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42-1 (27 novembre 2018 - )


Assemblée nationale
Harcèlement - Gestion des plaintes - 2513-4

Assemblée
Fascicule n°39, 7 mai 2019, pages 2513-2514

[...]

Mme Charbonneau : Bien oui, jeune homme. Tout est relatif dans la vie. Il y a toujours quelqu'un plus vieux que nous. Sachez qu'il y a toujours quelqu'un plus vieux que nous. Et, quand il n'y en a plus, c'est parce qu'on a tout un vécu.

De ce fait, j'ai fait la visite comme mon collègue du gouvernement et j'ai senti chez lui, et chez la personne qui l'accompagnait, une passion incroyable pour ce nouveau bâtiment, si on peut le dire comme ça, mais en même temps ces installations dans lesquelles on va travailler et où on aura de la visite, assurément, qui va venir nous voir.

Moi, je veux vous parler pas de l'aspect physique, je veux vous parler de l'aspect qui fait notre renommée, à plusieurs égards, à l'extérieur du Québec pour notre aspect non partisan. Je trouve que c'est important de se rappeler... Puis je vais vous nommer deux dossiers que j'ai beaucoup à coeur, qui ont fait la notion, à l'extérieur de l'Assemblée, et qui ont fait un peu notre renommée, un plus important que l'autre, mais l'autre, je l'ai en affection tout particulièrement. Mourir dans la dignité a été un dossier qui nous a fait rayonner à travers le monde sur cette volonté-là qu'on avait de travailler ensemble, de façon non partisane. C'est un grand défi parce qu'on est assis dans la pièce où il y a le plus de partisanerie. Et je vous le dis parce que j'en suis. Je ne suis pas assise assez loin de vous pour me cacher de cet aspect-là, mais quelquefois la passion nous tourmente, puis on laisse tomber une phrase ou deux, puis, après ça, on se dit : Allez, calme-toi, ce n'est qu'une période de questions. Par contre, Mourir dans la dignité nous a fait émerger et nous a fait rayonner d'une autre façon.

Je vous disais, il y avait un autre dossier que j'affectionne particulièrement, et c'était la lutte à tout ce qui... je vais vous donner le titre comme il faut, Ensemble contre l'intimidation, la lutte qu'on a menée ensemble à partir de 2014 et où on a passé un peu sous le radar parce qu'on était justement non partisans. Donc, j'ai eu le privilège de siéger avec votre collègue, ma collègue, aussi, de Repentigny, mais aussi le collègue de Rimouski, et on a eu plaisir à débattre sur différents aspects de cette volonté-là.

À travers le rôle que vous occupez... Vous avez dit plus tôt que votre collègue, le vice-président, avait une responsabilité d'un comité, mais j'ai aussi le privilège de siéger avec votre collègue, mais beaucoup ma collègue la députée de Hull, sur un comité qui s'appelle Zéro harcèlement à l'Assemblée nationale. C'est un comité qu'on connaît peu pour l'instant à l'extérieur de l'Assemblée. Mais je suis sûre qu'éventuellement il va rayonner à travers l'ensemble des institutions parce que des gestes sont posés au quotidien... et une volonté d'avoir une ambiance de travail tout à fait particulière, c'est-à-dire conviviale et en sécurité. Je veux vous en parler parce que c'est une volonté que l'Assemblée nationale a mise en place dès 2014 pour pouvoir faire quelque chose de plus.

• (17 heures) •

Et, en 2015, l'Assemblée nationale a adopté la Politique relative à la prévention et à la gestion des situations de harcèlement au travail — je lis le titre parce que vous avez compris qu'il est très long — pour se doter d'un processus équitable et efficace pour traiter les situations de harcèlement. Le harcèlement, ce n'est pas juste un mot, c'est aussi certains syndromes, dont le harcèlement psychologique, le harcèlement sexuel et discrimination et les comportements. On veut regarder pour les comportements positifs, mais je vais y revenir.

Dans le principe de ce comité, il y a eu des gestes qui ont été posés, dont... On a vu... Si vous vous promenez à l'Assemblée nationale et vous faites une visite, vous allez voir qu'il y a des affiches d'apposées. Il y a eu des dépliants, des tentes de table, des autocollants, des signatures électroniques. La section du portail Zéro harcèlement, vous le disiez, on est très accessibles. L'information, elle l'est tout autant, et des communiqués de presse pour parler de cedit comité et des gestes qu'on veut poser pour aller un peu plus loin.

Dans cette volonté-là et dans la volonté de la politique, M. le président, vous avez été très sensible à l'ensemble des employés de l'Assemblée nationale, non seulement les gens avec qui on travaille, les gens qu'on côtoie, mais aussi à l'extérieur, c'est-à-dire les gens dans les cabinets, dans les bureaux politiques. Notre volonté, c'est vraiment de faire en sorte que tout le monde se sente bien dans l'élément où ils rentrent chez eux. Vous le disiez, hein, la maison du peuple, mais ils rentrent chez eux travailler puis ils veulent faire en sorte que l'ambiance de travail est bonne.

À partir du moment où on dit que le comité est en place, qu'on pose des gestes, qu'on sensibilise, dites-moi, quand un personnel trouve une situation malaisante, ou veut porter plainte, ou poser des actions par rapport à une plainte, quelles sont les mesures qu'on a mises en place? Je dis «on» parce que je ne peux pas faire autrement que penser que je fais partie des mêmes mesures, puisque je fais partie du comité, mais à chaque fois qu'on se prononce ici, au BAN, chaque député devrait utiliser le «on» parce qu'on en fait partie, parce qu'on y est. Puis vous le disiez au début, chaque décision qu'on va discuter ici puis chaque lien qu'on fait avec vous, c'est un lien à laquelle on appartient, puisque — on en parlait avant de commencer la session, la députée de Repentigny et moi — il n'y a pas une décision qu'on va parler ici à laquelle on n'a pas participé. On fait cette décision-là au BAN de façon non partisane et beaucoup, beaucoup... très, très transparente.

Donc, à partir du moment où une personne se sent touchée ou interpelée, quelles sont les choses qu'on peut faire ou qui ont été mises en place pour l'aider dans cette perspective de soutien à quelqu'un qui dénonce?

M. Paradis : Merci, Mme la députée, de cette question-là. C'est tellement important. C'est important dans notre milieu de travail, c'est important dans notre vie de tous les jours. Je ne prends rien que quelques secondes pour dire, à la blague, je le répète tellement souvent, vous savez, quand arrivent des situations qui font en sorte qu'on perde notre bonne humeur, on gruge de l'énergie comme ça n'a pas de bon sens. Puis le pire, c'est que pour revenir de bonne humeur, on en gruge encore davantage. Alors, mieux vaut faire avec le sourire, avec la perspective de bien vivre ensemble. Je vous sais sensible à ça, et je salue aussi le travail de ma troisième vice-présidente, qui fait un travail exemplaire.

Juste que les gens sachent, lorsque je me présente ici, à l'Assemblée, pour me rendre à mes bureaux, j'ai ces affiches qui nous font réfléchir. Et puis c'est souvent ça, hein, c'est une notion de réfléchir à nos gestes, à nos paroles, à nos actions. La planification stratégique 2019‑2023, vous le savez, prévoit un axe portant sur le Parlement comme milieu de vie dans lequel on a un objectif spécifique sur l'importance d'ancrer une culture de respect, d'inclusion. Le respect, dans ma tête à moi, c'est un des mots qu'on devrait enseigner à tout le monde puis qu'on devrait répéter régulièrement, à tous les jours, se respecter dans notre façon de faire. Mais à travers ça il y a des moments où des choses peuvent se corser, puis des gens auront... et là c'est l'autre problème qu'on a à cheminer dans un dossier comme celui-là, c'est-à-dire de faire en sorte que quelqu'un qui subit une situation contraignante puisse être capable de s'en sortir, être capable de le dire, aller chercher quelqu'un qui va le ou la comprendre, et là je le dis, hein, le ou la comprendre.

Oui, il y a des ressources. Récemment, j'assistais — et ça fait partie de ce qu'on a et de ce qu'on a mis en place — à une conférence sur l'incivilité, où on nous disait, à nous, comment s'en sortir, à qui s'adresser, quelle est la situation où on dépasse la limite qui ne devrait pas être dépassée. Ça, même, ce n'est pas clair, parce qu'il y a des gens qui diront : Moi, je n'ai rien fait. Bien, il faut qu'on soit éduqués à ça aussi. Puis ce que l'on reçoit, vous et moi, comme formation, bien, on a le devoir de le partager dans notre quotidien. On a un programme d'aide aux employés aussi faisant en sorte que les gens puissent aller chercher... Parce que, souvent, ce que des gens demanderont, c'est d'être écoutés, d'être accompagnés. Et, dans cette rencontre-là, la notion d'accompagnement était particulièrement importante, comment peut-on se faire accompagner.

Alors, je salue l'initiative et le travail que vous avez fait, mais sachez que cette politique Zéro harcèlement à l'assnat est quelque chose d'extrêmement vivant. Je dis «vivant» parce que c'est en processus, c'est en continuité, et nous n'aurons de cesse que lorsqu'on sera capables, ensemble, rapidement d'identifier, de juger et d'accompagner, d'aider celui ou celle qui fait face à une situation ou d'incivilité ou de harcèlement, qui peut être de toute forme, hein : le harcèlement psychologique, le harcèlement dans le geste, le harcèlement dans le regard. C'est tellement vaste. Ce sont des choses sur lesquelles on doit absolument travailler.

Je vais me permettre, si vous me donnez l'occasion, de demander à Claudia de nous parler un peu de ce programme, qui est un programme moteur et extrêmement important, qui fait d'ailleurs partie, je le disais, du Plan stratégique 2019‑2023. Claudia, est-ce qu'on peut ajouter un petit quelque chose, s'il vous plaît?

Le Président (M. Picard) : Si vous permettez, M. le président...

M. Paradis : Oui, M. le Président.

Le Président (M. Picard) : ...Claudia pourra répondre lors du prochain bloc, parce que le bloc est terminé.

M. Paradis : Oh! bien, Claudia, j'espère qu'on aura l'occasion de l'entendre.

Le Président (M. Picard) : Maintenant, nous allons du côté du gouvernement. Mme la whip adjointe, députée de Saint-François.

Mme Hébert : Merci, M. le Président. M. le président de l'Assemblée nationale, M. le secrétaire général, Mmes, MM. mes collègues, bonjour à tous.

Quand on vous écoute parler, M. le président, vous êtes un homme passionné. Et je ne sais pas si vous savez, là, mais vous me faites rêver. Puis je crois que vous êtes contagieux à l'écran. Les gens, aussi, à la maison doivent avoir aussi hâte de venir le visiter, ce nouveau pavillon d'accueil. Et je me trouve privilégiée et choyée de faire partie de cette législature qui va pouvoir franchir le nouveau pavillon d'accueil.

Puis, quand on parle d'un nouveau pavillon, des rénovations, on parle aussi de transformation. Donc, lors de nos rencontres au Bureau de l'Assemblée nationale, il a été question de transformer le Parlement en numérique. Mon collègue le whip de la troisième opposition, tantôt, a abordé un peu le sujet dans son intervention, mais moi, j'aimerais savoir : Avez-vous un plan stratégique pour atteindre cet objectif?

Le Président (M. Picard) : M. le président.

M. Paradis : Merci, M. le Président. Je ne serai pas très original pour vous dire que, oui, on a un plan. J'ai comme l'impression... Vous savez, quand je dis que j'ai une équipe extraordinaire, je le dis et je le répète parce que, manifestement, ce sont des préoccupations qui sont aussi les miennes. Issu d'un milieu des communications, on n'a pas le choix d'innover.

Je ne veux pas revenir sur le passé, parce que ça ne rajeunit pas personne, mais je sais qu'il y a des gens qui nous regardent et qui nous écoutent qui ont été partie prenante des innovations qu'on faisait, à l'occasion, à la télévision, où on a commencé à faire en sorte que les gens puissent nous parler d'abord par le biais des fax, ensuite par le biais des courriels et des textos. On a quand même été les premiers à pousser cette relation-là intime, intime, c'est un milieu de confiance, relation de confiance entre les citoyens, les téléspectateurs et le travail qu'on y faisait. Bien, je veux faire la même chose.

Oui, on a, dans le dossier de ce qu'on appellera le «e-Parliament», des objectifs très précis à atteindre sur des gestes à gains rapides, des gestes à plus long terme, moyen terme et long terme. J'ai un document me permettant de vous donner des pistes de solution sur le numérique. J'ai mon équipe qui est en train... merci, Christina. Le virage numérique vers le «e-Parliament», qui existe, d'ailleurs... Et j'étais surpris, je vous dirai, j'ai été surpris, récemment, de recevoir, et je fais une parenthèse, l'ambassadeur d'Estonie, qui m'expliquait où ils en sont rendus. Le vote électronique, là-bas, ils le font depuis plus de 13 ans. Ils ont une façon de faire permettant de faciliter votre travail comme députés, la relation avec les citoyens pour faire en sorte que ce dont on parle, le citoyen puisse avoir des outils de type sur demande, un peu comme à la télévision.

[...]
 

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