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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Aluminerie de Bécancour inc. (compagnie)
Conflit du travail - 2426-7 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°37, 1 mai 2019, pages 2426-2427

[...]

Conflit de travail à l'Aluminerie Bécancour inc.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : M. le Président, le 1er mai est la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs. J'en profite pour les saluer aujourd'hui. Leur apport est essentiel à l'économie et à l'ensemble des régions du Québec. Sans main-d'oeuvre, il est difficile de créer de la richesse ou encore d'attirer des investisseurs privés. Cette disponibilité de la main-d'oeuvre, c'est un élément majeur lorsque vient le temps de choisir un lieu où établir ses activités. Il est important de miser sur le capital humain.

À Bécancour, cependant, 1 030 travailleurs de l'aluminerie ABI sont en lock-out depuis maintenant 16 mois. Ce conflit de travail a non seulement des répercussions sur eux et leurs familles, mais également sur l'économie de toute la région. En campagne électorale, le premier ministre a donné sa parole aux syndiqués à l'effet qu'il résoudrait le conflit, son ministre du Travail était à ses côtés lorsqu'il a pris cet engagement, et c'est une autre promesse qui semble s'envoler. Début avril, coup de théâtre de la part du premier ministre, il prend clairement parti pour l'employeur en mentionnant que la partie syndicale doit être celle qui doit faire le plus de compromis. Je le cite : «Le syndicat n'est pas raisonnable» dans ce dossier.

Est-ce que le premier ministre souhaite profiter aujourd'hui de cette journée internationale pour reconnaître que son ingérence a nui à la crédibilité de son ministre et à la résolution de ce conflit?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, moi aussi, je veux en profiter, étant donné qu'on est le 1er mai, pour souhaiter bonne fête à tous les travailleurs, travailleuses. J'aurai l'occasion cet après-midi de rencontrer les présidents des grands syndicats au Québec.

Maintenant, concernant le dossier d'ABI. Bon, on le sait, puis je l'ai souvent répété, le problème au Québec, ce n'est pas tellement de créer des emplois ou de réduire le taux de chômage, c'est vraiment d'augmenter le salaire moyen. On a un salaire moyen, au Québec, d'à peu près 49 000 $ par année. Il faudrait l'augmenter à 53 000 $ pour rejoindre l'Ontario, pour commencer à recevoir moins de péréquation, être moins dépendant de la richesse du reste du Canada.

Pour y arriver, il faudra être capable d'avoir plus d'emplois dans le secteur manufacturier. Or, on a un problème, actuellement, quand on regarde le coût de la main-d'oeuvre, dans certaines entreprises manufacturières, le coût est plus élevé qu'aux États-Unis. Donc, je pense qu'il va falloir faire un appel aux syndicats, puis incluant aux métallos, pour être plus raisonnables.

Dans le cas d'ABI, le salaire moyen est de 92 000 $ par année. Donc, ça fait partie des 9 % des personnes les mieux payées au Québec. Donc, le ministre du Travail a déposé une proposition, entre autres, de retour au travail, où on demande des garanties à l'employeur sur le nombre de personnes qui vont revenir au travail. Mais j'ai dit tout simplement ce que je pense, la vérité, c'est-à-dire qu'il va falloir être raisonnable si on veut créer plus d'emplois payants...

• (10 h 10) •

Le Président : En terminant.

M. Legault : ...dans le secteur manufacturier.

Le Président : Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : Vous savez, autant les travailleurs que les employeurs s'entendent pour dire qu'un premier ministre doit éviter de prendre parti dans un conflit de travail privé. La politique, ça a un devoir de neutralité dans ce domaine. Le droit du travail québécois est fondé sur la négociation de bonne foi et sur l'équilibre des forces.

Pourquoi le premier ministre refuse-t-il de reconnaître qu'il est allé trop loin dans ce conflit en prenant position pour l'employeur?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, il m'est arrivé de parler de certains employeurs pour dire que, dans certains cas, ils exagéraient. Je vais continuer de le faire. Quand un syndicat exagère, je pense que c'est mon devoir de le dire. Par contre, dans une entreprise privée, ça sera aux travailleurs, aux employés de décider. C'est un conflit privé, donc les employés auront à voter s'ils acceptent ou non la proposition de l'employeur. Donc, en bout de ligne, ce sont les employés qui vont décider, mais je pense que de donner une indication, c'est le rôle d'un gouvernement.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : M. le Président, l'ingérence du premier ministre a soulevé, vous le comprendrez, la colère des travailleurs. Et même le président syndical a déclaré, et je le cite : «Je trouve ça décevant d'avoir eu une rencontre avec mon premier ministre et de l'entendre dire des menteries[...]. Je trouve ça déplorable...»

Que compte faire le premier ministre maintenant pour résoudre le conflit?

Le Président : Je vous demande également de faire attention aux propos. Même en citant, on doit être prudents pour les mots utilisés, notamment celui dont on vient de parler, mais, même en citant, on doit être prudents. M. le premier ministre, réponse, s'il vous plaît.

M. François Legault

M. Legault : Oui. M. le Président, je pense, c'est connu, puis même la proposition a été rendue publique : actuellement, l'employeur propose 7 500 heures de libération syndicale. Le syndicat en demande 10 000. L'employeur propose de contribuer 60 % au fonds de pension, 40 % pour l'employé. Ce sont des faits connus.

Moi, je pense qu'il doit y avoir des compromis qui sont faits. Ce sont des emplois payants. C'est important pour les employés mais c'est important pour toute la région de la Mauricie puis celle du Centre-du-Québec. Il y a des retombées importantes chez des sous-contractants, des fournisseurs...

Le Président : En terminant.

M. Legault : ...puis je rappelle que les libéraux n'ont rien fait pendant huit mois.

Le Président : Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : M. le Président, le ministre du Travail avait promis une entente pour le 30 novembre 2018. L'échéance a ensuite été repoussée au 21 décembre, puis, finalement, la dernière hypothèse de règlement ne semble pas passer. Une fois de plus, le conflit de travail chez ABI est dans l'impasse.

Est-ce que le premier ministre envisage maintenant de présenter une loi spéciale pour mettre fin à ce conflit de travail qui perdure?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : Eh boy! Le Parti libéral dit : Le gouvernement ne doit pas intervenir mais nous suggère de faire une loi spéciale dans une entreprise privée.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

M. Legault : M. le Président, c'est vraiment contradictoire, la position du gouvernement libéral. De janvier 2018 jusqu'au 1er octobre 2018, ils n'ont rien fait. Maintenant, ils nous accusent, ils nous accusent de ne pas avoir trouvé une solution dans un conflit privé, veulent faire une loi spéciale. Qu'ils aillent discuter de ça avec les métallos.

Le Président : Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! La parole n'appartient qu'à vous.

Coût d'instauration des maternelles quatre ans

Mme Marwah Rizqy

Mme Rizqy : Le premier ministre parle d'exagération, mais il faut le faire, hein, parce qu'en parlant des maternelles quatre ans... Nous, ça fait des mois qu'on vous le répète, que c'est une promesse irréaliste, qu'il n'y a pas vraiment de demande, qu'il n'y a pas d'enseignants, parce que, oui, il y a une pénurie d'enseignants, qu'il n'y a pas de locaux. Mais, malgré ça, le premier ministre décide : On y va.

En campagne électorale, il a promis 5 000 classes pour ces maternelles, mur à mur. Il a dit : Ça va coûter une

[...]
 

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