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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Velan inc. (compagnie)
Perte d'emplois - 3296-7 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°51, 6 juin 2019, pages 3296-3297

[...]

M. Jolin-Barrette : ...de se dérouler sous notre gouvernement pour améliorer les choses.

Le Président : Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Délocalisation d'emploi chez Velan inc.

Mme Manon Massé

Mme Massé : Merci, M. le Président. Depuis un bout de temps, j'essaie de comprendre le premier ministre, comprendre combien qu'il faut que tu gagnes dans la vie pour qu'il lève le petit doigt pour sauver ta job.

Avec ce qu'il a dit hier aux 200 travailleurs, travailleuses de Velan, c'est un peu moins évident de jour en jour, M. le Président. Les travailleurs et travailleuses qui gagnent entre 20 $ et 32 $ de l'heure chez Velan, quand leurs jobs sont délocalisées, bien là, le premier ministre trouve que c'est presque une bonne idée parce que, dans le fond, ces jobs-là ne sont pas assez payantes.

Chez ABI, bien, ça commence à 43 $ de l'heure. Quand ils sont en lock-out pendant 16 mois, bien, pour le premier ministre, c'est presque une bonne nouvelle parce que, dans le fond, ils sont un peu trop payés.

En fait, la seule exception... qu'il a répondu à mes questions, où le premier ministre a défendu les travailleurs, travailleuses, c'est les hauts fonctionnaires qu'eux autres leur salaire à plus de 500 000 $, ça, c'est correct.

Alors, il me dit à ce moment-là que je voulais que tout le monde soit payé pareil, en fait comme dans un système communiste — le gros mot est sorti. Vous savez, M. le Président, ça ne m'a pas fait grand-chose, parce que je suis un peu habituée qu'on ridiculise Québec solidaire. Mais ce qui me dérange, par contre, c'est quand il dit aux travailleurs et travailleuses que leurs jobs ne valent pas la peine d'être défendues.

Et, comme ça devient une mauvaise habitude, bien, je vais lui reposer ma question : Pour qui le premier ministre travaille? Le peuple québécois ou ses amis du 1 %?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, à chaque jour, je me lève puis j'essaie de voir comment je peux mieux aider les Québécois. Puis ça veut dire, entre autres, essayer d'avoir des emplois mieux payés pour l'ensemble des Québécois. Malheureusement, le salaire moyen au Québec est moins élevé que chez nos voisins, puis pourtant on a toutes les raisons du monde d'être aussi bons, sinon meilleurs que nos voisins. On a des excellentes écoles, formations professionnelles, formations techniques, universités. Donc, évidemment, il faut réduire le décrochage. On travaille en éducation. Pour ce qui est de l'économie, on essaie, avec le ministre de l'Économie, de créer des emplois qui soient mieux payés. On n'y arrivera pas du jour au lendemain, mais, M. le Président, mon objectif, mon obsession, c'est de créer des emplois mieux payés au Québec.

Dans le dossier de Velan, je l'ai dit, malheureusement, c'était une décision qui était difficile. À choisir entre perdre tous les emplois de Velan ou en perdre une partie, j'aime mieux... c'est moins pire d'en perdre une partie. Maintenant, on va aider les travailleurs à trouver des nouveaux emplois, les travailleurs de chez Velan. Et, comme le disait le ministre de l'Économie, la majorité de ces employés-là ne perdront pas d'emploi puisque le travail sera fait par attrition.

Le Président : Première complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Manon Massé

Mme Massé : En fait, j'entends et je réentends cette ritournelle, mais la première façon de garder le monde en emploi, c'est de ne pas perdre leurs jobs. Ça, c'est la première façon.

Ceci étant dit, des gens qui, eux, ont mis 15 ans de leur vie dans leurs jobs pas assez payées, qui eux, ces gens-là, ont fait vivre leurs familles avec leurs jobs pas assez payées, franchement, c'est pas mal insultant pour ce monde-là.

Est-ce que le premier ministre pourrait s'excuser auprès de ces gens-là de ne pas les défendre?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, si j'ai blessé des travailleurs de chez Velan, oui, je m'excuse. Je suis de tout coeur avec les familles qui ont perdu leurs emplois.

Maintenant, la cheffe du deuxième groupe n'aime pas qu'on dise qu'elle est communiste, mais je voudrais qu'elle m'explique. Quand une entreprise perd 17 millions de dollars, si on ne change pas la recette, ça va donner le même résultat. Est-ce qu'elle pense qu'une entreprise peut perdre 17 millions de dollars à chaque année puis continuer d'exister? Comment elle voit ça, une entreprise qui perd 17 millions? Est-ce que, pour elle, c'est un problème ou tout va bien?

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Manon Massé

Mme Massé : Dans mon plan de transition économique, j'ai pas mal de solutions, M. le Président.

Des premiers ministres qui lèvent le nez sur les travailleurs, travailleuses, on en a vu pas mal. Des premiers ministres qui regardent ailleurs pendant que les emplois partent à l'étranger, ça aussi, ce n'est pas nouveau. Mais un premier ministre qui, par contre, va jusqu'à applaudir une délocalisation, ça, c'est une première.

Est-ce que le premier ministre, dans le fond, est fier de battre MM. Charest et Couillard au concours du premier ministre qui abandonne le plus les travailleurs, travailleuses?

Le Président : M. le premier ministre.

Des voix : ...

Le Président : Votre attention, s'il vous plaît!

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, avez-vous entendu une solution pour régler la perte de 17 millions de dollars? Elle dit qu'elle a plein, plein... Il y en a tellement plein qu'elle n'est pas capable de nous en donner un exemple.

M. le Président, oui, je suis triste pour les employés qui perdent leur emploi chez Velan. Mais j'aime mieux qu'on protège une partie des emplois que de tout perdre. Une entreprise, dans un système capitaliste, ne peut pas à répétition perdre 17 millions par année. Une entreprise ne peut pas voir le prix de ses actions baisser de 50 % à chaque année. À un moment donné, ça amène l'entreprise vers la faillite, puis là on perd tout. Donc, il faut être capable de trouver la moins pire situation...

Le Président : En terminant.

M. Legault : ...la moins pire solution.

Le Président : Question principale, M. le chef du troisième groupe d'opposition.

Prime aux médecins de famille pour la prise en charge de patients

M. Pascal Bérubé

M. Bérubé : M. le Président, la CAQ, dans l'opposition, était avec nous pour dénoncer les primes aux médecins, les extras qui s'accumulaient. On savait que ce n'était pas une solution. On a même adopté une motion en ce sens.

Ce matin, on apprend que la CAQ décide non seulement de faire la même chose que les libéraux, mais en double : 43 millions de disponibles, supplémentaires, jusqu'à 15 000 $ par médecin. Pourtant, l'expérience nous a appris que plus d'argent pour les médecins, ce n'est pas une solution. On a appris ça.

Alors, M. le Président, je demande au premier ministre pourquoi il fait ça? Pourquoi il n'investit pas davantage pour engager des infirmières, financer les préposés aux bénéficiaires, organiser les soins?

Je pose la question pour un ami qui a voté pour la CAQ : Pourquoi qu'il fait comme les libéraux?

Le Président : M. le premier ministre.

M. François Legault

M. Legault : M. le Président, il y a deux catégories de médecins : les médecins de famille, qui gagnent moins au Québec qu'en Ontario, les médecins spécialistes, qui, à cause du gouvernement de médecins, gouvernement libéral, gagnent plus qu'en Ontario.

On s'est engagés durant la campagne électorale à revoir le salaire des médecins spécialistes, le revoir à la baisse. Concernant les médecins de famille, d'abord, c'est important de dire que ce qu'on retrouve dans les médias...

Des voix : ...

M. Legault : M. le Président, c'est difficile, avec le «goon» de La Pinière, de s'exprimer.

Des voix : ...

Le Président : Non, je vais...

Des voix : ...

Le Président : Non, vous savez, c'est...

[...]
 

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