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42-1 (27 novembre 2018 - )


Assemblée nationale
Fusillade - Anniversaire - Motion sans préavis - 2564-6

Assemblée
Fascicule n°40, 8 mai 2019, pages 2564-2566

[...]

M. Enrico Ciccone

M. Ciccone : M. le Président, je poursuis avec les statistiques accablantes de l'étude. Plus d'une personne sur cinq a subi des violences sexuelles. Plus de 19 % ont vécu de la violence physique. Finalement, 20 % des retraités ont dit avoir exprimé des pensées suicidaires. Ça, c'est une personne sur cinq, M. le Président. M. le Président, les résultats de cette étude sont déplorables et perturbants, et j'imagine que l'ensemble de mes collègues le pensent aussi. En cette Semaine nationale de la santé mentale, cela démontre l'urgence d'agir.

Concrètement, que faites-vous...

• (10 h 50) •

Le Président : Mme la ministre déléguée à l'Éducation.

Mme Isabelle Charest

Mme Charest : Merci, M. le Président. Je pense que je peux dire qu'on a déjà des mesures qui sont en place. Et je remercie mon collègue, le prédécesseur, ministre au Sport, mon collègue de Jean-Talon. On a mis en place la plateforme SportBienêtre. On a aussi Sport'Aide. Puis vous avez peut-être vu les travaux de nos homologues au fédéral. Au Québec, nous sommes en avance sur les travaux qui se font au fédéral. Alors, nous allons continuer de déployer ces ressources pour les athlètes, pour les entraîneurs, pour les parents, pour tous les intervenants, pour nous assurer encore une fois que nos athlètes évoluent dans des milieux sains et sécuritaires. Et ça se poursuit concrètement.

Le Président : Question principale, M. le député de Jean-Lesage.

Aide financière à la Fondation Gilles-Kègle

M. Sol Zanetti

M. Zanetti : Gilles Kègle a consacré sa vie aux plus démunis. C'est le héros des laissés-pour-compte de la ville de Québec. Sa fondation, qui aide les plus démunis à obtenir un service funéraire, sera bientôt à sec, car elle fait face à un nombre plus élevé de personnes décédées seules et sans argent. Ça en dit long sur notre société. C'est triste, et on est tous responsables de ça.

Mourir dignement, ça veut dire quelque chose pour Gilles Kègle. Gilles Kègle, c'est aussi une quarantaine de bénévoles qui, au fil des temps, ont fait 2 millions de visites chez les plus pauvres de notre société, c'est 150 repas par mois, cuisinés et livrés. Gilles Kègle, c'est une institution qui a toujours fonctionné sans l'aide des gouvernements. Mais, en 2018, il a fait une demande, elle a été refusée.

Est-ce que la ministre de la Santé s'engage à lui octroyer le maigre 100 000 $ dont il a besoin?

Le Président : M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.

M. Jean Boulet

M. Boulet : M. le Président, merci encore une fois. Ça me donne l'opportunité de souligner l'engagement social de M. Kègle, le remercier et le féliciter pour ses actions, qui ont une profonde retombée humaine. Et j'en prends bonne note, comme je vous ai mentionné un peu plus tôt, et j'apprécie le questionnement de mon collègue de Jean-Lesage. On va essayer d'accorder le suivi le plus approprié possible au dossier de M. Kègle. Merci, M. le Président.

Le Président : Cela met fin à la période de questions et de réponses orales. Merci à tous.

Motions sans préavis

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de vote reporté, nous allons passer à la rubrique des motions sans préavis. Et en fonction...

Des voix : ...

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un peu de silence, s'il vous plaît! En fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, je vais céder la parole à M. le chef du troisième groupe d'opposition.

Souligner le 35e anniversaire de la fusillade à l'Assemblée nationale

M. Bérubé : Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le premier ministre, le chef de l'opposition officielle, la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la motion suivante :

«Que l'Assemblée nationale commémore les 35 ans de la fusillade du 8 mai 1984, où un individu s'est présenté à l'Assemblée nationale avec l'objectif d'attenter à la vie de ses membres, et en particulier ceux du gouvernement de René Lévesque;

«Qu'elle rappelle que dans une société libre et démocratique, les élus du peuple doivent pouvoir affirmer leurs convictions sans craindre la violence;

«Qu'elle se souvienne du courage héroïque de René Jalbert, sergent d'armes, qui a convaincu le tireur de se rendre pacifiquement à la police;

«Qu'enfin, elle observe une minute de silence en mémoire des victimes de cette tragédie : Camille Lepage, Georges Boyer et Roger Lefrançois.»

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Maintenant, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Schneeberger : Alors, Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant, dans l'ordre suivant : le chef du troisième groupe d'opposition, le premier ministre, le chef de l'opposition officielle et la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, M. le chef du troisième groupe d'opposition, je vous recède la parole.

M. Pascal Bérubé

M. Bérubé : Mme la Présidente, pour ne pas oublier, la date du 8 mai 1984 est à jamais gravée dans l'histoire politique du Québec, et pas pour les bonnes raisons. J'avais neuf ans, et je suis toujours troublé par ces images.

Un homme visiblement troublé tenait à manifester son opposition au gouvernement indépendantiste dûment élu, mais pas en faisant valoir des arguments comme quiconque de civilisé l'aurait fait, non, en attentant à la vie de représentants du peuple, des élus, ici même, dans cette pièce qui en porte encore les traces.

Lors de ces événements, trois personnes ont perdu la vie, d'autres ont été blessées. Je tiens à honorer leur mémoire, à ces défunts, et à saluer respectueusement leurs proches aujourd'hui. La mort de Camille Lepage, de Georges Boyer et de Roger Lefrançois était absolument et complètement injuste et injustifiée. Ces victimes innocentes n'auraient jamais dû entrer dans l'histoire de cette façon.

Un homme, cependant, a gagné ce jour-là son statut de héros national, le sergent d'armes René Jalbert. Le remarquable sang-froid dont il a fait preuve a sans doute épargné des vies, voire des dizaines d'élus qui auraient pu périr. Je m'adresse à ses proches aujourd'hui pour lui signifier notre profonde reconnaissance.

Le 8 mai 1984, le Québec était sous le choc. Les Québécois, stupéfaits et horrifiés, se sont rendu compte qu'ils n'étaient pas à l'abri de gestes barbares et insensés. Et le mouvement indépendantiste, pourtant entièrement démocratique et pacifique, prenait acte avec effroi que la haine pouvait le viser même ici, au Québec. Dans son message relayé par une radio de Québec, le tueur avait indiqué : Il y aura destruction du Parti québécois. C'était la première fois d'une série malheureuse de deux. Le même type d'événement allait se reproduire le 4 septembre 2012, dans une soirée qui devait être festive, où la première ministre indépendantiste du Québec, Pauline Marois, était visée.

Heureusement, ces deux attentats ne représentent pas ce qu'est le Québec. Notre société demeure un modèle de paix, de sécurité et d'équilibre. Et c'est notre devoir, en tant qu'élus, de faire en sorte que nos débats, légitimes, restent civilisés et qu'ils se déroulent en toute sérénité. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le chef du troisième groupe d'opposition. Maintenant, je cède la parole à M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : Oui. Mme la Présidente, donc, il y a 35 ans aujourd'hui, le Québec a été victime d'un événement tragique. Ici même, donc, au salon bleu de l'Assemblée nationale, il y a un homme qui a lâchement ouvert le feu pour s'en prendre à des innocents qui commençaient leur journée de travail. Il y a eu trois personnes qui sont décédées, 13 blessés.

Et le bilan aurait été plus lourd, d'abord, si ça s'était passé au moment où les gens siégeaient au salon bleu. Donc, on a été chanceux, là, que les gens ne siégeaient pas. Et évidemment ça aurait été pire s'il n'y avait pas eu l'intervention du sergent d'armes René Jalbert. Il a réussi à venir discuter, on se souvient tous des images, avec l'homme en question. Il a eu un courage exemplaire. On se souvient tous des images saisissantes. Il était assis, Mme la Présidente, sur le trône de la présidence et puis il avait dans les mains une mitraillette.

Et ça nous rappelle, et puis je pense qu'on peut profiter de l'occasion, tout le travail qui est fait par tous les employés à tous les jours, dans notre quotidien, qui viennent nous aider à bien faire notre travail. Donc, c'est une occasion en même temps de rendre hommage à tous les employés de l'Assemblée nationale.

Donc, Mme la Présidente, le Québec va rester marqué à tout jamais par cet événement, mais, comme les Québécois sont capables de le faire quand il y a des grandes tragédies, on s'est rassemblés, on s'est relevés ensemble.

Et, aujourd'hui, pour le 35e anniversaire, c'est important aussi de se souvenir des victimes, de leurs proches qui restent. Et je veux, en particulier, rendre hommage, en terminant, aux trois victimes, donc, MM. Georges Boyer, Camille Lepage et Roger Lefrançois. Tous les Québécois se souviennent de vous. Merci.

• (11 heures) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le premier ministre. Et maintenant je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : Merci, Mme la Présidente. Je me souviens très bien de ce 8 mai 1984. J'étais à la radio de CKAC à Montréal à ce moment-là, et, évidemment, dès que la station a été informée de ce drame, toutes les émissions ont stoppé et tout a été diffusé, à l'époque, sur l'ensemble du réseau Télémédia. C'étaient toutes les stations à travers le Québec. Et, dans ce temps-là, la radio avait toute sa place pour la simple et bonne raison qu'il n'existait pas de RDI et de LCN à l'époque.

Alors, c'était devenu, évidemment, l'unique sujet au Québec. C'était tellement impensable. Comment un tel drame pouvait survenir chez nous? Tout le monde retenait son souffle, et on espérait que ce soit une erreur. Mais ce n'était pas une erreur. Lortie était arrivé 10 minutes avant que les travaux de l'Assemblée nationale débutent, et j'ose encore imaginer ce qui serait arrivé s'il avait fait son entrée quelques minutes plus tard, si tous les députés avaient été au salon bleu.

35 ans ont beau s'être écoulés, ce drame reste marqué dans notre mémoire collective. À Québec, c'est la station CJRP qui avait été particulièrement impliquée dans ce triste événement. Avant de se rendre à l'Assemblée nationale, le tueur avait déposé une cassette à la station à 9 h 25. Cette cassette était adressée à l'animateur André Arthur. Et, une fois que le tueur a été maîtrisé, la radio avait diffusé ce témoignage. Et on y entendait un individu qui semblait avoir perdu tout à fait le contact avec la réalité et quelqu'un qui avait véritablement une haine injustifiée.

Les choses ont changé au lendemain de ce drame. La sécurité n'a cessé d'être renforcée depuis, et nous espérions que plus jamais un drame de la sorte ne se reproduise au Québec. Mais trois personnes sont décédées à ce moment, 13 autres ont été blessées. Aujourd'hui, les pensées accompagnent bien sûr les proches des victimes. On a parlé évidemment de M. René Jalbert. M. Jalbert avait eu beaucoup de calme, son sens de la négociation, mais également non seulement il devait trouver une façon de faire sortir le tueur, mais il devait en même temps empêcher les policiers d'intervenir.

Alors, écoutez, comme société, il faut amorcer une réflexion, évidemment, sur ces événements. Comment on peut prévenir de tels événements? Comment pouvons-nous nous assurer que ces gens reçoivent l'aide nécessaire avant que l'on en arrive à des événements aussi troublants? Encore une fois, nous ne devons pas fermer les yeux ou ignorer les signes qui nous permettent d'intervenir avant qu'il ne soit trop tard. Nous avons toujours cette responsabilité collective. La haine n'aura jamais sa place dans notre société. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le chef de l'opposition officielle. Et maintenant je cède la parole à Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Manon Massé

Mme Massé : Merci, Mme la Présidente. Il y a 35 ans, trois familles vivaient un deuil profond, les familles de Camille Lepage, Georges Boyer, Roger Lefrançois perdaient un être cher. La grande famille québécoise, elle perdait en même temps une partie de son innocence.

La tragédie de la fusillade du 8 mai 1984 à l'Assemblée nationale aura marqué toute une génération. J'avais 21 ans. Je me souviens. Mais je me souviens aussi de 1984, 1989, 1992, 2006, 2012, 2017. Je me souviens de la terreur. Ça marque. Alors donc, c'est important de commémorer ces événements, c'est important d'en tirer des leçons.

Cette tragédie nous rappelle l'importance de bien légiférer en matière d'armes à feu. Je suis contente que le nouveau gouvernement ait décidé de maintenir le registre des armes à feu et j'espère qu'il continue de travailler activement pour qu'il s'applique. Pour moi, c'est bel et bien une leçon de 1984. Cette tragédie nous rappelle qu'il est important de se donner les moyens pour combattre les problèmes de santé mentale. Pour moi, c'est bel et bien une leçon du 8 mai 1984.

Je tiens bien sûr à souligner l'excellent travail de M. Jalbert, un héros, certes, quelqu'un qui a assumé ses responsabilités avec calme et tout son sens du devoir. Je tiens aussi à saluer le courage de ceux et celles qui ont eu à revenir travailler les jours suivants. La terreur, ça marque.

Je me souviens d'une conversation que j'ai eue avec le messager Dany Hayfield, qui a nouvellement pris sa retraite, qui me disait qui était là en 1984 et qui me disait que cette fusillade a marqué sa vie. Alors, c'est en pensant à lui et à tous ceux et celles qui nous servent à chaque jour que je remercie, au nom de ma formation politique, ceux et celles qui nous protègent. Et j'espère que, 35 ans plus tard, ce sera la dernière fois que la terreur aura été manifestée au Québec. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mise aux voix

Alors, cette motion est-elle adoptée?

Des voix : Adopté.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, je vous invite à vous lever pour que nous puissions ensemble observer une minute de silence à la mémoire des victimes.

• (11  h 5  11 h 6) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie.

Alors, nous en sommes toujours à rubrique des motions sans préavis, et je vais céder la parole à un membre du groupe formant le gouvernement, et ce sera Mme la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.

[...]
 

En Complément