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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Victime
Inondation - Aide financière - Outaouais (région) - Débat de fin de séance - 3084-6

Assemblée
Fascicule n°47, 30 mai 2019, pages 3084-3086

[...]

Je vous rappelle que, conformément à l'article 310 du règlement, le député qui a soulevé le débat et le ministre qui lui répond ont chacun un temps de parole de cinq minutes, et le député a ensuite un droit de réplique de deux minutes.

M. le député de Pontiac, je vous cède la parole pour une durée de cinq minutes.

Aide aux victimes outaouaises des inondations printanières de 2019

M. André Fortin

M. Fortin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Effectivement, c'est un peu un suivi, là, de la discussion qu'on a eu ce matin entre, bien, moi-même et le leader parlementaire du gouvernement ainsi que la ministre des Affaires municipales, et je sais que la ministre des Affaires municipales sait exactement de quoi je parle.

Je le sais qu'elle le sait parce que la mairesse de Pontiac lui en a parlé quand elle est allée dans la région. La mairesse de Pontiac lui a dit : Ce serait important pour nos citoyens, pour notre communauté, pour notre municipalité, ce serait primordial que les Forces armées soient disponibles pour enlever les sacs de sable. Pourtant, ce matin, la réponse qu'on a eue de la ministre... et c'est pour ça qu'on est ici, Mme la Présidente, la ministre a parlé d'hébergement, a parlé d'hébergement des sinistrés, et ce n'était pas ça, la question du tout. On parlait de sacs de sable. Vous l'avez noté d'entrée de jeu, là, dans votre introduction.

Et pour ceux qui ont déjà fait un sac de sable, pour ceux qui ont déjà installé un sac de sable... savent exactement de quoi je parle. Les sinistrés savent exactement de quoi on parle. C'est du travail... c'est un dur labeur, disons, c'est pesant, ce n'est pas évident à manoeuvrer, c'est... il y en a, on n'en fait pas un, sac de sable, on en fait des centaines, des fois des milliers. J'ai vu un reportage récemment sur une résidence dans la municipalité de Pontiac où il y avait 30 000 sacs de sable d'installés, Mme la Présidente. 30 000 sacs de sable, c'est une chose de les faire avec des bénévoles, c'est une chose de le faire quand on a de l'adrénaline, on essaie de protéger notre maison. Les inondations commencent, l'eau monte, il faut absolument faire ce qu'il faut faire pour protéger nos avoirs, pour protéger notre résidence, pour protéger là où on élève notre famille, pour protéger un lieu qui est cher dans notre coeur pour nous, pour notre famille, pour nos enfants. Puis, quand il y a des gens autour... Il y en a eu des centaines, il y en a eu des milliers, de bénévoles, en Outaouais, au cours des dernières semaines.

Alors, c'est une chose de faire des sacs de sable, d'installer les sacs de sable quand on a de l'aide, quand on a de l'énergie, quand on commence une aventure malheureuse comme celle-là. Mais, au stade où on est rendus aujourd'hui, Mme la Présidente, après six semaines... on est dans la sixième ou la septième semaine, là, si je ne me trompe pas, Mme la Présidente, d'inondations... Il y a des gens qui ont de l'eau dans leur cuisine depuis six semaines, puis ça commence à baisser. Il y a des endroits où ça a diminué beaucoup. Il y a des endroits où ça n'a pas diminué tant que ça encore. Il y a des gens qui habitent chez leur beau-frère, chez leur belle-soeur, chez leur cousin, chez leurs amis, chez leurs parents. Je ne sais pas pour vous, Mme la Présidente, mais, moi, passer quelques semaines chez ma belle-mère dans un petit appartement avec les enfants, avec les animaux, avec tous nos avoirs, disons que ce n'est pas facile pour la personne qui nous héberge, puis ce n'est pas facile pour nous autres non plus. Ce n'est pas toujours évident à vivre, une situation... ce n'est jamais évident à vivre, une situation comme celle-là.

Puis, dans les petites municipalités — la ministre nous parlait d'hébergement, là — dans les toutes petites municipalités, il n'y en a pas, d'hôtel. Des gens habitent avec leur famille. Et là ils sont épuisés. Là, ils sont tannés. Ça fait des semaines qu'ils essaient de pomper l'eau de leur sous-sol. Ils ont tout fait pour protéger leur maison. Ils se rendent compte que peut-être qu'ils y sont arrivés, peut-être qu'ils n'y sont pas arrivés, peut-être que leur maison, c'est une perte totale, mais il faut quand même, quand ils arrivent chez eux, là... L'eau s'en va un peu, ils arrivent chez eux, ils regardent ça puis ils se disent : Ouf! J'ai de la job à faire, hein, ça ne sera pas facile. J'ai de la job à faire. Là, ils retournent dans la maison, ils voient ce qui est dehors, là, les centaines de sacs de sable qui n'ont pas fonctionné. Ça n'a pas protégé la résidence, l'eau est passée par-dessus. Ils sont rendus contaminés, hein, le sable est contaminé. Ça ne sent pas bon, Mme la Présidente, parce qu'il y a toutes sortes de contaminants qui ont affecté ces sacs-là. Ils sont mouillés, ils sont pesants.

Puis pesant, on parlait de pesant, là... Quand on commençait les sacs de sable qui étaient secs, des sacs de 50 livres, Mme la Présidente, j'en ai vu dans mon comté, des sacs de 50 livres secs, ça va, imaginez mouillés, ces sacs-là. Il y en a qui sont déchirés. Il y en a qui... Les citoyens ne sont simplement pas capables. Imaginez, enlever 30 000 sacs de sable de votre terrain, Mme la Présidente. Ça ne se fait pas, et c'est pour ça que l'armée a été appréciée en 2017. C'était une immense partie de ce qu'ils ont fait pour les citoyens de notre région, mais des citoyens de beaucoup d'endroits au Québec, des citoyens, là, qui se retrouvaient au dépourvu.

Et le gouvernement n'a pas d'entente avec les Forces armées. Pourquoi? On ne le sait pas, c'est ce qu'on demande à la ministre, aujourd'hui, c'est : Entendez-vous, s'il vous plaît, avec les Forces armées canadiennes, parce que nos citoyens, là, nos citoyens, ils n'ont pas l'énergie, ils sont épuisés, ils sont fatigués, ils n'ont pas le temps. Ils ne veulent pas que leurs enfants jouent autour de ce sable contaminé là quand l'eau va rebaisser puis ils n'auront pas eu le temps de les enlever. Ils ne veulent pas, Mme la Présidente, mettre à risque leurs familles. Ils veulent retrouver une quiétude, éventuellement, et ça, ça passe par avoir l'aide de l'armée. Les gens n'ont pas les ressources, que ce soit... les petites municipalités n'ont pas les ressources pour le faire, il va y avoir moins de bénévoles, ça va être une situation, on le sait, qui va être difficile, pour des semaines et des semaines. Pourquoi le gouvernement n'a pas exigé de l'armée d'avoir de l'aide pour les sacs de sable?

• (18 h 10) •

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.

Mme Andrée Laforest

Mme Laforest : Merci, Mme la Présidente. Alors, ce matin, oui, j'ai pris la réponse pour ma collègue à la Sécurité publique et puis je peux vous dire qu'on a travaillé ensemble, toutes les deux, depuis le début. Elle, depuis le 10 avril, avec son programme d'indemnisation qui était très, très, très bien apprécié. Oui, je suis allée à Pontiac rencontrer votre mairesse, je suis allée à Gatineau aussi, et vous comprendrez que les Affaires municipales et l'Habitation, avec la Sécurité publique, on a vraiment été proactifs, si je peux dire.

L'armée est arrivée très, très rapidement. Oui, vous parlez maintenant de sacs de sable. Moi, j'ai tout de suite discuté, parce que, oui, on a discuté ensemble, Sécurité publique, Affaires municipales et Habitation, on a discuté ensemble, puis on a un programme, aux Affaires municipales, un programme qu'on peut mettre en commun les services d'une autre municipalité qui est tout près. Moi, j'ai communiqué avec toutes les municipalités qui étaient problématiques, si je peux dire, ou qui avaient besoin d'aide, et... Merveilleux, parce que nos directions régionales sont en place, communiquent ensemble et elles se sont partagé des services, des services au niveau des besoins matériels, des services au niveau des ressources humaines. La communication a très bien été.

Ce matin, d'ailleurs, je suis arrivée à mon travail et j'ai posé la question, j'ai appelé dans certaines directions régionales. Le travail se fait vraiment en collaboration. Qu'est-ce qui s'est passé, peut-être, dans le passé? Écoutez, moi, ce qu'on m'a dit, c'est que toutes les demandes arrivaient et toutes les demandes étaient acceptées. Nous, ce qu'on fait, vous avez raison, on fonctionne... on y va, par exemple, aux deux semaines, on demande à l'armée. Ne soyez pas inquiet, nos demandes sont là, notre travail est vraiment important, on fait des pressions. Mais, ceci étant dit, il faut que les directions régionales travaillent avec les municipalités qui sont ensemble, là, on appelle ça de la mise en commun, et, quand les directions régionales nous disent que ça va bien, par exemple, avec les cols bleus, le travail se fait bien, bien, à ce moment-là, on est plus que satisfaits.

Ce matin, je voulais amener le point d'hébergement, parce que l'habitation, quand je suis allée en Outaouais, l'habitation, vraiment... je sais que cette région-là a des besoins en habitation. J'ai rencontré, comme je le disais encore ce matin, le maire de Gatineau. Et ce qu'on m'a dit, c'est qu'on avait la chance d'avoir les PSL d'urgence, les programmes au soutien au loyer d'urgence. On en a encore. On est toujours en communication. Même, ce que je peux dire, c'est qu'on a libéré 70 unités AccèsLogis pour la région de Gatineau. Vous allez me dire : Ça ne se construit pas tout de suite. Sauf qu'on a des possibilités avec des logements privés, avec les PSL, d'offrir de l'aide.

Alors, si je peux dire, ce matin, j'étais très heureuse de prendre la question, parce qu'on est toujours en communication, ma collègue et moi, par rapport aux inondations. Et également ce que je pourrais vous... comment je pourrais vous rassurer, c'est que, même aujourd'hui, ma collègue était à Vaudreuil-Soulanges. Parce qu'on l'a entendu hier, les demandes. Sainte-Marthe-sur-le-Lac, j'ai été là, je suis allée quatre fois. Alors, ne soyez pas inquiet, la mairesse de Sainte-Marthe, la mairesse de Pontiac, le maire de Gatineau, on discute ensemble. Les demandes se font parfois par texte. Alors, si on dit que ce n'est pas rapide, ça... je pense qu'on ne peut pas aller plus rapidement que ça. On a un gouvernement qui a demandé l'aide de l'armée beaucoup plus rapidement que par les années passées.

Ceci étant dit, Il ne faudrait pas vivre ça, 2017, 2019, 2020. Alors, mon rôle, moi, qui est l'aménagement du territoire... on a notre comité d'action, qui est essentiel. On est huit ministres. On va s'associer d'experts. On va, par exemple, se concentrer sur les futurs événements pour ne plus que ça revienne. Et, si ça revient... L'aménagement du territoire, on n'en parle pas beaucoup, parce que la loi sur l'aménagement du territoire a 40 ans. Alors, vous allez comprendre que nos actions vont être centrées sur l'aménagement du territoire. On va regarder les zones qui sont inondables, les zones qui sont zéro-20 ans, les zones de 2017 qui ont été inondées, les zones de 2019. Alors, on va se concentrer sur ce travail-là. Puis, ceci étant dit, ne soyez pas inquiet, ce n'est pas parce que vous ne voyez pas toutes les demandes, et tous les événements, et toutes les démarches qui se font pour aider les municipalités... Mais je peux vous dire que la différence entre 2017 et 2019, c'est que la communication a été tout à fait franche, transparente, honnête, et on n'a eu que des remerciements — de votre mairesse, du maire de Gatineau. Puis je peux vous rassurer, ça va me faire plaisir demain, avec plaisir, de recommuniquer avec votre mairesse parce que, quand je suis passée, elle m'a dit : Je suis vraiment impressionnée de la vitesse dont votre gouvernement a agi pour les inondations. La sécurité du public, c'est essentiel. Oui, l'armée est arrivée tout de suite. Les directions régionales des affaires municipales ont avancé. Et ne soyez pas...

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Pontiac, la parole est à vous pour votre droit de réplique de deux minutes.

M. André Fortin (réplique)

M. Fortin : Mme la Présidente, je pose une question à la ministre sur des sacs de sable, elle me répond avec des logements subventionnés puis elle me répond avec la réponse globale du gouvernement sur les inondations. J'ai l'impression, quand elle va au restaurant, là, elle s'assoit, on lui demande ce qu'elle veut manger, elle dit : Bien, j'aimerais commander une paire de souliers. Ça ne marche pas, son affaire.

Je lui demande une question simple et elle me répond sur autre chose complètement. Elle nous dit, Mme la Présidente, elle nous dit : Inquiétez-vous pas, nos demandes sont là. Bien, la grande corvée à Gatineau, là, c'est en fin de semaine. À ce que je sache, il va y avoir des citoyens, des bénévoles qui vont être là, qui vont aider, qui vont aider à nettoyer, mais il n'y en aura pas autant qu'il y avait des bénévoles il y a quelques semaines pour installer ces sacs de sable là. Ce serait, sans mauvais jeu de mots, se mettre la tête dans le sable de penser ça, Mme la Présidente. Il va y en avoir, des bénévoles, mais jamais ils ne vont être capables de ramasser tout ce qu'il y a à ramasser. C'est en fin de semaine, c'est maintenant, c'est là qu'on a besoin des Forces armées. Ce n'est pas plus tard, c'est maintenant.

Alors, nos demandes sont là. Elle est où, la réponse? Est-ce qu'ils vont voir les Forces armées, les citoyens, bientôt? Je ne pense pas, Mme la Présidente, parce que, quand la ministre me dit : Bien, peut-être que vous ne voyez pas, M. le député, tout ce qui se fait au gouvernement, bien, elle a peut-être raison, mais les citoyens, en fin de semaine, là, ils ne verront pas les Forces armées les aider. Ils vont regarder le gros tas de sacs de sable puis ils vont se dire : Comment je fais ça? Comment je vais faire pour nettoyer ça? Ils vont être découragés encore plus qu'ils sont présentement découragés.

Mais savez-vous quoi? Mme la ministre me dit : Bien, je ne voudrais pas qu'on revive ça en 2020. Mais, au rythme où on est partis, là, les sacs de sable, ils vont encore être là en 2020 pour les citoyens. Ils ne les auront jamais bougés, ils n'ont jamais pu les déplacer, Mme la Présidente.

Alors, réellement, là, je m'attendais à une réponse toute simple, et ça ne demande rien au gouvernement du Québec, ça demande un appel, ça demande un appel au gouvernement fédéral de dire : Pouvez-vous, s'il vous plaît, aider les citoyens qui sont sinistrés, qui sont évacués, qui sont fatigués, qui sont inondés puis qui n'ont pas les moyens, qui n'ont pas les ressources, qui n'ont pas la force pour ramasser ces sacs de sable là? Pouvez-vous envoyer l'armée? C'est tout ce qu'ils avaient besoin de faire. Ça ne leur aurait rien coûté, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous allons procéder au second débat entre M. le député de Nelligan et Mme la ministre déléguée au Développement économique régional concernant l'abolition insensée et antiéconomique du réseau national des pôles d'innovation. M. le député de Nelligan, je vous cède la parole pour une durée de cinq minutes.

Financement de l'innovation en région

M. Monsef Derraji

M. Derraji : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je ne pense pas devoir rappeler le nombre de fois que j'ai pu me lever dans cette Chambre pour poser la question à Mme la ministre responsable du Développement économique régional sur l'avenir des pôles. J'ai eu toute une panoplie de réponses : Je vais faire la tournée, je vais consulter les acteurs du milieu...

Tout a commencé, Mme la Présidente, le jour de l'annulation du lac-à-l'épaule. À l'époque, on disait que la facture dépassait les 100 000 $, 80 000 $ ou 100 000 $. J'ai eu l'occasion de questionner Mme la ministre pendant l'étude de crédits. J'ai demandé à ce qu'on nous dévoile cette facture, qu'on nous met au courant de cette facture, et il n'y avait pas de facture. Il y avait une réponse verbale que les coûts... et le coût était faramineux. C'est pour cela, on annulait le lac-à-l'épaule.

Pourtant, Mme la Présidente, les acteurs du milieu voulaient un organisme de coordination nationale. Les acteurs du milieu et les pôles travaillaient déjà ensemble, et vous savez pourquoi? Ce qui m'attriste aujourd'hui, ce qui m'attriste énormément aujourd'hui, c'est que... le vote de non-confiance que la ministre a envoyé à toute la région de la Mauricie, toute la région de la Mauricie... parce que ce que le Digihub a réussi, ce que la région a réussi depuis les dernières années est un exemple de succès pour l'ensemble des régions du Québec. Et ce n'est pas en tant que de donneurs de leçons que ces gens voulaient aider le Québec; au contraire, ces gens voulaient accompagner. C'est comme ça qu'on travaille, au Québec. Ensemble, on tisse des liens, surtout au niveau de l'innovation. C'est pour cela que notre gouvernement a mis en place les pôles.

Et la ministre avait l'opportunité de signer et de lâcher le financement depuis le début de son mandat. Ça n'a pas été fait, Mme la Présidente. Ça n'a pas été fait. Encore sur la table de son ministère, il y a des projets, et, encore, on traîne ça.

• (18 h 20) •

Et qu'est-ce qu'on fait, Mme la Présidente? Mme la Présidente, la ministre a décidé finalement de fermer la porte d'un réseau national. Vous savez quoi? C'est comme si on coupe la tête et on sépare le corps de la tête. C'est exactement ce qui a été fait.

L'organisme accompagnait les pôles, les aidait. Et vous savez quoi? Le réseau était en France, maintenant, Mme la Présidente. Et je vais vous lire un texte. Le jour même que Mme la ministre a annulé le réseau, le D.G., l'ex-D.G. du RNPRI participait, en France, à une mission, et il voulait faire profiter l'ensemble des régions, par visioconférence, et il partageait : «"Nous avons un outil de cartographie qui permet d'afficher les besoins particuliers d'entreprises", explique-t-il. "En temps réel, nous pourrons prévoir, par exemple, ce que sera l'industrie du drone dans trois ou six mois, avec des chiffres pour tous les métiers reliés à cette industrie."

«M. Nadeau précise que cet outil sera déployé gratuitement aux régions intéressées. Il est complété par un cryptoposte, un genre de contrat intelligent qui facilite la recherche selon les besoins. "Avec l'intelligence artificielle et la ‘blockchain', ça permet de positionner des gens qui veulent aller en région, de les envoyer au bon endroit, au bon moment, avec les bons interlocuteurs..."»

Ces innovations, Mme la Présidente, n'ont finalement pas été présentées en visioconférence. Vous savez pourquoi? Parce que Mme la ministre a décidé un jeudi soir d'envoyer un communiqué de presse pour fermer le réseau national.

Et donc notre cheval de bataille, notre expert en innovation qu'ont vanté depuis plusieurs années l'exemple parfait d'une région et non pas de Québec et de Montréal, d'une région qui s'est levée pour changer l'économie régionale ont dit : On ferme le réseau et on laisse les pôles à leur plein essor. Ça veut dire : on ne va pas les accompagner. Et, à date, au lieu d'avoir 18 pôles, on a quatre ou cinq pôles.

Mme la Présidente, le maire, le maire de Shawinigan a, à plusieurs dit que le but du réseau national n'était pas d'imposer une méthode mais d'aider au développement, et, peut-être, si la ministre a pris le temps d'écouter ces gens réellement, pas une seule fois, probablement, le réseau va continuer d'exister et va jouer son rôle d'accompagner les pôles et, en parallèle, encourager l'innovation dans nos régions.

[...]
 

En Complément