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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Aide financière
Inondation - Victime - Outaouais (région) - 3032-4 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°47, 30 mai 2019, pages 3032-3034

[...]

Le Président : M. le ministre de l'Immigration.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, savez-vous où j'étais ce matin avant de venir ici? J'étais à l'Association des économistes du Québec. Savez-vous qui était assis à ma gauche? Le président de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Et que m'a-t-il dit? Il m'a dit : Simon, il faut que le projet de loi soit adopté le plus rapidement possible. Alors...

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! Évidemment, vous-même ne pouvez vous appeler par votre nom.

Des voix : ...

Le Président : Avec le sourire. M. le ministre de l'Immigration, poursuivez, s'il vous plaît, votre réponse. Attention, tout le monde, s'il vous plaît!

M. Jolin-Barrette : M. le Président, la Fédération des chambres de commerce souhaite que le projet de loi soit adopté. Le Parti libéral nuit à l'économie du Québec en refusant de faire en sorte de passer d'un système d'immigration qui va prendre en compte les besoins du marché du travail. Ce n'est pas dur à comprendre, M. le Président, il faut que le projet de loi soit adopté pour aider les entreprises du Québec.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.

Mme Dominique Anglade

Mme Anglade : M. le Président, il faut que le ministre de l'Immigration se ressaisisse. Il faut qu'il se ressaisisse parce qu'honnêtement c'est lui qui nuit présentement à l'économie du Québec. Dans sa forme actuelle, dans sa forme actuelle, le projet de loi fait en sorte que le Québec est moins concurrentiel.

Alors, est-ce que le ministre pourrait faire preuve, je ne veux pas lui en demander beaucoup, mais d'un peu, d'un peu d'humilité et de reconnaître qu'il doit faire des modifications pour faire en sorte que le projet puisse être adopté dans l'intérêt de tous les Québécois?

Le Président : M. le ministre de l'Immigration. Encore une fois, votre collaboration.

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : M. le Président, moi, je pense à toutes les régions du Québec, je pense à toutes les entreprises, je pense à tous les entrepreneurs qui ont des offres d'emploi qui ne sont pas comblées dans toutes les régions du Québec. Le projet de loi n° 9, il a été déposé le 9 février pour faire en sorte d'accompagner les personnes immigrantes pour qu'elles se trouvent un emploi à la hauteur de leurs compétences.

M. le Président, cet été, la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne va probablement faire la tournée de toutes les régions du Québec pour aller rencontrer les membres du Parti libéral à la recherche d'appuis. M. le Président, je serais gêné à sa place. Si jamais le projet de loi n'est pas adopté, le projet de loi n° 9, qu'est-ce qu'elle va dire aux différents entrepreneurs du Québec qu'elle va rencontrer? Elle va se présenter comme une candidate économique, alors qu'elle nuit elle-même à l'économie en refusant de faire l'adoption du projet de loi n° 9.

Joignez-vous à nous, pensez aux intérêts supérieurs du Québec et faisons en sorte d'adopter le projet de loi.

Le Président : Question principale. M. le député de Pontiac, à vous maintenant la parole.

Aide aux victimes outaouaises des inondations printanières de 2019

M. André Fortin

M. Fortin : M. le Président, les gens de l'Outaouais affectés par les inondations sont fatigués, ils sont épuisés. Depuis des semaines, ils vivent chez des parents, chez des amis avec leurs enfants, leurs animaux, couchent sur des divans inconfortables, reviennent épuisés du travail en pensant constamment à l'état de leur résidence qui est encore inondée, à où la famille va habiter et à comment ils vont vivre les prochains mois. Et, devant eux, il y a la tâche brutale du nettoyage. Installer des sacs de sable avec des bénévoles pour tenter de sauver la maison, c'est une chose, mais enlever des centaines, des milliers de sacs de sable pesants, mouillés, contaminés, qui sentent mauvais, qui sont déchirés, le faire seuls parce qu'il n'y a plus de bénévoles... Pour des gens forts mais affaiblis, pour des gens résilients mais épuisés, enlever ces sacs de sable là sans aide, c'est impensable, c'est impossible. D'apprendre aujourd'hui que les Forces armées n'aideront pas à enlever ces sacs de sable, pour tous ces gens, c'est comme si le ciel leur tombait sur la tête une deuxième fois.

Est-ce que quelqu'un, au gouvernement, va intervenir?

Le Président : M. le ministre de l'Immigration, leader du gouvernement.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît!

M. Simon Jolin-Barrette

M. Jolin-Barrette : Oui. M. le Président, la situation à laquelle fait face l'ensemble des sinistrés relativement aux plus récentes inondations est difficile, et le gouvernement est là, en support aux sinistrés des différentes régions du Québec. D'ailleurs, ma collègue ministre de la Sécurité publique est actuellement à pied d'oeuvre sur le terrain, à Rigaud, pour rencontrer les différents intervenants. Vous pouvez être sûr que le gouvernement du Québec va accompagner les sinistrés. Déjà, on l'a fait avec le programme qui a été mis en place par ma collègue, avant les inondations de cette année, justement en termes de prévisibilité, pour s'assurer qu'on puisse accompagner le mieux possible les personnes qui se retrouvent dans cette situation-là.

Il y a une chose qui est sûre, M. le Président, présentement, la ministre de la Sécurité publique aussi est en discussion avec la brigadière-générale, au niveau des Forces armées, et les discussions se poursuivent. Mais la volonté du gouvernement du Québec est très certainement d'accompagner toutes les personnes qui font face à ces difficultés-là. Il faut savoir que le fait d'être inondé, de perdre sa maison, de devoir effectuer des travaux, c'est une charge physique et mentale extrêmement importante, et sachez que le gouvernement du Québec est là pour accompagner toutes les personnes. Et d'ailleurs... et je dois, à ce titre, souligner le travail de ma collègue qui a été présente sur le terrain...

Le Président : En terminant.

M. Jolin-Barrette : ...jour et nuit et elle va continuer de le faire. J'ai confiance qu'elle va le continuer.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Pontiac.

M. André Fortin

M. Fortin : Aujourd'hui, là, ce qu'on dit aux sinistrés, ce qu'on dit aux inondés, c'est que l'armée ne les aidera pas à nettoyer leur terrain, l'armée ne sera pas là pour les aider. On les comprendra, M. le Président, quand ils disent qu'ils se sentent abandonnés par leur gouvernement parce que les priorités des Forces armées, ce sont celles qui sont établies avec le ministère de la Sécurité publique. La ministre des Affaires municipales a entendu l'appel, l'appel des municipalités rurales de l'Outaouais pour que l'armée soit disponible pour aider ces gens-là.

Puisqu'elle n'a pas été entendue par son gouvernement, qu'est-ce qu'elle dit à ces gens-là? Comment ils sont supposés nettoyer leur terrain?

Le Président : Mme la ministre des Affaires municipales.

Mme Andrée Laforest

Mme Laforest : Je remercie mon collègue pour sa question puis les questions concernant la Croix-Rouge. Je crois que notre vice-première ministre s'en est très...

Des voix : ...

Mme Laforest : ...oui, pour ce qui s'est passé avec les inondations. Concernant votre région, l'Outaouais, j'étais là la semaine passée, il y a deux semaines en fait. J'ai visité les lieux, j'étais en discussion avec votre maire, d'ailleurs, et ce que je peux vous dire, c'est que, pour la région de l'Outaouais — je suis d'ailleurs allée à Pontiac rencontrer la mairesse — ce que je peux dire, c'est que les deux, et la mairesse et le maire, m'ont dit qu'ils étaient très entendus, très bien écoutés. Ils m'ont même remerciée pour les nouvelles places qu'on a octroyées en hébergement pour la région de l'Outaouais. En ce qui concerne l'habitation, pour l'Outaouais, on a pris le contrôle et on a eu des remerciements de la part de la mairesse.

Le Président : Deuxième complémentaire.

Des voix : ...

• (10 h 40) •

Le Président : S'il vous plaît, votre attention! La parole appartient au député de Pontiac.

M. André Fortin

M. Fortin : On ne parle pas de Croix-Rouge. On ne parle pas d'hébergement. On parle de sacs de sable. À Waltham, là, M. le Président, la population, c'est 384. Au bureau municipal, il y a un seul employé à temps partiel. À Waltham, près de la moitié des gens sont soit sinistrés, inondés, isolés ou évacués, et l'autre moitié les hébergent, et ce, depuis six semaines. C'est des gens forts, des gens fiers, des gens qui n'aiment pas demander de l'aide, qui ne veulent pas être un fardeau, mais ils sont épuisés. M. le Président, tout le monde est épuisé, les 384. Ils ont besoin de l'armée.

Qu'est-ce que la ministre va faire?

Le Président : Mme la ministre des Affaires municipales.

Mme Andrée Laforest

Mme Laforest : Bien, je vais redire encore qu'est-ce que je dis. J'ai très bien joué mon rôle. Mon rôle est l'habitation, évidemment. En ce qui concerne l'armée, vous le savez, on a eu des annonces de semaine en semaine pour soutenir les sinistrés. Alors, ceci étant dit, ne soyez pas inquiets. On est tout à fait à l'écoute. On a notre comité d'action qui est fait avec la vice-première ministre. On prend notre rôle au sérieux. Qu'est-ce que je pourrais vous dire au niveau de l'hébergement pour votre région, on a octroyé des PSL, les PSL d'urgence pour reloger les gens inondés. Et, pour les PSL d'urgence, on a doublé le nombre de PSL d'urgence. Alors, en habitation, on a répondu à la demande.

Le Président : Question principale, M. le député de Rosemont.

Allocations de départ de gestionnaires du réseau de la santé

M. Vincent Marissal

M. Marissal : Oui, merci, M. le Président. On s'apprête ici, en cette Chambre, éventuellement, à voter le projet de loi n° 7, qui va faire passer de 24 mois à 12 mois les allocations de départ des gestionnaires du réseau de santé qui ont perdu leur job à cause de la réforme. On est d'accord avec ça, malgré le côté rétroactif de la loi. Pourquoi? Parce que la norme, normalement, c'est 12 mois. C'est comme ça que ça devrait fonctionner. C'est comme ça qu'on traite bien les gens.

Or, la norme, elle ne s'applique pas pour tout le monde. La Vérificatrice générale nous apprend ce matin que, pour certains vice-présidents de certaines sociétés d'État, c'est un véritable bar ouvert, M. le Président : gros salaires, bonis de signature, primes de rendement automatiques et, la cerise sur le sundae, des primes de départ plantureuses, hors normes selon la Vérificatrice générale, jusqu'à 18 mois de salaire.

Ça, M. le Gouvernement, est-ce que... M. le Gouvernement!

Est-ce que le gouvernement reconnaît qu'il entérine ainsi et encourage la pratique des bars ouverts avec sa politique de business?

Le Président : M. le Président du Conseil du trésor.

M. Christian Dubé

M. Dubé : Alors, M. le Président, moi, j'apprécie beaucoup la question du député de Rosemont. Je pense que la plupart de nous ont soit déjà pris connaissance du rapport du Vérificateur général... Et moi, je l'ai regardé pas mal en détail et j'aimerais rappeler la période qui est couverte par ça, par ce rapport-là, qui est la période de 2016 à 2018. Qui était au gouvernement à ce moment-là? C'est le Parti libéral. Puis je pense que les pratiques qui sont soulevées par le vérificateur... par la Vérificateur général, pardon, c'est gênant. C'est excessivement gênant pour des gens qui, par exemple, étaient au Conseil du trésor pendant les dernières années, n'avaient pas la rigueur nécessaire de regarder, M. le Président, qu'est-ce qui se faisait en matière de transparence et d'encadrement.

Alors, moi, je souscris exactement avec le point du député de Rosemont que ces pratiques-là sont totalement inacceptables. Et c'est pour ça, notamment, que nous avons annoncé, dans les dernières semaines, que nous allons travailler très fort sur la Loi de l'administration publique pour mettre en place des pratiques de transparence et d'encadrement qui respecteront la Loi de l'administration publique.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Rosemont.

M. Vincent Marissal

M. Marissal : M. le Président, les sociétés d'État visées cachent de l'information volontairement. Ce n'est pas nous qui le disons. Elles cachent de l'information, c'est la Vérificatrice générale qui l'a dit. On peut ne pas la croire, mais elle a fait des audits. Ces sociétés d'État cachent des informations volontairement.

Alors, au-delà des belles paroles, est-ce que le gouvernement va mettre fin au bar ouvert des fonds publics dans les sociétés d'État?

Le Président : M. le président du Conseil du trésor.

M. Christian Dubé

M. Dubé : Écoutez, en fait, je pourrais répondre 12 fois à la question du député de Rosemont. Je suis d'accord avec lui, c'est inacceptable, ce qui a été fait dans les dernières années. Il y avait notamment un Conseil du trésor qui devait

[...]
 

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