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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Site d'enfouissement
Déchet - Vermont (État) - Lac Memphrémagog - Impact - 301-3 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°7, 6 décembre 2018, pages 301-303

[...]

Le Président : En terminant.

Mme Chassé : ...à bien faire les choses. Merci.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Jonquière.

M. Sylvain Gaudreault

M. Gaudreault : Oui, M. le Président. Dans le dossier des eaux usées, huit inspecteurs ont été coupés de 2014 à aujourd'hui. Résultat : les petites municipalités, comme celles au Lac-Saint-Jean, sont laissées à elles-mêmes pour faire leurs propres inspections. Avec la CAQ, on veut encore plus couper d'emplois dans le gouvernement.

Quand le gouvernement va-t-il prendre le dossier des eaux usées au sérieux? Et va-t-il augmenter le nombre d'inspecteurs pour accompagner les municipalités?

Le Président : Mme la ministre des Affaires municipales.

Mme Andrée Laforest

Mme Laforest : Je remercie le député de Jonquière. Étant ministre de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, je veux le rassurer, au niveau de Roberval, justement, on a eu des rencontres avec le maire de Roberval au niveau de sa problématique. Vous savez maintenant que je l'ai invité à déposer une demande d'aide financière pour le problème des eaux usées. Je sais très bien que le problème relève aussi de la ministre de l'Environnement.

Et, pour ce qui est du sujet des inspecteurs, oui, nous regardons justement à savoir si on ne pourrait pas augmenter le nombre d'inspecteurs, considérant que l'environnement, on prend ça à coeur. Merci, M. le Président.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Jonquière.

M. Sylvain Gaudreault

M. Gaudreault : Oui, mais, M. le Président, les gens dans les petites municipalités, là, au Lac-Saint-Jean, ils veulent des réponses immédiates, ils veulent des solutions à court terme. On a deux ministères qui sont pris dans la bureaucratie. Pendant ce temps-là, cinq municipalités dans la circonscription de Roberval rejettent leurs eaux usées dans les cours d'eau, dans la nature. On a huit inspecteurs de moins à cause de l'austérité libérale, la CAQ veut en couper plus.

Quand est-ce qu'ils peuvent prendre l'engagement pour régler le plus rapidement possible cette question-là pour les gens de la circonscription de Roberval?

Le Président : Mme la ministre des Affaires municipales.

Mme Andrée Laforest

Mme Laforest : Oui, merci, M. le Président. En fait, il n'y a aucunement question de couper dans les services. Ce que je peux vous dire, ayant rencontré, justement, le maire de Roberval à plusieurs reprises, je peux vous rassurer, son dossier est sur mon bureau et il est à l'étude présentement. Alors, on a eu des appels téléphoniques, il est rassuré, il attend la réponse, et on va essayer de tout faire pour l'aider dans la situation.

Maintenant, il y a eu de l'aide à Roberval, il l'a reconnu. Il y a eu déjà des services impressionnants qui ont été faits là. Alors, je crois, M. le Président, que la situation, on l'a prise en main et on continue de travailler ensemble, avec les petites municipalités, dont j'en fais partie. Merci, M. le Président.

Le Président : Question principale, Mme la députée de Maurice-Richard.

Impact sur le lac Memphrémagog de l'agrandissement
d'un site d'enfouissement de déchets au Vermont

Mme Marie Montpetit

Mme Montpetit : Merci beaucoup, M. le Président. Le 12 octobre dernier, les autorités américaines ont autorisé l'agrandissement du site d'enfouissement de Coventry, au Vermont, afin de permettre au propriétaire du lieu d'enfouir jusqu'à 600 000 tonnes de déchets par année. Le site est juste à côté de la rivière Black, qui est un des affluents du lac Memphrémagog, source d'eau potable de tous les citoyens de l'Estrie. L'agrandissement autorisé, ça représente plus de 2 millions de pieds carrés, soit l'équivalent de 40 terrains de football. Tout le monde en Estrie se mobilise dans ce dossier, les citoyens, les maires locaux, même la ministre fédérale de l'Environnement. Le seul acteur qui semble absent pour le moment, c'est le ministère de l'Environnement.

Je veux donc profiter de l'occasion pour permettre à la ministre de nous informer des représentations qu'elle a faites auprès des autorités vermontoises depuis son arrivée en poste, il y a 49 jours, pour mettre fin à ce projet qui met en danger l'approvisionnement en eau, je le rappelle, de 250 000 personnes en Estrie.

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : Oui. M. le Président, je suis content de la question parce qu'effectivement j'ai eu l'occasion, au cours des dernières semaines, de rencontrer le gouverneur du Vermont. Il nous a d'ailleurs invités à aller visiter les installations. Il m'a dit que, selon lui, selon toutes les évaluations qu'ils ont faites, il n'y a aucun risque de fuite. Donc, on sait que les gens, entre autres à Magog, puis le député d'Orford nous en parlent beaucoup, de ce projet de Coventry. Donc, on a des discussions avec l'État du Vermont, avec le gouverneur du Vermont, puis on va s'assurer qu'il n'y a pas de risque de déversement, du côté américain, qui pourrait nuire à cette magnifique région, ici, au Québec.

Le Président : Première complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.

Mme Marie Montpetit

Mme Montpetit : Merci, M. le Président. Donc, je comprends que la ministre n'a pas l'air d'être au courant de ce dossier-là non plus. Je l'invite effectivement à parler à son collègue le député d'Orford, qui s'active présentement à faire signer une pétition pour interpeler son propre gouvernement à agir, un petit peu surprenant. Donc, je suis contente que le premier ministre ait fait référence à sa rencontre avec le gouverneur du Vermont, M. Phil Scott. Je suis effectivement convaincue qu'il a abordé ce sujet-là.

Moi, ce que j'aimerais savoir, c'est que la ministre nous dise quelle assurance a reçue le premier ministre dans ce dossier lors de cette rencontre.

Le Président : Mme la ministre de l'Environnement.

Mme MarieChantal Chassé

Mme Chassé : Merci, M. le Président. Vous savez, l'environnement, c'est un dossier complexe, qui comprend plusieurs éléments. Je tiens à rassurer ma collègue la députée de Maurice-Richard que, dès les premiers jours, j'ai été en communication constante avec mon collègue le député de Magog...

Des voix : ...

Mme Chassé : ...Orford — je vais devenir une championne, je vous rassure, sur toute la dénomination de tous qui sont en Chambre — et que nous avons pris très au sérieux la situation, et que nous étions à pied d'oeuvre dès le premier jour. Merci, M. le Président.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.

Mme Marie Montpetit

Mme Montpetit : Je vous remercie, M. le Président. Il y a quelques semaines, la ville de Newport a annoncé qu'elle cesserait définitivement de s'occuper de l'assainissement des eaux du lixiviat provenant du dépotoir de Conventry. Cette décision est catastrophique, elle augmente considérablement les risques de contamination du lac Memphrémagog. M. le Président, les conséquences pourraient être dommageables pour des dizaines de milliers de citoyens de l'Estrie.

J'aimerais connaître les intentions de la ministre pour régler cette situation.

Le Président : M. le premier ministre.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! Est-ce qu'on pourrait avoir un peu de silence? On est à la fin de la période de questions. Réponse attendue du premier ministre, il est le seul à avoir la parole.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, il me semble que la réponse est claire. J'ai rencontré le gouverneur du Vermont, je lui ai parlé du dossier de Coventry, il m'a assuré qu'il n'y avait aucun risque de déversement. C'est du côté américain, là, donc ce n'est pas... Il y a un risque, effectivement, que, si ça atteint le lac, ça vienne chez nous dans ce magnifique lac. Donc, il m'a invité — et je pourrais y aller puis je pourrais peut-être inviter la députée — à aller visiter les installations là-bas, aux États-Unis, pour se convaincre qu'il y a zéro risque.

J'ai quand même l'assurance, là, j'ai le gouverneur du Vermont qui m'assure qu'il n'y a aucun risque, ce n'est quand même pas rien. Je ne sais pas ce qu'elle veut avoir de plus.

Le Président : En terminant.

M. Legault : Est-ce qu'elle voudrait que je parle à M. Trump? Je ne le sais pas, là.

Le Président : Et voilà. Ceci met fin à la période de questions. Bonne fin de journée. Merci.

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de votes reportés.

Alors, nous allons passer...

Des voix : ...

Motions sans préavis

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : S'il vous plaît! Nous allons passer à la rubrique des motions sans préavis, et je comprends qu'il y aurait une entente pour inverser le cycle des motions sans préavis pour permettre que la première motion soit présentée par l'opposition officielle. Y a-t-il consentement? Consentement. Très bien.

Alors, pour la première motion sans préavis, je vais céder la parole à M. le chef de l'opposition officielle.

À l'occasion de la commémoration du drame survenu à l'École polytechnique
de Montréal le 6 décembre 1989, dénoncer toutes les formes de violence
faite aux femmes et soutenir les actions contre cette violence

M. Arcand : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le premier ministre, le chef du deuxième groupe d'opposition, la chef du troisième groupe d'opposition et le député de Chomedey :

«Que l'Assemblée nationale souligne le 29e anniversaire de la tragédie de Polytechnique, survenue le 6 décembre 1989;

«Qu'elle honore la mémoire des 14 jeunes femmes qui ont injustement perdu la vie;

«Qu'elle réitère que l'égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale de notre société;

«Qu'elle dénonce toutes les formes de violences commises à l'endroit des femmes;

«[Et enfin qu'elle] souligne les 12 jours d'action contre les violences envers les femmes, qui encouragent la dénonciation de cette violence ainsi que les actions prises pour lutter contre celle-ci.»

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le chef de l'opposition officielle. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Schneeberger : Oui, alors, il y a consentement pour un court débat, avec les interventions dans l'ordre suivant : le premier ministre, le chef de l'opposition officielle, le chef du deuxième groupe d'opposition et la chef du troisième groupe d'opposition.

• (11 heures) •

La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, M. le premier ministre, la parole est à vous.

M. François Legault

M. Legault : Oui. Mme la Présidente, il y a 29 ans aujourd'hui avait lieu la tragédie de la Polytechnique.

C'était le 6 décembre 1989. Comme beaucoup de Québécois, je m'en souviens comme si c'était hier. Je me souviens où j'étais quand j'ai appris la nouvelle. Des femmes ont perdu la vie parce qu'elles étaient des femmes. Des femmes ont perdu la vie parce qu'elles avaient l'ambition de devenir ingénieures, parce qu'elles avaient l'intention de jouer un rôle de premier plan dans notre société. Les motivations du tueur ne faisaient aucun doute. C'est la notion même d'égalité entre les hommes et les femmes qui était visée. Notre ministre de l'Environnement était étudiante à la Polytechnique en 1989. Elle a eu la chance de ne pas être dans la fameuse classe où s'est retrouvé le tireur. Évidemment, par contre, toutes les victimes, toutes les familles des victimes, toutes les étudiantes qui étaient à Polytechnique vont s'en souvenir toute leur vie. Ça a été, au Québec, un choc traumatique, un choc politique, un point de bascule. Et, depuis le 6 décembre 1989, on n'a plus le droit, on n'a pas le droit de prendre la violence contre les femmes à la légère. On n'a pas le droit de faire de l'égalité entre les hommes et les femmes une question secondaire.

Aujourd'hui, c'est important de commémorer Polytechnique. Cette tragédie, malheureusement, fait partie de notre histoire. Elle nous a heurtés, mais elle nous a aussi obligés à nous rapprocher pour mieux surmonter notre peine. Elle a renforcé aussi notre détermination, au Québec, de se rassembler puis d'être fiers de nos valeurs. Je regarde notre Assemblée nationale aujourd'hui. Je ne peux pas imaginer une plus belle réponse à ce qui s'est passé. Il n'y a jamais eu autant de femmes ici, à l'Assemblée nationale. J'ai le bonheur, à chaque jour, de travailler avec des femmes fortes, des femmes inspirantes qui jouent un rôle de premier plan dans mon gouvernement.

Donc, en ce 6 décembre, j'ai une pensée pour les familles, pour les proches des victimes, pour les étudiantes qui étaient à Polytechnique en 1989, en particulier. Je vais me rendre, ce soir, à la cérémonie de commémoration, parce que je veux lancer un message clair : on a le devoir de se souvenir de Polytechnique. L'égalité entre les hommes puis les femmes, ça fait partie des valeurs fondamentales du Québec, et jamais, jamais on ne doit revenir en arrière. Merci, Mme la Présidente.

[...]
 

En Complément