leurs descendants. Permettez-moi de saluer la communauté arménienne qui est aujourd'hui bien représentée dans les tribunes.

Les terribles événements de ce génocide ont débuté en 1915 alors que faisait rage la Première Guerre mondiale. Ce génocide trop souvent oublié n'a pas empêché la perpétration d'autres crimes de masse dans les décennies qui ont suivi.

Aujourd'hui, nous évoquons de douloureux souvenirs, mais nous devons aussi parler d'espoir. Il y a quelques mois, le premier ministre se rendait à Erevan en Arménie à l'occasion du XVIIe sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie. Cela a été notamment l'occasion pour lui de se recueillir au mémorial du génocide arménien. Il a aussi rencontré le premier ministre arménien. Ils ont discuté de l'importance de la communauté arménienne au Québec et des échanges entre nos deux États. Mais laissez-moi vous dire que la diaspora arménienne est bien vivante et dynamique au Québec. Effectivement, plus de 25 000 Québécois d'origine arménienne ont choisi le Québec et contribuent à tous les jours à la culture francophone.

En terminant, j'aimerais rappeler que la nation québécoise, par la voix de l'Assemblée nationale, commémore depuis 1980 la mémoire des victimes du génocide arménien. C'est notre témoignage de solidarité et de fraternité. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la ministre. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Taschereau.

Mme Catherine Dorion

Mme Dorion : Merci, Mme la Présidente. Pourquoi ce génocide s'est-il produit? Ça a commencé le 24 avril 1915. Durant la nuit, le préfet de police de Constantinople a ordonné l'arrestation et l'exécution de 600 intellectuels, artistes, militants arméniens et arméniennes. Dans les mois qui suivent, ce sont des vagues d'assassinats, des convois de déportation.

Pourquoi autant de violence envers ce peuple? Les Arméniens étaient une minorité chrétienne dans l'Empire ottoman. L'Arménien était considéré comme un citoyen de second ordre, comme un indésirable qui ne croit pas à la bonne chose. La Turquie a profité de la Première Guerre mondiale pour éradiquer cette minorité-là à l'intérieur de ses frontières. Ça s'est passé sous les yeux des Turcs, des parents, des travailleurs turcs, qui ont regardé leur État procéder à un génocide.

J'aimerais qu'on ait une pensée pour toutes les minorités du monde qui subissent ce genre de répression, quelle que soit l'intensité, l'ampleur ou la gravité. J'aimerais que le Québec apporte son soutien à toutes les nations, et particulièrement toutes ces nations sans État dans le monde qui sont frappées par des dérives autoritaires et des répressions de divers niveaux de violence : les Kurdes, les Catalans, les Palestiniens et, chez nous, direct à côté de chez nous, les peuples autochtones du Québec, qui ont vécu un génocide culturel duquel ils travaillent très fort à se relever encore aujourd'hui. J'aimerais qu'on ait le courage, en toutes circonstances, de s'opposer fermement à la violence et à la répression. Et, au peuple arménien plus particulièrement aujourd'hui : le Québec est avec vous.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Taschereau. Maintenant, je cède la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.

M. Joël Arseneau

M. Arseneau : Merci, Mme la Présidente. En hommage aux victimes, aux survivants et à leurs descendants, nous devons commémorer le génocide arménien, l'un des pires crimes commis contre l'humanité de notre histoire, un épisode particulièrement sombre qui a presque causé la perte de tout un peuple. Plus de 1,5 million d'hommes, de femmes et d'enfants arméniens furent sacrifiés sur l'autel de l'intolérance et des centaines de milliers d'autres ont dû subir l'exil, dépossédés d'absolument tout ce qu'ils avaient. Cette tragédie fut suivie d'un long silence, un silence qui a ajouté à l'horreur vécue.

Longtemps, le nécessaire devoir de mémoire a incombé au peuple arménien seul. L'Assemblée nationale du Québec, elle, a officiellement reconnu l'ampleur de ce drame en avril 1980 sous un gouvernement de René Lévesque. Aujourd'hui, une part grandissante de la communauté internationale ose enfin nommer le génocide arménien. J'ai eu l'occasion de me recueillir, personnellement, avec émotion au mémorial du génocide, il y a quelques années, à Erevan. C'est une prise de conscience que tous les pays doivent faire.

• (15 h 10) •

Avec cette prise de conscience vient un engagement solidaire des nations du monde, au premier plan de la nation québécoise, à perpétuer le souvenir de cette tragédie malgré la douleur, d'abord parce que c'est ce que souhaite profondément le peuple arménien et son importante diaspora, celle installée ici, au Québec, et dont nous avons aujourd'hui certains représentants avec nous, puis parce que plus jamais de telles atrocités ne doivent se reproduire dans nos civilisations. Être civilisé, c'est trouver l'équilibre, le bon compromis, c'est privilégier la résolution pacifique des conflits et rejeter la violence.

Nous devons également nous souvenir pour honorer la résilience, le courage et la dignité d'un grand peuple, héritier d'une culture millénaire, un peuple qui a trouvé au Québec et ailleurs une terre pour s'épanouir, un peuple qui a trouvé un autre ici pour partager son attachement aux valeurs de justice, de compassion et de tolérance.

À tous les Québécois d'origine arménienne, je dis : Ici, dans cette Chambre, vous n'avez que des alliés. Soyez assurés de notre solidarité. Merci.

Mise aux voix

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député. Alors, cette motion est-elle adoptée?

Des voix : Adopté.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, je vous invite à vous lever pour vous joindre à moi pour que nous puissions observer une minute de silence à la mémoire des victimes du génocide arménien.

(15 h 11   15 h 12)

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Vous pouvez vous asseoir.

Alors, nous sommes toujours à la rubrique des motions sans préavis, et je vais céder la parole à M. le député de Jean-Lesage.

Prendre acte de l'urgence en matière de santé mentale au Québec et demander
au gouvernement d'élargir la consultation annoncée à ce sujet

M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec la députée de Marguerite-Bourgeoys, le député de Jonquière, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :

«Que l'Assemblée nationale prenne acte de l'urgence en matière de santé mentale au Québec;

«Qu'elle reconnaisse les besoins urgents de notre système de soins en santé mentale et de prévention du suicide;

«Qu'elle reconnaisse que l'amélioration de la prévention et des soins en santé mentale constitue un chantier national prioritaire;

«Qu'elle demande au gouvernement d'élargir la consultation annoncée à ce sujet, afin d'y inclure davantage de groupes de la société civile et de permettre une réflexion plus longue et en profondeur.» Merci.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Schneeberger : Oui, il y a consentement, sans débat.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée? M. le leader du deuxième groupe d'opposition.

M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente. Je vais demander à ce qu'on procède à un vote par appel nominal.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous avons une demande de vote par appel nominal. Et que l'on appelle les députés.

Je suspends les travaux quelques instants.

(Suspension de la séance à 15 h 14)

(Reprise à 15 h 15)

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux.

Mise aux voix

Et je vais procéder à un vote par appel nominal. Et que les députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.

[...]
 

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