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Index du Journal des débats - Sujets

42-1 (27 novembre 2018 - )


Québec (région)
Lien interrives - Accès à l'information - Débat de fin de séance - 3957-9

Assemblée
Fascicule n°59, 17 septembre 2019, pages 3957-3959

[...]

veut mettre IQ de bénéficier de règles plus souples pendant trois ans pour lui permettre de se doter du personnel et d'ajuster rapidement la structure de ses effectifs, l'effectif d'IQ, dans le cadre de cette réforme, qui va donner une plus grande... des plus grands services, des meilleurs services dans toutes les régions. On va doubler les effectifs, et j'ai été public sur ça. On sera plus agile pour donner plus de services et des meilleurs services à nos entreprises dans toutes les régions du Québec.

En bref, on veut éliminer le «red tape» avec le Conseil du trésor pour la durée de la mise en place de la réforme. À terme, IQ va se soumettre, comme c'est le cas présentement, à la loi, et cette procédure temporaire n'exempte pas IQ de sa reddition de comptes. Je l'ai dit publiquement en cette Chambre, nous allons continuer à faire une reddition complète, en fait supérieure à ce qui avait été fait. Si on se rappelle, la VG avait reproché à l'ancien gouvernement de ne pas avoir une transparence complète au niveau de la rémunération. On va corriger ça. Non seulement on va être plus transparents, on va donner toute l'information qui est requise.

Alors, personnellement, je pense que le débat est clos.

• (18 h 20) •

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, pour votre droit de réplique. Deux minutes.

Mme Dominique Anglade (réplique)

Mme Anglade : Ah! déception, M. le Président, déception de la part du ministre! Un ministre de l'Économie, du gouvernement, qui se lève ici, et il commence par dire : On n'a pas de leçons à recevoir sur le PLQ, on n'a pas de leçons à recevoir, qui refuse de répondre aux questions, qui parle de faire de la politique de façon opportuniste, qui parle de course à la chefferie alors que la question est tellement simple. La question, c'est réellement... Puis est-ce que ça intéresse le ministre? Parce que je ne sais pas si ça l'intéresse, la discussion que l'on a présentement. Peut-être que ça ne l'intéresse pas, M. le Président, peut-être que ça ne l'intéresse pas. Mais ça n'a rien à voir avec la question qui a été posée. Il nous a fait une espèce de laïus très long sur les raisons pour lesquelles il voulait transformer Investissement Québec. Soit. On pourra débattre de ça, ça va me faire plaisir de débattre de ça avec lui. Mais la question, c'est : Pourquoi un décret à ce moment-ci sur des enjeux de transparence? Est-ce qu'il y a une raison qui le force à faire en sorte que chaque organisme public qui doit présenter publiquement les résultats n'ait pas à le faire? Il n'a pas répondu à cette question. Au contraire, il a une approche extrêmement arrogante. Il décide que, finalement, poser des questions, ça ne devrait pas... On dirait qu'il remet en question le fait même qu'on puisse poser des questions en cette Chambre. Je trouve ça dommage, je trouve ça dommage parce que c'était quelqu'un qui venait de commencer à faire de la politique, ça fait un an qu'il est là. J'aurais espéré une autre attitude de la part du ministre de l'Économie, j'aurais espéré une attitude beaucoup plus ouverte. On dirait qu'il est contaminé, présentement, puis là, maintenant, on n'a plus le droit de poser de questions. Alors, je trouve ça fort dommage, M. le Président.

Mais on aura l'opportunité d'être en Chambre, on aura l'opportunité de débattre du projet de loi. Mais son attitude, déjà à la base, fait en sorte que les débats vont m'apparaître un peu plus pénibles, malheureusement.

Et, jusqu'à présent, sur la question de la transparence, on a eu zéro réponse. Et, son attitude arrogante, on la retrouve, et elle commence à transparaître de manière systématique. J'espère que ça va changer. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Nous allons maintenant procéder au troisième débat, entre M. le député de La Pinière et M. le ministre des Transports, concernant le manque de transparence du gouvernement caquiste dans le dossier du troisième lien. M. le député de La Pinière, vous avez... je vous cède la parole pour une durée maximale de cinq minutes.

Troisième lien entre Québec et Lévis

M. Gaétan Barrette

M. Barrette : Merci, M. le Président. Et je dois vous avouer que je suis très heureux d'avoir cette interpellation-ci à la suite de ma collègue qui vient de terminer son interpellation. Pourquoi? Parce que le ministre des Transports, actuellement, est accompagné de son collègue ministre de l'Économie, et moi, je trouve ça vraiment très bon. Savez-vous pourquoi, M. le Président? Parce qu'aujourd'hui, à la période de questions, le ministre de l'Économie nous a dit que, pour lui, c'était très important d'être transparent. On peut débattre du débat de... du niveau de transparence, ma collègue l'a fait il y a quelques instants, mais lui, là, il nous a dit, le ministre de l'Économie, que c'était important pour lui, la transparence. Puis, si c'est le cas, je le salue, parce qu'en démocratie je pense que c'est ça qui est important. Alors, je suis content d'avoir mes deux collègues parlementaires en face de moi parce que je souhaite que, sur ce sujet-là, le ministre des Transports s'inspire de son collègue, s'inspire de son collègue, parce que la transparence, M. le Président, c'est important en démocratie, c'est fondamental, et c'est ce à quoi s'attendent les électeurs et les électrices.

Alors, «transparence», là, je pense qu'on pourrait établir une définition politique de la chose, c'est-à-dire transmettre l'information, toute l'information qui est légalement transmissible, au moment opportun, au bénéfice des citoyens, qui, eux et elles, auront à se faire une opinion.

Et, comme je l'ai dit aujourd'hui, M. le Président, pour ce gouvernement-ci, le gouvernement de la CAQ, le projet unitaire le plus dispendieux, le plus spectaculaire, ce n'est pas les maisons des aînés, mais c'est bel et bien le troisième lien à Québec. Et, pour un tel projet, là, il est raisonnable de s'attendre à un minimum et, je dirai, un maximum de transparence, auxquels, aujourd'hui, on n'a pas droit.

Et je l'ai exprimé aujourd'hui, je vais le répéter : Aux crédits, à l'étude des crédits, qui est le moment démocratique privilégié où le gouvernement, par ses officiers ministériels, vient devant les contribuables, par la voix des oppositions, répondre aux questions, notre rôle est de dire : Vous avez cet argent-là, vous allez le dépenser comment?, et vous devez nous le montrer, alors, j'ai posé plein de questions qui sont de cet ordre-là, je n'ai eu aucune réponse de la part du ministre des Transports. Sur le même sujet, j'ai questionné le président du Conseil du trésor : zéro réponse. Peut-être, si j'avais posé des questions au ministre de l'Économie, j'en aurais eu, mais peut-être que pas aussi, on ne sait pas. Parce que le ministre de l'Économie, il dit que c'est important pour lui. Peut-être que la prochaine fois, aux prochains crédits, je vais aller poser des questions des transports au ministre de l'Économie.

Alors, je n'ai eu aucune réponse. Et je me suis dit : Peut-être que le ministre hésite. Alors, je vais demander la permission au ministre de poser les mêmes questions au directeur du bureau de projet, du projet du troisième lien. Non. Ça m'a été refusé.

Alors, essentiellement, là, pour ce moment démocratique crucial, pour ne pas dire cardinal, bien, on a perdu notre temps. Mais là le temps passe, hein? L'étude des crédits, c'était au mois de mars. L'élection a eu lieu le 1er octobre 2018. Là, là, dans une semaine, ça va faire un an que le ministre des Transports et son équipe travaillent sur ce dossier-là. Il est donc absolument impossible que l'analyse n'ait pas progressé et qu'il n'y ait pas de données rendables disponibles publiquement. Et, encore aujourd'hui, la réponse, c'est non.

Nous avons demandé un... déposé un mandat d'initiative qui permettrait à tous les parlementaires, même les collègues du ministre, s'ils le souhaitent, à poser des questions à la personne qui a le plus de connaissances, actuellement sur ce dossier-là, qui est le directeur du projet du troisième lien, dans lequel le gouvernement a investi des centaines de millions de dollars pour l'analyse du projet. Et, je le répète, M. le Président, on ne peut pas faire avancer un projet au Québec, dans nos règles, s'il n'y a pas eu d'une étape à l'autre approbation du Conseil des ministres, approbation qui est donnée à la condition absolue qu'on ait démontré que, les chiffres, on est dans les budgets et que, dans les plans, c'est faisable. Il ne peut pas, c'est impossible. Donc, il a la connaissance des chiffres. C'est ce qu'on demande, et la réponse, c'est : Bien, je ne vous les donne pas, les chiffres, je vais vous les donner quand ça va me tenter. Alors, ça, n'importe quelle personne, M. le Président, va se dire...

Le Vice-Président (M. Picard) : Terminé. Merci. M. le ministre, vous disposez de cinq minutes.

M. François Bonnardel

M. Bonnardel : Merci, M. le Président. Quelle farce d'entendre le député de La Pinière et le Parti libéral nous dire aujourd'hui que nous manquons de transparence!

Le député de La Pinière et le Parti libéral nous démontrent aujourd'hui qu'ils veulent faire dérailler le tunnel Québec-Lévis. Le dernier bastion favorable, qui s'appelait Sébastien Proulx, à Québec, n'est plus député. Le député de La Pinière est député de la Rive-Sud de Montréal, comme la grande majorité des députés libéraux, qui sont, je pense, aujourd'hui, majoritairement contre le tunnel Québec-Lévis.

Quand on m'accuse de manquer de transparence, M. le Président, la première chose que j'ai faite, à mon arrivée, a été de créer un bureau de projet et joindre tous les employés qui travaillaient sur le pont de l'Île-d'Orléans et le troisième lien ensemble. Bizarrement, ce que le député ne dit pas, c'est que, le projet du pont de l'Île-d'Orléans, en catimini, le Parti libéral, avant l'élection, n'a pas informé la population de l'île d'Orléans qu'il y aurait un retard majeur pour la reconstruction du pont de l'Île-d'Orléans. Ça, il ne le dit pas, il ne le dit pas aux gens de l'île. Malheureusement, j'ai dû leur annoncer, à mon arrivée, qu'il y aurait un retard pour le pont de l'Île-d'Orléans.

Maintenant, la création du bureau de projet, j'ai mentionné qu'en temps et lieu nous allions évaluer, encore une fois, tout ce travail et dévoiler de quelle façon le tunnel... le troisième lien allait prendre forme. C'est ce que j'ai fait à la fin de la session dernière. Ce sera un tunnel. En temps et lieu, je pourrai définir les coûts qui auront été acceptés par le Conseil des ministres, par les collègues, et par la suite j'informerai la population, incluant les députés de l'opposition, du coût final de la construction de ce tunnel Québec-Lévis.

Donc, encore une fois, M. le Président, nous avons été transparents depuis le début. J'ai informé la population, je continuerai d'informer la population pour ce projet extrêmement important pour les gens de Québec, pour les gens de Lévis, pour les gens de l'Est du Québec qui souhaitent un lien additionnel pour assurer la sécurité du réseau, pour l'augmentation de la démographie aussi, autant à Québec, sur la rive sud qu'ailleurs au Québec, pour s'assurer d'avoir une circulation qui sera plus fluide, où il y aura une option additionnelle pour le transport lourd.

Dans ces circonstances, M. le Président, je pense qu'il faut nous laisser faire le travail. En temps et lieu, on pourra dévoiler, donc, les coûts reliés à ce projet d'une extrême importance pour les gens de Québec et les gens de Lévis. Laissez-nous faire le travail, et on pourra informer la population en temps et lieu. Merci, M. le Président.

• (18 h 30) •

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le ministre. M. le député de La Pinière, vous disposez de deux minutes.

M. Gaétan Barrette (réplique)

M. Barrette : M. le Président, je pense qu'aujourd'hui les gens ont constaté l'arrogance de ce gouvernement-là. Comment peut-il, aujourd'hui, dire que mon intervention est une farce et qui est dirigée à faire dérailler le projet? Pas du tout. C'est ça, l'arrogance.

Tout ce que je demande, M. le Président, c'est tout : de la transparence quant à l'évolution des travaux en date d'aujourd'hui, tant en termes de plan, de devis, de projet que de coûts. Et il a obligatoirement, M. le Président, réponse à ces questions-là. C'est tout.

Alors, au lieu de recevoir favorablement la demande que je fais, il me fait aujourd'hui un procès d'intention. C'est gênant. Et c'est dire à ceux qui nous écoutent aujourd'hui, là : Bien, écoutez, là, le projet, on le veut, là, nous autres aussi, là, mais, écoutez, s'il est pour coûter 20 milliards de dollars, peut-être qu'on va y réfléchir. Peut-être que, le projet, là, s'il y a tel, et tel, et tel inconvénient, bien, on va le voir différemment. Bien, ce sont des questions légitimes des citoyens, qui paient les impôts et les taxes, pour lesquels le ministre, actuellement, tente de se faire du capital politique.

Moi, je pose des questions raisonnables, que n'importe quel citoyen aujourd'hui se pose, qu'il soit en faveur ou en défaveur du projet. J'agis, comme parlementaire, par le gros bon sens. Et ce même gros bon sens, M. le Président, devrait indiquer au ministre de faire non pas une pause, mais simplement un exercice de transparence, de permettre de poser des questions, auxquelles on aura des réponses qui, je l'espère, vont être d'une grande transparence, donc que le ministre dira au directeur de projet : Bien, réponds clairement, là, puis dis la réalité, et on se fera notre idée.

La réalité, c'est qu'on vient de vivre quoi, M. le Président, avec ce gouvernement-là? Des pertes de contrôle de coûts de tous les projets. Et je suis convaincu, aujourd'hui, que le ministre ne veut pas qu'on voie ça.

Le Vice-Président (M. Picard) : Merci. Cela met fin aux débats de fin de séance. M. le leader du gouvernement.

M. Schneeberger : Alors, M. le Président, je vous demande d'ajourner nos travaux à demain, mercredi.

Le Vice-Président (M. Picard) : Donc, vous faites motion. Et cette motion est-elle adoptée?

Des voix : Adopté.

Ajournement

Le Vice-Président (M. Picard) : Adopté. Donc, en conséquence, nous ajournons nos travaux à demain, mercredi 18 septembre 2019, à 9 h 40.

(Fin de la séance à 18 h 33)

 

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