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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Victime
Inondation - Programme d'aide - 3381-4 (q.)

Assemblée
Questions et réponses orales
Fascicule n°52, 7 juin 2019, pages 3381-3384

[...]

nous suivons intensément. Et d'ailleurs, six semaines après avoir pris le pouvoir, lors du Point, nous avons — et je vous réfère à la page C.12, document du Point — documenté ce phénomène. Et qu'en est-il de ce phénomène? Présentement, à Montréal, puisque vous référez particulièrement à Montréal... Au Québec, les acheteurs étrangers représentent 1 % des acheteurs. À Montréal, nous avons 94 % d'acheteurs domestiques, 3 % d'acheteurs des autres provinces et 3 % d'acheteurs étrangers. C'est une proportion nettement inférieure à ce qui s'est passé notamment dans la ville de Vancouver et de Toronto.

Alors, à ce stade-ci, nous poursuivons la collecte de données. C'est un problème qui est sérieux, nous continuons de l'étudier, mais il n'y a pas lieu d'intervenir à ce stade-ci.

Le Président : Première complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.

M. Carlos J. Leitão

M. Leitão : Merci, M. le Président. Donc, pour le ministre, il n'y a pas d'urgence à agir. Au contraire, à mon avis, c'est maintenant le moment d'agir parce que c'est maintenant qu'on commence à remarquer une distorsion dans le marché. Il ne faut pas, donc, attendre jusqu'à ce que le tsunami nous arrive pour agir, ce sera trop tard.

D'ailleurs, M. le Président, je veux attirer votre attention sur un reportage d'un journal de Vancouver, le Vancouver Sun, où ils disent justement : «Now is the time to invest in Montréal real estate.» Donc, le tsunami arrive.

Le Président : M. le ministre des Finances.

M. Eric Girard

M. Girard (Groulx) : Bien, en fait, évidemment, oui, maintenant, c'est le temps d'investir à Montréal parce que l'économie va bien. Et nous sommes ouverts aux acheteurs étrangers. Nous sommes très heureux que Montréal soit attrayante pour tous les acheteurs. Le marché est en équilibre à Montréal. Les statistiques que nous avons montrent que le phénomène, pour les premiers mois de 2019, est moins important que pour 2018. Alors, nous avons un marché en équilibre, qui va bien. Et nous ne voulons surtout pas intervenir et causer une chute du marché alors que le marché est en équilibre, et que nous suivons la situation, et qu'il n'y a pas lieu d'intervenir à ce stade-ci.

Le Président : Deuxième complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.

M. Carlos J. Leitão

M. Leitão : M. le Président, j'aimerais d'ailleurs déposer ce reportage. Ce serait intéressant pour le ministre et pour ses collègues de constater cela parce que c'est maintenant qu'il faut agir. C'est avant que la tempête nous arrive qu'on doit se préparer et c'est maintenant qu'une taxe sur les logements non occupés aurait un résultat important. Il ne faudrait pas que nos jeunes pages ne soient pas capables d'acheter une maison parce que les prix sont hors portée. C'est ce qui va nous arriver. C'est arrivé à Toronto et à Vancouver. Ça va nous arriver. C'est maintenant le temps d'agir.

Document déposé

Le Président : M. le ministre des Finances, consentement pour le dépôt du document? Consentement. M. le ministre des Finances, à vous la réponse.

M. Eric Girard

M. Girard (Groulx) : Je prends note des certitudes du député de Robert-Baldwin. Moi, je me concentre sur les faits. Sur les faits, ce phénomène-là est moins présent en 2019 qu'en 2018. Je vous ai donné la statistique, 3 % du marché, nettement inférieure à ce qui s'est passé à Toronto et à Vancouver. La situation des logements vacants, j'en ai discuté avec les excellents économistes du ministère des Finances, et, à ce stade-ci, nous n'avons pas d'information qui nous indique que nous devons intervenir maintenant comme vous le voulez. Vous voulez imposer une taxe immédiatement. Moi, je vous dis que le marché à Montréal est en équilibre, qu'il va bien et qu'il est inutile d'intervenir à ce stade-ci.

Le Président : Question principale, Mme la députée d'Acadie.

Aide aux victimes des inondations printanières de 2019

Mme Christine St-Pierre

Mme St-Pierre : Merci, M. le Président. Depuis des semaines, dans les régions inondées, les gens sont mobilisés. Ils sont fatigués, ils sont exténués. Ils sont, bien franchement, au bout du rouleau. Alors que l'eau se retire, c'est aussi le temps de retirer les sacs de sable qui ont été placés à grands coups d'efforts, dans la précipitation. Ces sacs sont souillés, mouillés, et l'odeur de moisissure est insupportable. La semaine dernière, le député de Pontiac, mon collègue, a demandé au gouvernement de requérir l'aide de l'armée pour la corvée de nettoyage. Les soldats étaient, après tout, sur place. La réponse est demeurée évasive, et on a évoqué des discussions en cours avec le fédéral. Hier, on a compris que le gouvernement n'osait pas demander. La ministre est plutôt allée faire des bye-bye à l'armée à Valcartier.

M. le Président, pourquoi le fameux groupe d'action du gouvernement est incapable de prendre les décisions les plus simples comme demander l'aide de l'armée pour nettoyer les terrains? Allez-vous vous mettre en mode solution au lieu d'être en mode d'autopromotion?

Le Président : Mme la ministre de la Sécurité publique.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! Attentifs à la réponse.

Mme Geneviève Guilbault

Mme Guilbault : Merci, M. le Président. Bien, effectivement, hier, nous avons pris le temps de remercier les Forces armées canadiennes, les Forces armées canadiennes qui sont venues nous prêter main-forte très tôt dans le processus de préparation aux inondations. Pourquoi? Parce que nous avons fait appel à l'armée très tôt dans le processus de préparation, contrairement au gouvernement libéral qui, en 2017, a fait appel à l'armée in extremis, dans le chaos et la catastrophe qu'on connaît rétrospectivement de la gestion des inondations de 2017.

Mais, à l'inverse du chaos libéral, nous avons fait les choses de manière ordonnée et préventive, si bien qu'aujourd'hui le mandat des Forces armées canadiennes, effectivement, est terminé. Ils ont d'abord contribué à la préparation aux sinistres, comme vous le savez. Ils ont contribué à atténuer l'ardeur ou... l'ardeur des conséquences des sinistres sur nos populations, et ils ont aussi eu un deuxième mandat, en rétablissement... Parce que j'ai fait deux demandes, moi, à l'armée, contrairement au précédent gouvernement qui en avait fait juste une. Ils ont contribué à la restauration des infrastructures principales municipales essentielles pour nos municipalités.

Alors, je pense que c'est de bonne mise de reconnaître le travail qu'ils ont fait. La députée devrait se réjouir que les Forces armées canadiennes soient venues nous aider de manière aussi importante. Ce n'est pas le temps de faire de la politique, M. le Président...

Le Président : En terminant.

Mme Guilbault : ...c'est le temps d'aider notre monde.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît, votre attention. Je vous demande encore une fois de vous adresser à la présidence et d'éviter de vous interpeler. Mme la députée d'Acadie.

Mme Christine St-Pierre

Mme St-Pierre : Alors, le kit de la CAQ pour les inondations, c'est : Ensemble pour soutenir les sinistrés. Alors, on demande à la ministre de soutenir les sinistrés, et c'est un enjeu important, notamment pour des personnes sinistrées qui sont âgées. Un sac de sable mouillé peut peser 60 livres. Pour une maison, on parle de plusieurs milliers de sacs.

Est-ce que la ministre, en fin de semaine, va aller aider ces sinistrés? Est-ce qu'elle sera sur le terrain? Maintenant, elle n'y est plus. Maintenant que les caméras n'y sont plus, la ministre n'est plus sur le terrain. Est-ce qu'elle sera là en fin de semaine pour aider les sinistrés?

• (10 h 20) •

Le Président : Mme la ministre de la Sécurité publique.

Mme Geneviève Guilbault

Mme Guilbault : M. le Président, je me demande où était ce grand intérêt pour la sécurité civile pendant les quatre dernières années, parce que, c'est drôle, depuis deux ans, quand on était dans l'opposition, ma vaillante collègue de Mirabel, qui occupait le siège actuel de la députée des Plaines, se levait de semaine en semaine pour demander à mon prédécesseur : Qu'en est-il des dossiers 2017 qui ne sont pas encore traités, qui exaspèrent nos citoyens, qui minent le moral des gens qui sont déjà affligés par les inondations récurrentes? Et vous savez quoi? Silence radio de la part de la députée d'Acadie et de la part de la députée de Vaudreuil. Ça, M. le Président, ça ne les intéresse pas. Bien, devinez quoi? Enjeu important, plus de 3 000 dossiers pas encore traités de 2017 quand je suis arrivée, j'en ai réglé la moitié et je finalise une stratégie qui va me permettre de traiter les vieux dossiers auxquels vous ne vous intéressiez pas...

Le Président : En terminant.

Mme Guilbault : ...avec notre nouveau programme beaucoup plus efficace.

Le Président : Deuxième complémentaire...

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! Votre collaboration, attentifs aux questions comme aux réponses. Question du député de Nelligan, en complémentaire.

M. Monsef Derraji

M. Derraji : M. le Président, c'est un véritable cri du coeur que l'on peut lire dans le journal de ce matin de la part de citoyens de L'Île-Bizard, dans ma circonscription. Ils sont exténués, ils n'en peuvent plus. La ministre de la Sécurité publique doit saisir pleinement leur détresse. Cela fait presque deux mois que leur vie est chamboulée.

Le gouvernement peut-il faire preuve d'humanisme et mettre en place des mesures pour assister au nettoyage des terrains sinistrés?

Le Président : Mme la ministre de la Sécurité publique.

Mme Geneviève Guilbault

Mme Guilbault : Merci, M. le Président. Eh bien, oui, nous faisons preuve d'humanisme. Nous avons été présents aux côtés des citoyens de tout le Québec dès le début de la préparation aux sinistres. Je me souviens même que le député de Nelligan nous a remerciés. On s'est parlé, l'autre fois, et on s'est remerciés mutuellement du travail qu'on fait pour nos citoyens. Et cet humanisme, M. le Président, il prévaut aussi pour le traitement des dossiers, pour notre volonté d'avoir un programme d'indemnisation beaucoup plus souple, flexible et humain, grâce auquel on va enfin pouvoir traiter les dossiers. Parce qu'à l'indifférence légendaire du Parti libéral nous substituons enfin un vrai gouvernement empathique et proactif. Et, contrairement à vous, nous, on s'occupe de notre monde.

Le Président : ...M. le leader de l'opposition officielle.

Des voix : ...

Le Président : Votre attention, s'il vous plaît!

M. Proulx : M. le Président, la ministre et vice-première ministre connaît le règlement. Elle ne peut pas imputer des motifs, M. le Président. Elle appelle à ne pas faire de politique? Elle prononce plus souvent le mot «libéral» que «sinistrés», quand même.

Le Président : M. le leader du gouvernement.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît, évitez de vous interpeler. M. le leader du gouvernement, je reconnais votre prise de parole.

Des voix : ...

Le Président : S'il vous plaît! M. le leader de l'opposition officielle... M. le leader de l'opposition officielle, je vous demande votre collaboration également. C'est le leader du gouvernement, maintenant, qui aura quelques mots à dire.

M. Jolin-Barrette : Bon, M. le Président, je comprends que c'est vendredi. Si ça devient une insulte de dire «libéral» pour le Parti libéral, là, écoutez, M. le Président...

Des voix : ...

Le Président : Vous savez, je vais donner la parole au leader de l'opposition officielle. Oui, on est vendredi. Ça n'empêche pas de poursuivre une période de questions de bonne façon, d'être attentifs aux questions et réponses, de faire attention aux propos que l'on prête, de s'adresser à la présidence et d'éviter de s'interpeler. M. le leader de l'opposition officielle.

M. Proulx : Je termine, M. le Président, en disant que ce n'est pas une question de règlement que fait le collègue. Le temps, ici, M. le Président, est au bénéfice des parlementaires. Le temps que vous prenez l'ampute, le temps qu'il prend pour dire ce qu'il a dit l'ampute. Maintenant, M. le Président, on veut poursuivre.

Le Président : Et je suis prêt à poursuivre notre période de questions. Mme la ministre de la Sécurité publique, aviez-vous terminé?

Mme Guilbault : Bien...

Le Président : Bien, il restait quelques secondes.

Mme Guilbault : Est-ce qu'il reste...

Le Président : Oui, il restait du temps...

Mme Guilbault : Oui, bien, alors, c'est ça, M. le Président. Nous sommes un gouvernement proactif, humain et empathique. Nous serons avec les sinistrés jusqu'à la toute fin du rétablissement, contrairement au précédent...

Le Président : Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.

Rémunération du président-directeur général d'Investissement Québec

Mme Dominique Anglade

Mme Anglade : Merci, M. le Président. Écoutez, le 17 avril dernier, je pense qu'il s'en souvient, le ministre de l'Économie a eu une bonne journée. Nous avions eu le plaisir de la passer ensemble pour discuter des crédits en matière d'économie et nous avions parlé, à ce moment-là, de tout ce qui se passait chez Investissement Québec. J'avais parlé des tergiversations qui avaient eu lieu et du fait que j'étais contente d'entendre le ministre nous parler de la réforme.

Lors des échanges que nous avons eus, il y a eu également la question de la rémunération du nouveau président d'Investissement Québec. Et, à ce moment-là, on a demandé au ministre quels étaient les comparables qu'il avait utilisés. Il nous a dit... On a été un peu surpris qu'il ne soit pas capable de les déposer tout de suite, mais il nous a promis de les déposer en cette Chambre.

Alors, aujourd'hui, ce que je demande, c'est : Est-ce que le ministre a fini de faire les comparables pour annoncer la rémunération du nouveau P.D.G., et, si oui, peut-il les déposer en cette Chambre?

Le Président : M. le ministre de l'Économie.

M. Pierre Fitzgibbon

M. Fitzgibbon : Alors, M. le Président, je répondrais à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne qu'effectivement l'étude est faite. Et d'ailleurs, la semaine prochaine, je ne sais pas quel jour exactement, je vais déposer en cette Chambre le projet de loi d'Investissement Québec, qui va être suivi par une miniprésentation qu'on va faire aux médias et à la population sur quel va être le rôle d'Investissement Québec, la réforme qui va être prête aussi. Et dans la présentation vont être inclus les comparables des salaires, non seulement du président, M. le Président, mais de toute l'équipe, qui vont aussi être ajustés.

Le Président : Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.

Mme Dominique Anglade

Mme Anglade : Je suis enchantée d'entendre cette réponse et j'ai une question complémentaire par rapport à ça. Vous savez qu'il y a eu le rapport de la Vérificatrice générale et les recommandations par rapport aux salaires. À l'intérieur de ces recommandations, on disait que, pour la rémunération variable, ça devait être une moyenne de 20 %. Or, dans la rémunération du P.D.G. actuel, la rémunération variable, il y avait 90 %.

Est-ce que les règles recommandées par la Vérificatrice générale vont être suivies?

Le Président : M. le ministre de l'Économie.

M. Pierre Fitzgibbon

M. Fitzgibbon : La réponse est non. Bon, différentes choses. Je pense que le rapport de la VG était très clair sur deux sujets. Il y avait la transparence de l'information sur la bonification, ce que je souscris à 125 %, nous allons être très transparents pour expliquer à la population du Québec comment les cadres d'Investissement Québec vont être rémunérés, considérant le mandat ambitieux qu'ils vont recevoir. En ce qui concerne le contexte de balisage, comment on va établir la rémunération des cadres d'Investissement Québec, je souscris qu'il y a un contexte qu'il faut prendre en compte. On va le voir la semaine prochaine, on doit comparer d'où viennent les ressources qui vont pouvoir performer chez Investissement Québec...

Le Président : En terminant.

M. Fitzgibbon : Le bassin dans lequel les ressources vont venir va être établi.

Le Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.

[...]
 

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