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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Velan inc. (compagnie)
Perte d'emplois - 3226-8 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°50, 5 juin 2019, pages 3226-3228

[...]

commission n'a toujours pas été constituée par l'Assemblée. Le leader de l'opposition officielle affirme que cette situation place les parlementaires devant un fait accompli et laisse sous-entendre que les commissions parlementaires sont l'extension du gouvernement et de l'Exécutif.

Le leader du deuxième groupe d'opposition et le leader du troisième groupe d'opposition ont aussi ajouté que le gouvernement ne peut pas présumer de l'adoption de la motion constituant cette commission spéciale et que, dans le processus devant mener à l'adoption de cette motion, le gouvernement doit agir de manière non partisane. Pour sa part, le député indépendant de Chomedey a rappelé l'importance d'impliquer les députés indépendants dans les discussions entourant la création de cette commission spéciale.

Quant au leader du gouvernement, il a d'abord indiqué que la déclaration n'a pas été faite au nom de l'Exécutif. Il a aussi dit souhaiter que l'Assemblée puisse procéder rapidement à l'adoption de la motion, alors que les discussions durent depuis un certain temps, et a souligné que c'est ce même désir qui a été exprimé par la députée de Repentigny.

Comme le mentionnait le leader de l'opposition officielle, en décembre dernier, j'ai rendu une décision sur un sujet analogue, alors qu'une ministre et son adjoint parlementaire annonçaient en conférence de presse la tenue d'une commission parlementaire sur l'avenir de l'information au Québec avant que la commission compétente ne se soit prononcée au sujet de cette proposition de mandat d'initiative.

Dans la décision que j'ai rendue alors qu'il était question de communications émises par le gouvernement, je rappelais que les principes suivants étaient importants. Il y a le droit et le devoir du gouvernement d'informer les citoyens, mais également le respect et la déférence que ces communications doivent avoir envers l'Assemblée et ses membres. J'expliquais d'ailleurs pourquoi. Le public ne doit pas avoir l'impression qu'une mesure projetée est un fait accompli et que le Parlement n'a aucun rôle à jouer dans l'examen et l'adoption de cette mesure. On retiendra plus généralement de cette décision que, lorsqu'un geste parlementaire est nécessaire pour qu'une mesure se concrétise, dans leurs communications, les ministres — mais cela vaut également pour tous les députés — doivent être soucieux de ne pas diminuer le rôle qui revient à l'assemblée des membres ou à l'ensemble des membres du Parlement.

Ainsi, par respect pour l'Assemblée, lorsqu'on souhaite s'exprimer sur une question qui fait l'objet de discussions entre les différentes formations politiques et les députés indépendants et que la décision n'est pas encore prise, il serait plus prudent d'être nuancé dans ses propos afin d'éviter de laisser entendre que cette décision est pratiquement chose faite. Dans le cas présent, tant et aussi longtemps que l'Assemblée n'a pas adopté la motion constituant la commission spéciale, cette dernière ne peut pas être considérée comme existante.

Le fait de mettre sur pied une commission spéciale est un symbole fort et démontre l'importance que l'on accorde à un sujet. Il n'est évidemment pas question d'empêcher les députés de s'exprimer sur les enjeux qui sont discutés entre eux et sur le mandat que l'on pourrait confier à des députés siégeant sur une commission spéciale. Par contre, il faut retenir que, lorsque des députés souhaitent faire des annonces qui concernent des décisions à venir, ils devraient le faire une fois que la décision a été prise, à moins d'indiquer clairement que l'annonce est faite sous réserve d'une décision de l'Assemblée nationale. Voilà pour la décision.

Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège. Je vous le disais.

Questions et réponses orales

Nous en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales. Et je cède, à ce moment précis, la parole au chef de l'opposition officielle.

Pertes d'emploi chez Velan inc.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : M. le Président, j'ai une histoire à raconter aujourd'hui au chef de la CAQ et j'aimerais qu'il me dise comment elle va se terminer. En 1949, Karel Velan, un immigrant tchèque, a fondé une entreprise qui s'appelle l'entreprise Velan. Il est arrivé au Québec sans le sou. Il a créé une entreprise manufacturière qui est maintenant reconnue à l'échelle mondiale. C'est un fleuron québécois qui existe depuis 60 ans, et, au Québec, l'entreprise emploie 400 personnes. En janvier dernier, l'entreprise, qui a son siège social à Montréal, a annoncé l'abolition de 130 postes. La raison : une partie de ses activités sera délocalisée en Inde. Le 16 mai dernier, l'entreprise a annoncé une nouvelle vague de suppression, 65 emplois abolis cette fois. Au cours des prochaines semaines, les équipements de l'usine de Saint-Laurent seront expédiés en Inde. Ce sont 195 employés qui vont se retrouver au chômage, près de 200 familles qui seront affectées par cette situation. Ce sont des emplois dont le salaire moyen s'élève à 30 $ l'heure, des emplois payants comme vous les aimez. Du côté du ministre de l'Économie, c'est le silence radio dans ce dossier.

Est-ce que le premier ministre peut nous dire si Velan fait partie d'un secteur stratégique ou si on doit, encore une fois, laisser tomber cette entreprise?

• (10 h 20) •

Le Président : M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation.

M. Pierre Fitzgibbon

M. Fitzgibbon : M. le Président, j'apprécie la question et je peux confirmer qu'effectivement la compagnie Velan, qui est un leader mondial au niveau des valves... Il faut comprendre par contre qu'en 2015, quand M. Leduc a été engagé comme nouveau président et chef de la direction, il y avait un élément important qu'il devait faire face : la restructuration de l'entreprise. On a vu, en 2018, les ventes de Velan chuter de 25 % et enregistrer une perte pour la première fois.

Alors, effectivement, il y a des choses importantes qui se font présentement, et la décision a été prise de fermer une usine et de passer de trois usines à deux usines. Mais le contexte dans lequel ça a été fait, c'est que nous avons maintenant 170 personnes qui vont perdre leurs emplois mais par attrition. Donc, je pense que la compagnie a très bien géré ça dans le contexte des emplois qu'on veut protéger. Et d'ailleurs le plan d'action qui est en train d'être finalisé pour une autre restructuration va être déposé à mon ministère prochainement, et nous sommes en contact avec la société. Donc, je pense que je peux rassurer la population du Québec que le ministère de l'Économie fait son travail et travaille étroitement avec la société.

Le Président : Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : M. le Président, le ministre de l'Économie, le 16 mai dernier, avait déclaré, et je le cite, là : «Velan, comme d'autres compagnies, doit de temps en temps prendre des décisions difficiles pour optimiser ses opérations.»

Est-ce qu'on doit comprendre actuellement que la politique économique du premier ministre et de son ministre de l'Économie, c'est la résignation?

Le Président : M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation.

M. Pierre Fitzgibbon

M. Fitzgibbon : Je pense que, dans un contexte de globalisation, l'industrie Velan, dans le domaine des valves, fait face à d'énormes compétitions à l'extérieur du Canada. Et je pense qu'il est très approprié pour une entreprise, au fil du temps, de devoir rationaliser. Et je pense qu'il est plus important de garder des positions payantes, permanentes que d'avoir trop de positions où on est vulnérables, avec des vents de courants internationaux. Je pense que le Québec doit identifier les secteurs où on peut être stratégique et, comme gouvernement, comme ministère de l'Économie, de mettre les programmes en place pour qu'on optimise les entreprises et qu'elles soient performantes. On ne fera pas ça dans tous les secteurs. On va choisir les secteurs. Et, Velan, dans les deux usines qui vont demeurer...

Le Président : En terminant.

M. Fitzgibbon : ...on va probablement les aider à augmenter leur productivité.

Le Président : Deuxième complémentaire. M. le chef de l'opposition officielle.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : Parce que, en attendant, les employés, ce matin, menacent... en fait, manifestent leurs inquiétudes. Ce sont 200 familles qui sont affectées.

Est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi, dans un dossier où 200 emplois payants sont menacés, on ne vous a pas entendu une seule fois vous porter à la défense des travailleurs, et ce, depuis le mois de janvier?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, le ministre de l'Économie s'est impliqué dans le dossier. Velan est dans un secteur qui est stratégique. On parle d'une partie des emplois qui sont des emplois payants. Par contre, il arrive que, dans des entreprises, il y a une partie des emplois qui sont moins payants, que c'est plus approprié que ces emplois-là se retrouvent dans des pays où les emplois moins bien payés viennent consolider l'entreprise. L'important, c'est de garder les emplois payants au Québec, d'avoir une compagnie qui est productive, qui est capable d'être compétitive au niveau mondial. Et on tient à développer Velan.

Le Président : En terminant.

M. Legault : On travaille avec Velan.

Le Président : Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.

M. Pierre Arcand

M. Arcand : J'ai de la misère à suivre le premier ministre, parce que parfois les employés gagnent trop cher puis parfois ils ne gagnent pas assez cher. Hier, vous nous avez dit que les résidences privées pour les aînés, c'était sans intérêt. Et c'est sans doute par charité que les Américains ont acheté Le Groupe Maurice pour 2,4 milliards de dollars. M. le Président, c'est complètement incohérent comme réponse. Pour Velan, depuis janvier, le gouvernement n'a rien fait.

Qu'est-ce que le premier ministre attend? Et qu'est-ce qu'il attend? Est-ce qu'il attend que des investisseurs étrangers mettent la main sur cette entreprise?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, ça prendrait un peu plus que quelques secondes pour expliquer au chef de l'opposition officielle comment on crée de la richesse au Québec.

M. le Président, dans le cas des résidences pour personnes âgées, si on a 1 000 personnes qui s'occupent des personnes âgées, que l'entreprise soit détenue par des Américains ou des Québécois, il va continuer d'y avoir 1 000 personnes qui vont s'occuper des personnes âgées.

Dans le cas de Velan, il y a une partie des emplois qui sont des emplois à valeur ajoutée qu'on essaie de garder ici, mais ce n'est pas impossible puis ce n'est pas incohérent, puis c'est même une bonne chose que certains emplois moins payants soient...

Le Président : En terminant.

M. Legault : ...dans des usines à l'étranger. On expliquera ça... en tout cas, ça me fera plaisir d'expliquer ça...

Le Président : Question principale, Mme la députée...

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît, votre attention. La parole appartient maintenant à la députée de Saint-Laurent.

Plan de déploiement des maternelles quatre ans

Mme Marwah Rizqy

Mme Rizqy : Franchement, Le Groupe Maurice, Bombardier, Velan, c'est à Saint-Laurent. Vous êtes complètement déconnectés. Ce n'est pas en Inde qu'on veut des emplois, c'est au Québec.

Mais on va revenir aux maternelles quatre ans...

Des voix : ...

Le Président : M. le leader du gouvernement.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! M. le leader du gouvernement a la parole maintenant.

M. Jolin-Barrette : M. le Président, je crois qu'ici on doit s'adresser à vous lorsqu'on pose une question. Je nous invite à faire preuve de décorum.

Le Président : M. le leader de l'opposition officielle.

M. Proulx : M. le Président, c'est ça qui arrive lorsque le premier ministre suscite des débats. C'est ce qu'il a fait. Il voulait avoir plus de temps pour répondre. Il aurait pu prendre déjà les premières questions, ça lui aurait donné quelques secondes de plus.

Le Président : M. le leader du gouvernement, en complétant.

M. Jolin-Barrette : M. le Président, le premier ministre répond à la question qui a été déposée par le chef de l'opposition officielle. La députée de Saint-Laurent s'adresse directement au premier ministre sur une nouvelle question. Qu'elle pose sa question et elle aura une réponse à sa question, M. le Président.

Le Président : O.K. Je vous demande maintenant d'être attentifs. Je vous demande de vous adresser à la présidence. Je vous demande d'être prudents dans vos propos. Et je vous redonne la parole, Mme la députée. Veuillez poursuivre votre question.

Mme Rizqy : En fait, tous les Québécois se posent toujours la même question : Où est-ce qu'on s'en va? C'est quoi, le plan? Prêts à investir 2 milliards dans les maternelles quatre ans, mais personne ne sait où, comment et comment

[...]
 

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