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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Aluminerie de Bécancour inc. (compagnie)
Conflit du travail - 2385-6 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°35, 18 avril 2019, pages 2385-2386

[...]

Conflit de travail à l'Aluminerie Bécancour inc.

M. Alexandre Leduc

M. Leduc : Hier, le ministre du Travail a soumis une hypothèse de règlement dans le cadre du conflit à ABI. Il a dit, en conférence de presse, que les deux parties devaient mettre de l'eau dans leur vin. À l'écouter, on avait presque l'impression que le gouvernement jouait enfin son rôle d'arbitre. On a eu envie d'y croire, mais... Mais, au même moment, le premier ministre en a remis une couche, en commission parlementaire, en attaquant de nouveau les travailleurs et travailleuses d'ABI. Il a dit, et je cite : Le syndicat exagère. Le syndicat devrait faire plus de compromis. Tout ça, alors que l'encre de l'hypothèse de règlement n'était même pas encore sèche. C'est surréaliste, M. le Président. On a l'impression d'assister à une reprise de Bon Cop, Bad Cop en formule mauvais théâtre d'été. À chaque fois que le ministre fait un geste pour essayer de régler le conflit, le premier ministre fait un geste pour empirer le conflit.

Ma question pour le ministre : Vous essayez de ramer par en avant, le premier ministre rame par en arrière. Coudon, est-ce que le gouvernement tourne en rond?

Le Président : M. le ministre de l'Emploi.

M. Jean Boulet

M. Boulet : Merci, M. le Président. Merci pour la question. Ça démontre, encore une fois, l'intérêt de Québec solidaire pour le règlement d'un conflit de travail qui perdure depuis 15 mois. On devrait tous se préoccuper du sort des familles des travailleurs affectés. C'est ce que nous faisons depuis l'automne dernier.

On a créé un conseil de médiation, on a créé un groupe d'experts, on a identifié des objectifs de négociation et on rame avec les deux parties. On essaie de trouver une solution. Le premier ministre était à mes côtés quand on les a rencontrés. On était en mode recherche de solution. Le premier ministre a toujours été créatif dans ce dossier, a toujours été préoccupé par les conséquences humaines, sociales et économiques de ce conflit de travail là. Donc, on essaie, on a déposé une hypothèse de règlement. Les deux parties sont attentives, vont se mettre en mode analyse, et on aura la réponse dans un délai raisonnable. Merci, M. le Président.

Le Président : M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, pour votre première complémentaire.

M. Alexandre Leduc

M. Leduc : Visiblement, la main gauche ne sait pas ce que la main droite fait, M. le Président, et, dans mes 12 ans de syndicalisme, je n'ai jamais vu ça. Par contre, dans mes études en histoire, j'ai souvent vu ça. Puis vous savez où? C'est quand j'étudiais le régime antisyndical de Duplessis. Ça, il y en avait en masse, des interventions du premier ministre, dans ce temps-là.

Je sais que le ministre a une longue expérience en relations de travail. Peut-il me donner un seul exemple récent où le gouvernement a autant joué dans l'équipe du patron?

Le Président : M. le ministre du Travail.

M. Jean Boulet

M. Boulet : M. le Président, pour la première fois au Québec, on a un gouvernement qui se préoccupe des répercussions d'un conflit de travail qui perdure depuis trop longtemps.

On a un gouvernement qui est proactif, qui décide de faire les choses autrement, encore une fois pour aider les familles, les travailleurs et préserver des jobs qui sont intéressantes pour l'économie du Québec. On a toujours dit, on l'a répété en campagne électorale, les emplois bien rémunérés, il faut les valoriser, et ça, c'est pour l'ensemble des Québécois et de l'économie du Québec, et ça...

Le Président : En terminant.

M. Boulet : ...on va continuer à agir et dans la même direction.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Manon Massé

Mme Massé : La dernière fois que je me suis levée en Chambre pour parler d'ABI, j'avais demandé au premier ministre de s'élever au-dessus de la mêlée. Visiblement, il n'est pas capable de faire ça bien, bien.

À défaut de faire ça, est-ce que c'est pensable qu'il pourrait se retenir un petit peu, tu sais, juste prendre une petite pause pour les 10 prochains jours? Parce que c'est le temps que le conflit a besoin pour avancer. Est-ce que le premier ministre peut au moins être capable de faire ça?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, c'est très grave, pour la région de la Mauricie puis la région du Centre-du-Québec, ce qui se passe chez ABI. On a actuellement non seulement une masse salariale de 100 millions par année qui n'est pas versée, il y a des retombées, quand on inclut les fournisseurs puis les sous-contrats, 500 millions de dollars par année de retombées qui ne sont pas données, tout ça dans un contexte où le prix de l'aluminium est très bas puis qu'il y a une taxe de 10 % pour l'exportation d'aluminium aux États-Unis. Actuellement, moi, j'ai une inquiétude réelle que cette entreprise reste fermée pendant longtemps si le syndicat ne fait pas de compromis.

Le Président : En terminant.

M. Legault : Donc, je vais continuer, M. le Président, de travailler pour...

Le Président : Question principale, M. le député de Laval-des-Rapides.

Plan du gouvernement pour augmenter les exportations d'électricité

M. Saul Polo

M. Polo : Merci, M. le Président. Cette semaine, j'ai eu l'occasion d'échanger avec le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles sur sa vision de l'alliance énergétique. Le ministre nous a dit à plusieurs reprises qu'il fallait avoir la vision et qu'il fallait aller de l'avant avec ce projet afin de positionner le Québec comme la batterie de l'Amérique du Nord.

Ceci dit, nos voisins sont déjà d'importants partenaires d'hydroélectricité. 47 % de nos exportations d'électricité vont aux six États de la Nouvelle-Angleterre, 24 % à l'État de New York, 19 % en Ontario et 7 % au Nouveau-Brunswick. Nous sommes tous d'accord que nous avons une richesse énergétique que nous voulons exporter davantage auprès de nos voisins. Mais, pour y parvenir, il faut consolider les partenariats existants. Pour y parvenir, il faut leur parler et aller à la rencontre de nos alliés afin de leur exprimer notre volonté d'explorer d'autres opportunités et de faire affaire ensemble. L'alliance énergétique est le projet économique au centre de ce gouvernement. M. le Président, depuis que le ministre a été nommé dans ses fonctions il y a six mois, le ministre n'a eu qu'une seule rencontre avec un de ses partenaires.

Comment il explique... et qu'est-ce qu'il attend pour faire preuve de leadership, et qu'est-ce qu'il attend pour démontrer de l'ambition?

• (11 heures) •

Le Président : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

M. Jonatan Julien

M. Julien : Oui, merci, M. le Président. Je suis très, très, très curieux d'entendre cette question-là de mon collègue par rapport à l'ambition puisque, très récemment, on nous reprochait justement d'avoir des discussions, des négociations, par exemple, avec l'Ontario. Et, pour nous, on a l'ambition, et elle est claire pour nous... favoriser plus d'exportations d'hydroélectricité, une grande richesse du Québec. On a actuellement une entente avec le Massachusetts. On travaille avec le Maine justement pour la ligne de transmission, et les discussions vont bon train. Et on va poursuivre également les discussions avec nos voisins, les provinces voisines, à la fois Terre-Neuve, avec les enjeux... On a régularisé, fort heureusement, le dossier de Churchill Falls, mais 2041, oui, on a du temps, mais il faut déjà commencer à travailler sur la suite.

Et la même chose pour l'Ontario. On a des discussions avec l'Ontario. Hydro-Québec communique continuellement avec l'équipe du MERN sur l'évolution des discussions pour faire en sorte qu'effectivement un projet ambitieux, le Québec, batterie du Nord-Est américain... et on y travaille fortement, M. le Président.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Laval-des-Rapides.

M. Saul Polo

M. Polo : M. le Président, j'entends des paroles mais aucune action. Le ministre a eu une seule rencontre au Massachusetts le 15 novembre dernier, mais après ça rien d'autre. Est-ce que c'est ça, le leadership que veut exercer le ministre de l'Énergie? Vous savez, M. le Président, l'alliance énergétique, si elle voit le jour à un certain moment donné, cette alliance commence par nos voisins, nos alliés.

Je peux donner des suggestions au ministre : tout d'abord, commencez par rencontrer votre homologue de l'Ontario, Greg Rickford, sinon Derrick Dalley, le ministre des Ressources naturelles de Terre-Neuve-et-Labrador.

Est-ce qu'il a besoin que je fasse des téléphones à sa place pour l'aider à faire son travail, M. le Président?

Le Président : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

[...]
 

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