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42-1 (27 novembre 2018 - )


Assemblée nationale
Citoyen - Communications - 2503-4

Assemblée
Fascicule n°39, 7 mai 2019, pages 2503-2504

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budget d'investissement s'explique notamment par la fin du projet d'amélioration des infrastructures de l'Assemblée qui permet donc la reprise des investissements en immobilisations. Nous pourrons en reparler, j'en suis convaincu.

L'Assemblée nationale a beaucoup évolué au cours des dernières décennies. De fait, elle est passée du statut de maison des députés, essentiellement délibérative, à une maison de plus en plus ouverte aux citoyens. Ce désir d'étendre l'accès au Parlement a réellement pris son envol dans les années 70 avec, entre autres choses, l'accès aux travaux par la télédiffusion des débats et la mise sur pied de visites guidées structurées. Bien, ces gestes d'ouverture poursuivaient le même objectif que celui que nous avons maintenant, c'est-à-dire amener la population à mieux connaître le Parlement, ce lieu qui porte notre histoire, qui porte notre avenir, dans lequel se votent des lois et se dessinent les grandes orientations de la société.

L'Assemblée nationale a poursuivi sur cette lancée en se dotant, dans les années 90, d'une véritable mission éducative et en ouvrant son restaurant au grand public. Puis nous voilà ensemble, 2019, une année charnière et historique pour notre institution. Et le terme «historique» prend tout son sens : dans quelques semaines seulement, un pas important sera franchi, et ce pas s'inscrit parfaitement dans cette approche de maison citoyenne.

• (16 heures) •

En 2014, l'Assemblée s'est lancée dans une grande aventure, mais pas à l'aveugle, bien au contraire. Mis à part l'ajout du restaurant Le Parlementaire en 1917 — 1917, pour Le Parlementaire — notre Parlement était demeuré essentiellement le même, peu de choses y avaient été faites. Il faut dire que les enjeux de sécurité autour des Parlements à travers le monde commençaient à attirer l'attention. La sécurité est rapidement devenue un enjeu, et une mise aux normes s'est alors imposée. De plus, et vous en conviendrez, j'en suis convaincu, l'exiguïté des lieux, notamment les salles de commission trop peu nombreuses, petites, munies d'une technologie souvent vétuste, ne correspondait plus à notre volonté d'accueillir adéquatement les députés, les invités, les groupes, de même que les citoyennes et les citoyens.

La réflexion s'est ainsi amorcée avec les membres du BAN et le personnel de l'administration. Rapidement, l'idée d'innover et d'offrir un lieu exemplaire est apparue dans les cartons. Il ne fallait pas seulement réparer, ajouter, mais aussi créer un nouvel espace qui répondrait aux besoins actuels d'une assemblée législative, un lieu qui susciterait l'adhésion de la population québécoise et un grand sentiment d'appartenance.

Ce désir de nouveauté devait s'articuler autour d'un concept architectural unique lié à nos aspirations et à la hauteur de nos ambitions, mais aussi un concept qui respecterait l'intégrité du parlement sans toutefois mettre au rancart l'innovation. Creuser sous le parlement... Et souvent les gens le disent, hein : Que s'est-il fait? On le voit peu. Bien, c'est sous le parlement. C'est devenu une option intéressante et celle qui verra le jour sous peu.

Il fallait aussi renouveler l'offre. Comment faire vivre ce nouvel espace? Comment amener les citoyennes et citoyens à vivre une expérience éducative, culturelle, interactive, participative, significative et unique? Ces questions ont été analysées à l'interne.

Et je suis fier de voir le résultat aujourd'hui. Dans quelques semaines, dans quelques semaines, notre Assemblée sera plus que jamais vivante, ouverte, expressive et emblématique. Nous avons franchi un pas de géant avec ce nouveau pavillon d'accueil, qui nous amène ailleurs, inévitablement.

Je vous annonce que nous n'en resterons pas là. L'agora qui se trouve au coeur de notre nouveau pavillon d'accueil sera le lieu de différentes manifestations culturelles, artistiques et scientifiques. Déjà, d'éventuels partenaires se manifestent pour s'intégrer à notre offre, notamment les universités, les musées et différents organismes culturels. L'objectif est de faire du parlement un véritable lieu de rencontre, de réflexion, de discussion et d'échange, un lieu connecté sur les enjeux de la société.

Dans quelques semaines, nous donnerons le coup d'envoi des festivités pour l'inauguration de notre pavillon. Plusieurs activités seront organisées pour cette ouverture grand public les 1er et 2 juin prochain, de 10 heures à 16 heures. Alors, vous aurez compris que je vous invite, les députés, j'invite la population également, à prendre possession de leur parlement. Ces deux journées seront l'occasion de découvrir les nouveaux espaces, et nous souhaitons qu'elles donnent le goût d'y revenir puisque notre offre sera constamment renouvelée.

Il y a un autre aspect qui m'inspire la fierté dans ce projet. En plus d'avoir été conçu par les ressources internes, le nouveau pavillon d'accueil a été réalisé dans les délais et les coûts prévus. Je tiens particulièrement à remercier tout le personnel de l'Assemblée, qui a été, dès la conception du projet, associé à sa réalisation. En plus de leur prestation de travail normale, les employés ont dû redoubler d'ardeur pour mener à terme cet important chantier. Sachez que, sans leur participation et leur créativité, le projet aurait été passablement plus coûteux. D'ailleurs, nous aurons l'occasion de souligner leur travail le 24 mai lors d'une fête donnée en leur honneur, qui marquera le début des festivités d'ouverture du nouveau pavillon d'accueil.

J'aimerais maintenant porter à votre attention le dépôt en avril dernier du plan stratégique 2019‑2023 de l'administration de l'Assemblée nationale. Ce plan met de l'avant la direction que nous souhaitons prendre au cours des quatre prochaines années pour innover et pour nous permettre de nous projeter dans l'avenir. Jusqu'en 2023, ce document nous guidera dans notre mission et nous aidera à respecter notre vision d'excellence et à nous conformer à nos valeurs consensuelles. Il encadrera aussi les futurs projets d'immobilisation, qui s'inscrivent tous dans cette volonté de rendre notre parlement plus accessible, plus sécuritaire, évidemment, plus performant. Je pense, entre autres, au projet de rénovation de notre restaurant, à la phase 2 du projet d'amélioration de nos infrastructures, qui touche notamment le réaménagement de la rue des Parlementaires, et à notre volonté de nous tourner vers le numérique.

Outre le fait que la maison citoyenne soit située sur la colline Parlementaire à Québec, il est important que cette maison communique avec l'ensemble des citoyennes et citoyens du territoire québécois. L'Assemblée dispose de différentes plateformes de communication, vous le savez, comme le canal de l'Assemblée nationale, son site Internet, ses médias sociaux. Nous souhaitons instaurer un véritable dialogue avec la population, une communication qui doit se faire dans les deux sens. L'Assemblée doit communiquer le plus d'informations possibles à propos des travaux parlementaires, mais elle doit également trouver les meilleurs moyens d'aller chercher l'opinion des citoyens sur les enjeux débattus dans le cadre de ces travaux parlementaires.

Lors de la mise en place de la nouvelle législature, les leaders parlementaires ont souhaité créer un comité notamment en vue de moderniser le fonctionnement de notre Assemblée. Eh bien, j'ai réuni les leaders récemment, et nous avons convenu d'aller de l'avant avec ce comité en nous inspirant des meilleures pratiques actuelles en matière de parlementarisme. Nous continuons le travail à ce chapitre.

À titre d'exemple, la télédiffusion en direct des débats parlementaires a bien pu paraître révolutionnaire à une certaine époque. C'était tout nouveau. Mais il faut maintenant aller plus loin, avec des produits dérivés et une diffusion des débats dans un format de type sur demande, rejoindre aussi les gens, nos gens, où ils sont, quand ils le veulent.

Je réfléchis également à une manière moins formelle de communiquer avec les citoyennes et citoyens pour les amener à mieux connaître leur parlement et à interagir avec lui. J'apprécie parler aux gens. Je le dis souvent, probablement que je ne vous apprends rien, je suis privilégié d'avoir pu maintenir pendant plus de 30 ans un lieu étroit avec les citoyens de partout. Bien, vous ne serez pas surpris d'apprendre que je souhaite ardemment ouvrir les portes de l'Assemblée et faire en sorte que le grand public ait accès aux différentes facettes du fonctionnement de nos travaux en découvrant notamment nos procédures, les fonctions parlementaires, mais aussi nos expositions, l'art, l'architecture, la bibliothèque, nos restaurants, nos jardins, nos futurs événements.

À titre de première institution du Québec, l'Assemblée nationale se doit également de rendre des comptes aux citoyens. Bien entendu, c'est avec l'ensemble, l'ensemble, des députés que nous pourrons avancer sur ce sujet. Aujourd'hui, je le pense, les grandes décisions se prennent en concertation.   Déjà, un important geste a été posé en ce qui a trait à nos relations interparlementaires et internationales. Ces échanges ont été élaborés au fil du temps en fonction des intérêts du Québec. Le réseau multilatéral de l'Assemblée nationale s'étend sur les cinq continents, notamment à travers l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, l'APF, l'Association parlementaire du Commonwealth, la Confédération parlementaire des Amériques et les organisations parlementaires des États-Unis.

L'Assemblée nationale entretient également des liens privilégiés et institutionnalisés avec 16 Parlements dans un cadre bilatéral. Elle a évidemment noué des relations avec ses plus proches voisins canadiens, je pense à l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, mais aussi avec quelques États américains, notamment la Louisiane et le Massachusetts. Si les institutions parlementaires québécoises sont profondément ancrées dans la réalité nord-américaine, elles s'appuient évidemment sur des origines uniques, à la fois française et britannique. Cette perspective a naturellement conduit l'Assemblée nationale à nouer des liens précieux avec plusieurs Parlements européens à compter des années 1970, il y a déjà un bon bout de temps, soit les institutions française, belge, bavaroise, pour ne nommer que celles-là.

Plus récemment, l'Assemblée nationale s'est tournée vers des partenaires avec qui le Québec entretient des relations économiques ou de coopération, notamment en Asie, en Afrique, dans les Amériques. En matière de coopération interparlementaire, l'Assemblée nationale organise, depuis 2015, en partenariat avec l'Université Laval et avec le soutien de l'APF, le Programme international de formation parlementaire. Jusqu'à aujourd'hui, bien, sachez que le programme a permis de renforcer les capacités de plus de 70 cadres parlementaires venant de 16 pays.

L'Assemblée nationale se démarque aussi par l'organisation annuelle d'un atelier de leadership pour femmes parlementaires. La prochaine édition de cet atelier aura d'ailleurs lieu à Québec en septembre prochain, septembre 2019.

Dès mon élection, j'ai proposé aux groupes parlementaires un nouveau règlement sur les activités de relations interparlementaires. Le Bureau de l'Assemblée nationale a adopté ce règlement à l'unanimité le 28 février dernier. Ce règlement introduit plusieurs changements et vise d'abord à améliorer la reddition de comptes et la transparence en matière de relations interparlementaires. Ainsi, la publication d'un rapport, pour chacune des activités, comprenant la ventilation des coûts encourus est maintenant accessible rapidement sur le site Internet de l'Assemblée nationale à la suite de la tenue de chacune de ces activités.

Le règlement vise aussi à favoriser une prise de décision consensuelle, notamment par la mise sur pied d'un comité multipartite qui a pour mission de planifier et de coordonner les activités de relations interparlementaires de l'institution. Le comité que je préside se compose du whip de chaque groupe parlementaire ou, si on groupe parlementaire ne peut désigner son whip, du parlementaire qui pourra agir à titre d'interlocuteur auprès des whips. Ce comité a notamment comme mandat de préparer annuellement une programmation des activités et de désigner les députés qui y prendront part. Et cette façon de faire va permettre de mieux intégrer aux activités internationales les thèmes susceptibles d'être abordés dans le cadre des travaux parlementaires, de nos travaux parlementaires.

• (16 h 10) •

Le 20 mars dernier, le Comité consultatif de la diplomatie parlementaire s'est réuni pour la première fois et a pu s'entendre notamment sur les grandes orientations et objectifs qu'il souhaite donner aux relations interparlementaires. Ces orientations et objectifs ont ensuite été déposés à l'Assemblée nationale. Il s'agit de rendre notre institution plus moderne et ouverte, renforcer l'efficacité des parlementaires dans leurs fonctions, promouvoir les secteurs d'excellence de la société québécoise. C'est en empruntant cette voie que nos actions seront portées sur la scène internationale.

J'aimerais maintenant aborder un sujet qui me tient particulièrement à coeur, soit le dossier de la transparence, celle des dépenses des députés, des informations du Bureau de l'Assemblée nationale et celles de nature plus administrative. J'ai confié à un comité présidé par le premier vice-président de l'Assemblée le mandat d'étudier la question et de me faire des recommandations à ce sujet. J'ai demandé à ce qu'un rapport d'étape me soit fait d'ici l'ajournement des travaux en juin.

Il y a du travail à faire en matière de transparence. Nous avons un retard à combler, notamment par rapport à ce que font les autres Parlements. Je sais que mes collègues sont préoccupés par cette question. Voilà une belle occasion de parfaire nos pratiques et de démontrer concrètement à quoi servent les sommes dévolues aux parlementaires pour faire leur travail.

[...]
 

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