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42-1 (27 novembre 2018 - )


Assemblée nationale
Crédits budgétaires 2019-2020 - 2501-21

Assemblée
Fascicule n°39, 7 mai 2019, pages 2501-2521

[...]

Je vous informe que demain, lors des affaires inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par M. le député de Robert-Baldwin. Cette motion se lit comme suit :

«Que l'Assemblée nationale mandate la Commission des finances publiques pour étudier le rapport "Évolution du modèle d'affaires de la SAQ" de la firme PricewaterhouseCoopers déposé au gouvernement le 12 septembre 2018 et faire, le cas échéant, des recommandations appropriées afin de moderniser le modèle d'affaires de la SAQ et favoriser la vente des produits québécois;

«Que, dans le cadre de ce mandat, la commission procède à des consultations particulières et tienne des auditions publiques et qu'à cette fin, elle puisse entendre les auteurs dudit rapport, la Société des alcools du Québec, l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec, M. Frédéric Laurin, professeur au Département de finance et [d'économie] de l'UQTR ainsi que toutes les personnes ou organismes qu'elle jugera nécessaire de convoquer;

«Que l'organisation du mandat soit confiée aux membres de la commission;

«Que la commission fasse rapport à l'Assemblée au plus tard le 1er novembre 2019 à moins que la commission n'en décide autrement;

«Enfin, que cette motion devienne un ordre de l'Assemblée.»

• (15 h 40) •

Je vais juste vous informer que les débats de fin de séance... il y aura deux débats de fin de séance qui se tiendront aujourd'hui : le premier débat, sur une question adressée par Mme la députée de Vaudreuil à la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, concerne la nécessité pour le gouvernement de conclure une entente avec la Croix-Rouge pour mieux soutenir les municipalités dans le cadre des inondations; le deuxième débat, sur une question adressée par M. le député de La Pinière au président du Conseil du trésor, concerne la nécessité pour le président du Conseil du trésor d'être aussi transparent que le sous-ministre adjoint à la Santé et aux Services sociaux et de fournir les coûts de système détaillés de chaque ministère.

Affaires du jour

Alors, la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. Conformément à l'article 286 du règlement, l'Assemblée doit maintenant se constituer en commission plénière afin d'étudier les crédits budgétaires de l'Assemblée nationale pour l'exercice financier 2019‑2020. M. le leader du gouvernement.

M. Schneeberger : Alors, Mme la Présidente, conformément à l'article 108 de notre règlement, je fais motion pour que l'Assemblée se constitue en commission plénière.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Cette motion est-elle adoptée?

Des voix : Adopté.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Motion adoptée. Alors, nous allons donc suspendre les travaux quelques instants afin que l'Assemblée se constitue en commission plénière. J'invite également les personnes qui accompagnent M. le président à prendre place.

(Suspension de la séance à 15 h 42)

(Reprise à 15 h 51)

Commission plénière

Étude des crédits de l'Assemblée nationale

M. Picard (président de la commission plénière) : Nous sommes réunis en commission plénière afin d'étudier les crédits budgétaires de l'Assemblée nationale pour l'exercice financier 2019‑2020. La durée maximale de cette étude a été fixée à deux heures, et, conformément à ce qui a été convenu entre les leaders et les députés indépendants, la répartition du temps de parole sera la suivante : 20 minutes sont allouées à M. le président pour ses remarques préliminaires, 48 min 30 s seront allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement, 32 min 20 s seront allouées au groupe formant l'opposition officielle, 8 min 5 s seront allouées au deuxième groupe d'opposition, 8 min 5 s seront allouées au troisième groupe d'opposition et trois minutes seront allouées aux députés indépendants, sous réserve d'un maximum de 1 min 30 s chacun. Dans le cadre de ces débats, le temps non utilisé par les députés indépendants sera redistribué entre les groupes parlementaires d'opposition selon les proportions établies précédemment. Enfin, je rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours du débat, ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la présidence.

Remarques préliminaires

Nous allons donc entreprendre immédiatement nos travaux par les remarques préliminaires du président de l'Assemblée nationale. M. le président, la parole est à vous.

M. François Paradis

M. Paradis : Merci, M. le Président. Mesdames et messieurs, chers collègues, d'abord, je suis fort heureux de me prêter à cet exercice d'étude des crédits budgétaires de l'Assemblée nationale pour la toute première fois. Alors, on n'a pas souvent l'occasion de tracer le portrait d'une institution aussi importante que l'Assemblée nationale tout en se projetant dans l'avenir, et c'est ce qu'on va faire. C'est exactement ce que me permet l'exercice, ce que nous permet l'exercice, et je m'en réjouis. Je vais donc profiter du moment qui m'est offert aujourd'hui pour exposer ma vision de notre Parlement et des projets qui me tiennent à coeur. Il me fera ensuite, évidemment, plaisir d'échanger avec mes collègues sur les différents projets et enjeux qui animeront notre Assemblée pour les prochains mois et années.

Alors, avant d'entrer dans le vif du propos, j'aimerais prendre quelques minutes pour souligner l'apport considérable de plusieurs acteurs essentiels aux projets que nous mettons de l'avant et réalisons, bien sûr. D'abord, j'aimerais remercier mes collègues de la présidence, les députés de Chutes-de-la-Chaudière, M. Marc Picard, de Saint-Hyacinthe, Mme Chantal Soucy, et de Hull, Mme Maryse Gaudreault. Leur apport se situe non seulement sur le plan des travaux parlementaires, mais également dans différents projets et dossiers de nature administrative et institutionnelle. Je vous donne des exemples : le comité sur les conditions de travail et les diverses allocations versées aux députés, le Cercle des femmes parlementaires ou le comité Zéro harcèlement de l'assnat sont donc de bonnes façons de vous indiquer leur apport considérable et important, une implication concrète à l'amélioration de nos façons de faire et à la bonne marche de notre Parlement.

D'autres personnes sont également essentielles au bon fonctionnement de notre institution : le secrétaire général, à mes côtés, que je salue, Michel Bonsaint — merci, Michel — de même que toute son équipe de direction qui, au quotidien, travaille dans l'ombre, tout en étant de bon conseil et d'une très grande efficacité ; les membres du Bureau de l'Assemblée nationale, plus connus sous le nom de BAN — alors, les gens l'apprendront, BAN, c'est le Bureau de l'Assemblée nationale — qui m'accompagnent dans la gestion et le fonctionnement de l'institution, mais aussi dans tous les aspects qui touchent les députés.

Je remercie plus spécialement le whip en chef du gouvernement et député d'Arthabaska, M. Éric Lefebvre, le whip en chef de l'opposition officielle, la whip en chef et députée de Laporte, Mme Nicole Ménard, ainsi que la députée de Mercier, Mme Ruba Ghazal, et le député de Rimouski, M. Harold Labelle, qui agissent à titre de whip pour leurs groupes parlementaires respectifs. Je tiens d'ailleurs à souligner que les whips sont des acteurs et interlocuteurs incontournables pour le bon fonctionnement de notre Parlement, vous l'aurez compris.

Je désire également témoigner ma gratitude à mon entourage immédiat, notamment à Lise Moreau, ma directrice de cabinet, et à Annie-Christine Cyr, ma directrice adjointe, et, bien sûr, à tout mon personnel politique, administratif. Et, si j'éprouve tant de plaisir, et c'est un réel plaisir à assumer cette fonction de président, c'est en grande partie grâce à leur compétence et à leur appui constant. Je le dis souvent et je le répète, nous ne sommes rien de plus que l'équipe qui nous entoure. Alors, merci à toutes, merci à tous.

Finalement, je ne peux passer sous silence le professionnalisme et le doigté qui caractérisent le personnel de l'Assemblée nationale. Je suis privilégié de bénéficier quotidiennement de leurs habiletés, de leur expérience. Je profite donc de ce moment pour leur adresser... elles l'auront compris, ils l'auront compris, je leur adresse toute ma reconnaissance.

C'était le 27 novembre dernier, je me revois encore à résister pour arriver à ce fauteuil, j'ai eu le privilège d'être élu président de l'Assemblée nationale par mes pairs. Bien, sachez que cette élection m'a insufflé une grande fierté, à laquelle est venue se greffer la conscience de l'immense responsabilité qui incombe à cette tâche. Alors, dans ma première allocution à titre de président, j'ai mentionné que j'amorçais mon mandat avec beaucoup d'humilité et un désir profond de m'améliorer et d'apprendre, toujours apprendre, mais aussi de parfaire et de faire évoluer nos pratiques parlementaires dans l'objectif de nous rapprocher des citoyens.

Ce même désir m'anime toujours autant, sachez-le. Les Québécoises et les Québécois sont en droit de réclamer davantage de transparence et d'exiger une gestion toujours plus rigoureuse. J'en fais un dossier prioritaire de ma présidence, je l'ai déjà dit, je le répète. Des travaux ont d'ailleurs été entrepris en ce sens et des gestes concrets ont déjà été posés. Bien, sachez que le travail se poursuit.

J'aimerais revenir sur les élections générales du 1er octobre 2018 pour une simple et bonne raison : le résultat a permis l'arrivée de nombreux nouveaux visages et un nombre record de femmes, un grand nombre d'élus qui n'avaient jamais siégé à l'Assemblée nationale avant l'élection d'octobre. Bien, moi, je pense que ce renouvellement de notre Assemblée constitue un moment idéal pour réfléchir et revoir certaines de nos façons de faire afin de continuer toujours à mieux répondre aux attentes de nos citoyens.

Il faut dire que l'Assemblée nationale est une institution unique par sa nature et son rôle. Elle a besoin d'avoir les coudées franches quand vient le temps d'exercer sa fonction de contrôle du gouvernement. Pour préserver son autonomie et agir en toute indépendance, les crédits qui lui sont attribués sont permanents et n'ont donc pas besoin d'être adoptés annuellement en Chambre. Les prévisions budgétaires sont approuvées par le Bureau de l'Assemblée nationale, qui agit comme un conseil d'administration. Le bureau est composé de femmes et d'hommes élus et issus de chaque groupe parlementaire. Le travail qui s'y fait est non partisan et teinté par le souci constant d'agir dans l'intérêt supérieur de l'institution. Les décisions qui s'y prennent, qu'elles soient d'ordre budgétaire ou de toute autre nature, sont réfléchies, et appuyées par des analyses fines, et poussées et caractérisées par un même dessein, toujours le même, celui du sens commun.

Les prévisions budgétaires adoptées par le Bureau de l'Assemblée nationale sont à la hauteur de 136,9 millions de dollars, comparativement à 139,6 millions pour la dernière année. Si vous demandez quelle est cette différence, bien, elle s'explique essentiellement par une baisse du coût du régime de retraite des députés. Quant au budget d'investissement, il a, pour sa part, été fixé cette année à 14,7 millions, comparativement à 10 millions en 2018‑2019, et cette hausse du budget d'investissement s'explique notamment par la fin du projet d'amélioration des infrastructures de l'Assemblée qui permet donc la reprise des investissements en immobilisations. Nous pourrons en reparler, j'en suis convaincu.

L'Assemblée nationale a beaucoup évolué au cours des dernières décennies. De fait, elle est passée du statut de maison des députés, essentiellement délibérative, à une maison de plus en plus ouverte aux citoyens. Ce désir d'étendre l'accès au Parlement a réellement pris son envol dans les années 70 avec, entre autres choses, l'accès aux travaux par la télédiffusion des débats et la mise sur pied de visites guidées structurées. Bien, ces gestes d'ouverture poursuivaient le même objectif que celui que nous avons maintenant, c'est-à-dire amener la population à mieux connaître le Parlement, ce lieu qui porte notre histoire, qui porte notre avenir, dans lequel se votent des lois et se dessinent les grandes orientations de la société.

L'Assemblée nationale a poursuivi sur cette lancée en se dotant, dans les années 90, d'une véritable mission éducative et en ouvrant son restaurant au grand public. Puis nous voilà ensemble, 2019, une année charnière et historique pour notre institution. Et le terme «historique» prend tout son sens : dans quelques semaines seulement, un pas important sera franchi, et ce pas s'inscrit parfaitement dans cette approche de maison citoyenne.

• (16 heures) •

En 2014, l'Assemblée s'est lancée dans une grande aventure, mais pas à l'aveugle, bien au contraire. Mis à part l'ajout du restaurant Le Parlementaire en 1917 — 1917, pour Le Parlementaire — notre Parlement était demeuré essentiellement le même, peu de choses y avaient été faites. Il faut dire que les enjeux de sécurité autour des Parlements à travers le monde commençaient à attirer l'attention. La sécurité est rapidement devenue un enjeu, et une mise aux normes s'est alors imposée. De plus, et vous en conviendrez, j'en suis convaincu, l'exiguïté des lieux, notamment les salles de commission trop peu nombreuses, petites, munies d'une technologie souvent vétuste, ne correspondait plus à notre volonté d'accueillir adéquatement les députés, les invités, les groupes, de même que les citoyennes et les citoyens.

La réflexion s'est ainsi amorcée avec les membres du BAN et le personnel de l'administration. Rapidement, l'idée d'innover et d'offrir un lieu exemplaire est apparue dans les cartons. Il ne fallait pas seulement réparer, ajouter, mais aussi créer un nouvel espace qui répondrait aux besoins actuels d'une assemblée législative, un lieu qui susciterait l'adhésion de la population québécoise et un grand sentiment d'appartenance.

Ce désir de nouveauté devait s'articuler autour d'un concept architectural unique lié à nos aspirations et à la hauteur de nos ambitions, mais aussi un concept qui respecterait l'intégrité du parlement sans toutefois mettre au rancart l'innovation. Creuser sous le parlement... Et souvent les gens le disent, hein : Que s'est-il fait? On le voit peu. Bien, c'est sous le parlement. C'est devenu une option intéressante et celle qui verra le jour sous peu.

Il fallait aussi renouveler l'offre. Comment faire vivre ce nouvel espace? Comment amener les citoyennes et citoyens à vivre une expérience éducative, culturelle, interactive, participative, significative et unique? Ces questions ont été analysées à l'interne.

Et je suis fier de voir le résultat aujourd'hui. Dans quelques semaines, dans quelques semaines, notre Assemblée sera plus que jamais vivante, ouverte, expressive et emblématique. Nous avons franchi un pas de géant avec ce nouveau pavillon d'accueil, qui nous amène ailleurs, inévitablement.

Je vous annonce que nous n'en resterons pas là. L'agora qui se trouve au coeur de notre nouveau pavillon d'accueil sera le lieu de différentes manifestations culturelles, artistiques et scientifiques. Déjà, d'éventuels partenaires se manifestent pour s'intégrer à notre offre, notamment les universités, les musées et différents organismes culturels. L'objectif est de faire du parlement un véritable lieu de rencontre, de réflexion, de discussion et d'échange, un lieu connecté sur les enjeux de la société.

Dans quelques semaines, nous donnerons le coup d'envoi des festivités pour l'inauguration de notre pavillon. Plusieurs activités seront organisées pour cette ouverture grand public les 1er et 2 juin prochain, de 10 heures à 16 heures. Alors, vous aurez compris que je vous invite, les députés, j'invite la population également, à prendre possession de leur parlement. Ces deux journées seront l'occasion de découvrir les nouveaux espaces, et nous souhaitons qu'elles donnent le goût d'y revenir puisque notre offre sera constamment renouvelée.

Il y a un autre aspect qui m'inspire la fierté dans ce projet. En plus d'avoir été conçu par les ressources internes, le nouveau pavillon d'accueil a été réalisé dans les délais et les coûts prévus. Je tiens particulièrement à remercier tout le personnel de l'Assemblée, qui a été, dès la conception du projet, associé à sa réalisation. En plus de leur prestation de travail normale, les employés ont dû redoubler d'ardeur pour mener à terme cet important chantier. Sachez que, sans leur participation et leur créativité, le projet aurait été passablement plus coûteux. D'ailleurs, nous aurons l'occasion de souligner leur travail le 24 mai lors d'une fête donnée en leur honneur, qui marquera le début des festivités d'ouverture du nouveau pavillon d'accueil.

J'aimerais maintenant porter à votre attention le dépôt en avril dernier du plan stratégique 2019‑2023 de l'administration de l'Assemblée nationale. Ce plan met de l'avant la direction que nous souhaitons prendre au cours des quatre prochaines années pour innover et pour nous permettre de nous projeter dans l'avenir. Jusqu'en 2023, ce document nous guidera dans notre mission et nous aidera à respecter notre vision d'excellence et à nous conformer à nos valeurs consensuelles. Il encadrera aussi les futurs projets d'immobilisation, qui s'inscrivent tous dans cette volonté de rendre notre parlement plus accessible, plus sécuritaire, évidemment, plus performant. Je pense, entre autres, au projet de rénovation de notre restaurant, à la phase 2 du projet d'amélioration de nos infrastructures, qui touche notamment le réaménagement de la rue des Parlementaires, et à notre volonté de nous tourner vers le numérique.

Outre le fait que la maison citoyenne soit située sur la colline Parlementaire à Québec, il est important que cette maison communique avec l'ensemble des citoyennes et citoyens du territoire québécois. L'Assemblée dispose de différentes plateformes de communication, vous le savez, comme le canal de l'Assemblée nationale, son site Internet, ses médias sociaux. Nous souhaitons instaurer un véritable dialogue avec la population, une communication qui doit se faire dans les deux sens. L'Assemblée doit communiquer le plus d'informations possibles à propos des travaux parlementaires, mais elle doit également trouver les meilleurs moyens d'aller chercher l'opinion des citoyens sur les enjeux débattus dans le cadre de ces travaux parlementaires.

Lors de la mise en place de la nouvelle législature, les leaders parlementaires ont souhaité créer un comité notamment en vue de moderniser le fonctionnement de notre Assemblée. Eh bien, j'ai réuni les leaders récemment, et nous avons convenu d'aller de l'avant avec ce comité en nous inspirant des meilleures pratiques actuelles en matière de parlementarisme. Nous continuons le travail à ce chapitre.

À titre d'exemple, la télédiffusion en direct des débats parlementaires a bien pu paraître révolutionnaire à une certaine époque. C'était tout nouveau. Mais il faut maintenant aller plus loin, avec des produits dérivés et une diffusion des débats dans un format de type sur demande, rejoindre aussi les gens, nos gens, où ils sont, quand ils le veulent.

Je réfléchis également à une manière moins formelle de communiquer avec les citoyennes et citoyens pour les amener à mieux connaître leur parlement et à interagir avec lui. J'apprécie parler aux gens. Je le dis souvent, probablement que je ne vous apprends rien, je suis privilégié d'avoir pu maintenir pendant plus de 30 ans un lieu étroit avec les citoyens de partout. Bien, vous ne serez pas surpris d'apprendre que je souhaite ardemment ouvrir les portes de l'Assemblée et faire en sorte que le grand public ait accès aux différentes facettes du fonctionnement de nos travaux en découvrant notamment nos procédures, les fonctions parlementaires, mais aussi nos expositions, l'art, l'architecture, la bibliothèque, nos restaurants, nos jardins, nos futurs événements.

À titre de première institution du Québec, l'Assemblée nationale se doit également de rendre des comptes aux citoyens. Bien entendu, c'est avec l'ensemble, l'ensemble, des députés que nous pourrons avancer sur ce sujet. Aujourd'hui, je le pense, les grandes décisions se prennent en concertation.   Déjà, un important geste a été posé en ce qui a trait à nos relations interparlementaires et internationales. Ces échanges ont été élaborés au fil du temps en fonction des intérêts du Québec. Le réseau multilatéral de l'Assemblée nationale s'étend sur les cinq continents, notamment à travers l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, l'APF, l'Association parlementaire du Commonwealth, la Confédération parlementaire des Amériques et les organisations parlementaires des États-Unis.

L'Assemblée nationale entretient également des liens privilégiés et institutionnalisés avec 16 Parlements dans un cadre bilatéral. Elle a évidemment noué des relations avec ses plus proches voisins canadiens, je pense à l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, mais aussi avec quelques États américains, notamment la Louisiane et le Massachusetts. Si les institutions parlementaires québécoises sont profondément ancrées dans la réalité nord-américaine, elles s'appuient évidemment sur des origines uniques, à la fois française et britannique. Cette perspective a naturellement conduit l'Assemblée nationale à nouer des liens précieux avec plusieurs Parlements européens à compter des années 1970, il y a déjà un bon bout de temps, soit les institutions française, belge, bavaroise, pour ne nommer que celles-là.

Plus récemment, l'Assemblée nationale s'est tournée vers des partenaires avec qui le Québec entretient des relations économiques ou de coopération, notamment en Asie, en Afrique, dans les Amériques. En matière de coopération interparlementaire, l'Assemblée nationale organise, depuis 2015, en partenariat avec l'Université Laval et avec le soutien de l'APF, le Programme international de formation parlementaire. Jusqu'à aujourd'hui, bien, sachez que le programme a permis de renforcer les capacités de plus de 70 cadres parlementaires venant de 16 pays.

L'Assemblée nationale se démarque aussi par l'organisation annuelle d'un atelier de leadership pour femmes parlementaires. La prochaine édition de cet atelier aura d'ailleurs lieu à Québec en septembre prochain, septembre 2019.

Dès mon élection, j'ai proposé aux groupes parlementaires un nouveau règlement sur les activités de relations interparlementaires. Le Bureau de l'Assemblée nationale a adopté ce règlement à l'unanimité le 28 février dernier. Ce règlement introduit plusieurs changements et vise d'abord à améliorer la reddition de comptes et la transparence en matière de relations interparlementaires. Ainsi, la publication d'un rapport, pour chacune des activités, comprenant la ventilation des coûts encourus est maintenant accessible rapidement sur le site Internet de l'Assemblée nationale à la suite de la tenue de chacune de ces activités.

Le règlement vise aussi à favoriser une prise de décision consensuelle, notamment par la mise sur pied d'un comité multipartite qui a pour mission de planifier et de coordonner les activités de relations interparlementaires de l'institution. Le comité que je préside se compose du whip de chaque groupe parlementaire ou, si on groupe parlementaire ne peut désigner son whip, du parlementaire qui pourra agir à titre d'interlocuteur auprès des whips. Ce comité a notamment comme mandat de préparer annuellement une programmation des activités et de désigner les députés qui y prendront part. Et cette façon de faire va permettre de mieux intégrer aux activités internationales les thèmes susceptibles d'être abordés dans le cadre des travaux parlementaires, de nos travaux parlementaires.

• (16 h 10) •

Le 20 mars dernier, le Comité consultatif de la diplomatie parlementaire s'est réuni pour la première fois et a pu s'entendre notamment sur les grandes orientations et objectifs qu'il souhaite donner aux relations interparlementaires. Ces orientations et objectifs ont ensuite été déposés à l'Assemblée nationale. Il s'agit de rendre notre institution plus moderne et ouverte, renforcer l'efficacité des parlementaires dans leurs fonctions, promouvoir les secteurs d'excellence de la société québécoise. C'est en empruntant cette voie que nos actions seront portées sur la scène internationale.

J'aimerais maintenant aborder un sujet qui me tient particulièrement à coeur, soit le dossier de la transparence, celle des dépenses des députés, des informations du Bureau de l'Assemblée nationale et celles de nature plus administrative. J'ai confié à un comité présidé par le premier vice-président de l'Assemblée le mandat d'étudier la question et de me faire des recommandations à ce sujet. J'ai demandé à ce qu'un rapport d'étape me soit fait d'ici l'ajournement des travaux en juin.

Il y a du travail à faire en matière de transparence. Nous avons un retard à combler, notamment par rapport à ce que font les autres Parlements. Je sais que mes collègues sont préoccupés par cette question. Voilà une belle occasion de parfaire nos pratiques et de démontrer concrètement à quoi servent les sommes dévolues aux parlementaires pour faire leur travail.

Si je voulais résumer en quelques mots le thème de mon exposé, ça se traduirait de façon toute simple : faire de l'Assemblée nationale une maison ouverte et branchée sur la population. Les gestes, les actions et les interventions que j'entends privilégier au cours de ma présidence iront toujours dans cette direction. Les mots-clés : ouverture et accessibilité, pour que les citoyennes et les citoyens comprennent l'importance de leur Assemblée nationale. En fait, je souhaite que la population soit fière de son parlement, tout simplement. Dans trois semaines, je vous convie une fois de plus à un grand rendez-vous, l'ouverture de notre nouveau pavillon d'accueil. Alors, venez en grand nombre, et vous serez à même, et ça, c'est important, à même de constater le nouveau visage du parlement, et là vous allez découvrir quelque chose, tous ceux qui viendront avec nous prendre possession de leur parlement, vous découvrirez qu'au coeur de l'expérience de la nouvelle Assemblée nationale, il y a d'abord les citoyennes et les citoyens. Merci.

Le Président (M. Picard) : Merci, M. le président. Nous allons maintenant passer aux échanges avec le président de l'Assemblée nationale, et je cède la parole à M. le whip en chef du gouvernement. Premier bloc, 10 minutes, questions, réponses.

Discussion générale

M. Lefebvre : Merci beaucoup, M. le Président. M. le président de l'Assemblée nationale, M. le secrétaire général, je veux en profiter pour saluer tous les collègues, les employés des différents partis, les membres de l'Assemblée nationale, et permettez-moi, M. le Président, tout d'abord de remercier tous les employés de l'Assemblée nationale, de la grande équipe de l'Assemblée nationale, qu'on parle de la sécurité, qu'on parle de la restauration, tous les gens, de près ou de loin, qui nous facilitent la vie ici, à l'Assemblée nationale, qui s'occupent de nous, toute l'équipe... je vois l'autre côté, vous pourrez transmettre mes bons mots à toutes vos équipes respectives. Ils font un travail colossal, ils sont près de nous et toujours prêts à répondre à toutes nos questions. Alors, je tenais à les remercier aujourd'hui publiquement.

Permettez-moi également de remercier le président du caucus du gouvernement, le député de Blainville, mes deux whips adjoints, les députés de Repentigny et de Saint-François, également les différents collègues qui m'accompagnent au Bureau de l'Assemblée nationale et qui y siègent également, mes collègues des différentes oppositions, pour les débats qui se font au Bureau de l'Assemblée nationale, qui sont des débats constructifs et non partisans. Alors, cet aspect-là, souvent, est méconnu de la population, et je dois avouer que j'apprécie particulièrement les débats qui se font au Bureau de l'Assemblée nationale.

M. le Président, permettez-moi de poser une question au président de l'Assemblée nationale. Dans le monde des affaires, on dit souvent le mot «immos» pour des projets d'immobilisations. On est présentement au niveau de la construction de la nouvelle entrée principale du parlement, les nouvelles salles de commission, l'agora. J'en profite pour faire une petite parenthèse. Lors de ma visite, et lorsqu'on a visité l'agora avec le secrétaire général, et quand je me suis placé sur le x du kilomètre zéro du Québec, et que j'ai levé les yeux vers le ciel, et que j'ai vu le mât avec le drapeau du Québec, M. le Président, je peux vous dire que j'en ai eu des frissons, le secrétaire général en est témoin.

Alors, j'invite moi aussi, à mon tour, M. le Président, j'invite la population à venir visiter cet endroit, qui est absolument magnifique. Également, on parle de l'aménagement, naturellement, de la cour intérieure et le réaménagement de la rue des Parlementaires. M. le président, j'aimerais que vous puissiez élaborer un peu sur ce projet majeur là de l'Assemblée nationale.

Le Président (M. Picard) : Merci. M. le président.

M. Paradis : M. le whip du gouvernement, on a partagé les mêmes émotions et les mêmes frissons au kilomètre zéro, bien sûr, et je pense que c'est important de le dire parce que tout partira de là. Mais c'est très symbolique, hein? Quand on se dit : Quelle distance y a-t-il d'un point à un autre, c'est de là que ça part. On partira la visite, l'expérience visiteur à partir de cet endroit-là, devant le parlement. C'est symbolique aussi, hein? Dorénavant, les gens qui nous regardent, qui viendront dans ce nouveau pavillon, entreront par la porte principale. Quand on invite quelqu'un à la maison, il n'y a rien comme entrer par la porte de devant, pas par la porte de côté. C'est encore un symbole très fort.

Mais, au-delà de ça, c'est la volonté d'aller rejoindre... dans le plan stratégique dont je vous parlais, l'objectif de faire de notre parlement une maison ouverte, une maison citoyenne, ce que l'on a souvent appelé la maison du peuple. Bien, c'est la concrétisation de cette volonté avec les outils nécessaires. J'étais encore... Je suis allé souvent avec le secrétaire général... le secrétaire général qui, à chaque visite, vibre d'émotions différentes. Il faut comprendre que, du début à la fin, il a suivi le processus. Bien, on est maintenant rendus. Alors, un pavillon d'accueil pour faire en sorte que les gens puissent avoir une expérience hors du commun, une expérience visiteur où ils seront à même de constater le travail que vous faites, que nous faisons, seront en mesure de découvrir qui nous sommes, qui vous êtes, comment se bâtissent les lois, quelle est notre histoire, qui l'a façonnée, vers où allons-nous.

Un espace pour les jeunes. Alors, une expérience multigénérations permettant aux jeunes de nous laisser leur vision de la démocratie, dont on se servira plus tard pour exprimer ce qu'ils souhaitent que ça devienne, nos aînés, nos familles, qui auront la liberté de mouvement dans un environnement... Et là j'imagine que les gens se feront peut-être des images, bien qu'on ait commencé à en diffuser quelques-unes, mais l'agora, cette place centrale où j'imagine déjà des prestations, des événements, et je vous surprendrai peut-être, mais... puis même pas, jusqu'à maintenant, beaucoup d'organisations ont déjà sollicité le fait de pouvoir se servir de nos installations. Vous rendez-vous compte qu'on va devenir un lieu attractif, un lieu d'attraction?

Nos communications avec les autorités de la ville de Québec, par exemple, pour faire en sorte que l'Assemblée nationale, le parlement devienne un des éléments moteurs de l'offre touristique. Alors, on aura le choix, comme familles, comme individus, d'aller au parc de la Jacques-Cartier, puis c'est extraordinaire, puis aussi de venir au parlement puis de faire le choix qu'on souhaite y faire. Chaque fois que j'y passe, chaque fois que j'imagine ce qu'on va y faire, j'ai aussi des frissons et des émotions. C'est notre pavillon, notre pavillon qui est là. Les gens sont surpris quand je dis : On ne voit rien. C'est sous le parlement. On augmente de 20 % notre superficie actuelle. 20 %. Les gens me disent : François, est-ce que c'est seulement un corridor? Non, non, ce n'est pas rien qu'un corridor, c'est un espace de vie, c'est un espace pour s'éclater. C'est ce que je souhaite qu'il puisse se faire.

Mais à ça s'ajoutent d'autres éléments également, vous l'avez dit, la volonté de faire du restaurant Le Parlementaire aussi un des éléments moteurs de cette nouvelle offre, Le Parlementaire, je le disais, qui existe depuis 1917. C'est clair que, lorsqu'on s'y assoit, on entend un peu le couinement des années passées avec nos fauteuils à renouveler. On a besoin aussi de faire en sorte de mettre à niveau ces outils-là d'attraction, mais aussi qui font d'une expérience quelque chose de différent. Le Parlementaire aussi sera à l'image de la population, pour faire en sorte qu'on ait le goût, sept jours par semaine, avec des brunchs familiaux la fin de semaine, faire en sorte que les gens puissent venir s'y retrouver, échanger puis vivre leur démocratie.

La rue des Parlementaires, sur laquelle on passe, on est aussi en discussion conjointement, parce que tout se fait en collaboration avec la ville de Québec, pour faire en sorte... parce que la Commission de la capitale nationale est impliquée dans ça, le bureau du lieutenant-gouverneur, la ville de Québec, nous, bien sûr, pour faire aussi de ce secteur-là un secteur sécure, mais un secteur accessible, pour faire de nos cours intérieures, où, il n'y a encore pas si longtemps, des voitures y stationnaient, des endroits pour les députés, pour la population, pour leurs invités, pour les Québécoises et les Québécois.

Alors, dans cette volonté-là de faire en sorte que ça ressemble aux gens, d'ouvrir notre porte principale, je pense que tous ces projets — et, si vous en voulez davantage, je vous en donnerai — vont nous en mettre plein les yeux.

Puis je prends deux secondes pour saluer, vous l'avez fait, mais les gens de l'équipe. Et, je vous le rappelle, projet réalisé et dans les temps et dans les budgets, ne commandant pas d'argent neuf, faisant en sorte qu'on ait quelque chose que l'on ne retrouvera nulle part ailleurs. Bien, je salue les équipes, celles et ceux qui ont porté ça.

Puis je ne fais rien qu'une parenthèse. Vous savez, M. le whip du gouvernement, n'eut été du fait que nos employés à l'Assemblée nationale aient pensé, aient conçu, nous aient proposé des choses pour arriver à l'objectif final, ces gens-là se sont investis, ça nous aurait coûté pas mal plus cher d'aller chercher des firmes-concepts pour réussir à trouver des idées. Ça émane de nos gens. Imaginez-vous le sentiment de fierté, de collaboration, ce qu'on est capable d'atteindre maintenant. Bien, dans ma vision à moi, c'est ça, un nouveau parlement, c'est ça, le nouveau parlementarisme puis c'est ça notre nouvelle maison et notre volonté de faire autrement, d'innover et d'avancer. Ça fait partie de ce qu'on va présenter sous peu.

• (16 h 20) •

Le Président (M. Picard) : Merci. M. le whip du gouvernement, il vous reste 1 min 30 s. Un petit commentaire.

M. Lefebvre : Bien, merci. Merci, M. le Président. Écoutez, je veux joindre ma voix à celle du président de l'Assemblée nationale pour dire combien j'ai été surpris du travail qui a été fait au niveau de l'agrandissement ici, de l'Assemblée nationale. Un budget... On parle d'aux alentours de 60 millions et de réussir à entrer à l'intérieur des budgets, avec des bâtiments... On fait juste rénover des petits bâtiments... J'ai un petit deux logements qui date 60, 70 ans, puis, quand on ouvre ça, on a des surprises. Puis bon, bien, souvent, on a des tant qu'à y être. Puis, bon, c'est toujours au-delà du budget qu'on s'était permis dans nos petits immeubles à nous.

Et là on arrive avec quelque chose d'envergure comme celle-là. Et, quand vous nous donniez l'exemple des marches qui ont été enlevées en avant, qui ont été quand même numérotées, mais, quand on a refait la base, qu'on est arrivés pour remettre ça, bien, naturellement, là, ça ne se plaçait plus comme le casse-tête initial. Mais on a été en mesure d'aller récupérer de l'argent dans certains départements pour arriver à entrer tout ce projet majeur là à l'intérieur du 60 millions. Je tiens à lever mon chapeau de construction à toute l'équipe de gestion et à tous les gens qui ont travaillé de près ou de loin à ce projet-là et, naturellement, pour entrer à l'intérieur des délais, vous l'avez dit, M. le Président. Bien, naturellement, on va entrer à l'intérieur du délai. L'ouverture à la population, le 1er et 2 juin, j'ai bien hâte, moi aussi, que la population puisse s'approprier ce lieu-là ici, la maison du peuple, ici, à l'Assemblée nationale.

Le Président (M. Picard) : Passons...

M. Paradis : M. le Président, je voudrais rappeler, juste pour les quelques secondes qu'il reste, pour dire...

Le Président (M. Picard) : Il ne reste plus de seconde.

M. Paradis : ...que Mme Foy, Hélène Foy, est celle qui nous a permis d'atteindre cet objectif. Alors, bravo à elle et à son équipe, bien sûr!

Le Président (M. Picard) : Merci. Nous passons au deuxième bloc avec Mme la whip de l'opposition officielle. 10 minutes.

Mme Ménard : Merci. Merci beaucoup. Alors, à mon tour de faire quelques salutations. Alors, tout d'abord, M. le Président de la plénière, je vous salue ainsi que les deux greffiers. M. le président de l'Assemblée nationale avec votre équipe, M. le secrétaire général et toute votre belle et grande équipe. Et les oppositions, je vous salue, et bien sûr les personnes qui m'accompagnent, alors la députée de Mille-Îles, ainsi que Mme ma chef du cabinet, et, bien sûr, l'attachée de presse, Aurélie. Alors, je pense... J'espère que je n'ai pas oublié personne, là.

Une voix : ...

Mme Ménard : Le gouvernement. J'ai salué tous mes collègues. Parfait.

Alors, écoutez, à mon tour de remercier aussi tout le personnel de l'Assemblée nationale. Ils font un travail remarquable, et tout ça, naturellement, pour nous soutenir, nous, les parlementaires, dans le rôle que nous jouons ici, à l'Assemblée nationale. Vous avez déjà parlé du nouveau pavillon, mais, très bientôt, nous célébrerons cette belle ouverture de ce nouveau pavillon. Et je tiens à mon tour à vous dire à quel point je suis impressionnée, impressionnée de la qualité des travaux, impressionnée du respect des budgets, des délais, le temps. Tout a été fait d'une main de maître, et je sais que vous avez la maîtresse en arrière de vous, et je la salue. Vous avez fait un travail vraiment remarquable. Et, M. le président, je vous voyais, je vous entendais tantôt, et je pensais que seul le secrétaire général était aussi excité quand il parlait du pavillon, mais j'ai compris que vous l'étiez tout autant. Alors, bravo! Bravo à toute l'équipe!

Maintenant, bien sûr, on a ce beau pavillon qui est terminé, qu'on va bientôt inaugurer, mais ça ne s'arrête pas là. On continue. Un endroit comme l'hôtel du Parlement demande énormément d'entretien, entretien constant et, bien sûr, beaucoup de rénovations, des rénovations souvent très majeures. Alors, bien sûr, nous allons devoir continuer à dépenser, à investir, je devrais dire, dans ce bel immeuble.

Vous avez déjà parlé du restaurant Le Parlementaire. En mars dernier, le Journal de Montréal parlait que le restaurant Le Parlementaire serait rénové, et l'article disait : Déjà, les coûts sont dépassés, ça coûtera 4 millions. Alors, j'aimerais, M. le président de l'Assemblée nationale, vous entendre sur, d'abord, les coûts, peut-être les temps où on va le faire. Et, bien sûr, aussi, pour mettre autant d'argent, il va y avoir une vocation que vous allez vouloir donner à ce restaurant-là, alors j'aimerais que vous nous en parliez. Et une chose importante : D'où provient ce 4 millions? Alors, voilà.

Le Président (M. Picard) : M. le président.

M. Paradis : Merci, Mme la whip de l'opposition officielle. Oui, ça aussi, il y a une belle fierté. Vous avez raison de dire, hein... Puis c'est sûr que je vois ça puis moi, je suis un optimiste, et j'imagine déjà, et je vois un peu ce vers quoi on se dirige. Alors, je pense qu'on le fait ensemble, on le fait tous ensemble.

Et juste avant de poursuivre et de vous dire un petit peu ce qui s'est passé ou ce qui se passe avec Le Parlementaire, je vais dire une chose importante : le Bureau de l'Assemblée nationale est partie prenante de chacune des décisions. Ça, c'est important que les gens le sachent. Chaque fois que de l'argent est investi, chaque fois qu'un projet est mis sur la table, c'est ensemble qu'on décide de la pertinence, c'est ensemble qu'on discute de l'effet final, du montant qui sera abordé.

Et vous avez dit à juste titre : Investir dans notre bâtiment, qui est extraordinaire. Et la particularité était de faire en sorte qu'on puisse préserver le cachet historique de ce bâtiment-là. Parce que moi, quand j'entre ici, depuis que j'y suis puis que je passe dans les corridors, j'ai des frissons. Il y a une aura de décisions, il y a des gens qui sont passés ici, ça donne le frisson. Et on a réussi à faire que la modernité rejoigne l'histoire sans qu'une fasse une grimace à l'autre. C'est assez exceptionnel.

Le restaurant Le Parlementaire — et là je vous parlerai de l'échéancier — nous sommes en préparation des plans et devis pour les appels d'offres. En juin, très bientôt, ce sera le lancement de l'appel d'offres pour les travaux de construction. Le budget total, 3,9 millions de dollars, dont 3 millions pour les travaux de construction et d'achat du nouveau mobilier. Rénovations majeures. Mais c'est un coût d'ensemble. Gestion partagée avec l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec et l'Assemblée nationale, important pour que Le Parlementaire, au-delà d'être un endroit d'accueil, un endroit où les familles s'y retrouveront, on puisse aussi faire la promotion de nos produits, de nos talents. Alors, il y a un principe de gestion faisant en sorte que les gens qui y sont sont des gens qui sont issus aussi du monde de l'hôtellerie et de la restauration pour que l'on soit encore davantage efficaces.

Septembre 2019, ce sera le lancement de l'appel d'offres pour le nouveau mobilier. Octobre 2019, fermeture de la salle à manger, on ferme pour les travaux. Pas tout de suite, pas tout de suite, parce que le pavillon d'accueil ouvrira le 29 mai, garder aussi une façon de faire, en tout cas, une relation entre l'un et l'autre. Mais, septembre 2019, tout ferme, et là ce sera une course mais à l'image du pavillon, faisant en sorte qu'on puisse, dès mars 2020, rouvrir la salle à manger. Alors, c'est un principe de clés en main, à partir du moment où la porte se ferme et la porte se rouvrira, on aura encore une fois un nouvel espace répondant aux besoins actuels de la population et des familles mais aussi conservant ce cachet important du bâtiment dans lequel on se trouve. 20 semaines de travaux, donc, qui débutent à l'automne 2019.

• (16 h 30) •

D'où vient cet argent? Du compte des revenus autonomes. Et ça, c'est important que les gens le sachent, dans ce dossier-là comme dans les dossiers qui ont été portés, il n'y a pas d'argent neuf. Le compte des revenus autonomes a fait en sorte qu'on puisse garder en banque des revenus issus, entre autres choses, du restaurant Le Parlementaire, entre autres choses, de cet autre restaurant que les gens ont peut-être déjà vu ici, qui est un peu plus bas, qui aussi révisera et renouvellera son offre, tant au niveau de la nourriture que sa façon de faire. La Boutique de l'Assemblée nationale, plusieurs personnes y sont probablement passées, les revenus aussi et les profits arrivent dans le compte de revenus autonomes, qui, lui, est dédié à des projets d'immobilisations de ce type, faisant en sorte que, notamment, le restaurant Le Parlementaire puisse bénéficier de ces montants que nous avons déjà sans engager d'argent neuf. Et je pense qu'en ce sens-là c'est toute la différence du monde.

Si M. le secrétaire général veut ajouter à ce chapitre-là, dans ce dossier-là comme dans les autres, la volonté de faire, les budgets qui ont été présentés, la façon de faire les travaux sont, très honnêtement, un gage de succès sur et le respect des échéanciers et le respect des budgets. M. le secrétaire général.

M. Bonsaint (Michel) : Merci, M. le Président. En fait, lorsque les élus nous demandent de réaliser un projet ici, à l'Assemblée nationale, on est très conscients qu'on gère la maison des députés, mais, comme le dit le président, la maison des citoyens et des citoyennes. Et moi, je me souviens, lorsque vous nous avez demandé de réaliser le projet d'infrastructure, vous nous avez dit : On va le réaliser, mais on va le financer. Et vous nous avez donné un défi, vous nous avez donné les outils également pour le financer, et je pense qu'on peut dire que, même depuis l'année dernière, le pavillon est payé. Et on peut vous assurer qu'on va faire exactement la même chose pour le restaurant Le Parlementaire.

Mme Ménard : J'ai encore du temps?

Le Président (M. Picard) : Oui. Une minute.

Mme Ménard : Une minute? O.K. Alors, je vais me restreindre. Ça va vite, hein?

M. le président, vous avez mentionné tantôt quelque chose que j'ai vraiment apprécié. Vous avez mentionné : Il va falloir que l'hôtel du Parlement, cet endroit devienne un endroit touristique. Et là vous m'avez vraiment touchée. J'ai été ministre du Tourisme et je vous dis qu'avec le pavillon que nous allons avoir, un restaurant rénové et tout ce qui va suivre comme rénovations, parce qu'on ne s'arrête pas là, parce que je pourrais vous parler de d'autres, le salon bleu, par exemple, alors ça va devenir un endroit touristique, et il va falloir travailler dans ce sens, en parler de notre parlement partout dans le monde. Alors, voilà, je pense que j'ai fait ma minute. Merci.

Le Président (M. Picard) : Merci. Maintenant, je reconnais M. le leader du deuxième groupe d'opposition, M. le député de Gouin, pour une période de 8 min 20 s.

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

Le Président (M. Picard) : 8 min 20 s.

M. Nadeau-Dubois : J'avais compris une.

Le Président (M. Picard) : Non, non, non.

M. Nadeau-Dubois : Je me suis dit : ça, c'était à la précédente législature qu'on avait une minute. Merci, M. le Président. Bonjour à tous et toutes.

Je partage l'enthousiasme pour le nouveau pavillon, mais je ne m'étendrai pas sur la question, parce que, je ne vous surprendrai pas, M. le Président, en vous parlant aujourd'hui de transparence. Vous savez que c'est une préoccupation de ma formation politique depuis longtemps et ce n'est pas pour rien, hein? L'Assemblée nationale du Québec est l'un des Parlements les moins transparents au Canada comme institution, et les députés de l'Assemblée nationale du Québec sont les députés les moins transparents du Canada. Et ça, ce n'est pas exactement une source de fierté pour ma formation politique, et, de vos propos, je déduis que ce n'est pas non plus une source de fierté pour vous, et, quand je parle des députés, je parle, bien sûr, de la divulgation des dépenses qu'ils font avec les fonds publics, notamment dans leurs cabinets et dans leurs bureaux de circonscription. On est le seul endroit au Canada où il n'y a pas de divulgation. Il n'y a vraiment pas de quoi être fier.

Ceci étant dit, votre élection au poste de président, les déclarations que vous avez faites rapidement, suite à votre entrée en fonction, déclarations que vous venez de reformuler, de répéter ici, ont de quoi quand même donner de l'espoir parce qu'on se dit : Il y a quelqu'un à l'Assemblée nationale, à la tête de l'Assemblée nationale, qui a cette préoccupation de la transparence. Puis ça, je veux le saluer en commençant.

Ceci étant dit, vous ne pouvez pas faire tout tout seul, hein? Il va falloir aussi de la volonté politique de la part des députés qui siègent à l'Assemblée nationale du Québec, de la part des différentes formations politiques, et c'est de ça dont je voudrais vous parler aujourd'hui. J'aimerais qu'on parle d'abord de délais. Est-ce que, selon vous, c'est réaliste, d'un point de vue administratif, bien sûr, que de penser qu'on pourrait, à l'Assemblée nationale, faire rapidement des bonds importants en matière de transparence au niveau de la divulgation des dépenses des bureaux de circonscription et des cabinets? D'un point de vue administratif, êtes-vous prêt à plus de transparence? Avez-vous besoin de beaucoup de temps ou est-ce que ce serait réaliste, d'un point de vue purement administratif, de faire ça rapidement?

Le Président (M. Picard) : M. le président.

M. Paradis : Merci, M. le leader du deuxième groupe d'opposition. Je l'ai dit, et je le répète, et je le maintiens, la transparence, ce n'est pas seulement la volonté commune et cette préoccupation qui nous occupe tous, parce que je pense qu'elle occupe tout le monde, c'est aussi la préoccupation des citoyennes et des citoyens. Et ce n'est pas d'hier qu'eux aussi nous demandent, à ce chapitre-là, de modifier nos façons de faire.

Je disais qu'un des premiers gestes qui a été posé à mon arrivée, à peine trois mois après mon arrivée, compte tenu du temps de travaux que nous avons eu parce que touchés par la période des Fêtes et tout ça... mais, très rapidement, on a posé un geste concret, et dont je suis extrêmement fier, en modifiant la façon de faire dans les missions interparlementaires. On a maintenant une nouvelle règle. On a maintenant des nouvelles notions de per diem. On a maintenant la possibilité d'aller chercher, au terme d'une activité, de façon facile, conviviale, la fiche personnalisée de chacune des personnes qui ont participé à des missions, comment ça a coûté, comment ça s'est passé, où on est allés. Tout ça est maintenant très clair. On a mis en place un comité multipartite pour faire en sorte qu'on puisse aussi juger de la pertinence des missions auxquelles on devra participer, avec l'objectif ultime de faire en sorte que ce dont on parlera servira aussi le travail des députés et de la députation dans les commissions qu'ils occupent, sur les sujets qui sont préoccupants. Déjà, un geste posé rapidement puis, très humblement, un geste qui a été salué par des gens qui nous demandent d'être plus transparents et qui sont allés jeter un oeil en disant : On est maintenant ailleurs. Bravo! On l'a fait ensemble. Bien, le reste, on va le faire ensemble aussi.

L'autre geste très rapide, c'est d'avoir créé un comité, sous la gouverne du premier vice-président de l'Assemblée nationale, permettant à vous, collègues, de se questionner sur ce que l'on souhaite être l'objectif commun concernant la transparence. Et, quand vous dites : On a du travail à faire, je l'ai également dit dans mon préambule. Et ces données dont vous parlez, du positionnement du Québec à l'égard de la transparence vis-à-vis ce qui se fait ailleurs, et au Canada et dans le monde, bien, voyez à quel point nous sommes prêts à nous donner les outils nous permettant de prendre des décisions efficaces, ces renseignements-là émanent de notre équipe. Quand on a besoin de voir ce qui se fait ailleurs...

Le Président (M. Picard) : M. le président? M. le député voudrait intervenir parce qu'il ne reste pas beaucoup de temps.

M. Paradis : Ah! excusez-moi.

Le Président (M. Picard) : Il m'a fait signe tout simplement.

M. Nadeau-Dubois : Loin de moi l'idée de vous bousculer, mais j'ai peu de temps. Donc, sur la question des délais, est-ce que votre équipe, d'un point de vue administratif, est prête à procéder rapidement à ces réformes-là si la volonté politique y est?

M. Paradis : ...sera à l'image de la volonté qui sera exprimée.

M. Nadeau-Dubois : Parfait.

M. Paradis : Si la volonté du comité va dans ce sens-là, si, de façon consensuelle, on décide d'aller plus loin, on appliquera, à partir du moment où les gens souhaiteront qu'il en soit fait ainsi... Mais je vous dirai une chose et j'ajoute, nous avons le devoir de faire les choses de façon différente.

Le Président (M. Picard) : M. le député.

M. Nadeau-Dubois : Bien, je suis d'accord. Et, moi, ce que je comprends de votre réponse, c'est que l'Assemblée nationale est prête. Tout ce qui manque, c'est notre volonté politique. Elle est là du côté de ma formation politique et, j'en suis sûr et je l'espère, de la part d'autres formations politiques.

Je passe sur un deuxième sujet, celui de l'accessibilité aux travaux de l'Assemblée nationale. Vous en avez été témoin, M. le Président, aujourd'hui, c'est la journée mondiale de l'audition... journée nationale, pardon, de l'audition. On a adopté à l'unanimité une motion portant sur cette question-là. Ça pose la question de : Est-ce que nos travaux ici, à l'Assemblée nationale, sont accessibles, y compris aux gens qui ont des problèmes d'audition? Beaucoup d'institutions ont maintenant des services d'interprétation en LSQ pour rendre nos travaux accessibles aux gens qui ont un handicap à ce niveau-là. Est-ce que l'Assemblée nationale est prête à faire des gestes dans cette direction-là et à rendre nos travaux de l'Assemblée nationale accessibles en langue des signes du Québec, qui est une langue inventée au Québec, une langue dont il faut être fier? Et, il me semble, ce serait un pas dans la bonne direction de rendre nos travaux accessibles en langue signée.

Le Président (M. Picard) : M. le président.

• (16 h 40) •

M. Paradis : M. le leader du deuxième groupe d'opposition, je suis fondamentalement un homme d'ouverture. Vous aurez remarqué qu'aujourd'hui, en cette journée toute spéciale, nous avions, sur la télévision des débats, un interprète en langage des signes, et c'était... Et nous avons mis en place, à la demande même... sachant que cette journée se produirait, nous avons fait en sorte que ce soit possible.

Ce n'est pas d'hier, M. le leader du deuxième groupe d'opposition, que ce questionnement sur l'accessibilité... Puis, si on avait plus de temps, je pourrais vous parler d'accessibilités qui sont beaucoup plus larges que ça, mais parlons de celle-ci. Ce n'est pas d'hier que cette question-là se pose. Je le disais aux gens il y a deux instants, je vous le disais, et vous le savez, c'est un dossier qui devra revenir au Bureau de l'Assemblée nationale, et, encore une fois, relativement au coût potentiel de faire en sorte que ce service-là soit aussi offert au nom de l'accessibilité, nous aurons le BAN. Le BAN aura à prendre une décision concernant la possibilité d'offrir maintenant ce service. Mais l'ouverture, elle est là. Mais c'est ensemble que nous déciderons de la façon de le faire, des moyens mis en oeuvre pour arriver à un objectif comme celui-là.

Le Président (M. Picard) : ...secondes.

M. Nadeau-Dubois : Ce que je comprends de votre réponse, c'est que, d'un point de vue technique, il n'y a pas d'obstacles majeurs, puisqu'on l'a fait aujourd'hui.

M. Paradis : Vous avez très bien compris.

Le Président (M. Picard) : Merci.

M. Paradis : Si j'étais capable, je vous le ferais en langage des signes, mais je suis incapable.

M. Nadeau-Dubois : Il faut faire attention.

Le Président (M. Picard) : Merci. Nous passons au quatrième bloc avec M. le député de Rimouski. 8 min 20 s.

M. LeBel : Je suis ici, pour ceux qui...

Des voix : ...

M. LeBel : Bonjour, tout le monde. Je vais, bien, saluer puis saluer tout le travail qui se fait ici, à l'Assemblée nationale, commencer par ça. Les dernières années, là, j'ai été témoin, là, avec des travaux qu'on a faits ici, l'organisation du parlement, de ce que l'équipe de l'Assemblée nationale a fait, c'est vraiment formidable, puis ce que j'ai aimé aussi, c'est l'esprit de corps de la gang. C'est une gang qui travaille ensemble, qui avait le goût de faire quelque chose de bien pour le parlementarisme puis de bien pour que les gens, les Québécois soient fiers, puis ça, je l'ai toujours senti. À chaque fois que j'ai parlé avec les gens, le secrétaire général ou les gens de l'équipe, j'ai toujours senti cette fierté de travailler ici, à l'Assemblée nationale, puis je voulais le dire. J'ai combien de temps?

Le Président (M. Picard) : ...

M. LeBel : Huit minutes? J'aimerais, par exemple, discuter de la... Vous savez, le rôle d'un député, c'est législateur, contrôleur puis intermédiaire. Depuis des années, le rôle de législateur a demandé de plus en plus de temps. Dans le rapport de L'Heureux-Dubé, c'était assez clair, on passait beaucoup plus de temps en commission, parce qu'on fait des consultations, et tout ça. Ça arrive très souvent qu'on siège en commission les lundis et les vendredis. Quand on vient de circonscriptions éloignées, c'est très difficile et ça nous tient loin de notre rôle d'intermédiaire avec notre monde. Je voudrais voir, est-ce qu'à l'Assemblée, est-ce qu'on pourrait travailler là-dessus? Est-ce que vous avez une évaluation de ça? Comment on peut faire en sorte que les députés peuvent continuer à être sur le terrain, en circonscription, puis continuer à rencontrer les gens? C'est vrai qu'on est des législateurs, mais on doit aussi rencontrer notre monde, et j'aimerais ça savoir si vous avez, depuis le rapport L'Heureux-Dubé... s'il y a des évaluations qui ont été faites là-dessus et c'est quoi, votre opinion de ça.

Le Président (M. Picard) : M. le président.

M. Paradis : Merci, M. le whip du troisième groupe d'opposition. Bien, oui, c'est une préoccupation, puis elle ne date pas d'hier, cette préoccupation-là. Je pense que tous, on a eu l'occasion d'en parler ensemble, cette volonté d'être présents sur le terrain, auprès de nos commettants. J'ai dit souvent, je le répète, mais c'est ma vision, que peu importe le titre que l'on porte, d'abord et avant tout, nous sommes députés. Et je me fais un devoir de rencontrer les miens, mes commettants, comme les vôtres, puis je sais que vous avez cette notion de la présence à l'Assemblée nationale versus la présence en comté, les distances également.

Bien oui, on se penche là-dessus. Bien oui, on a aussi des éléments nous permettant de voir ce qui se fait ailleurs par rapport à nous, de tendre vers les meilleures pratiques. Assurément qu'on a mis en place... puis on aura d'autres rencontres avec le Conseil des leaders. Déjà une rencontre a eu lieu pour faire en sorte qu'on puisse penser à une façon de faire plus efficace, l'efficacité étant au centre de nos discussions.

Mais je veux ajouter quelque chose. Depuis déjà plusieurs mois, l'équipe songe et place sur la table des idées concernant comment les nouvelles technologies peuvent-elles nous faciliter la vie. Le numérique est une façon de faire en sorte qu'on soit toujours plus efficaces, qu'on ait des relations directes, qu'on puisse faire des travaux, qu'on puisse avoir des idées, qu'on puisse avoir des échanges par le biais de plateformes technologiques. Ce n'est pas une vue de l'esprit. Il y a des gens, à travers le monde, qui travaillent déjà sur des outils comme ceux-là. Est-ce qu'il est sensé de penser qu'un jour, on puisse avoir ces mêmes outils, ce que j'appelle le «e-parliament», nous permettant d'avoir des outils efficaces, qui, malgré la distance, nous permettront de faire des rencontres avec des citoyens, de tenir des travaux? Tout ça est sur la table, tout ça est à l'étape de... tout ça est déjà prêt à une infusion générale d'idées.

Et je l'ai fait ce matin. Nous avions, ce matin, une rencontre avec l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. Bien, on a fait ça par visioconférence, et on a réussi à établir et à faire des travaux qui auraient été... qui auraient dû faire en sorte qu'on doive davantage s'éloigner, être moins présents, avec la volonté que vous exprimez d'être collé aussi sur votre citoyen.

Oui, je vous le dirai, mais encore là, c'est ensemble, et je vais souvent là-dessus, mais c'est ensemble, à travers le conseil des leaders, à travers nos comités consultatifs, à travers nos propositions numériques qu'on se donnera les outils et les façons de faire pour réfléchir une façon de travailler toujours plus efficace au nom de nos citoyens.

M. LeBel : Un exemple, on vient de finir la période des crédits. Je vais vous dire, il y a eu des grands bouts, là, c'était de la perte de temps, là. Les gens qui nous écoutaient ne comprenaient pas trop, là. Vous savez, quand le... puis je comprends que c'est le système, là, c'est comme ça, mais, quand les députés gouvernementaux enlignent les questions préparées d'avance... c'est un peu compliqué, là, les gens regardent... Puis je les comprends, les députés, là, je ne jette pas le blâme à personne, là, c'est ça, c'est la méthode qu'on a, mais c'est des façons de faire qu'on doit améliorer, là. Là, tu sais, on doit améliorer nos manières de... On a un Parlement de type britannique, on a des vieilles traditions qui sont là, mais il y a des choses qu'il faut changer absolument, et, à mon avis, c'en est une.

Et j'ai posé la question l'autre jour à la ministre responsable des Réformes des institutions démocratiques, puis ce que je comprends, c'est qu'il y a beaucoup de monde qui réfléchissent à ça, mais il n'y a pas de... à un moment donné, il va falloir mettre ça dans le même tuyau pour qu'il y ait des résultats au bout de la ligne, et, pour moi, c'est important. C'est comme la... on parle beaucoup de la conciliation famille-travail ici, au Parlement, pour les députés. Tout le monde en parle, tout le monde a le goût que ça avance, mais on n'a pas de solution toujours là-dedans.

Et j'aimerais ça savoir comment vous voyez le rôle, là, de la présidence là-dedans. Comment on peut faire pour amener à faire ces changements-là pour améliorer le fonctionnement du Parlement. Puis, quand le Parlement fonctionne mieux ici, ça nous donnera plus de temps pour aller chez nous, rencontrer notre monde.

M. Paradis : ...M. le whip du troisième groupe d'opposition, on a fait une partie du travail maintenant en lançant un appel à la collaboration. Je le lance et je le relance encore. Alors, je le dis souvent, on a des décisions à rendre. Je fais souvent l'analogie, dans le mot «parlement», il y a fondamentalement le mot «parler». Alors, je pense qu'on est capables, on est rendus là. Moi, je vous entends. J'entends des gens exprimer la volonté qu'on soit plus efficaces, plus présents, disponibles. Mais ça revient à ce que je dis au départ, plus nous serons présents, plus les citoyens se reconnaîtront dans les travaux que nous faisons dans leur institution, dans leur démocratie. Alors, je relance cette idée-là.

La présidence sera toujours là pour faire en sorte qu'on puisse mettre en place des moyens que nous aurons décidé ensemble, avec un objectif commun, celui d'être toujours plus efficaces. Ça se fait ailleurs. Ça se fait ailleurs, il y a des gens qui le font. Je me suis permis d'étudier les façons de faire dans d'autres Parlements, ne serait-ce qu'au chapitre des périodes de questions. Je m'y suis intéressé, voir ce qui se fait ailleurs, comment ça se fait chez nous, combien de temps passe-t-on pour ci, combien de temps passe-t-on pour ça. Bien, ce travail-là de réflexion, il est commun.

Alors, oui, vous avez raison, l'ouverture de la présidence à ça, ça fait aussi partie de ce grand dossier de l'ouverture, de l'efficacité et de la proximité du citoyen. Puis je relance ce questionnement-là. Vous venez de le faire de bonne façon. Réfléchissons. Faisons en sorte que chaque fois qu'on avance c'est au profit de ceux qui nous demandent d'être ici parce qu'ils nous font confiance.

Le Président (M. Picard) : Une minute, M. le député de Rimouski.

M. LeBel : Une minute. Peut-être juste... on va bientôt ouvrir le pavillon d'accueil, qu'on appelle, du parlement. Le parlement, là, c'est la maison du peuple... un parlement très ouvert pour que les gens puissent y venir, rencontrer leur député, ils venaient voir ce qui se passe.

Dites-moi, le nouveau pavillon d'accueil puis tout ce qu'on est en train de mettre en termes de sécurité, ça ne changera pas l'accueil qu'on va donner aux citoyens qui viennent nous rencontrer.

M. Paradis : M. le député, je me permets de vous dire que c'est un des dossiers fondamentaux de l'ouverture du nouveau pavillon. Quand on est reçu à la maison, si vous me recevez, si vous avez le sourire, c'est pas mal plus engageant que le contraire. Alors, c'est la même chose. Nous avons aussi, dans ce contexte-là, fait en sorte que nos équipes d'accueil, nos gardiens, nos constables sachent l'importance que nous donnons à ce pavillon-là à l'accueil des citoyens, et leur façon de faire sera le reflet de notre volonté d'ouvrir nos portes. Assurément, la sécurité ne sera pas un frein au fait qu'on se sente bien et qu'on ait le goût d'y revenir.

Le Président (M. Picard) : Merci, M. le président. Merci, M. le député de Rimouski. Nous entreprenons le deuxième bloc de la partie gouvernementale, et je reconnais Mme la whip adjointe du gouvernement et députée de Repentigny pour un bloc de 10 minutes.

• (16 h 50) •

Mme Lavallée : ...merci, M. le Président. Bonjour. Je veux juste faire un petit pouce sur l'intervention de mon collègue le député de Rimouski, parce qu'effectivement, lorsqu'on parle de modernité, vous en avez parlé tout à l'heure, je pense qu'on est rendus là dans notre réflexion. On va avoir un beau hall pour recevoir les gens, mais il faudrait aussi qu'on représente cette modernité-là dans la façon de faire les choses, puis je pense qu'en 2019 on est rendus, à ce stade, à se questionner sur des meilleures pratiques, peut-être.

Mais je veux en venir au plan stratégique de l'administration 2019‑2023. La priorité 19, que nous retrouvons sous l'orientation 4, qui est «Un Parlement performant», la priorité 19 s'intitule «Accroître la prise en compte du développement durable dans les pratiques de l'organisation». M. le président, pouvez-vous nous expliquer de quoi il s'agit?

M. Paradis : Merci, Mme la députée. Merci pour la question. Puis je pense que c'est tellement important, puis je le sens. Puis récemment on en a beaucoup parlé, hein, des gens qui disent : Développement durable, c'est aussi notre affaire, et on doit faire aussi les choses différemment. On a de grands défis, hein, mais on a de beaux objectifs. L'avantage, c'est qu'ils sont atteignables. Il suffit de travailler ensemble, et j'y crois profondément.

Je vous apprendrai peut-être que, depuis juin 2018, il y a un groupe de travail, un comité d'employés qui travaille à l'élaboration d'un plan de développement durable institutionnel. Nous avons un plan qui sera déposé incessamment ici, au salon bleu, qui comporte 20 mesures précises concernant le développement durable. Pas seulement ce que l'on imagine comme citoyen. Parce que, lorsque j'ai eu à discuter avec l'équipe sur la présentation du projet et de plans de développement durable, on a souvent l'impression que ça se limite aux contenants de café. Le développement durable, c'est beaucoup plus vaste que ça. Le développement durable, il est en communication, il est culturel, il est évidemment dans des gestes concrets au quotidien.

Alors, 20 mesures précises, élaborées par un groupe depuis juin 2018 : développement durable dans le processus décisionnel, dans les pratiques de l'institution, en fonction des travaux d'aménagement, des acquisitions, de l'organisation d'événements, de la gestion des matières résiduelles, de la valorisation du patrimoine, des arts et de la culture, je vous le disais, allant jusqu'à ce qu'on fasse aussi... et qu'on ait un souci particulier au niveau des émissions de gaz à effet de serre. À ce moment-là, les gens disent : Lorsqu'il y a du voyagement, lorsqu'on se promène, lorsqu'on va en mission, lorsqu'on prend des moyens de transport qui sont des moyens de transport qui produisent des gaz à effet de serre, on fait quoi? Bien, dans ce plan-là, dans ces objectifs-là, dans ces actions à être menées, arrive également cette notion de contrer les émissions de gaz à effet de serre dans nos actions au quotidien. Ça va très loin.

Le développement durable part au souci par... et ça, ça a été dit récemment : Est-ce que c'est nécessaire qu'on ait autant de papier? Est-ce que c'est normal qu'on ait des montagnes de forêt à travers les documents qui servent à nos pratiques au quotidien? On est déjà en mesure, nous sommes déjà en mesure d'offrir tous ces documents-là par voie électronique. On le fait déjà au Bureau de l'Assemblée nationale. Il n'y a plus de document au Bureau de l'Assemblée nationale. Ça ne passe que par nos outils électroniques. Si les gens décident de les imprimer, c'est qu'ils auront encore des décisions à prendre sur leur volonté de faire différemment. Mais nous sommes en voie et nous sommes prêts à agir.

Alors, ce n'est pas rien, hein? Quand tout ça a été présenté, je me suis dit : Wow! tout le monde en parle, mais on est maintenant rendus au-devant de la parade. Alors, oui, on a des choses à vous proposer. Oui, on a des choses à vous présenter. Oui, un dossier sera déposé sous peu, on est à peu de temps, évidemment, avant la fin de la présente session, mais avec des actions concrètes nous permettant de faire du développement durable une réalité, mais dans son sens large, faisant en sorte qu'on puisse rejoindre aussi la volonté de la population, sachant que c'est un enjeu de taille et que tous demandent qu'on soit plus conséquents dans nos actions au quotidien.

Le Président (M. Picard) : Mme la députée de Repentigny.

Mme Lavallée : Donc, je comprends que ce qui va nous être présenté, c'est dans les prochains jours, prochaines semaines, donc avant la fin de la session à la mi-juin?

M. Paradis : Oui, tout à fait, vous avez absolument raison, Mme la députée, avant la fin de la présente session. Au mois de juin, ce document, ce plan de développement durable sera présenté avec ses mesures concrètes touchant tous les éléments dont je vous ai parlé, une vingtaine de mesures dont près de la moitié toucheront directement ou indirectement les députés, dont une mesure reliée, et je vous le disais, je pense, je le répète, une mesure reliée spécifiquement à la compensation des GES. Et le document devrait être proposé au BAN en tout début du mois de juin.

Mme Lavallée : Alors, merci beaucoup pour les réponses. Et, quand on parle de développement durable, est-ce qu'on parle aussi de gestion responsable?

M. Paradis : Et je pense, Mme la députée, qu'à travers ce que je vous expliquais, c'est effectivement... Il n'y a pas un élément... Le développement durable est effectivement... et j'en suis. Je vais même devancer des choses que vous verrez et que vous lirez. Oui, gestion responsable, dans le but de favoriser une consommation écoresponsable des biens et des services, dans la mise en place d'achats responsables, des critères de développement durable dans les appels d'offres — ça va jusque-là, on est dans la gestion responsable — contribuer aux efforts de réduction des émissions, je vous le disais, mais diversifier et moduler les technologies dans une perspective d'utilisation responsable, déployer des services de webconférence, ça fait partie du développement durable. Quand je vous dis que les gens s'imaginent que le développement durable, ça ne touche qu'à un secteur particulier, d'émanations ou, notamment, d'éléments physiques dont on se sert, ce n'est pas ça, ça va plus loin que ça.

Alors, oui, nous avons des projets. Développer des applications mobiles pour les activités institutionnelles de l'Assemblée, ça fait partie du développement durable dans une notion et un segment de ce plan qui sera déposé, qui s'intitule Gestion responsable.

Mme Lavallée : Merci. Je n'ai plus de question.

Le Président (M. Picard) : Il reste encore trois minutes. On peut le rajouter tout à l'heure? O.K. Du côté de l'opposition officielle, je reconnais Mme la députée de Mille-Îles. C'est bien ça?

Mme Charbonneau : Oui, c'est exactement ça, la députée de Mille-Îles. Merci, M. le vice-président. Je vais vous appeler comme ça le temps de ces crédits puisqu'on s'adresse au président de l'Assemblée nationale.

M. le président, on ne peut pas nier la passion qui habite les gens qui vous entourent, la vôtre en premier puisque vous êtes à vos premiers crédits, vous l'avez bien dit. Mais on sent que vous avez l'Assemblée à coeur. Vous l'avez, comme on dit par chez nous, dans la peau. Le jeune homme assis à côté de vous l'a tout autant, et son...

Une voix : ...

Mme Charbonneau : Bien oui, jeune homme. Tout est relatif dans la vie. Il y a toujours quelqu'un plus vieux que nous. Sachez qu'il y a toujours quelqu'un plus vieux que nous. Et, quand il n'y en a plus, c'est parce qu'on a tout un vécu.

De ce fait, j'ai fait la visite comme mon collègue du gouvernement et j'ai senti chez lui, et chez la personne qui l'accompagnait, une passion incroyable pour ce nouveau bâtiment, si on peut le dire comme ça, mais en même temps ces installations dans lesquelles on va travailler et où on aura de la visite, assurément, qui va venir nous voir.

Moi, je veux vous parler pas de l'aspect physique, je veux vous parler de l'aspect qui fait notre renommée, à plusieurs égards, à l'extérieur du Québec pour notre aspect non partisan. Je trouve que c'est important de se rappeler... Puis je vais vous nommer deux dossiers que j'ai beaucoup à coeur, qui ont fait la notion, à l'extérieur de l'Assemblée, et qui ont fait un peu notre renommée, un plus important que l'autre, mais l'autre, je l'ai en affection tout particulièrement. Mourir dans la dignité a été un dossier qui nous a fait rayonner à travers le monde sur cette volonté-là qu'on avait de travailler ensemble, de façon non partisane. C'est un grand défi parce qu'on est assis dans la pièce où il y a le plus de partisanerie. Et je vous le dis parce que j'en suis. Je ne suis pas assise assez loin de vous pour me cacher de cet aspect-là, mais quelquefois la passion nous tourmente, puis on laisse tomber une phrase ou deux, puis, après ça, on se dit : Allez, calme-toi, ce n'est qu'une période de questions. Par contre, Mourir dans la dignité nous a fait émerger et nous a fait rayonner d'une autre façon.

Je vous disais, il y avait un autre dossier que j'affectionne particulièrement, et c'était la lutte à tout ce qui... je vais vous donner le titre comme il faut, Ensemble contre l'intimidation, la lutte qu'on a menée ensemble à partir de 2014 et où on a passé un peu sous le radar parce qu'on était justement non partisans. Donc, j'ai eu le privilège de siéger avec votre collègue, ma collègue, aussi, de Repentigny, mais aussi le collègue de Rimouski, et on a eu plaisir à débattre sur différents aspects de cette volonté-là.

À travers le rôle que vous occupez... Vous avez dit plus tôt que votre collègue, le vice-président, avait une responsabilité d'un comité, mais j'ai aussi le privilège de siéger avec votre collègue, mais beaucoup ma collègue la députée de Hull, sur un comité qui s'appelle Zéro harcèlement à l'Assemblée nationale. C'est un comité qu'on connaît peu pour l'instant à l'extérieur de l'Assemblée. Mais je suis sûre qu'éventuellement il va rayonner à travers l'ensemble des institutions parce que des gestes sont posés au quotidien... et une volonté d'avoir une ambiance de travail tout à fait particulière, c'est-à-dire conviviale et en sécurité. Je veux vous en parler parce que c'est une volonté que l'Assemblée nationale a mise en place dès 2014 pour pouvoir faire quelque chose de plus.

• (17 heures) •

Et, en 2015, l'Assemblée nationale a adopté la Politique relative à la prévention et à la gestion des situations de harcèlement au travail — je lis le titre parce que vous avez compris qu'il est très long — pour se doter d'un processus équitable et efficace pour traiter les situations de harcèlement. Le harcèlement, ce n'est pas juste un mot, c'est aussi certains syndromes, dont le harcèlement psychologique, le harcèlement sexuel et discrimination et les comportements. On veut regarder pour les comportements positifs, mais je vais y revenir.

Dans le principe de ce comité, il y a eu des gestes qui ont été posés, dont... On a vu... Si vous vous promenez à l'Assemblée nationale et vous faites une visite, vous allez voir qu'il y a des affiches d'apposées. Il y a eu des dépliants, des tentes de table, des autocollants, des signatures électroniques. La section du portail Zéro harcèlement, vous le disiez, on est très accessibles. L'information, elle l'est tout autant, et des communiqués de presse pour parler de cedit comité et des gestes qu'on veut poser pour aller un peu plus loin.

Dans cette volonté-là et dans la volonté de la politique, M. le président, vous avez été très sensible à l'ensemble des employés de l'Assemblée nationale, non seulement les gens avec qui on travaille, les gens qu'on côtoie, mais aussi à l'extérieur, c'est-à-dire les gens dans les cabinets, dans les bureaux politiques. Notre volonté, c'est vraiment de faire en sorte que tout le monde se sente bien dans l'élément où ils rentrent chez eux. Vous le disiez, hein, la maison du peuple, mais ils rentrent chez eux travailler puis ils veulent faire en sorte que l'ambiance de travail est bonne.

À partir du moment où on dit que le comité est en place, qu'on pose des gestes, qu'on sensibilise, dites-moi, quand un personnel trouve une situation malaisante, ou veut porter plainte, ou poser des actions par rapport à une plainte, quelles sont les mesures qu'on a mises en place? Je dis «on» parce que je ne peux pas faire autrement que penser que je fais partie des mêmes mesures, puisque je fais partie du comité, mais à chaque fois qu'on se prononce ici, au BAN, chaque député devrait utiliser le «on» parce qu'on en fait partie, parce qu'on y est. Puis vous le disiez au début, chaque décision qu'on va discuter ici puis chaque lien qu'on fait avec vous, c'est un lien à laquelle on appartient, puisque — on en parlait avant de commencer la session, la députée de Repentigny et moi — il n'y a pas une décision qu'on va parler ici à laquelle on n'a pas participé. On fait cette décision-là au BAN de façon non partisane et beaucoup, beaucoup... très, très transparente.

Donc, à partir du moment où une personne se sent touchée ou interpelée, quelles sont les choses qu'on peut faire ou qui ont été mises en place pour l'aider dans cette perspective de soutien à quelqu'un qui dénonce?

M. Paradis : Merci, Mme la députée, de cette question-là. C'est tellement important. C'est important dans notre milieu de travail, c'est important dans notre vie de tous les jours. Je ne prends rien que quelques secondes pour dire, à la blague, je le répète tellement souvent, vous savez, quand arrivent des situations qui font en sorte qu'on perde notre bonne humeur, on gruge de l'énergie comme ça n'a pas de bon sens. Puis le pire, c'est que pour revenir de bonne humeur, on en gruge encore davantage. Alors, mieux vaut faire avec le sourire, avec la perspective de bien vivre ensemble. Je vous sais sensible à ça, et je salue aussi le travail de ma troisième vice-présidente, qui fait un travail exemplaire.

Juste que les gens sachent, lorsque je me présente ici, à l'Assemblée, pour me rendre à mes bureaux, j'ai ces affiches qui nous font réfléchir. Et puis c'est souvent ça, hein, c'est une notion de réfléchir à nos gestes, à nos paroles, à nos actions. La planification stratégique 2019‑2023, vous le savez, prévoit un axe portant sur le Parlement comme milieu de vie dans lequel on a un objectif spécifique sur l'importance d'ancrer une culture de respect, d'inclusion. Le respect, dans ma tête à moi, c'est un des mots qu'on devrait enseigner à tout le monde puis qu'on devrait répéter régulièrement, à tous les jours, se respecter dans notre façon de faire. Mais à travers ça il y a des moments où des choses peuvent se corser, puis des gens auront... et là c'est l'autre problème qu'on a à cheminer dans un dossier comme celui-là, c'est-à-dire de faire en sorte que quelqu'un qui subit une situation contraignante puisse être capable de s'en sortir, être capable de le dire, aller chercher quelqu'un qui va le ou la comprendre, et là je le dis, hein, le ou la comprendre.

Oui, il y a des ressources. Récemment, j'assistais — et ça fait partie de ce qu'on a et de ce qu'on a mis en place — à une conférence sur l'incivilité, où on nous disait, à nous, comment s'en sortir, à qui s'adresser, quelle est la situation où on dépasse la limite qui ne devrait pas être dépassée. Ça, même, ce n'est pas clair, parce qu'il y a des gens qui diront : Moi, je n'ai rien fait. Bien, il faut qu'on soit éduqués à ça aussi. Puis ce que l'on reçoit, vous et moi, comme formation, bien, on a le devoir de le partager dans notre quotidien. On a un programme d'aide aux employés aussi faisant en sorte que les gens puissent aller chercher... Parce que, souvent, ce que des gens demanderont, c'est d'être écoutés, d'être accompagnés. Et, dans cette rencontre-là, la notion d'accompagnement était particulièrement importante, comment peut-on se faire accompagner.

Alors, je salue l'initiative et le travail que vous avez fait, mais sachez que cette politique Zéro harcèlement à l'assnat est quelque chose d'extrêmement vivant. Je dis «vivant» parce que c'est en processus, c'est en continuité, et nous n'aurons de cesse que lorsqu'on sera capables, ensemble, rapidement d'identifier, de juger et d'accompagner, d'aider celui ou celle qui fait face à une situation ou d'incivilité ou de harcèlement, qui peut être de toute forme, hein : le harcèlement psychologique, le harcèlement dans le geste, le harcèlement dans le regard. C'est tellement vaste. Ce sont des choses sur lesquelles on doit absolument travailler.

Je vais me permettre, si vous me donnez l'occasion, de demander à Claudia de nous parler un peu de ce programme, qui est un programme moteur et extrêmement important, qui fait d'ailleurs partie, je le disais, du Plan stratégique 2019‑2023. Claudia, est-ce qu'on peut ajouter un petit quelque chose, s'il vous plaît?

Le Président (M. Picard) : Si vous permettez, M. le président...

M. Paradis : Oui, M. le Président.

Le Président (M. Picard) : ...Claudia pourra répondre lors du prochain bloc, parce que le bloc est terminé.

M. Paradis : Oh! bien, Claudia, j'espère qu'on aura l'occasion de l'entendre.

Le Président (M. Picard) : Maintenant, nous allons du côté du gouvernement. Mme la whip adjointe, députée de Saint-François.

Mme Hébert : Merci, M. le Président. M. le président de l'Assemblée nationale, M. le secrétaire général, Mmes, MM. mes collègues, bonjour à tous.

Quand on vous écoute parler, M. le président, vous êtes un homme passionné. Et je ne sais pas si vous savez, là, mais vous me faites rêver. Puis je crois que vous êtes contagieux à l'écran. Les gens, aussi, à la maison doivent avoir aussi hâte de venir le visiter, ce nouveau pavillon d'accueil. Et je me trouve privilégiée et choyée de faire partie de cette législature qui va pouvoir franchir le nouveau pavillon d'accueil.

Puis, quand on parle d'un nouveau pavillon, des rénovations, on parle aussi de transformation. Donc, lors de nos rencontres au Bureau de l'Assemblée nationale, il a été question de transformer le Parlement en numérique. Mon collègue le whip de la troisième opposition, tantôt, a abordé un peu le sujet dans son intervention, mais moi, j'aimerais savoir : Avez-vous un plan stratégique pour atteindre cet objectif?

Le Président (M. Picard) : M. le président.

M. Paradis : Merci, M. le Président. Je ne serai pas très original pour vous dire que, oui, on a un plan. J'ai comme l'impression... Vous savez, quand je dis que j'ai une équipe extraordinaire, je le dis et je le répète parce que, manifestement, ce sont des préoccupations qui sont aussi les miennes. Issu d'un milieu des communications, on n'a pas le choix d'innover.

Je ne veux pas revenir sur le passé, parce que ça ne rajeunit pas personne, mais je sais qu'il y a des gens qui nous regardent et qui nous écoutent qui ont été partie prenante des innovations qu'on faisait, à l'occasion, à la télévision, où on a commencé à faire en sorte que les gens puissent nous parler d'abord par le biais des fax, ensuite par le biais des courriels et des textos. On a quand même été les premiers à pousser cette relation-là intime, intime, c'est un milieu de confiance, relation de confiance entre les citoyens, les téléspectateurs et le travail qu'on y faisait. Bien, je veux faire la même chose.

Oui, on a, dans le dossier de ce qu'on appellera le «e-Parliament», des objectifs très précis à atteindre sur des gestes à gains rapides, des gestes à plus long terme, moyen terme et long terme. J'ai un document me permettant de vous donner des pistes de solution sur le numérique. J'ai mon équipe qui est en train... merci, Christina. Le virage numérique vers le «e-Parliament», qui existe, d'ailleurs... Et j'étais surpris, je vous dirai, j'ai été surpris, récemment, de recevoir, et je fais une parenthèse, l'ambassadeur d'Estonie, qui m'expliquait où ils en sont rendus. Le vote électronique, là-bas, ils le font depuis plus de 13 ans. Ils ont une façon de faire permettant de faciliter votre travail comme députés, la relation avec les citoyens pour faire en sorte que ce dont on parle, le citoyen puisse avoir des outils de type sur demande, un peu comme à la télévision.

Moi, ce que je rêve, puis ce que je souhaite, puis ce vers quoi on veut aller, c'est que, lorsque vous prenez des décisions, lorsque vous décidez de poser un geste et une action, ceux et celles que vous représentez puissent vous suivre quasiment à la trace, que les gens qui sont intéressés par une discussion sur des projets fondamentaux qui changeront le visage de la société sur lesquels on a tous à travailler vers un objectif qui vise le mieux-être du citoyen puissent aussi savoir ce que l'on fait. Ne pas contraindre et vivre à son époque. Ne pas contraindre les citoyens à une façon de faire qui, aujourd'hui, n'a plus sa place. Les jeunes nous le disent, les jeunes nous le disent. Les aînés nous le disent aussi parce qu'ils se servent de plus en plus de ces moyens-là.

Alors, oui, dans le cadre du virage numérique, des nouvelles solutions envisagées pour répondre à trois types de clientèle, je le disais : députés et personnel, l'Assemblée, l'ensemble des citoyens du Québec, personnel administratif de l'Assemblée. Qu'est-ce que ça va faire? Faciliter le travail des députés dans leur façon de légiférer, de communiquer, de partager l'information, accroître la participation et la mobilisation citoyenne de façon transparente.

• (17 h 10) •

Saviez-vous, quelqu'un me disait que, dans certains endroits dans le monde, parce qu'on est à voir... C'est la notion des meilleures pratiques, hein? On a demandé aux citoyens, par la voie des nouvelles technologies, de proposer des idées de projets de loi qui touchaient leurs préoccupations. Bien, sur un ensemble de projets reçus, ça a mené à des projets de loi concrets. Imaginez-vous, le citoyen chez lui peut aussi avoir son mot à dire sur ce que son demain devrait devenir. C'est extraordinaire.

Accroître la participation, mobilisation citoyenne de façon transparente, structurée, bidirectionnelle, être capable de consulter tant les députés sur les modifications à apporter. Moi, je vous dis que je souhaite des choses. Oui, j'y crois fondamentalement. Mais, d'abord et avant tout, je vais vous demander : Est-ce que vous croyez... Est-ce que vous avez la même vision que moi qu'on puisse aller chercher ces informations-là, mais qu'on puisse le faire pour le public, pour le mieux-être de nos travaux? Que fait-on pour être plus efficaces? Donnez-nous des idées, parlez-nous. Mais qu'on ait les outils pour le faire, ça fait partie du virage numérique, créer des nouvelles façons de faire pour le personnel administratif afin de mieux rendre les services et valoriser leur travail.

Bref, encore une fois, un virage numérique faisant en sorte que des actions concrètes soient déjà prévues, tant au niveau du député qu'au niveau du citoyen qu'au niveau de l'administratif. Et ce plan-là, déposé dans le plan stratégique que vous avez déjà, à ce chapitre-là, il a été déposé, propose des solutions gains rapides, ce qui est faisable maintenant. On fait quoi pour améliorer notre maintenant? Des solutions efficaces, on est déjà en travail, on est déjà en établissement, puis en faisant en sorte qu'on puisse changer la donne et changer la façon de faire, puis ensuite travailler sur des bases, ce qu'on appelle la fondation, sur des projets long terme qui va changer la face, notamment, de votre travail puis de la relation qu'on aura avec les citoyens. Mais ça, ça fait partie d'une maison ouverte, d'une maison citoyenne. Plus les gens auront accès, plus les gens comprendront ce qu'on y fait, pourquoi on le fait, plus les gens sauront qu'ils sont aussi partie prenante de ces décisions-là. Oui, on a aussi un projet, et c'est dans le cadre stratégique 2019‑2023, que vous pouvez aussi consulter.

Le Président (M. Picard) : Merci. Mme la députée de Saint-François.

Mme Hébert : Je vous amène sur un autre sujet. On a pu lire dans les journaux que certaines simulations de Parlement pour les jeunes pourraient disparaître. Comment vous comptez réintéresser les jeunes à la politique? Parce qu'on le sait, c'est notre avenir. Alors, j'aimerais vous entendre.

M. Paradis : ...très honnêtement, ce que je dois vous dire, c'est que les simulations parlementaires pour les jeunes ne disparaîtront pas. On a un programme éducatif renouvelé qui va toujours pousser plus loin l'objectif à atteindre. On va modifier des choses. On avait une belle aventure à laquelle j'ai participé récemment, la 27e finale du tournoi des jeunes parlementaires, qui est un échange... Très surprenant de voir des jeunes, comment les jeunes peuvent savoir l'histoire du parlementarisme, de la démocratie, et tout ça. 27 ans plus tard, on décide consciemment de changer la façon de faire, mais d'avoir de nouveaux projets permettant d'influencer et d'attirer de plus en plus de jeunes. Les simulations parlementaires, c'est une richesse. Elles resteront, elles travailleront. Ça se vit à l'international, ça se vit chez nous. Il faut voir ces jeunes-là. Récemment, il y en avait une, le 23e Parlement écolier. C'est exceptionnel de voir ces jeunes se lever à votre place pour prendre la parole. Ça, c'est nos citoyens de demain. Alors, ça, oui, mais aussi un programme éducatif renouvelé pour qu'on puisse aller rejoindre les jeunes dans leur environnement. Et on a aussi une équipe qui est en train de mettre en place des trousses clés en main nous permettant de faire vivre la démocratie.

Vous savez, j'ai eu l'avantage de travailler longtemps dans le domaine des communications. On a aussi des projets à ce chapitre-là qui nous permettront d'offrir aussi des produits dont on pourra se servir au chapitre de l'enseignement, je pense aux écoles, je pense aux professeurs. Alors, les Parlements sont là, d'autres actions sont à être pensées. Des trousses clés en main sont déjà disponibles pour les députés qui veulent aller rencontrer les jeunes. Et, au surplus, bien, ces méthodes technologiques dont on parle vont faire en sorte qu'on puisse les rejoindre où ils veulent être rejoints. C'est ce que j'appelle une connexion de type sur demande, et je pense qu'on est capables de faire des choses à ce chapitre-là.

Pour rejoindre les jeunes générations, l'expérience visiteur, je vous l'avais dit, des jeunes seront... Ils ont vraiment une salle pour eux, hein, il faut aller voir ça, où on va recueillir leur vision de la démocratie. Révision de l'offre d'activités éducatives, je vous le disais. Puis l'objectif fondamental dans tout ce qu'on mettra en place, et l'équipe est en travail là-dessus, c'est rejoindre un plus grand nombre de jeunes puis utiliser, évidemment, ces médias qui leur sont précieux, c'est-à-dire ces outils dont on se sert, nous, également, pour faire en sorte qu'on puisse faire partie de leur quotidien.

Le Président (M. Picard) : 50 secondes, Mme la députée.

Mme Hébert : ...à mon whip.

M. Paradis : Là, je vous laisse toujours à 50 secondes, une minute, hein? Tu sais, je veux dire, c'est...

Le Président (M. Picard) : Donc, pour le dernier bloc de l'opposition officielle, 13 minutes.

Mme Ménard : 13 minutes?

Le Président (M. Picard) : Oui.

Mme Ménard : Bon, merci. Alors, écoutez, je vais avoir deux sujets, mais, juste avant, notre collègue de Repentigny, tantôt, a parlé de développement durable, et je sais que vous avez fait un travail, là, depuis la dernière année, dernière année et demie, que vous vous êtes préparé, vous avez préparé un plan que vous allez nous déposer très bientôt, que j'ai hâte de prendre connaissance, et en même temps vous allez créer un comité. Alors, pouvez-vous prendre deux petites minutes pour nous parler du comité?

M. Paradis : Vous savez, je vous disais, je pense qu'en 2019, en tout cas c'est ma vision, on a tout intérêt à ne pas imposer, mais à partager des vues faisant en sorte qu'ensemble on puisse travailler à atteindre un même objectif. Et, dans ce dossier-là du plan d'action de développement durable, j'ai senti, déjà depuis un bon bout de temps et encore tout récemment, une volonté très précise de la part des députés, et là je vais être très large, toutes formations politiques confondues, là... tu sais, on parle sur des dossiers qui sont manifestement transpartisans. Alors, on est là pour notre mieux-être, tu sais, on travaille pour notre environnement. Et je pense que, dans ce dossier-là comme dans les autres, la participation d'un comité consultatif mettant au travail des députés qui, sans rien imposer, ont une vision de l'environnement comme ligne directrice importante va aussi nous permettre de juger pas seulement de la mise en place des projets qui seront proposés ou des idées qui vous seront présentées, mais aussi de l'atteinte des objectifs. Puis je pense que ça, c'est la notion du tableau de bord. Quand on conduit un véhicule automobile, c'est bien dur de savoir à quelle vitesse je vais si je n'ai pas un cadran qui me le démontre. Puis, si moi, je vais quand même plus vite, j'aime avoir quelqu'un à mes côtés qui dise : Ça serait peut-être temps que tu ralentisses parce que, là, tu n'es plus bien, bien dans les normes, mon homme, puis, de toute façon, sur le plan environnemental, tu es en train de saloper la planète.

Alors donc, j'ose espérer... Il est là, le comité, de faire en sorte qu'ensemble on puisse s'asseoir et dire : Est-ce qu'on va assez loin? Est-ce qu'on peut faire autrement? Est-ce qu'on atteint nos cibles? Est-ce qu'on doit aller plus vite? Est-ce qu'il faut convaincre davantage? Est-ce qu'il faut éduquer davantage? Vous savez, quand j'ai eu la présentation, récemment, de ces notions-là, je me suis surpris à comprendre l'importance puis comment tout ça est vaste. Je parlais de l'art, la culture, il y a des notions de développement durable. Alors, plus que jamais, je l'ai dit tout à l'heure, je le disais, quand on parle d'efficacité et de réforme dans nos façons de faire, je lance la même invitation. Puis elle fait partie, d'ailleurs... la création de ce comité-là est partie prenante de ce plan stratégique de développement durable menant à des actions concrètes, et il faut qu'ensemble on soit capables de s'asseoir pour trouver les meilleurs moyens de faire sur une base solide qui a été pensée depuis déjà longtemps.

Alors, j'étais très content, cette semaine, quand j'ai vu que des gens se préoccupaient de ce dossier-là, parce que je me disais : Oui, ils vont se rendre compte que cette préoccupation-là, elle a mené à quelque chose. Quand je vous dis que j'ai une équipe qui travaille, là, ça travaille. Vous savez qu'on a des abeilles à l'Assemblée nationale. Il y en a qui donnent du miel puis il y en a qui donnent des dossiers comme ceux dont on parle. Alors, j'ai aussi mes abeilles autour de moi.

• (17 h 20) •

Mme Ménard : ...vous pouvez compter sur notre collaboration, M. le président.

Écoutez, il y a deux choses. Bon, on a parlé du restaurant Le Parlementaire, mais moi, je veux prendre quelques instants pour parler du salon bleu. Le salon bleu, c'est un endroit qui est superimportant pour nous tous, parlementaires. Il se prend des décisions ici. C'est un endroit extraordinaire. Il a besoin de rénovations. Je comprends que Le Parlementaire est mûr pour ça, mais diable que le salon bleu est mûr. Et je veux juste vous parler de nos chaises, un inconfort total. Ça nous prendrait tous des coussins pour le dos. Nos pupitres, le bois écorché, on se déchire des vêtements. Je comprends qu'on le répare quand on le demande, mais ça revient vite, hein, c'est des vieux meubles. Bon, tout ça pour dire... Et naturellement, si on parle de numérique, mais là on est loin. Bon.

Alors, je sais que ça va venir, mais est-ce que c'est quelque chose qu'on peut espérer d'ici 2022, par exemple? Est-ce que vous avez déjà commencé à discuter? Est-ce que vous avez une idée des coûts? Pouvez-vous nous en parler un petit peu, là?

Le Président (M. Picard) : M. le président.

M. Paradis : Merci, M. le Président. Oui, Mme la whip de l'opposition officielle, c'est une préoccupation qui nous est souvent... Écoutez, depuis que je suis à travailler avec mon équipe à ce poste-là, c'est une des préoccupations majeures qui revient fréquemment. Évidemment, ça se fait en séquences. Les travaux du salon bleu, ils seront importants. Il ne faut pas dénaturer le salon bleu, hein? Les gens ne veulent pas dénaturer non plus le salon bleu parce qu'il a cette prestance, cet environnement-là qui, quelque part, nous habite aussi puis nous inspire, je dirai ça comme ça. Mais vous avez raison, on a des problématiques qui ne sont pas seulement au chapitre, oui, de la qualité puis du confort des fauteuils — puis Dieu sait qu'on passe quand même pas mal de temps — mais ça va aussi au chapitre de ce dont on se sert pour se parler maintenant, des systèmes qui, au niveau de l'audio, rendent la tâche pas facile à ceux qui y travaillent. Je veux dire, je sais qu'eux aussi souhaitent... Je ferai rien qu'une parenthèse : lorsque vous visiterez le nouveau pavillon, vous l'avez déjà fait, mais quand vous revisiterez, regardez les nouvelles salles de commission qui y sont proposées, on est ailleurs.

Alors, tout ça doit être pensé, mais ça va être pensé, encore une fois, en fonction des besoins qui seront exprimés. Dans ce dossier-là aussi, on va aller chercher la vision de la députation. On a besoin de quoi? Est-ce que nos pupitres, on doit les travailler? Est-ce qu'il faut repenser — puis là je pense à voix haute — la disposition du salon bleu? Il faut aussi penser l'entre-deux. Des travaux majeurs, vous venez de le dire. Il y a des travaux de réfection, il y a des éléments du patrimoine qui devront être conservés, assurément, il y a des coûts inhérents à ça, mais il y a aussi les travaux qui se poursuivent. Alors, il faut être en mesure d'avoir une transition nous permettant de mener des travaux sans nuire à vos travaux, à nos travaux.

Alors, oui, il y a encore des choses à faire, mais ça va aussi passer par un comité de députés, un comité technologique, avec des propositions qui seront faites pour donner, encore une fois, la meilleure des solutions possible, comme on l'a fait pour le projet de pavillon d'accueil, comme on l'a fait pour le restaurant Parlementaire. Michel... si le secrétaire général veut ajouter un petit quelque chose là-dessus...

M. Bonsaint (Michel) : Bien, écoutez, le salon bleu, c'est un projet majeur. Lorsqu'on parle de la rénovation de la cité parlementaire, donc, c'est une... il faut l'envisager d'une manière globale, il faut regarder les ressources matérielles, les ressources financières, les ressources humaines qu'on a à notre disposition pour réaliser tous ces projets-là. Bien entendu, le salon bleu sera un projet qui va au-delà d'un projet de rénovation comme tel d'une salle. Le président a parlé un peu plus tôt, à la suite de questions, du Parlement numérique. Bien, on ne peut pas passer au Parlement numérique si on n'adapte pas la salle de l'Assemblée nationale à cette réalité-là. Et, par exemple, est-ce qu'on peut imaginer des pupitres intelligents au salon bleu, un pupitre qui reconnaît son occupant, qui parle à la population par l'entremise des technologies, qui dit : Mon député était présent, il s'est prononcé quatre fois aujourd'hui sur des questions, sur des votes à l'Assemblée, et voici il a voté de quelle manière, il est intervenu deux fois, une fois à la période de questions, une autre fois dans le cadre d'un débat? Donc, le salon bleu doit nous permettre d'aller vers, également, le Parlement numérique.

Donc, il y a un aspect technologique, il y a un aspect architectural et, bien entendu, il y a un aspect historique. Et on est en train de faire les bilans sur ces trois aspects-là pour prendre les bonnes décisions, bien sûr, en compagnie des députés, qui, ultimement, nous feront part de leurs besoins. Mais il faut envisager, dans mon esprit, ce projet-là comme étant un projet qui va amener le Parlement encore plus loin, la maison citoyenne vers les foyers du Québec par l'entremise des nouvelles technologies. Donc, c'est un projet qui est beaucoup plus important qu'un projet de rénovation immobilier. Voilà.

M. Paradis : Alors, à défaut, Mme la députée, d'avoir un échéancier, je pense que la volonté ferme, elle est exprimée. Les travaux seront importants, mais ils sont essentiels. Moi, j'ajoute, encore une fois, et je le redis, ce qui nous inspire, l'aspect historique ne doit pas être sacrifié au détriment du numérique. Les deux peuvent se conjuguer, mais ça sera fait à l'image de ce que les gens qui y sont souhaitent que ça devienne.

Mme Ménard : Merci. Dans vos remarques préliminaires, vous avez parlé... on a parlé un peu... vous avez couvert un peu la sécurité, et on voit, là, qu'il y a des changements, il y a des choses qui sont mises en fonction, là, l'entrée, les portes, bon, et tout ça. Alors, bravo! En tout cas, moi, je trouve que c'est vraiment une bonne chose que d'améliorer et d'augmenter la sécurité.

Vous avez parlé, dans vos remarques toujours, de la rue des Parlementaires. Et, à ma connaissance, c'était quelque chose qui avait été discuté dans la dernière législature, comme quoi qu'il pourrait y avoir une guérite sur la rue des Parlementaires. Alors, j'aimerais ça... Est-ce que c'est toujours dans les plans d'avoir cet espace vraiment sécurisé alentour du Parlement?

M. Paradis : Je me permettrai de vous dire qu'au moment où l'on se parle il y a des discussions qui se poursuivent, carrément, et je vous disais un petit peu d'entrée de jeu puis je l'ai abordé dans une autre question, notamment avec la ville de Québec pour l'utilisation de la rue des Parlementaires, la coordination de la phase II, on en a parlé également dans les projets d'immobilisations. Avec la planification, des travaux de voirie municipale sont amorcés déjà depuis le printemps 2018, mais il y a plusieurs partenaires à travers cette volonté-là de faire différent et de changer la configuration. Il y a la ville, bien sûr, je vous parlais de la Commission de la capitale nationale, je vous parlais du bureau du lieutenant-gouverneur, je vous parlais de ce à quoi elle sert, la rue des Parlementaires, actuellement, avec toute cette notion de sécurité qui est extrêmement importante aussi à maintenir, mais on travaille aussi avec les autres usagers de la rue des Parlementaires pour faire en sorte qu'on puisse arriver à quelque chose de concret.

Il y a aussi, à ce chapitre-là, des échéanciers. On a un comité interne, maintenant, qui est en place pour établir les besoins, définir, évidemment, le mandat, la sélection d'expertises externes. On devrait aller vers un plan directeur de septembre à novembre 2019, production des plans et devis potentiels, mais ça ne se fera pas sans l'apport des partenaires, notamment la ville de Québec. Oui, c'est un projet dont on parle depuis un bout de temps, mais je pense qu'on est à l'ère de la réalisation aussi. Puis ces contacts-là que nous avons avec les principaux... bien, ces partenaires-là, ils sont extrêmement positifs. Alors, on a également une vision, en tout cas, la volonté de faire en sorte qu'à ce chapitre-là on puisse aussi aboutir dans ce projet-là.

Mme Ménard : Merci. Alors, écoutez, probablement que c'est la dernière fois que je vais intervenir...

Le Président (M. Picard) : 30 secondes.

Mme Ménard : O.K. Alors, je veux tout d'abord vous remercier, M. le président de l'Assemblée nationale, ainsi que tous les gens qui vous entourent, parce qu'on sait que des crédits, ça demande du travail, de se préparer. Alors, bravo à l'équipe! J'ai vraiment apprécié nos échanges. Merci beaucoup.

Le Président (M. Picard) : Merci. Il reste actuellement deux blocs pour le gouvernement, pour un total de 23 minutes. Il y a deux blocs parce que les députés indépendants ne sont pas intervenus, c'est pour ça que nous arrivons avec deux blocs à la fin. M. le président du caucus et député de Blainville.

M. Laframboise : Merci, M. le vice-président, M. le président, évidemment, toute votre équipe, mes collègues, le député d'Arthabaska, la députée de Repentigny, la députée de Saint-François, les collègues de l'opposition, merci également, les collègues d'opposition.

Ça me fait plaisir de prendre la parole aujourd'hui. Moi, j'ai été, M. le Président, 11 ans dans un autre Parlement, à Ottawa, qui était, je vous dirais, beaucoup plus accessible à la population. Oui, c'est la maison du peuple, là, on se plaît à le dire, tous les Parlements du monde sont la maison du peuple. Mais moi, je voudrais que vous nous donniez la nouvelle vision, là. Parce qu'à Ottawa il y a de la place pour marcher, il y a des endroits même où on permet de piqueniquer. Quand on accède au Parlement, il y a des grandes salles. Moi, j'ai vu des files d'attente de centaines de personnes passer très rapidement. Il y a des salles où on accueille les citoyens, les citoyennes. Donc, j'aimerais ça que vous nous donniez la nouvelle vision.

Parce que, dans le fond, quand je regarde Ottawa, là, puis vous avez parlé d'attrait touristique, Ottawa, la capitale nationale, Ottawa-Gatineau, c'est 1,3 million d'habitants. Puis, dans le corridor Kingston, on parle d'en dedans de trois heures, Kingston-Ottawa. Montréal-Québec, il y a autant d'habitants que dans ce corridor-là. C'est-à-dire que, comme attrait touristique, il y a du potentiel. C'est-à-dire que le long de la 20 et de la 40, c'est facilement accessible, Québec. Puis, bon, le gros des habitants de l'Ontario, c'est Toronto, c'est près de cinq heures, donc c'est plus difficile, alors qu'en dedans de trois heures, nous, c'est accessible. Donc, je voudrais juste que vous nous donniez le goût, là, que vous donniez aux Québécois qui nous écoutent, aux Québécoises qui nous écoutent le goût de venir visiter le Parlement, ce qu'ils n'avaient peut-être pas nécessairement auparavant pour toutes sortes de raisons. Essayez juste de nous transmettre ce goût-là, s'il vous plaît.

• (17 h 30) •

M. Paradis : Je vous remercie de me donner, M. le député, cette occasion-là également. Et je pense que... je le disais tout à l'heure puis je vais reprendre ces termes-là, mais, pour que des gens se présentent quelque part, encore faut-il les inviter. Dans ma tête à moi, tu sais, on fait des choses extraordinaires ici, mais trop longtemps on a eu l'impression, les citoyens ont eu l'impression que c'était très loin de leur quotidien, c'est-à-dire que ça ne leur appartenait pas. Et pourtant on a des choses qui sont, ici, exceptionnelles. L'Assemblée nationale, le Parlement, a ses potagers. Ils servent d'ailleurs à la confection de nos menus au Parlementaire, des nouveaux menus qui se renouvellent maintenant à tous les trois mois. Quand je vous parlais, par exemple, du Parlementaire, qui dorénavant, la fin de semaine, offrira des brunchs familiaux, ça n'avait pas lieu. LeParlementaire fonctionnait seulement le midi, cinq jours. Bien, maintenant, on va dire aux gens : Venez y déjeuner en famille, venez voir nos potagers, venez goûter à notre miel.

Ça semble très loin, là, de nos travaux au quotidien quand on décide de travailler ensemble et collectivement à la bonification d'une loi ou à un projet qui est sur la table, mais c'est le... Savez-vous un des présents les plus appréciés que j'ai l'occasion de donner quand des gens viennent ici? C'est un pot de miel de l'Assemblée nationale. Les gens disent : Vous avez des ruches? On a un potager, on a des jardins, encore faut-il les faire connaître. On est en processus de modification avec le pavillon d'accueil. Je vous parlais des cours et de l'aménagement des cours intérieures. Sur la table, dans nos projets, des cours intérieures pour faire en sorte qu'on puisse s'y retrouver, qu'on puisse s'asseoir à l'extérieur, qu'on puisse jaser, que la population puisse être partie prenante de cette vie autour de l'Assemblée nationale.

La particularité, puis ce qui est extraordinaire, c'est que la ville de Québec vibre au même diapason. La ville de Québec est prête à faire en sorte qu'on puisse, dans le dossier du pavillon notamment, à partir de maintenant, pavoiser communément pour faire en sorte que le parlement devienne aussi un des éléments faisant en sorte que les gens s'arrêtent à Québec puis viennent visiter ce qui devrait depuis le début leur appartenir, mais il y a cette espèce de crainte de ne pas y avoir sa place.

Pavillon d'accueil, entrer au kilomètre zéro par la porte centrale de l'Assemblée nationale. Une expérience visiteur d'une liberté étonnante. Les gens pourront choisir le style de visite qu'ils souhaitent. Les gens pourront se promener comme ils veulent. Un lieu d'expositions, un lieu pour nos artistes, un lieu pour nos événements. On se réjouit que déjà des organisations majeures de la ville de Québec, dans l'événementiel, souhaitent se servir de notre agora.

La bibliothèque de l'Assemblée nationale. Est-ce que quelqu'un est allé à la bibliothèque récemment? Personne ne va à la bibliothèque. Vous verrez dans le pavillon d'accueil un secteur dédié à la bibliothèque. On a un livre, dans les voûtes de la bibliothèque, qui date de 1430 quelque. Qui l'a vu? On va le présenter aux gens. Ce sera maintenant accessible.

Rejoindre ce que les gens souhaitent. Bientôt, on présentera un autre document, que vous n'avez probablement pas vu, un film qui sera présenté, je le dis parce que moi, je l'ai vu, puis à chaque fois j'ai des frissons, qui s'appelle Confluence, créé par des gens de chez nous, par des gens d'ici, qui démontrera notre vision du parlement dans le quotidien des citoyens qui y passeront. De faire ce rapprochement-là, c'est déjà une carte de visite et un carton d'invitation extrêmement efficaces.

Des projections, M. le député, dans cette agora qui pourra accueillir des centaines et des centaines de personnes avec, à l'entrée... Puis je le vois, moi, mais la première image que les gens verront en attente d'un service de sécurité qui sera beaucoup plus fluide, accueillant, souriant, ce Je me souviens avec un immense écran où les gens du Québec nous ont fait parvenir des photos de leurs régions pour qu'on ait un Québec vivant, en constante mutation, automne, hiver, été, printemps.

Je pense que... en tout cas, c'est l'objectif que j'ai, mais d'avoir un parcours éducatif numérique pour les familles, mais d'avoir un lieu de rassemblement pour toutes les générations puis faire en sorte que, quand on entre dans ce pavillon-là, je le dirai par la voix de gens que j'ai accueillis cette semaine, j'entre dans... Parenthèse de vie, ma nièce de Colombie-Britannique, que je n'ai pas vue depuis cinq ans, qui, hier, est de passage à Québec, ça fait cinq ans que je ne l'ai pas vue, puis j'ai triché, j'ai amené Marie Anik voir le pavillon d'accueil. Elle demeure à Victoria, ils ont des belles choses. Mais Marie Anik puis Julien, son chum, étaient ébahis. Ils étaient à Québec pour un rassemblement parlant des voitures électriques et de la nouvelle façon de faire, et Marie Anik m'a écrit pour me dire : Julien n'arrête pas de parler du pavillon, ça n'a pas de bon sens! Deux personnes séduites, alors que tout n'est pas finalisé.

Tout à l'heure, vous nous disiez : Est-ce qu'on peut savoir qui sont nos députés? On a un écran géant où on pourra aller chercher... M. le député, je vais vous peser dessus pour savoir qui vous êtes, d'où vous venez, quelle est votre circonscription, qui ils sont, ces... On est dans du ludique éducatif, dans une histoire de vie avec un mur narratif qui nous raconte l'histoire du Québec.

Tout a été réfléchi et tout est là pour donner des frissons. Et déjà, pour vous dire, que la ville décide de faire, à travers son offre touristique, à travers l'Office du tourisme, du parlement un de ses objectifs de rendez-vous majeurs, je pense qu'on vient déjà de s'inscrire dans quelque chose de différent.

Et ensuite regardez ce qu'on va faire ensemble. Regardez ce qu'on va faire aussi au niveau de nouvelles salles de commission. Les gens pourront prendre part à l'action également. Et ça, c'est important, de savoir ce qui s'y passe puis ce qu'on y fait. Puis ensuite l'aménagement extérieur qui nous permettra de toujours faire davantage.

Nous sommes évolutifs, nous sommes en progression en fonction des besoins qui sont exprimés. Mais je pense que les gens vont voir un parlement qu'ils n'ont jamais vu, vont découvrir quelque chose... Oui, je le disais et je le répète, les gens comprendront que, dans cette nouvelle Assemblée nationale, au centre de toutes nos décisions, il y a, dans la visite comme dans nos actions, la citoyenne et le citoyen. Et je pense qu'on est en voie de le réaliser. Sous peu, en tout cas, les gens le verront. Je ne vous cacherai pas qu'on aura aussi... On va rejoindre les gens. Pour rejoindre les gens et les inviter, il faut leur parler, je vous le disais. Bien, tout ça s'accompagne évidemment de contacts étroits où on invitera les gens de partout au Québec à venir faire de notre parlement le lieu de rendez-vous.

Le Président (M. Picard) : M. le député de Blainville.

M. Laframboise : Oui, et je vois que vous avez beaucoup de verve par rapport à ça, puis c'est bien, là. Je vous demandais de me le vendre, vous le faites bien, puis de donner le goût aux Québécois, aux Québécoises. Puis, pour être plus terre à terre, là, donc, l'objectif, c'est que le parlement soit disponible sept jours-semaine, si on s'entend bien. Est-ce qu'on a analysé les capacités de stationnement, tout ça, les possibilités de navette? Est-ce qu'on est déjà rendus là ou on va regarder... Parce que moi, je souhaite que ce soit le franc succès que vous nous décrivez, M. le Président, puis vous l'avez, le goût, ça fait que vous êtes en train de le donner aux Québécois, aux Québécoises. Mais, au point de vue efficacité, est-ce qu'on a regardé, je vous dirais, les petits problèmes de la vie, le stationnement, et tout ça? Pour être capable d'avoir un équipement touristique, il faut aussi être capable d'y accéder puis être capable de... Puis je vous le disais, là, dans le corridor, la possibilité, là, en dedans de trois heures, là, c'est que les gens peuvent venir et retourner chez eux le soir, là, tu sais. Oui, je souhaite qu'ils puissent être capables d'habiter la région de Québec, mais parfois, l'été, les chambres sont plus rares un peu, hein, tu sais? Donc, être capables de leur dire : Venez dans cet équipement-là, puis vous pourrez retourner, puis il y a de la place pour vous stationner, et tout ça. Est-ce que vous avez regardé cette possibilité-là?

• (17 h 40) •

M. Paradis : Bien, M. le député, la volonté est clairement exprimée de faire en sorte qu'on vive ensemble un beau succès et une nouvelle façon de faire, de réinventer où on se trouve puis d'ouvrir nos portes à ceux qui souhaitent aussi prendre part et comprendre. La mise en place du pavillon va nous obliger aussi à être collés sur ce qui s'y passera. Le tableau de bord, il va servir à ça aussi. Et, quand on offre quelque chose, il faut être capable d'offrir aussi l'infrastructure nous permettant de bien le posséder et de s'y rendre. On a quand même une bonne capacité d'accueil en ce qui concerne notamment les stationnements la fin de semaine, on a de grands stationnements qui, manifestement, la fin de semaine, sont pas mal moins pris que la semaine. On a cette volonté d'un transport collectif aussi, qui est déjà existant, mais pourra-t-on le bonifier au besoin? Je suis convainvu que ça fait partie des heureux problèmes à résoudre éventuellement.

On a des capacités d'accueil, ne serait-ce que sur le plan de la logistique, avec des... Il n'y aura pas de... C'est bâti pour faire en sorte que les gens puissent y accéder rapidement, sans attendre. C'est bâti, le pavillon, pour faire en sorte que les gens puissent s'y asseoir, pour s'y reposer. Les aînés auront leur place, personne ne va être obligé d'aller rapidement, tout sera à leur rythme. Puis c'est-u beau de marcher à Québec, dans notre Vieux-Québec, sur la Grande Allée, sur le chemin Saint-Louis, d'aller faire un tour sur les plaines d'Abraham — c'est tout chez nous, ça, c'est tout autour — de descendre dans le nouveau Saint-Roch, d'aller goûter un bon restaurant sur la rue Sainte-Ursule. Alors, les gens auront le loisir de pouvoir faire en sorte de se bâtir un circuit touristique, avec comme point... Tu sais, à Paris, il y a la tour Eiffel, bien, à Québec, il y aura le parlement.

M. Laframboise : C'est bien.

Le Président (M. Picard) : M. le député de Blainville.

M. Laframboise : Oui. Combien de temps?

Le Président (M. Picard) : 10 minutes.

M. Laframboise : 10 minutes? Ah! Pour...

Le Président (M. Picard) : Il reste 10 minutes au groupe parlementaire.

M. Laframboise : Non, non. Bien là, je vais laisser le soin à mon whip...

M. Lefebvre : Merci. Écoutez, on vous entend, on entend toute la passion, et je voulais prendre quelques secondes... qu'on a passé sous silence la semaine dernière au cabinet, parce qu'on n'a pas la chance d'avoir souvent notre premier vice-président directement dans mon entourage, mais c'était son anniversaire la semaine dernière, alors je voulais souhaiter un bon anniversaire à notre premier...

Des voix : ...

Le Président (M. Picard) : Merci beaucoup. C'est correct. À l'ordre, s'il vous plaît. Allez-y, monsieur...

M. Lefebvre : Et, M. le Président, j'ai pris des notes tout au cours des deux heures qui viennent de se passer, pour moi, qui étaient très importantes. On a parlé de l'accueil, accueil chaleureux avec les citoyens et de faire vivre une expérience citoyen lorsque les citoyens vont venir ici, à l'Assemblée nationale, et je pense que, ça, on doit toujours garder ça en tête.

On a parlé beaucoup de modernité au niveau de l'Assemblée nationale, et ma collègue amenait aujourd'hui... mais m'en parle régulièrement, de la modernité au niveau de l'étude de crédits. C'est des réflexions, ensemble, qu'on doit tous avoir. Notre collègue de Québec solidaire a amené le dossier de la transparence. C'est un dossier sur lequel on siège avec le premier vice-président.

Et vous avez parlé également d'un plan de développement durable. Je dois vous avouer que, pour moi, c'est de la musique à mes oreilles. On est tous chauvins de chacune de nos circonscriptions, mais, chez nous, à Victoriaville, on se dit berceau du développement durable. Alors, d'entendre le développement durable ici, à l'Assemblée nationale, et dans un volet beaucoup plus élargi, comme vous l'avez dit, bien, ça nous rejoint. On le dit, on est rendus là. J'ai une jeune étudiante chez nous qui, à tous les vendredis après-midi, est devant l'hôtel de ville chez nous pour manifester au niveau des changements climatiques, développement durable, tout ça, elle fait ça à tous les vendredis depuis quelques mois. Et j'ai été la rencontrer les deux derniers vendredis, et, ce que je lui disais, je lui ai dit : Tous les 125 députés de l'Assemblée nationale, de tous partis confondus, sont sensibles aux changements climatiques, sont sensibles à l'environnement, et c'est le message que je retransmets ici, et c'est ce que je lui ai dit mot pour mot, que tous les députés, de tous partis confondus, étaient très sensibles au développement durable. Et, de savoir la préoccupation de l'Assemblée nationale, bien, je suis très heureux d'entendre ça.

Il y a des mots qui sont revenus souvent de votre bouche, M. le président de l'Assemblée nationale, c'est le mot «ensemble», et, pour avoir fait du sport durant toute ma vie, moi, le mot «ensemble» et l'équipe, au-delà de la partisanerie... Puis, je vous dirais, s'il y a une chose que j'apprécie beaucoup du BAN, du Bureau de l'Assemblée nationale, c'est qu'on l'a dit à plusieurs reprises c'est très apolitique, hein? On s'en va là et on travaille tous dans un esprit très convivial, non partisan, on agace même à l'occasion nos collègues. On a beaucoup de plaisir, tout en travaillant. Et moi, je dis souvent à mes citoyens, dans différentes allocutions, que c'est un très grand privilège d'être leurs yeux, leur voix et leurs oreilles à l'Assemblée nationale, et on le sent dans vos allocutions, M. le Président, que c'est un grand privilège et, quand nos citoyens vont venir nous voir ici, dans la maison du peuple, bien, que ça va être un privilège de les accueillir par la grande porte, et ça, vous l'avez bien dit.

Un mot également que vous avez dit, qui me rejoint beaucoup, c'est le mot «respect». Souvent, la partie où est-ce que c'est le plus difficile, c'est notre période de questions. Il faut qu'on soit honnêtes, c'est là que ça brasse un petit peu plus, puis, M. le Président, vous avez à vous lever, puis vous nous ramenez, puis, de temps en temps, comme un bon père de famille, vous levez le ton, hein, puis là on se rassoit un peu. Mais je pense que c'est important, à travers le Bureau de l'Assemblée nationale, vous l'avez dit, de plus en plus on veut amener les gens à nous écouter, à nous voir, et de démontrer une forme de respect entre tous et chacun, pour moi, ça, c'est important.

Et je vous donne une petite anecdote. Je donnais des allocutions à des jeunes décrocheurs dans des écoles, et j'écrivais un mot au tableau, j'écrivais le mot «respect», et je disais aux jeunes : Je vais vous parler de mon petit cheminement de vie à moi, où est-ce que j'ai été pompier. Souvent, ça, les jeunes, ça les accroche, puis tout ça. Mais j'ai dit : Si vous retenez un seul mot de tout ce que je vais vous dire aujourd'hui, vous retenez le mot «respect». Puis, avec le mot «respect», je dis toujours, il y a l'effet miroir, si on respecte les gens, les gens nous respectent de façon automatique. Et je pense que, si on a une volonté de tous et chacun ici, par le Bureau de l'Assemblée nationale, à travers les quatre whips des différents partis, bien... Déjà, moi, je trouve qu'on a un beau respect entre nous, les collègues du côté de la... des whips, bien, si on est capables de transmettre ça à tous nos collègues, que tous et chacun, on améliore la qualité de nos échanges, bien, ce serait déjà un grand pas.

Tantôt, avec ma collègue, on parlait des Parlements étudiants qu'il y a eu en 2019. Moi, je le dis souvent... puis je sûr que c'est la même chose pour tous mes collègues, on dit souvent : On fait de la politique, c'est pourquoi? C'est parce que les décisions qu'on prend aujourd'hui, c'est le Québec de demain, puis le Québec de demain, c'est nos étudiants, c'est nos enfants. Je veux juste profiter pour saluer celui qui était le chef des rouges, Jonathan Marleau, la chef des bleus, Ève Paquin-Lefebvre, qui n'a aucun lien de parenté avec moi, le chef des journalistes, Gabriel Bernier, et le président du conseil d'administration, Francis Bouchard, les derniers jeunes du Parlement étudiant 2019, qui sont venus ici, et tous les jeunes qui sont venus au Parlement étudiant, qui sont venus ici vivre les travaux parlementaires. Et, pour être venu... apprendre la démocratie, exactement. Puis je suis venu les voir, les saluer, et c'est fait de façon très professionnelle et très rigoureuse, on aurait à apprendre de les voir travailler dans leurs différents Parlements étudiants. Alors, je veux juste les féliciter de participer à ça, d'avoir le goût de la politique. On a besoin de jeunes, de la relève.

Alors, en terminant, moi aussi, je veux remercier tous les gens de l'Assemblée nationale, qui faites un travail remarquable, je l'ai dit d'entrée de jeu, mais tous les gens de l'Assemblée nationale sont là pour faciliter le travail des élus, et c'est la moindre des choses de remercier tous et chacun. Encore une fois, tous les directeurs de service, là, je vous demanderais, s'il vous plaît, de transmettre les remerciements à tous vos employés respectifs. Et je ne sais pas s'il reste quelques... je sais que j'ai pris beaucoup de temps.

Le Président (M. Picard) : Quatre minutes.

M. Lefebvre : Il reste quatre minutes? M. le Président, peut-être que, si vous le permettez, on pourrait terminer à deux ou trois minutes. Tantôt, on avait la politique Zéro harcèlement, que vous auriez aimé donner la parole à... peut-être qu'on pourrait donner la parole, parce que c'est un point important qu'on a ici, à l'Assemblée nationale, d'avoir un parlement qui est Zéro harcèlement. Alors, je traverse, je cède la parole.

Le Président (M. Picard) : La parole est à Claudia.

Mme Rousseau (Claudia) : Oui. Alors, bonjour. On m'a demandé de me nommer, donc Claudia Rousseau, directrice adjointe à l'administration et coordonnatrice de la stratégie du Vivre-ensemble et du harcèlement.

Effectivement, M. le président parlait tout à l'heure des campagnes de sensibilisation et de prévention qui avaient été mises de l'avant, notamment des formations autant pour les députés, le personnel politique et le personnel administratif. Les formations visaient notamment à faire connaître les concepts d'incivilité et de harcèlement, mais également de faire connaître la politique qui prévoit des mécanismes pour gérer les situations.

On se faisait questionner tout à l'heure à savoir s'il y avait des gens qui... quels étaient les processus. Effectivement, il existe des ressources, dans l'administration de l'Assemblée, qui ont comme rôle de soutenir les gens qui sont au coeur des situations de harcèlement et également pour soutenir les témoins qui pourraient constater ce genre de situation. Ce sont en fait deux répondantes de la Direction des ressources humaines, dont une qui est entièrement dédiée au dossier de l'incivilité et du harcèlement. Et les répondantes en matière de harcèlement, en fait, ont comme rôle d'accueillir les gens qui se sentent victimes, de leur assurer un soutien et de traiter également les signalements, soit en offrant des mesures de facilitation, en impliquant la gestion ou encore les députés, comme employeurs, ou encore en assurant le lien vers les ressources externes, si on souhaite, par exemple, que la situation soit résolue par la médiation ou encore par le biais d'une enquête. Et un des objectifs, c'est de faire connaître ces deux répondantes en matière de harcèlement pour que les gens les voient comme étant accessibles et donc pour leur permettre de bien jouer leur rôle.

Et évidemment il y aura d'autres moyens qui seront mis en place pour poursuivre ou pour continuer les efforts pour outiller les gens pour traiter les situations. Et également l'accent sera évidemment mis sur la prévention et sur la promotion des comportements de respect et de civilité. C'est l'objectif d'amener une vision positive de ce qui est attendu comme comportements. On parle de respect depuis le début de l'étude des crédits, donc l'orientation et la vision, c'est vraiment de parler des comportements qui sont attendus, les comportements qui sont positifs.

• (17 h 50) •

Le Président (M. Picard) : Merci. Donc, une minute, M. le président, pas plus.

M. Paradis : D'accord, sinon la caméra ferme. On est habitués à ça. Je vais rien que vous dire qu'on a... Merci de votre présence. Merci d'avoir été là. Merci de sentir aussi votre enthousiasme. Nous sommes des partenaires. Oui, je vous le dis souvent, on va faire des choses ensemble, mais c'est comme ça qu'on va y arriver. Nous avons une responsabilité commune à notre endroit, à l'endroit de ceux et celles qui croient en nous. On parlait de respect, bien, le respect, ça amène une autre affaire, ça amène la fierté. Quand on se respecte, on est fiers de nos accomplissements. Il y a une notion de mobilisation. On est capables de le faire, mais ça nous appartient à tous, à l'équipe, à moi, dans ma vision, à la vôtre également, puis j'y crois sincèrement.

Alors, je relance l'invitation. Premier des éléments, mais il est évolutif, c'est le pavillon d'accueil. Ce sera le 1er et 2 juin prochain pour la population. Citoyens et citoyennes, je vous invite, venez prendre possession de votre parlement, parce que ça vous appartient. Vous avez entendu aujourd'hui cette volonté commune qu'on a de faire en sorte que vous soyez au centre et de nos actions, et de nos réjouissances, et de nos décisions.

Alors, merci à tous. À une prochaine. Ça a été des premiers crédits agréables.

Le Président (M. Picard) : Merci. Cette intervention met fin à l'étude des crédits de l'Assemblée nationale pour l'exercice financier 2019-2020. Ces crédits étant permanents, ils n'ont pas à être adoptés par la commission plénière. Celle-ci met donc fin à ses travaux. Je remercie les personnes qui y ont participé.

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